L’entrée dans la cité se faisait par une unique et lourde porte de chêne. Les lamelles de bois de l’immense barrière végétale côtoyaient des plaques d’aciers rougies par la rouille. La pierre était noire et menaçante, déformée par l’intense corruption qui siégeait entres les hautes murailles. Des morceaux de corps humains étaient suspendus au dessus de l’entrée par de longues piques métalliques. Les membres étaient livrés aux éléments et à la nature, et c’était dans un fracas rauque que les os tombaient au sol. Les chairs pourrissantes étaient accompagnées par des hommes enfermés vivants dans des gibets. Ces prisons elles aussi rongées par la dépravation oxydante n’étaient ouvertes que pour remettre un autre être humain. De perpétuels coassements de corbeaux animaient le macabre spectacle. Les charognards tournaient en cercle au dessus des morceaux de viandes humaines et ne manquaient pas de temps à autres de dévorer vivants les hommes encagés.
L’intérieur de la cité était pauvre, violent et sanglant. Il reflétait parfaitement le pouvoir en place. Les rues étaient constituées de pavés noirs et irréguliers qui formaient des bosses et des trous dans les allées. Les maisons étaient faites de métal, de torchis et de pierres. Des parties de bâtisses rouillaient à l’air libre, et les rares fenêtres qui perçaient ces effroyables habitations étaient petites, crasseuse et l’oxydation des murs coulaient sur les vitres. Les voies de passage étaient étroites, et les charrettes ne pouvaient pas circuler. Ces chaussées étaient le théâtre de sanglants règlements de comptes, et les dépouilles des perdants étaient livrées aux chiens et mendiants qui essayaient de survivre. Les charognes à moitié dépecées et mangées continuaient de pourrir sur le pavé jusqu’à la décomposition du corps. La place du marché, au centre de la cité, se trouvait devant le bâtiment des Elues. A cette place marchande était associée des bûchers, des gibets, des chevalets de tortures et des potences, dont certaines garaient encore leurs victimes au bout de leurs cordes. Là encore les corbeaux et autres oiseaux charognards se repaissaient des chairs des condamnés à mort, tout en se régalant de la chair vif de certains commerçants et serfs qui se frayaient un chemin dans ce théâtre d’horreur.
La ville était située en aval d’une montagne noire, et un perpétuel suintement du sol pavé rendait les dalles irrégulières glissantes, et dans certaines ruelles, c’étaient de petits rus qui coulaient. Les gens circulaient pieds nus la plupart du temps, couverts de haillons. Ils cultivaient les maigres terres qui occupaient la campagne de la ville. Des mises à mort par décapitation avaient aussi lieu en plein milieu des carrefours par les gardes. Ils partaient ensuite, laissant la carcasse sans vie aux miséreux. La cité était gouvernée par cinq femmes, les cinq Elues. Nuls ne connaissaient leur âge car elles vivaient depuis la nuit des temps, et du fond de leur demeure impie elles gouvernaient leur royaume.
La villa de ces femmes siégeait en plein milieu de la ville. Les fenêtres des chambres donnaient sur les instruments de tortures de la place du marché, qui était perpétuellement animés malgré la violence de l’endroit. La façade était brutale, mais envoutante de part l’horreur qui s’en dégageait, on ne pouvait pas détourner les yeux, on était comme absorbé corps et âmes par la vue du bâtiment. Les larges blocs de pierres gris étaient recouverts de temps à autres par des plaques de métal oxydées qui laissaient de longues traînées de rouilles couler sur la matière minérale. Des gibets détenant des corps démembrés flottaient fièrement aux côtés de volatiles charognards. Ces femmes étaient d’une beauté mortelle et fascinante. Leur teint de peau pâle sombre était finement dessiné. Leurs yeux, d’un iris rouge sanglant étaient accompagnés par de longues chevelures noires comme les ténèbres tombant jusqu’en bas du dos. Les couleurs de leurs vêtements variaient du noir au rouge sombre, en passant par le violet. Les magnifiques robes qu’elles portaient étaient assortit à de somptueux, magnifiques et troublants corsets qui ne faisaient que renforcer leurs charmes et leurs beautés. Mais cette sous vénusté se cachait des esprits corrompus, rongés et pourris par les Démons des entrailles des Enfers.
Roxx hein ? 