Jiub se réveilla.
Il avait un mal de crâne effroyable et avait dû dormir plus qu’il n’avait dormi depuis longtemps. Il était seul dans sa cellule et se demanda pourquoi, mais il se souvint de ce qui c’était passé, de son étrange compagnon de sa promesse incompréhensible et du besoin qu’avait ressenti Jiub de l’accepter.
Il se leva et avança vers la porte de sa cellule. Elle était fermée en apparence, mais il lui suffit de la pousser pour qu’elle s’ouvre.
Une fois sorti, le malheureux Jiub fut pris d’une terrible envie de vomir, il y avait des cadavres absolument partout. Certains étaient démembrés, d’autres écartelés tandis que d’autres encore semblaient simplement avoir étés frappés à mort. Il y avait de tout parmi les morts, des gardiens, des dunmers, des non dunmers… une petite marre de sang recouvrait toute la grande salle et Jiub pataugeait dedans. Comment son jeune camarade de cellule avait-il pu déclencher pareille tempête ?
Quand il vit que la porte vers la surface était grande ouverte, Jiub cessa de se poser des question. Il se mit à courir à toute allure pour gagner la surface. Il ne fit pas attention aux traces de sang sur les murs et les marches qui indiquaient que quelqu’un c’était traîné par terre en rampant, ni même aux Exaltés figés comme des statues, ni même au cadavre complètement brûlé qui l’attendait dehors, non loin de la sortie des escaliers.
Jiub tomba à genoux et se mit à pleurer, un triste mélange de bonheur et de joie. Il voyait enfin à nouveau la lumière du jour et pouvait sentir le vent et la pluie. Il n’arrivait pas à contenir sa joie, plus que tout il souhaite revoir sa ville natale, manger de la bonne nourriture et pouvoir prendre son temps pour vivre à son rythme. Mais il savait que c’était impossible, qu’il ne pourrait jamais franchir les eaux noires autour de la prison, et cela augmentait encore son chagrin.
Après plusieurs minutes passées à sangloter, il essuya ses larmes et avança vers les eaux noires. Il préférait mille fois mourir la peau rongée par l’acide ou dans les eaux sombres. D’une certaine manière, cette situation était encore plus difficile pour lui que ce qu’il vivait à la prison. La bas, il n’avait aucun espoir, à présent, ses rêves les plus fous étaient à portée de main, mais restaient inaccessibles.
Soudain, un bruit énorme. Le ciel se mit à trembler et la tempête d’éclairs devint encore plus violente. Le pauvre Jiub pensait que c’était la fin pour lui, que les dieux venaient le chercher en personne à cause de son amitié interdite avec l’un des leurs. Le bruit alla en crescendo, le sol trembla énormément et Jiub dût se mettre en boule pour garder l’équilibre. Il serrait les dents pour se retenir de crier.
Puis, tout à coup le bruit stoppa net et Jiub sentit de la chaleur sur sa peau. Il eut d’abord peur d’ouvrir les yeux et commença par se lever. La pluie avait cessé et Jiub avait, aussi surprenant que ça puisse paraître, chaud. Il se sentait bien.
Il ouvrit les yeux et fut muet de surprise. Le ciel était bleu azur et le soleil rayonnait. Les braillards des falaises ne hurlaient plus et la lumière était éblouissante.
Jiub était absolument émerveillé, il le fut encore plus quand il regarda la mer qui était bleue et cristalline, il se risqua à y tremper ses mains mais il fut surpris par la douceur et la pureté de l’eau.
Jiub scruta l’horizon, une forme humaine se rapprochait de plus en plus en marchant sur l’eau. La lumière était intense et il était difficile de définir de qui il s’agissait, mais Jiub le sut immédiatement.
Autour de l’être s’approchant de la prison Dreth tournoyaient plusieurs éclairs d’énergie pure et des distorsions, comme si la simple présence de ce personnage avait réussi à détruire toute l’énergie néfaste qui régnait dans l’air par sa simple puissance.
Etait-ce un dieu ? Etait-ce un homme ? Ou encore autre chose ?
La lumière semblait envelopper Jiub qui fut envahi d’une délicieuse sensation de bien être et de bonheur.
Du temps avait passé depuis le jour ou il Jiub l’avait rencontré à bord ce bateau qui l’emmenait à Seyda Neen, mais l’ancien prisonnier savait qu’il s’agissait de son vieil ami, même si son nom c’était perdu dans l’histoire.
- Je savais que vous reviendriez pour me sauver.