bosmer --> owi ! ![]()
un grand bravo encore une fois c'est passionnant
Ca dépote vraiment, comme toujours. Je me demande où tu vas chercher tous ces plans farfelus, une imagination fantastique. Je me demande toujours comment il a réussi à faire entrer tout un tant dans sa main (enfin c'est vrai quoi, un tanto ça fait au moins quinze centimètres si jme souviens bien de morro
)
15 centimètres ?
Facilement 40 pour moi.
Bah , c'est des petits tantos
Sinon , j'estime l'attente de la suite à *biiiip* 39 jours minimum sinon dans les quelques jours à suivre .
Waaaaaaaaa
Un grand bravo au dieu de Fic.
Excellent, vraiment époustouflant, je ne sais plus quoi dire ^^
N'empêche que la je vais avoir du mal a attendre la suite.
Vive ange-de_la-mort !!!!!!!!!!!!
Je vien de finir les deux fic de Spada (pas la peine de me hurler dessus comme quoi j'ai donner un faux espoire je donne moi avis la) a part que je trouve le perso un peu trop resistorman et que ca m'étonnerais que dans la prison ou il devrais y avoir pas mal de dur a cuir personne n'a répiquer au garde sinon...
J'adore, vivement la suite
Je voulais dir au boureaux désolé double post
17. Consécration
J’attachai l’outre remplie de ce qui me servirait de poison à mon dos et enfilai ma nouvelle veste de manière à ce que mon tanto soit invisible. Je mis ensuite la couverture sur moi de telle sorte qu’elle me camoufle autant que possible. Sa teinte était aussi crasseuse et sale que les murs et les gardiens allaient très bientôt se mordre les doigts de ne pas avoir nettoyer plus les couvertures des prisonniers.
J’étais complètement en état d’alerte et c’était un des effets secondaires dont m’avait prévenu Rahine avant le début de tout ça, mais dans l’état actuel des choses c’était plus un avantage qu’autre chose.
J’avais compté environ dix minutes environ entre chaque moments ou un garde passait devant ma cellule, ce qui me laissait largement le temps d’ouvrir la porte, de marquer une pause et ensuite de me rendre jusqu'à la nourriture, l’empoisonner et revenir. Les gardes comptaient beaucoup trop sur la puissance de leur Exaltés et patrouillaient mollement sans réellement prendre la peine d’inspecter les zones d’ombres créées par la lueur des flambeaux faute de lumière du jour.
Je restai dans un premier temps assis en attendant de voir passer quelqu’un devant ma cellule. Je comptais agir dès l’instant ou il serait éloigné. Mon problème majeur était la perte de mon œil gauche, j’étais incapable de voir tout ce qui se passait sur ma gauche et mon angle mort était bien trop grand ce qui rendait tout combat prolongé impossible.
Je serrais l’aiguille dans ma main droite en me préparant à déverrouiller la porte dès que l’occasion se présenterait.
Enfin, un des gardes passa devant notre espace, il s’arrêta quelques instants et regarda la forme enroulée sous la couverture. Il sembla se méfier une seconde, puis haussa les épaules et continua sa ronde.
Je failli me lever et aller jusqu'à la porte mais le garde, plus rusé que ce à quoi je m’attendais, fit demi tour et jeta un dernier coup d’œil. Toujours rien n’avait bougé il continua son tour suivi par son terrifiant gardien.
Je laissai passer un instant avant de bondir furtivement et sans bruit vers la porte. Mon œil droit n’était pas mon œil fort il m’était difficile d’être précis dans ces conditions. Alors que les serrures de Cyrodiil marchaient toutes avec un système de leviers et de crochets qui demandaient un minimum d’adresse, celles de Morrowind étaient bien plus primitives et un simple petit morceau de fer manié avec un peu d’adresse pouvait ouvrir n’importe quoi. Il suffisait de déplacer son instrument dans le sens d’une aiguille d’horloge jusqu'à trouver le loquet et le débloquer, et les serrures de cette prison ne faisaient pas exception, la grande difficulté étant de trouver de quoi ouvrir les portes.
Les deux premières serrures craquèrent sans problèmes majeurs, mais lors de l’attaque de la troisième, ma main droite commença à trembler légèrement mais dangereusement. C’étaient encore des effets secondaires, mais c’étaient les retours négatifs qui commençaient à se montrer. Je tentai de ne pas y penser alors que je continuai à faire tourner mon aiguille dans la serrure en retenant mon souffle pour calmer mes tremblements cette fois ci.
Je fus horrifié lorsque mon instrument de travail fut bloqué dans la serrure alors que je travaillais dessus depuis plus de huit minutes. J’avais trop de tremblements pour du travail de précision et je ne savais pas comment faire pour débloquer la porte.
Restait la fameuse méthode Gro Bolmog. Je donnai un coup sec aussi discrètement que possible sur l’aiguille. Elle s’enfonça d’un seul coup et la dernière serrure émit un petit cliquetis rassurant.
Je retournai alors me blottir contre le mur ou je me trouvais il y avait dix minutes de cela et attendis le passage d’un autre garde.
Je commençais à ressentir une douleur terrible dans ma main gauche et elle devenait progressivement de plus en plus importante, même si je tentais de ne pas y faire attention.
Les quelques minutes que je devais attendre me semblaient interminables alors que tous les endroits ou j’avais été fouetté me paraissaient être en feu. Du sang commença à couler de ma main gauche, je voulus arracher ma manche pour me faire un pansement, mais tous mes doigts gauches étaient comme paralysés et tenter de les déplacer était atrocement douloureux. J’utilisai mon autre main pour déchirer ma manche et l’enrouler autour de tout mon membre meurtri.
Je m’attendais à des retours violents mais je n’avais pas réalisé que j’avais poussé mon corps aussi loin pendant ces quelques jours. J’étais tellement occupé à essayer d’évaluer les dégâts que je faillis ne pas remarquer le passage du garde que j’attendais.
Je voulus me lever en un bond mais c’est avec une vitesse beaucoup plus réduite que je me levai en m’appuyant contre le mur en respirant difficilement.
Comment pouvais-je récupérer rapidement ? Me blesser moi même pour que l’adrénaline me tienne éveillé aurait été stupide et dangereux à un tel stade. Restait la solution que m’avait suggérée Rahine, même si je l’avais pas prise vraiment au sérieux ce jour là.
Je pris l’aiguille et ouvrit l’outre de Vodka. J’en trempai la pointe dans l’alcool puis rebouchait l’outre. J’hésitai une petite seconde avant de me planter, pour la dernière fois j’espérais, la pointe de l’aiguille dans le bras gauche.
J’eus mal à la tête pendant une seconde mais les effets furent rapide comme je l’espérais, mes tremblements cessèrent et je ne sentais à nouveau plus mes douleurs. J’étais de nouveau capable de penser et me déplacer normalement mais ma main gauche était définitivement bloquée, seulement pour le moment j’espérais.
Je bondis jusqu'à la porte, l’ouvrit et me collai contre une colonne de pierre tapi dans l’ombre quelques mètres plus loin. Après m’avoir assuré que le champ était libre, je refermai la porte aussi discrètement que possible avant de me fondre à nouveau dans l’ombre.
Le déplacement furtif était la base de l’art des voleurs et des tueurs. Vu de l’extérieur, il ne payait pas de mine : on avait juste l’impression que la personne se déplaçant furtivement marchait de manière voûtée, accroupie et beaucoup plus lentement. En vérité, se déplacer furtivement impliquait des contractions et des décontractions extrêmes des muscles des jambes qui étaient absolument épuisantes mais qui permettaient de supprimer les bruits et même la chaleur lors des déplacements. En outre se déplacer sans se faire repérer demandait une forte connaissance des effets de la lumière et de l’ombre ainsi qu’une peu commune capacité d’alterner entre mouvements sur les orteils ou les talons. On pouvait aussi mettre en valeur l’importance de la respiration et du souffle, tout cela pour dire que la discrétion était un art loin d’être aussi facile qu’on pourrait le croire, mais le prix pour l’avoir maîtrisé était la possibilité de se tenir ou de marcher derrière un être vivant sans qu’il ne s’en rende jamais compte, par exemple. Avec de l’entraînement, on pouvait pratiquement courir sans se faire détecter le moins du monde.
Je me déplaçai de zone d’ombre en zone d’ombre en suivant la danse des flambeaux éclairant la grande salle et en rythme avec les gouttes de sang tombant du plafond pour être sûr que tout bruit serait couvert. A plusieurs reprises les surveillants passaient à quelques mètres de moi mais ne me repéraient pas. Leur Exaltés dans leur exosquelettes me donnaient la chair de poule mais je réussissais à rester une ombre parmi les ombres.
Je finis par accéder aux stands de métal et je m’accroupis derrière en reprenant mon souffle et en étirant mes jambes.
Mon but n’était pas de faire dormir les gardes, mon but était qu’ils soient présents et debout, mais incapables de faire bouger leur Exaltés correctement. Je jetai un œil dans la casserole contenant le repas des gardes. Comme je m’y attendais, il s’agissait d’une soupe aux légumes. Elle avait été préparée avant l’appel du soir et était très chaude, ce qui me laissait penser que le réveil aurait lieu dans moins d’une heure, ce qui m’allait parfaitement étant donné que rester conscient deviendrait de plus en plus difficile pour moi. Bien décidé à prendre autant de forces que possible, je bus un maximum de soupe à la louche. Ce n’était qu’une bête bouillon au légumes mais il était bien meilleur que la carcasse brûlée de Guar qui servirait de repas aux prisonniers.
Je versai enfin la moitié de l’alcool mélangé à la soupe et mélangeai le tout avec la louche. L’odeur n’était pas appétissante, mais un garde affamé prendrait systématiquement au moins une gorgée pour y goûter, et c’était exactement ce que je voulais.
Je retournai jusque dans ma cellule en faisant le chemin inverse et refermai la porte. Elle ne serait pas verrouillée mais le garde serait trop content qu’il n’y aie pas eu de tentative d’évasion pour se poser de trop questions.
Je remis l’outre par terre, vérifiai que mon tanto était bien en place et priai pour que les effets secondaires se manifestent à nouveau le plus tard possible.
Un peu plus tard, les gardes hurlèrent le réveil. Cela faisait deux nuits que je ne dormais plus mais c’était le cadet de mes soucis, les tremblements ayant recommencés et les douleurs recommençant à réapparaître.
Un garde frappa à la porte de notre cellule, et elle s’ouvrit tout seule comme si elle n’avait pas été fermée la veille. Le garde me regarda d’un air méfiant mais je lui rendis un regard plein de désespoir et de déception. Il en déduit que cela signifiait que je venais de perdre une chance de tenter de m’évader. Il sembla pourtant irrité par le refus de se réveiller de Jiub.
- Le massacreur, debout !
Je répondis au garde que Jiub était un des favoris du « Chef » et qu’il était assez malade, de ce fait il était préférable de ne pas le déranger.
Le surveillant sembla départagé entre l’envie de me battre pour mon insolence ou de fermer les yeux et laisser couler, heureusement pour moi, mon apparence apparemment effroyable le dissuada de me faire encore du mal.
- Hah, avant de penser au massacreur pense à toi même, t’es tellement pâle qu’on dirait un impérial ! Bref, sors de là et viens manger, le nouveau !
Son Exalté s’avança dans la cellule pour venir me chercher mais j’obéis sans discuter et quittai la pièce pour me rendre vers la file réservée aux dunmers.
Il était vrai que je me sentais particulièrement mal. J’avais terriblement chaud et je transpirais à grosses gouttes. Je suffoquais littéralement sur place et j’avais la sensation de ne pas avoir bu depuis des semaines. Heureusement, mon esprit était encore alerte et j’avais encore mes réflexes.
Je me mis dans la queue et observai le coin réservé aux dunmers appartenant au clan du chef. Il était identique à celui des autres. Je jetai ensuite un œil du côté des non dunmers. Tout était comme la veille, les gardes dépassaient tout le monde et les choses avaient l’air sous contrôle. Je gardais cette image dans ma tête, car dans peu de temps ça allait le être le chaos. Je savais déjà comment j’allais m’y prendre. J’attendis juste que les gardes aient fini de manger. Le spectacle était divertissant, les brutes se servaient une assiette de soupe, la goûtaient, puis selon les cas finissaient d’un coup en grimaçant, faisaient de toutes petites gorgées ou rendaient le bol en demandant la même chose que les prisonniers. Mais ils en avaient tous mangés excepté le garde patrouillant à l’extérieur de la prison.
- Tu vas bien le nouveau ? Du sang coule de ton œil gauche.
Toutes mes blessures se rouvraient lentement et du sang commençait à couler par petits filets. J’attendis encore pour observer les gardes. La plupart s’appuyaient contre les murs en tentant de garder un air digne. Donner des ordres à leur serviteur leur semblait particulièrement difficile, si difficile qu’un des gardes laissa son Exalté devant le cuisinier, incapable de le déplacer pour le moment.
Mais les prisonniers ne tentaient rien, ils ne savaient pas ce qui se passait. Ils étaient trop formatés, trop conditionnés et bien trop soumis. Il fallait frapper un coup dur.
Je voulais attendre encore un peu mais vision se troublait légèrement et il fallait que j’agisse sans réfléchir.
Alors que c’était à mon tour de demander à manger, je fis brutalement demi tour sans rien dire à personne en bousculant tous les dunmers dans mon chemin en ignorant leur plaintes. Alors que je m’avançais vers le côté des non dunmers, je me mis à accélérer progressivement et à courir. Complètement ébahis par l’aspect surréaliste de la scène, tous les prisonniers me regardaient courir sans tenter de m’arrêter ou me jetaient simplement de la nourriture en riant ou en me huant. Tout autour de moi était ralenti et je ne me concentrais que sur ce qui se trouvait droit devant moi.
Caïus Cosadès.
Plus je m’approchais de lui plus les regards se tournaient vers moi et plus les cris s’intensifiaient sans que personne ne fasse quoi que ce soit à cause du choc créé par la situation.
Seul un impérial avec le visage couvert de bandages tenta de me faire barrage avec son corps, mais je sautai, pris appui sur ses épaules et bondis dans les airs en direction de Caïus Cosadès, qui se faisait servir à manger et qui ne faisait pas attention au brouhaha derrière lui.
Je hurlai son non dans les airs et il se retourna lentement en tenant sa nourriture à deux mains. Je retombai sur lui genoux en avant dans ton torse ce qui le fit tomber en arrière en brisant certainement de ses côtes, il lâcha son morceau de Guar qui virevolta dans les airs, comme figé dans le temps sous les regards et les cris des spectateurs choqués. Il me regardait avec de gros yeux pleins de surprise lorsque je pris son visage dans ma main droite, puis contractai mon poignet ce qui fit jaillir mon tanto de ma veste en lui transperçant le visage. Le silence était tombé dans la grande salle alors que je décontractai mon bras et que le tanto fit propulsé sous ma manche une fois encore. Sans m’attarder sur le lieu de mon crime, je me levai, tournai les talons et marchai vers le côté des dunmers qui était autant en état de choc que les autres et qui ne disait plus rien.
Lorsque l’être humain normal visionne le meurtre d’un être cher, son esprit a plusieurs réactions contradictoires, des réactions qui me permettaient de retourner du côté des dunmers pour peu que je soit discret.
Tout d’abord une phase de déni, j’entendais derrière moi des gens crier que ce n’était pas possible, que Caïus ne pouvait pas être mort comme ça, que c’était impossible, que ce n’était pas vrai. Entre autres. Du côté des partisans du « Chef », on m’acclamait.
Ensuite, une phase de chagrin, sans accélérer ou ralentir ma marche, je prêtais attention au sanglots de la foule qui s’était attroupée autour de Caïus Cosadès. En pleurant celui qui fut un espion des Lames, on priait pour lui et on se souvenait de lui et ses discours. Les dunmers se moquaient de ses sanglots par des cris et des hurlements, même si la ligne n’avait pas encore été franchie.
Les gardes semblaient trop occupés à essayer de se concentrer pour faire bouger leur Exaltés mais rien ne se passait.
Pour finir, une phase de colère pure ou il n’y a plus la moindre réflexion.
- Tuez ces fils de chiens !
- Ecorchez ce porc vivant !
Les gardes tentaient de se crier pour remettre de l’ordre dans la salle, mais les hurlements des prisonniers des deux camps commençaient à envahir tout l’espace de la salle sans qu’il n’y ait encore de violence physique entre eux.
Un des gardes, bien qu’il n’eût pas d’Exalté le suivant, se mit sur mon chemin alors que j’avais pratiquement rejoint les dunmers en marchant.
- T’es un homme mort le nouveau ! Je vais livrer ta tête aux partisans de Cosadès !
Je lui mis une main sur l’épaule et éclatai de rire avant de lui demander avec l’aide de qui il allait bien pouvoir faire ça.
Le garde compris subitement l’horreur de la situation. Lui et ses collègues étaient seuls face à la colère de plus de cents prisonniers bien disposés à s’entretuer, et il n’y avait rien qu’il ne puisse y faire. J’avais oublié les bracelets générant de les douleur mais ils semblaient tout autant incapables de s’en servir correctement.
Ma lame de tanto pénétra son épaule et le sang d’un garde fut versé pour la première fois, j’enchaînai en perçant son ventre plusieurs fois avant de faire glisser son corps par terre.
C’était trop de choses en même temps pour tous les prisonniers de la prison de Dreth, qui ne savaient pas quoi faire face à toutes ces informations à gérer. Les cris avaient stoppés et j’étais au centre de la scène. Un seul mot j’aurais pu calmer le jeu et faire s’unir ses gens pour sortir d’ici tous ensembles.
Mais ce n’était pas mon intention.
Je me retournai vers nos ennemis et les pointai du doigt pour ne dire qu’un seul mot.
« Vermines »
La réaction fut immédiatement et très brutale, tous les non dunmers se mirent à courir vers moi comme un seul homme. Je me cachai derrière tous les dunmers qui eux se ruèrent sur leur attaquants. Des moutons. Jiub avait raison, ils étaient aisément manipulable et ne pensaient plus correctement par eux même.
La mêlée centrale était d’une terrible violence et je me tenais à l’écart. J’aurais pu passer des heures à observer ce terrible combat ou les combattants se démembraient à mains nues et se faisaient du mal de la pire manière possible mais ce n’était pas pour cela que j’étais ici, et mes jambes commençaient à trembler dangereusement. De plus, la défaite des dunmers était inévitable à cause de leur infériorité numérique.
Plus personne ne faisait attention à moi dans la confusion et je pus me mettre en route vers mon vrai objectif tant bien que mal. Les Exaltés se tenaient immobiles comme des statues ou des machines Dwemer sans énergie. Les gardes se cachaient ou étaient déjà morts.
Je pénétrai dans un des couloirs accessibles depuis la grande salle, bercé par les cris et les bruits de combat, pataugeant déjà dans une petite flaque de sang qui recouvrait tout petit à petit.
Alors que je courrais dans le couloir de pierre éclairé par des flambeaux, je fus pris d’une douleur insupportable au cœur et je dus m’appuyer contre un mur. Une crise de toux s’empara de moi et je réalisai rapidement que je crachais du sang.
Je voulais me laisser tomber par terre et rester dormir un long moment, récupérer tranquillement et sans la moindre drogue. Mes paupières semblaient peser des tonnes. Je faillis perdre conscience mais je fus réveillé par un cri de guerre.
- Crève peau noire !
Je me laissai glisser en arrière contre le mur et l’impérial au visage couvert de bandages qui m’avait persécuté depuis le début éclata son poing contre le mur de pierre.
Je lui donnai un coup de poing dans le ventre et j’enchaînai en déployant ma lame de tanto dans son estomac. Cela le fit crier et il tomba à genoux en essayer de contenir la perte de sang avec ses mains.
Je me levai en m’appuyant sur lui et en essuyant le sang de mes lèvres, je pouvais le remercier, sans lui j’aurais failli rater ma dernière chance de terminer tout ça. Je l’achevai rapidement et continuai à avancer vers la cellule du « Chef » en m’appuyant contre les murs et complètement voûté. J’arrivais à peine à lever mon bras droit et tout mon corps me semblait très lourd.
- Bon sang ! Vous ! Expliquez moi, qu’est ce qui est en train de se passer ?!
Arrivé devant la cellule du chef et ses trois portes impossibles à ouvrir de l’extérieur, je lui dis que la guerre avait éclaté pour de bon entre nous et les autres et que tout était en train de se transformer en bain de sang.
- Quoi ?! Mais ce n’était pas encore le moment ! C’est de la folie, nous ne nous en sortirons jamais vivants ! Je devais être à l’abri ici !
Je demandai au chef de me laisser entrer, jamais une arme et j’étais doué. J’étais capable de le protéger, et ils ne tarderaient pas à vouloir s’en prendre à lui.
- Oui, bien sur ! Je vous ouvre !
Le « Chef » chercha un trousseau de clés et ouvrit une à une les portes nerveusement. La dernière ouverte, il me fit signe d’entrer ce que je fis en restant aussi droit et digne que possible. Une fois que je fus entré, il referma les portes, jeta les clés sur sa table et s’assit sur une magnifique chaise en bois qui pourrait faire office de trône.
- C’est un cauchemar, ça ne devait pas se passer comme ça du tout ! Bah, cette cellule est impénétrable, j’ai des contacts, il doit y avoir quelque chose à faire ! Vous… vous êtes blessé ? Venez me voir !
Je vins vers lui et m’appuyai sur son trône. Il me jugea du regard mais fut interrompu par l’entrée dans le couloir par une dizaine d’impériaux, de nordiques et de rougegardes qui virent taper aux barreaux en hurlant. La cellule avait beau être impénétrable, le « Chef » paniquait complètement. Il m’agrippa par la veste et me tira vers lui.
- Ecoutez ! Vous devez me protéger ! Si nous en sortons en vie, je vous jure que vous serez l’homme le plus riche de Morrowind !
En reprenant mon souffle et en restant aussi lucide que possible, je lui demandai d’ou lui venait cette fortune.
- Mon or ? Il vient des centaines de meurtres et des assassinats que j’organisais chaque jour! Foi de Eno Hlallu, sortez moi d’ici intact et je promets sur mon honneur que vous serez millionnaire !
Je répondis à Eno Hlallu que j’étais enchanté de le rencontrer, je m’appelais Spada et j’étais membre de la confrérie noire.
- Vous… quoi?
Je pris Eno Hlallu par le cou de la main droite et l’étranglai aussi fort que possible. Il gesticula quelques instants et j’eus l’impression que ces yeux sortaient presque de ses orbites. Enfin, je contractai mon poignet et mon tanto fit un trou dans sa gorge. Eno Hlallu remua encore péniblement, puis sa tête bascula en arrière dans un dernier gargouillis. Je frappai encore plusieurs fois son cadavre avec mon tanto sans faire attention aux prisonniers qui tentaient de pénétrer la cellule. Le corps d’Eno Hlallu tomba de son trône et je m’assis et sa place et respirant et en essuyant la transpiration de mon crâne. Enfin, sans me lever, je fouillai le grand maître pour trouver sur lui un bloc de documents portant à la fois le sceau de la Morag Tong et des Ordonnateurs.
J’étais absolument glacé et je luttais pour rester conscient. A quoi bon ? J’étais absolument épuisé et brisé de partout. L’espace ou je me trouvais était impossible à pénétrer et malgré le bruit et les cris je réussis à m’endormir.
Tout le commencement de cette histoire me revenait en tête alors que je dormais paisiblement dans cet endroit invraisemblable.
Tout avait commencé à Hla Oad, un jour avant que je ne me fasse attraper à Balmora. Rahine et moi étions sur les traces de Eno Hlallu depuis des semaines en exterminant tous les membres de la Morag Tong que nous trouvions sur notre chemin. Leur maître restait pourtant introuvable et la dernière piste que nous avait amené dans la ville reculée et marécageuse de Hla Oad. Il pleuvait à torrents ce jour là.
- Attention, vous êtes prêt ?
Je fis oui de la tête à Rahine qui fit exploser la porte d’entrée de la petite cabane à l’écart de la ville d’une boule de feu. Nous y pénétrâmes en même temps elle prête à lancer un de ses terribles sorts et moi armes à la main, mais c’était encore une fausse piste. La maison était complètement vide et déserte depuis des semaines.
Rahine, qui avait comme moi les cheveux mouillés, portait une longue robe violette, des dessous noirs et plusieurs bracelets à pointes. Ce jour là ses cheveux étaient rouges avec des mèches noires et ses yeux étaient massivement maquillés de couleur foncée.
La demi vampire s’appuya contre un mur, bût une gorgée de sa potion calmant son vampirisme et poussa un grand soupir.
- Ca m’aurait surpris qu’il soit là. Je crois que ça confirme ce que je pensais et quelque unes de mes craintes.
Je demandai à Rahine ce qu’elle voulait dire par là, mais elle colla délicatement son index contre ma bouche pour me faire comprendre que les murs avaient des oreilles et que ce n’était pas le bon endroit pour en parler.
Elle s’approcha et se serra contre moi comme si elle voulait m’embrasser, mais elle me chuchota dans l’oreille.
- Je pense que vous vous en êtes rendu compte, mais nous sommes suivis depuis plusieurs jours. Nous les avons semés mais ne prenons pas de risques. Retrouvez moi au phare abandonné de Seyda Neen dès que possible, nous parlerons de tout ça là bas si vous le voulez bien.
Je demandai ensuite à ma sœur noire pourquoi il n’était pas possible que nous y allions ensemble comme nous l’avions fais jusqu'à maintenant.
- J’ai quelques petites choses à prendre, quelques affaires à mettre au point et quelques petits détails à préparer, rien de bien important. En attendant rendez moi un petit service, voulez vous ? Trouvez la maison d’un certain Eres Salas et massacrez sa famille, s’il vous plait. Essayez de ramener une sorte de preuve, je sais pas moi, un tableau, un acte de mariage, un…
Par acquis de conscience, je demandai à ma douce sœur si une déclaration d’adieu ferait l’affaire. Elle sembla ravie de mon inventivité.
- Exactement, une déclaration d’adieu, une lettre d’adieu écrite de la main de sa femme avant sa mort, ce sera parfait. Je vous dis à bientôt alors ?
J’étais curieux de savoir qui était Eres Salas et ce qu’il avait fait pour s’attirer la colère de la confrérie, mais une nouvelle fois Rahine colla doucement son index ganté contre ma bouche en souriant pour que j’arrête de parler.
- Il n’a encore rien fait pour le moment, mais vous verrez, je vous garantis que vous me remercierez de vous avoir suggéré de faire ça.
Rahine me quitta et j’allai accomplir son ordre sans comprendre, du moins pour le moment, à quoi cela allait possiblement pouvoir me servir n’ayant pas la moindre idée de qui était Eres Salas. J’arrivai la nuit même au phare de la petite ville portuaire de Seyda Neen. Je m’installai dans le phare et fis une petite sieste en attendant ma sœur.
Je me réveillai le lendemain et la première chose que je vis fut Rahine qui me regardait dormir en souriant. Je lui demandai pourquoi elle ne m’avait pas réveillé.
- Disons que les prochains jours ne vont pas être faciles pour vous et je voulais vous ménager un peu. Petit déjeuner ?
Rahine me donna une tresse de pain et des fruits avec une bouteille de jus de pomme frais. J’étais assis par terre mais elle était accroupie et me regardait manger. Elle jetait de temps en temps un oeil à droite et à gauche en se retenant de dire quelque chose qui lui passait par la tête, mais elle finit par se laisser aller.
-… quand je pense que c’est dans ce minuscule village perdu qu’a débarqué le grand Nerev… bah, laissez tomber.
Ma sœur demi vampire était surtout remarquable par ses tenues. Elle s’habillait toujours de manière différente et recherchée. Elle était toujours ravissante. Je ne m’expliquais pas comment elle s’y prenait pour recolorer chaque jour ses cheveux mais les résultats étaient systématiquement surprenants. Elle avait toujours une fleur dans ses cheveux. Elle portait cette fois la une robe noire courte et légère avec des bas fins noirs, sa chevelure était entièrement noirs mais avec de longues mèches bleues. Sa fleur noire et jaune ne changeait pas et apportait un point positif supplémentaire sur la radieuse demi vampire. Chaque jour elle paraissait être une nouvelle personne.
A noter que les mages de la confrérie noire n’avaient aucune obligation de porter l’armure habituelle. Ils ou elles ne devaient porter que des habits dans lesquels ils étaient à l’aise pour pouvoir utiliser leur sorts sans problèmes.
Une fois que j’eus terminé de manger, Rahine fit les cents pas dans le phare désaffecté tout en me parlant. Elle portait dans ses mains un sac en toile.
- Eno Hlallu, le grand maître de la Morag Tong. Cela fait cinq jours que nous le cherchons. Cinq longues journées que nous balisons Vvardenfell sans le trouver. Et nous avons tout essayé, vous serez d’accord avec moi. A priori on pourrait penser qu’il est allé sur le continent, mais une personnalité telle que lui doit être connue pratiquement par tout le monde et pourtant aucuns des passeurs ne l’a vu ou quoi que ce soit. Nous avons demandé à pratiquement tous ceux qui pourraient avoir des informations le concernant, sans jamais rien trouver sur sa location possible. Chassons nous un fantôme ?
Je répondis à Rahine que c’était l’impression que j’avais, mais qu’il devait certainement se cacher sous notre nez.
- Exactement. C’est pourquoi j’ai fais travailler mes méninges pour me souvenir qu’il y a des gens à qui nous n’avons pas posé de questions car il nous est totalement impossible de le faire, savez vous de qui je parle ?
Je réfléchis pendant quelques instants mais fus incapable de trouver la réponse.
- Je parle de la soi disant sainte église des ordonnateurs, ceux la même dont le siège se trouve dans la même cité que la base principale de la Morag Tong, Vivec ! Cela réveilla en moi une bien vieille question : comment les ordonnateurs peuvent-ils tolérer la Morag Tong ? Pourquoi est-elle légale et encore active aujourd’hui ? Il s’agit tout de même de meurtres, ni plus ni moins ! C’est pour cela que durant mon temps libre ces jours ci, je me suis un peu penchée sur toutes ces affaires et sur le passé de nos… anciens frères et sœurs noirs. La Morag Tong n’a pas toujours été légale, j’ai fais de petites recherches sur la période ou elle a reçu le droit de tuer. Un vieux journal m’a appris par hasard dans un article que cette période lointaine coïncide avec une crise dans l’église de Vivec, une crise due à l’infiltration d’espions dans les rangs des ordonnateurs. Vous voyez ou je veux en venir ?
Je voyais ou Rahine voulait en venir. Par un moyen ou par un autre, la Morag Tong avait obtenu des documents ou des informations qui lui permettait de faire chanter l’église des ordonnateurs dans le but de pouvoir s’affirmer dans la lumière du jour, mais je ne voyais pas le lien que ça avait avec notre objectif de tuer Eno Hlallu.
- J’y viens. D’après moi, les ordonnateurs protègent le grand maître de la Morag Tong en échange de son silence. Les détails de leur serments m’échappe et ce sont certainement des bêtises telles que des promesses sur l’honneur, le fait est que Eno Hlallu est sous la protection des gardiens intemporels de Vivec et leur justice. Pourtant, là encore un détail cloche…
Ma douce sœur laissa s’écouler quelques secondes pour me faire comprendre que je pouvais parler.
Le détail qui clochait était que même sous la protection des ordonnateurs, Eno hlallu devait se douter qu’ou qu’il aille on le tuerait qui que soient ses protecteurs. La question qu’il se posait devait donc être « ou me cacher de manière à ne pas être retrouvé ? » Et là, ma sœur devait certainement avoir la réponse à cette question.
Ladite sœur fouilla dans son sac et en sortit une carte de Vvardenfell qu’elle déplia par terre avant de me montrer du doigt un point situé aux larges de Dagon Fell.
- Ici, nous n’avons pas la moindre source et cet endroit est littéralement un monde complètement isolé de Tamriel. Je vous présente la prison de Dreth, mon frère. La cachette certaine de notre cible et votre destination prochaine.
Je demandai à Rahine pourquoi cette prison et pas une autre. Ce n’était pas le seul pénitencier ou il aurait pu s’abriter.
- Bonne question. Tous les pénitenciers de villes sont tenus par des impériaux et ne seraient d’aucun secours à Eno Hlallu, quand aux deux autres grandes prisons, elles sont surveillées par les grandes maisons. Seule la prison de Dreth appartient à la justice des Tribuns, la justice même que Eno Hlallu arrive à manipuler grâce à ses documents ou je ne sais quoi. J’ai la certitude absolue que notre proie se cache dans cette prison et qu’il en profite pour tenter de rallier à lui des prisonniers en leur promettant or et sécurité. Cela dit… l’attaquer de front est voué à l’échec. Le seul moyen de s’y rendre est le bateau, cela rend toute arrivée furtive impossible. J’en passe sur le fait que même si nous arrivions à débarquer sur l’île, nous n’avons pas la moindre idée de ce qui la surveille.
Je haussai les épaules et dis qu’il devait certainement s’agir de gardes mal payés, mal organisés et en surnombre, comme dans toutes les prisons.
- Non, je ne crois pas. Je crois sous les murs de cette prison, les surveillants sont bien plus que des êtres humains. Mieux vaut ne pas prendre le moindre risque et… oui, peut-être que Vincente Valerai aurait osé attaquer de front, mais je ne suis pas Vicente, et je pense que ce serait courir à notre mort dans ce cas précis.
Dans ce cas, que suggérait ma sœur ?
- Laissez moi vous raconter une petite histoire. Il y a longtemps de ça, pendant les guerres de grandes maisons, la maison Rédoran tenait une immense forteresse non loin de Tel Mora, ce qui naturellement contrariait les mages Telvanis, les maîtres de Sadrith Mora. Pourtant, malgré toute leur magie et leur pouvoirs terribles, il ne parvenaient pas à détruire le fort. Savez vous comment ils ont fait pour vaincre ? Un oiseau. Un tout petit oiseau encore vivant mais atteint de peste fut envoyé par dans une des meurtrières du fort. Deux jours plus tard, les guerriers Rédorans étaient décimés. Lorsqu’on s’attaque à quelque chose de très grand, c’est quelque chose de minuscule et faible en apparence qui doit y pénétrer et le détruire de l’intérieur.
Rahine s’arrêta de parler et sortit de son sac deux grandes bouteilles de bière. Elle m’en donna une, nous trinquâmes et elle recommença à parler quelques minutes plus tard.
- J’aurais préféré m’occuper de cette mission moi même, mais c’est une prison pour hommes, c’est la seule chose qui m’en empêche… bref. Vous avez remarqué que nous sommes suivis depuis plusieurs jours ? Rassurez vous, ce n’est pas Eno Hlallu qui a prévenu ces gardes, c’est moi, par lettre anonyme leur donnant notre signalement. Je les ai aussi prévenus que vous serez à Balmora un peu plus tard aujourd’hui, et que votre jeune ami Loup et moi même y seront dans la soirée. Vous serez arrêté et je compte sur vous pour faire comprendre à celui qui vous jugera que vous êtes un cas trop grave pour être enfermé ailleurs qu’a Dreth… même si je… je ne me fais pas trop de soucis à ce niveau là.
Rahine fut pris d’un léger rire et je lui demandai si elle n’avait pas oublié de me dire quelque chose, mais elle me fit non de la tête et m’expliqua que ce serait plus drôle si je le comprenais sur le moment même.
- … en tous cas gardez bien sur votre déclaration d’adieu, d’accord ? Non, non, pour rien. Vous serez arrêté et envoyé à la prison, pendant ce temps, je créerais des poupées vivantes à l’effigie de Loup et moi qui se feront tuer lors d’une ultime résistance à Balmora. Une fois morts ainsi, je nous donnerais une nouvelle apparence temporaire le temps de retrouver toutes les personnes ayant pu nous voir et de… modifier quelque peu leur souvenirs. J’en profiterais aussi pour mener une petite enquête qui me tiens à cœur… mais vous verrez le moment venu, d’accord ?
Ce n’était pas les capacités magiques stupéfiantes de Rahine qui me surprenaient le plus, ou sa capacité à prévoir chaque chose autant à l’avance, mais sa manie de laisser des « surprises » dans l’exécution de notre mission pour me surprendre lorsque les choses arrivaient.
- Une fois dedans, je ne sais pas ce que vous trouverez, mais je mettrais ma main à couper que Eno Hlallu est sous grande protection. Il vous sera pratiquement impossible de faire rentrer des armes ou du poison. Comment comptez vous faire ?
Je répondis à Rahine que je pouvais facilement concocter quelques chose de semblable au poison avec de l’alcool et des médicaments. Chance, c’étaient deux denrées relativement faciles à obtenir dans n’importe quelle prison. Pour ce qui était de l’arme, j’avais déjà une petite idée de comment j’allais m’y prendre. Ca risquait de me faire très mal et je demandai à Rahine de me jeter un sort d’apaisement ou quelque chose pour calmer la douleur.
- Vous ne faites pas les choses à moitié vous ! Enfin, d’accord…
L’opération consistant à percer un trou allant jusqu'à l’os dans ma paume gauche et y insérer une partie de la lame de mon tanto cassé en deux au préalable et enroulé de câbles se passa bien grâce à l’aide de Rahine qui supprimait toute douleur et m’aidait à glisser la lame de manière à ce qu’elle ne touche pas l’os.
- Bougez vos doigts pour voir ? Ca vous fait mal ?
Je remuai les doigts de ma main gauche et lui dis qu’il n’y avait pas le moindre problème. Elle soupira et parût penser à haute voix.
- Il n’y a pas le moindre problème parce que vous ne sentez pas la douleur grâce à ma magie, mais une fois qu’elle reviendra, vous serez certainement incapable de bouger la main voire même tout le bras et vos contractions de douleur provoqueront des saignements. En plus, vous risquez d’être torturé, battu et blessé la bas, sans parler du manque de nourriture et de liquide. A un tel point que vous ne serrez plus capable de bouger, de rester debout ou même conscient.
Je haussai les épaules et lui dis qu’elle n’avait pas de soucis à se faire pour le meurtre de la cible, et je lui demandai si elle avait une solution miracle.
- Vous alors, vous pensez vraiment que je ne m’inquiète que de la mission ? Et oui, j’ai effectivement une solution miracle.
L’étonnante Rahine sortit de son sac une aiguille, longue et particulièrement large.
- Vous en aurez certainement besoin. Cette aiguille regorge de drogue du Berserker. Elle a été enchantée de manière à libérer de sa précieuse substance continuellement et à toutes petites doses pour peu que vous soyez vivant, et en libérera d’avantage si votre cœur ralentit ou accélère trop. Sous l’effet de la drogue du Berserker, vous deviendrez quasiment un surhomme. Vous serez pratiquement insensible à la douleur, la faim, la fatigue, la paralysie ou la soif et vos hémorragies stopperont d’elles mêmes en un rien de temps. En outre il sera quasiment impossible de vous assommer, et même si cela arrivait vous reprendriez vos esprits en quelques minutes. Votre résistance aux sorts et aux effets de la magie sera aussi grandement accrue mais vous y serez globalement moins bien immunisé qu’aux dégâts d’ordre physique.
Ca semblait beaucoup trop parfait, je demandai à Rahine quels en étaient les défauts.
- Tant que vous recevez des doses, le seul effet négatif reconnu est une augmentation générale de la sensation de peur, mais vous saurez contrôler ça j’en suis certaine. En revanche, lorsque vous n’êtes plus sous les effets de la drogue du Berserker, ce qui peut subvenir plusieurs minutes après qu’on vous aie retiré l’aiguille ou quand elle est épuisée, les choses deviennent beaucoup plus dangereuses. Vous voyez, même si vous ne sentez plus rien sous l’effet de la drogue et que vous ne saignez pas, une fois que les effets disparaissent, aïe aïe aïe ! Votre corps réagira très brutalement en fonction de ce qu’il aura subit. En plus des douleurs massives dues aux blessures, l’accélération brutale de votre cœur provoquera de graves saignements à toutes vos plaies encore ouvertes. On note aussi des tremblements, des troubles de la vision, une perte des capacités motrices et mentales de même que d’autres désagréments ainsi que… eh, ne me regardez pas comme ça, ce n’est pas moi qui ait crée cette drogue.
Je dis à ma sœur qu’il y avait certainement quelque chose à faire lorsque la drogue n’avait plus d’effet et qu’on commençait à sentir les horribles effets secondaires.
Rahine parût ravie que je pose la question.
- Effectivement, mon frère ! Il y a quelque chose à faire. Si les effets néfastes deviennent trop insupportables pour que vous puissiez rester conscient, trempez l’aiguille dans de l’alcool et replantez vous là. Cela vous donnera une dernière et grande poussée d’énergie. Ah, cela dit pendant les premiers instants ou vous ne serez plus sous l’effet de la drogue, vous serez encore plus actif et alerte que d’habitude, si il fallait trouver un point positif.
Je refusai dans un premier temps la proposition de Rahine de m’injecter cette aiguille, mais je finis par me dire que cette drogue allait être nécessaire pour que je puisse tenir jusqu'à bout. Aussi lui tendais-je mon bras pour qu’elle la plante exactement sous ma peau.
Ma sœur noire réfléchit un instant, puis parût avoir une idée lumineuse. Elle me demanda de retirer le haut de mon armure et de m’allonger par terre sur le ventre.
Je n’obéis pas tout de suite devant l’énormité de sa demande mais je compris assez rapidement que ce n’était pas une plaisanterie, aussi obéis-je.
Une fois que je fus sur le dos, elle me massa une seconde et me demanda de me détendre un instant. Je fis ce qu’elle me disait et je sentis une toute petite piqûre dans mon dos, entre mes deux omoplates, suivie d’une grande sensation de toute puissance et de bien être dans tout mon corps et mes membres.
Je demandai si c’était bon et Rahine le confirma, avant de lui poser une question qui me dérangeait, une si grande aiguille était-elle vraiment nécessaire ? Et pourquoi la mettre dans mon dos ? Je ne la sentais pas du tout et j’allais certainement l’oublier rapidement tant je me sentais bien et invincible.
- Pourquoi une si grande aiguille ? Je ne sais pas trop, mais j’ai comme la sensation qu’elle vous sera extrêmement utile tôt ou tard là ou vous vous rendez. Et dans votre dos, il est probable que personne ne la voie. Que dire d’autre ? L’aiguille devrait contenir de quoi agir pendant cinq jours. Six jours au maximum mais il y a peu de chances qu’elle tienne aussi longtemps vu ce que vous risquez de subir là bas. Ne faites pas de folies ou lorsqu’elle ne fera plus effet vous ne serez plus capable de tenir debout. Vous ferez attention, d’accord ?
Surexcité par la drogue du Berserker, je répondis à Rahine que j’allais éviter de faire des bêtises, même si je savais déjà que j’allais en faire et que je m’en moquais complètement.
Rahine prit avec humour un air excédé et regarda en l’air.
- Vous vous en moquez, pas vrai ? Je m’en moquerais aussi à votre place, remarque. Bref, une fois dans cette prison et en place, vous aurez trois objectifs majeurs. Le premier est bien sûr le meurtre de Eno Hlallu. N’allez surtout pas dire que vous êtes de la confrérie noire, ça va de soi. Le second est la récupération des documents avec lesquels il fait chanter l’église des Tribuns qu’il a, je suis sûre, sur lui, le trois…
J’interrompis Rahine pour lui dire que ça n’avait pas le moindre sens. Pourquoi aurait-il sur lui des documents apparemment terriblement importants et compromettants alors qu’il se trouvait dans une prison appartenant à la même église qu’il faisait chanter.
- C’est trop long à expliquer, vous qui venez de Cyrodiil vous ne pouvez pas comprendre l’importance qu’on accorde ici à des bêtises telles que « l’honneur » le respect et la valeur des promesses. Ces documents ne peuvent être que sur lui. Si le grand maître des ordonnateurs –dont l’identité reste encore un mystère aujourd’hui-a promis qu’il serait logé et en sécurité dans cette prison en échange de son silence quand aux documents, alors ils ne se feront pas de coups bas et les papiers ou je ne sais quoi sont bien au chaud sur lui, et en permanence vu la valeur de l’objet. Une autre question ?
Je demandai poliment à Rahine de reprendre.
- Le troisième et plus important objectif est de sortir d’ici vivant en rapportant ce que vous aurez trouvé sur la carcasse de ce chien D’Eno Hlallu. Le trajet entre Balmora et Dagon Fell prendra certainement trois ou quatre jours, ce qui fait que vous serez sous l’effet de la drogue pendant un ou deux une fois que vous serez dans la prison. Cela vous permettra de bien vous installer et de tenir pendant les premiers temps qui risquent d’être difficiles, mais encore une fois : ménagez vous ! Vous devez être capable de vous déplacer une fois les effets terminés, d’accord ? Vous ne m’écoutez même pas… enfin bon, Loup et moi serons à Dagon Fell Le jour ou vous embarquerez pour vous rendre à la prison de Dreth. Il est vital que lorsque nous arriverons par bateau pour venir vous chercher, vous ayez terminé tout ce que vous avez à faire et que le terrain soit libre et dégagé pour que nous puissions vous évacuer. Combien de temps pensez vous que cela vous prendra ? Une semaine ? Deux ?
Je fis un deux de la main à Rahine en souriant.
- Deux semaines ? Oui, ça me semble tout à fait b… deux JOURS ? Je serai curieuse de voir ça mon frère. Quoi, c’est un pari vous dites ? Si vous gagnez, je vous devrais quelque chose et si vous perdez, vous me devrez quelque chose ? Euh, ça n’a pas vraiment de sens, si vous perdez vous serez mort et je n’aurais pas de lot à recevoir ! Enfin, je marche. Une fois que vous serez dans la prison, vous aurez deux jours pour éliminer Eno Hlallu, récupérer les documents et nettoyer le terrain pour votre évasion. Un peu plus longtemps que ce que la drogue fera effet. Je peux vous donner d’autres aiguilles mais il est probable qu’on vous les confisque quand vous serez arrêté cette après midi. Prenez les tout de même, mais n’allez pas vous en injecter deux en même temps ou votre cœur lâcherait sur le champ. Vous avez, euh… une dernière question ?
Je pris d’autres aiguilles et les glissai dans ma manche, mais je me doutais bien qu’on me les prendrait. Il ne me coûtait rien d’essayer et j’étais certain que les gardes auraient peur de tester toutes mes aiguilles unes à unes.
Je dis à la sanguine du sanctuaire que j’avais effectivement deux questions. Dans un premier temps, qu’allait-il arriver au sanctuaire de Balmora ?
- Rassurez vous, frère Loup et moi avons tout mis en lieu sûr entre hier et aujourd’hui. Ils ne trouveront rien. D’ailleurs j’insiste sur le fait que vos capacités d’acteur seront rudement mises à l’épreuve. Jouez le jeu, donnez leur l’impression d’être dans un mur, puis isolé voire même persécuté ! Tenez bon, et tôt ou tard, vous aurez droit à votre consécration.
Le discours de Rahine m’inspira particulièrement mais je ne pus m’empêcher de lui poser ma seconde question. Tout ça, toute cette affaire, tout ce déplacement vers la prison de Dreth, la présence de Eno Hlallu la bas, ses documents, tout le déroulement que suivraient les choses. Tout cela avait été déduit et supposé par ma douce sœur noire, mais il était possible qu’elle se trompe sur toute la ligne, tout restant basé sur de la spéculation.
- Vous avez absolument raison, mon frère, tout cela n’est que théorique, mais je suis certaine d’être dans le vrai. Vous n’avez pas l’air d’être le genre à donner sa confiance facilement. Mais faites moi confiance, et à chaque minute qui passera, vous vous retiendrez de rire tant les choses se dérouleront exactement comme nous les avons prévues.
Je laissai passer quelques instants avant de dire à Rahine que c’était bon, et que je lui faisais confiance.
Rahine me sourit et tapa dans ses mains comme le faisait Vincente.
- Alors tout est en place, rendez vous à Balmora, faites mine de rien, ne tuez personne et que la fête commence. Je partirais un peu plus tard et Loup me rejoindra. Taillez vos bottes dans le cuir de Eno Hlallu mais soyez tout de même prudent, d’accord ?
Alors que je ré enfilait ma combinaison, je lui dis ce n’était pas à moi de faire attention, mais à ma proie. Cela fit sourire à nouveau Rahine qui semblait réfléchir.
Une fois que je fus prêt, j’ouvris la porte du phare. Une tempête de sable semblait se préparer. Je dis au revoir à ma sœur et commençai à partir.
- Hep !
Je me retournai et j’eus à peine le temps de voir Rahine s’approcher de moi et de me donner un petit baiser rapide de ses belles lèvres roses.
- Vous savez quoi ? Je crois que je vous aime bien.
Je lui répondis que je croyais que c’était réciproque, et sans plus de cérémonie nous nous séparâmes et je me dirigeai vers l’échassier qui allait m’amener à Balmora pour le début de ce grand spectacle.
Meeeeeerrrrdeee ! J'ai cours ! Je peux pas te lire !!!!
Mais OUAIIIIAIAIAIAIAIAIAIAIS
-… et si tu ne nous ouvre pas cette maudite porte, peau sombre, on te brûlera vivant !
J’ouvris les yeux lentement mais sûrement en ignorant les cris et les insultes de la vingtaine de prisonniers qui me guettaient devant la cellule. J’étais très bien ou j’étais, et je ne fis pas attention à eux.
Sans me lever de la confortable chaise sur laquelle je serais volontiers resté assis des heures encore, j’essayai de voir quelle partie de mon corps aurait encore été capable de fonctionner correctement après l’abus des effets de la drogue de Berserker que je lui avais fais subir pendant ces derniers jours.
Ce fut sans surprises que je pus constater que tout mon bras gauche était complètement hors d’usage, il se bloquait pratiquement tout seul lorsque j’essayais de le bouger et cela me fit réaliser à quel point j’avais été sous l’effet de la drogue tous ces jours ci pour ne rien sentir et être capable d’y laisser une lame sans souffrir atrocement. Je me sentais cassé en mille morceaux à cause des coups de fouet et j’aurais certainement été incapable de courir ou me déplacer discrètement. Je n’arrivais plus à tourner ma tête sur la gauche ou la droite et un mal terrible entre mes omoplates m’empêchait de me tenir complètement droit. Le fait que je sois resté immobile et tranquille pendant plusieurs heures avait calmé les saignements, mais éveillé je n’arrivais pas à m’empêcher d’avoir des spasmes tant j’avais mal de partout, si bien que mon sang avait recommença de couler lentement de toutes mes blessures, notamment de mon œil gauche et je devais m’essuyer régulièrement le visage.
Je me sentais mort de faim et de soif. Mes signes vitaux étaient très instables et je ne pouvais que prier pour ne pas perdre conscience. J’étais même en danger de mort si je laissais aller les choses trop longtemps.
J’ouvris le précieux bloc de documents en brisant les sceaux de cire, comme il fallait s’y attendre, ils étaient écris dans un code que je connaissais pas et qui semblait beaucoup trop difficile à déduire pour que j’y arrive en quelques minutes.
Je glissai l’ensemble dans mon pantalon de prisonnier et m’assurai qu’il tenait bien. Les prisonniers ne comprenaient pas ce que je faisais et ils s’énervaient encore plus du fait que je ne faisais absolument pas attention à eux.
Je voulus me lever d’un seul coup mais au lieu de ça je tombai par terre à quatre patte en toussant du sang, ce spectacle amusa beaucoup tous mes spectateurs.
- Ne meurs pas tout de suite mon joli ! On a tellement de choses à te faire subir !
Je me levai tranquillement et boitai jusqu'à la superbe armoire en bois se trouvant dans la cellule d’Eno Hlallu. Elle contenait des vêtements et pour mon plus grand bonheur un bocal entier de riz de sel ainsi que plusieurs bouteilles d’eau et une de cognac. J’avais déjà mentionné les propriétés nutritives extrêmes du riz de sel, aussi me sentis-je repus après trois poignées des boulettes gluantes. J’eus une envie de régurgiter les aliments mais j’avalai autant d’eau que possible avec chaque bouchée pour réussir à avaler. Je me sentais à peine mieux mais deux maux étaient déjà à peu prêt résolus, même si j’aurais payé tout l’or du monde pour une bonne escalope de mouton bien cuite avec des légumes. Je versai la moitié de la bouteille d’alcool sur mes blessures ouvertes pour les désinfecter et calmer l’afflux du sang. Je la mis ensuite dans une des poches de mon pantalon.
Je fus ensuite confronté au problème de l’arme, j’étais quasiment incapable de lever mon bras tant mon tanto paraissait peser lourd. Je n’aurai pas pu m’en servir correctement, c’est pourquoi je le retirai et le jetai par terre, avant de chercher dans le bureau personnel du grand maître de la Morag Tong quelque chose dont je pourrais me servir dans un futur très proche. Certainement pas les flambeaux de plomb qui se trouvaient sur chaque murs. Ils étaient impossible à retirer et même en y arrivant leur poids était trop grand pour les soulever, même à plusieurs.
Le fait que j’aie jeté mon arme excité encore plus les autres prisonniers qui se mirent à taper sur les murs comme des primates en criant.
- Tu jettes tes armes mon mignon ? Ouvre nous cette porte et on ne te fera pas de mal !
Eno Hlallu n’avait dans son bureau personnel qu’une tonne de paperasse. Des ordres écrits à l’avance pour ses seconds, un début de journal intime ou il parlait la menace croissante que devenait la confrérie noire, des lettres pour des proches ainsi que le commencement d’un livre ou il discutait la vertu et la puissance des instruments de Sanguyn.
Je croyais à priori qu’il était inutile de fouiller d’avantage les papiers du décédé chef de la Morag Tong, mais ce dernier, écrivain talentueux à ses longues heures perdues, m’avait laissé deux ultimes cadeaux sous la forme de parchemins.
Sans rien dire aux prisonniers, je pris plusieurs bouteilles d’eau et les aspergeai avec. La première fois ils furent surpris, mais la seconde et la troisième les amusa beaucoup. Ils ouvraient la bouche en riant pour boire quelques précieuses gorgées et faisaient semblant de danser sous les éclaboussures. Ils étaient tous mouillés. Je me rassis ensuite sur le trône qui faisait face au couloir.
- Comme c’est mignon, tu nous asperges avec de l’eau gamin ?
- Ce n’est pas comme ça que tu nous fera disparaître ! Maintenant sors de là qu’on s’amuse un peu.
Je déroulai un des parchemins devant moi de manière à ce que les prisonniers puissent essayer voir ce qui y était écrit.
- Qu’est que c’est que que ce torchon gamin ?
- ac… tel… tundra esper oc… ça ne veut rien dire !
- Tu crois que nous montrer ces gribouillages va nous arrêter ?
Pour la première fois, je parlai aux prisonniers pour leur expliquer que ce n’était pas des gribouillages, mais des caractères ayléides, et surtout que ce n’était pas un torchon mais un parchemin enchanté contenant un sort.
Le silence tomba quelques instants dans les rangs avant qu’un nordique petit et trapu n’éclate de rire. On l’imita assez vite même si la plupart de ces gens n’avaient pas la moindre idée de pourquoi.
- Et alors ? Même si c’était vrai il est impossible d’utiliser de la magie ici gamin, tu bluffes !
Sans cesser de brandir le parchemin devant moi, je déclarai ensuite que cet espèce de champ d’énergie englobant la prison empêchant peut-être de faire usage de la magie, mais certainement pas de faire appel à un sort à usage unique déjà prêt et enfermé dans un parchemin.
Le nordique restait devant les barreaux à me regarder et à chercher une réplique adaptée alors que tous les autres attendaient un signal de celui ci pour choisir le comportement à adopter.
Voyant que j’avais enfin l’attention que je méritais, je leur dis en passant que, même si je n’étais pas très doué en anciennes langues, je savais que le mot « tundra » pouvait se traduire par « éclair ».
Mon interlocuteur, dont les yeux avaient la taille d’assiettes toucha ses vêtements et réalisa avec terreur qu’ils étaient trempés. Lui et ses comparses se jetèrent un très bref regard rempli de désespoir avant de se mettre à courir à toute allure vers l’autre bout du couloir.
Je déchirai le parchemin et un éclair dévastateur jaillit de la déchirure, dans une gerbe de lumière, une terrible réaction en chaîne se déclencha et tous les prisonniers furent frits comme des poissons sautillant sur la poêle, avec un bruit hilarant en plus. Penser à de la vraie nourriture était douloureux pour moi ceci soit dit.
J’attendis que les cadavres soient complètement vidés de leur électricité avant de me lever doucement, prendre le trousseau de clefs et ouvrir les portes sans oublier de prendre le second parchemin.
Je n’étais absolument pas sûr qu’ils allaient fonctionner et je jouais grandement sur le bluff. Au final le résultat était très satisfaisant.
Je quittai la sécurité de la cellule tellement voûté qu’on aurait pu croire que je rampais. J’étais complètement appuyé sur les murs que je laissais des traces de sang partout ou j’allais.
Une fois arrivé tant bien que mal à l’entrée du couloir, j’entrouvris la porte menant à la grande salle pour admirer la vue. L’immense pièce était recouverte de sang et de cadavres. L’odeur était ignoble et empestait la mort. Le dizaine de non dunmers restante était trop occupée à fouiller les cadavres et à tenter d’ouvrir la gigantesque porte d’entrée de la prison en plomb armé pour faire attention à moi.
Aucun être vivant normalement constitué n’aurait pu ouvrir pareille porte, cette tâche était d’ailleurs réservée aux Exaltés, ceux ci ayant la force nécessaire pour le faire. Dommage que tous les gardiens dans la prison soient morts et que leurs protecteurs soient devenus inactifs pour cette raison.
Une terrible secousse ébranla la porte et de la poussière tomba des murs. Tous les prisonniers firent plusieurs pas en arrière et ceux qui dépouillaient les cadavres cessèrent pour regarder ce qui se passait. La porte se déplaçait.
Tous les surveillants se trouvant à l’intérieur avaient été empoisonnés et tués, mais j’avais remarqué que toutes les cinq heures environ, un changement s’effectuait et le garde patrouillant dehors changeait de place avec un de ses collègues. Celui se trouvant à l’extérieur mangeait plus tard que les autres. C’était un autre pari risqué que de lui laisser la capacité de contrôler un Exalté mais c’était le seul moyen que j’avais de sortir de la prison.
L’unique porte de sortie était enfin complètement ouverte, mais entre elle et la lumière se trouvait l’Exalté que j’avais vu de près le premier jour. J’étais sous l’effet de drogue et c’était pour cela qu’il m’avait autant choqué, mais il n’empêchait que son exosquelette avait quelque chose d’horrifiant et générant une peur maladive.
Les prisonniers étaient paralysés de peur alors que le dernier gardien de la prison de Dreth regardait dans tous les sens ivre de colère.
- PAUVRES VERMINES ! VOUS VENEZ DE SIGNER VOTRE ARRET DE MORT ! TUE LES TOUS ! TUE LES TOUS LENTEMENT !
Les sphères vertes sous l’exosquelette de l’Exalté s’embrasèrent et il se mit en marche tranquillement vers ses malheureuses victimes qui étaient pétrifiées de peur, alors que le gardien vociférait et criait des insultes.
La paralysie par la peur ne dura que quelques instants, le temps que l’Exalté attrape un bosmer et ne l’écartèle à mains nues dans la sens de la largeur. Ses camarades furent aspergés de sang et de chair, cela les réveilla et ils se mirent tous à courir dans tous les sens pour tenter de survivre au monstre. Deux inconscients tentèrent de s’attaquer directement à l’Exalté, mais celui ci les mettait en morceaux comme si il chassait des insectes, trois autres malheureux essayèrent de courir vers le gardien poings en avant, mais dès qu’ils étaient trop prêt, il activait leur bracelets de douleur et ceux ci s’écroulaient en crachant du sang et en se tenant le cœur.
L’Exalté suivait sans accélérer les derniers fuyards, il aurait pu les rattraper en un rien de temps mais respectait la consigne qui consistait à les tuer lentement.
Je me repérais au bruit pour déduire combien de survivants il restait. Dès que je sentis que le monstre s’occupait du dernier, je jetai de toutes mes forces la demi bouteille de cognac en direction du gardien, mais il la vit arriver et se protégea de ses bras. Elle se brisa sur lui mais n’avait été aucunement assomé.
Il regarda immédiatement dans ma direction et me vit. Il me sourit pour me faire comprendre que mon tour viendrait bien assez tôt, mais son rictus disparu à l’instant ou il vit que je tenais un parchemin dans mes mains et que j’allais le déchirer.
- NON ! TUE LE ! TUE LE VITE ! TUE LE !
Sans perdre une seconde je libérai le sort de feu se trouvant dans le parchemin. L’alcool prit feu, incinérant le gardien qui perdit sa concentration et se mit à courir dans tous les sens en criant et en tentant d’attiser les flammes qui le dévoraient vivant.
L’Exalté s’arrêta à un mètre de moi, il était en position de frappe mais, il lui aurait suffit de me toucher pour me briser les os vu mon état navrant. Les sphères vertes sous son masque ne brillaient plus et l’invincible monstre paraissait être figé dans le temps.
Je ne perdis pas une miette du spectacle du gardien agonisant et se roulant pour terre ou se frottant contre les murs pour s’éteindre. La couche de sang au sol ne suffisant pas pour attiser le brasier consumant la chair du geôlier, sa peau était complètement brûlée et brune, pour peu qu’il y aie encore de la peau. Il n’avait plus de cheveux et tous son corps était carbonisé. Enfin, il s’arrêta d’un seul coup, tomba à genoux, puis s’affala sur le ventre. Enfin, le silence tomba sur la grande salle pour de bon. Je fermai les yeux pour profiter de ce rare moment de tranquillité, bercé seulement par les gouttes tombant du plafond pour s’abattre dans le petit lac de sang qui c’était formé.
Je mis ma main droite à plat sur le torse de l’Exalté et le poussai légèrement. Il tomba en arrière comme une statue et tous les murs tremblèrent lorsque sa masse défiant toute logique rencontra le sol.
Echec et Mat. Et cela ferait très bien bientôt exactement deux jours que je me trouvais à la prison de Dreth.
Je jetai un dernier regard au carnage que j’avais provoqué dans le seul but d’accéder à Eno Hlallu. Tout cela en valait-il vraiment la peine ?
Sachant que tuer des gens innocents ne me faisait ni chaud ni froid, tuer des gens coupables ne méritait même pas que j’attarde dessus. Ce fut donc avec grande satisfaction que je me dirigeai vers l’antichambre de la prison en alternant rampement et appui contre les murs, et sur le chemin, je dérobai les vêtements sur des cadavres pour me protéger autant que possible de la pluie acide à l’extérieur et pour avoir chaud. J’enroulai une veste de prisonnier autour de ma tête et enfilai plusieurs couches d’habits de manière à ce que toute ma peau soit couverte.
Arrivé devant les escaliers menant à la surface, je fus pris d’un grand moment de dépression. A l’aller, on m’avait jeté dans les escaliers et il m’avait tout de même fallu plusieurs minutes pour arriver tout en bas. Il fallait donc que je fasse le chemin inverse en montant, et dans mon état cela allait être une épreuve d’endurance extrême. Je n’avais qu’un seul bras pour me hisser sur les marches.
Je me laissai tomber par terre en me disant que de toutes façons, quand ils verraient que le terrain était dégagé, Rahine et Loup s’engouffreraient dans les profondeurs de l’île pour venir me chercher, et que ça valait mieux ainsi.
J’avais beau me répéter cette phrase, je ne pus m’empêcher d’essayer de me redresser et de m’engager dans les interminables escaliers me menant à la liberté.
Je fus rapidement contraint de me tirer en utilisant mon bras droit et en me hissant. Plusieurs fois je crus que j’allais renoncer mais je sentais de l’air sur mon visage et cela me donnait la force d’aller plus loin. Ces deux jours m’avaient parus terriblement longs.
Après un moment qui sembla avoir duré des heures, mes doigts étaient en sang et je n’étais plus qu’a une seule marche de l’extérieur. Je pouvais voir la lumière, entendre la pluie et les tonnerre. Même si c’était le ciel maudit et ensorcelé autour de la prison je pouvais en voir une bribe et je voulais à tout prix me hisser sur cette dernière marche. Mais malheureusement physiquement, j’avais atteint mes ultimes limites. C’était la toute première fois que je me poussais aussi loin et longtemps et je regrettai d’en avoir tellement fait. Je tendais désespérément la main vers la dernière marche mais je n’avais plus la force de l’agripper tant mes doigts tremblaient et tout mon corps était détruit.
Rassemblant toutes les forces qui me restait, je réussi à saisir la marche et à tirer aussi fort que je pouvais. Je réussi l’espace d’une seconde mais mes doigts glissèrent et je commençai à tomber en arrière. A bout d’énergie, je fermai les yeux et attendait que « ça » se produise.
Mais alors que j’avais renoncé à toute espoir, une douce main saisit la mienne et m’empêcha de retomber dans les profondeurs.
Je rouvris les yeux et vis Rahine agenouillée à contre jour et sous la tempête, protégée par son ombrelle. Ses cheveux étaient oranges clairs et toujours ornés d’une fleur, elle avait un maquillage soigné et une tenue gothique élaborée.
- Ca fait un tout petit peu plus que deux jours, mais je crois que vous gagnez quand même le pari haut la main.
Rahine me tira et me remonta jusqu'à elle. Une fois que je fus arrivé hors des escaliers à sa hauteur, je tombai épuisé dans ses bras et elle me serra quelques instants en me caressant le dos pour me réconforter.
Elle laissa passer une dizaine de secondes avant de me donner quelques tapes amicales dans le dos.
-… vous avez recouvert mes vêtements de sang. Vous en avez beaucoup trop fait, pas vrai ?
Je marmonnai à Rahine que je plaidai coupable, et que je ne serais pas contre partir d’ici si elle le voulait bien.
Ma douce sœur se leva et me tira de manière à ce que je m’appuie sur elle pour pouvoir marcher jusqu’au petit bateau qui était amarré sur les quais de l’île. La pluie acide tombait toujours à torrents mais j’étais protégé par mes vêtements et l’ombrelle de Rahine. Loup était à bord du bateau, il me salua de la main en souriant et commença à retirer les amarres et à réinstaller la planche qui nous permettrait de monter à bord. Sacré Loup, il était toujours aussi rapide à apprendre n’importe quoi. Son apparence n’avait pas changée mais il avait enfin une armure de la confrérie à sa taille et avait fière allure.
Alors que ma sœur et moi n’étions plus qu’a quelques mètres du bateau et que je croyais tout terminé, Loup prit un air horrifié et pointa du doigt quelque chose derrière nous. Rahine se retourna et comme elle me soutenait je suivis le mouvement et laissai échapper un sursaut de surprise tout comme la demi vampire.
Un homme complètement brûlé nous suivait à une dizaine de mètres de distance en boitant comme un mort vivant et il était suivi par un être portant un effrayant exosquelette de verre noir. Les yeux de l’homme était complètement révulsés et c’était à ce demander si il était conscient de ce qu’il faisait ou pas.
La demi vampire tandis un bras comme pour jeter un sortilège mais rien ne se passa, elle fit une grimace pour montrer qu’elle avait oublié qu’il était impossible de faire de la magie ici.
L’individu brûlé à mort tomba à genoux et nous pointa du doigt en tremblant. Sa faible voix fut en grande partie couverte par le tonnerre mais j’entendis son dernier ordre.
- T… tue les.
Enfin, il cracha une grande gerbe de sang et s’effondra.
Nous étions les trois sidérés par ce qui venait de se passer, si bien que nous restâmes immobiles à observer l’Exalté qui ne bougeait absolument pas.
- Est ce que c’est un… Exalté ? Je sens que ça a a une force absolument gigant…
Le monstre parût s’animer mécaniquement et fit un pas en avant.
Nous fîmes un pas en arrière.
Quelques secondes de délai plus tard, il fit deux pas en avant et nous en fîmes deux en arrière. Il ne se passa plus rien du tout après plusieurs minutes. Je repris mon souffle et Rahine soupira de soulagement.
Et là, les deux sphères vertes de l’Exalté s’allumèrent complètement et il se mit en marche vers nous.
- Loup, sortez la grand voile et levez l’ancre, on part d’ici !
Alors que Rahine et moi montions sur le petit bateau à toute allure, Loup déploya la grande voile et leva l’ancre à une vitesse folle grâce à l’adrénaline alors que Rahine me laissait m’asseoir contre le mât. Le vent colossal qui régnait autour de la prison nous propulsa d’un coup loin de l’île et nous prîmes rapidement de la distance.
Les flots étaient en furie et la tempête faisait rage alors que nous nous éloignions de la prison de Dreth, mais ce fut avec terreur que nous vîmes l’Exalté prendre son élan en courrant et bondir dans les airs. Malgré son poids colossal il jaillit à travers la pluie déchaînée dans la direction de notre bateau.
Loup sortit des fioles de sa tenue mais je lui dis que ça ne servirait à rien, si il atterrissait sur le bateau, nous coulerions sur le champ et même si cela n’arrivait pas nous serions tous mort dans la seconde.
Rahine serrait son poing droit et je lui demandai si par hasard elle n’avait pas encore une solution miracle.
- Si nous sommes assez éloignés de la prison, alors je devrais avoir assez d’énergie la dedans pour vous répondre.
Alors que l’Exalté entamait sa chante horizontale sur nous, Rahine prit son élan alors que Loup et moi retenions nos souffles. Au moment ou le monstre failli toucher le bateau, la sorcière tendis son bras en avant paume ouverte en poussant un cri de guerre. Une terrible onde de choc explosa entre Rahine et l’Exalté. Le temps s’arrêta l’espace d’un instant alors que la distorsion provoquée par l’impact entre l’Exalté et la magie de la demi vampire repoussait la pluie, le vent et les éléments dans un bruit sourd et puissant. Enfin, la créature fut propulsée en arrière à une vitesse terrible dans la direction de l’île. L’Exalté traversa deux des pics rocheux surplombant la prison dans un fracas terrible avant de dans plonger les eaux noire de l’autre côté.
Rahine qui tendait toujours le bras se détendit enfin alors que nous respirions à nouveau. Le bateau n’avait pas l’air d’avoir subit de dégâts grave et le vent nous poussait loin de cette île maudite.
- Vous pensez que ça l’a eu ?
Loup fit non de la tête. Il était vrai que ces eaux sombres dissolvaient tout ce qui était organique, mais qu’est ce qu’était vraiment un Exalté au final ? Pouvaient ils être détruits de la même manière qu’on détruirait un humain ?
Alors que nous éloignions de plus en plus, la pluie redevenait fraîche et le vent agréable. Je prenais un grand plaisir à les sentir sur ma peau.
Rahine vint prêt de moi et me regarda pendant quelques instants sous toutes les coutures.
- Vous êtes vraiment dans un état horrible mon frère, mais je vous rassure, il n’y a rien de tout ça qui ne soit pas soignable, ni vos yeux ni votre bras gauche…
Je dis à Rahine que c’était un soulagement et lui demandai de faire ça tout de suite si c’était possible.
-… pourtant, je ne vais que soigner superficiellement les blessures graves et laisser le reste se guérir naturellement. Pourquoi ? Je vois sans mal que vous avez continuellement été soigné par magie ou à l’aide de produits accélérant vos capacités de régénération sans jamais prendre vraiment le temps de récupérer. Même si c’est ce qui semble le plus intelligent dans l’immédiat, sur le long terme vous courrez à votre perte. Si vous continuez à forcer comme ça, il y aura un jour ou plus aucune magie ou soin ne pourra vous faire quitter l’état dans lequel vous vous trouvez maintenant. Laissez faire la nature cette fois ci, vous en sortirez plus en forme que jamais.
J’avouai à Rahine que je n’y avais jamais vraiment pensé sous cet angle, et lui déclarai qu’elle pouvait faire ce qu’elle pensait être le meilleur pour moi.
Elle accueillit ma réponse d’un sourire et sans me donner plus d’explications, déchira un pan des vestes que j’avais ramenées en trop pour m’en faire en bandage qu’elle attacha autour de mon œil gauche.
Ensuite, elle me toucha d’abord le front, puis le bras gauche. Sa magie était significativement mieux maîtrisée que celle de Mjarj Dar, je ne sentais rien du tout.
- Voilà, votre œil gauche devrait remarcher, mais laissez le sous le bandage et ne l’exposez pas tout de suite à la lumière. Quand à votre main, dos doigts et vos articulations sont de nouveau fonctionnels, mais ne les bougez pas encore. Laissez les choses se remettre en place gentiment.
La pluie avait cessé et le ciel reprenait des allures normales alors que Loup donnait des pommades à Rahine qui les appliquait sur mes blessures et que le premier faisait des pansements sommaires. Loup comprit aussi tout de suite le fonctionnement des bracelets de douleur et réussit à me les retirer sans problèmes.
Lorsqu’ils eurent terminé, Rahine prit les documents que je lui tendais alors que je lui racontais comment s’étaient déroulées les choses. Elle m’écoutait avec grande attention et lisait les papiers tant convoités en même temps. Lorsque j’eus fini de parler, je ne réalisai même pas que le ciel était bleu et qu’il faisait un soleil de fin de journée magnifique.
D’un seul coup, la demi vampire lâcha les documents par terre et parût céder à une grande surprise.
- Par saint Nerevar ! C’est inimaginable, c’est… non, je ne comprends vraiment pas ce code. Frère Loup, vous ne pourriez pas ?…
Rahine reprit les papiers et le donna à Loup qui sortit une plume de son costume ainsi qu’une petite fiole d’encre. Il réfléchit à peine trois secondes et commença à écrire quelque chose.
Je commençais à avoir une sérieuse envie de dormir mais je me retenais, trop curieux d’assister au dénouement de cette affaire.
En moins d’une minute, la dizaine de lettres et de feuilles fut traduite et Loup les relit rapidement. Il haussa les épaules en se grattant la tête pour faire comprendre que cela ne signifiait pas grand chose pour lui et les donna à la sanguine du sanctuaire.
Rahine regarda d’abord les documents d’un air détendu, puis rapidement son visage s’assombrit au fur et à mesure qu’elle les parcourait tous jusqu’à la dernière feuille.
- Il est temps de mettre un point final à toute cette affaire, et je ne pensais pas qu’elle nous permettrait d’aller aussi loin. Reposez vous un peu mon frère, je vais accélérer le voyage. Je vous expliquerai ce qui va se passer lorsque nous serons arrivés à Seyda Neen dans la soirée.
Je répondis à Rahine que c’était hors de question que je dorme avant que tout ça ne soit terminé, mais elle ne semblait pas m’écouter. Je voulus lui répéter ce que j’avais dis, mais je fus pris de cours par ce qui se passait.
Le bateau était en train de décoller dans les airs, la talentueuse sorcière le faisait voler tout entier pour se déplacer plus rapidement. Complètement fasciné par ce tour, Loup courra se mettre sur la poupe du navire pour sentir le vent sur son visage. Il restait jeune et impressionnable après tout, même si j’étais moi aussi stupéfié.
- Je sais, je sais, mais ici en Morrowind, la lévitation est un tour simple et ordinaire. Le vol est déjà un sort de plus haut niveau mais bref… quand je vous ai dis de vous reposer ce n’était pas tout à fait une demande, mon frère, il faut arrêter de vous forcer comme ça.
Rahine me toucha une nouvelle fois le front et je me sentis complètement détendu et relaxé. J’avais encore été eu par sa magie d’apaisement alors que le bateau filait dans le ciel.
Je commençais à m’endormir, mais Rahine restait agenouillée devant moi en souriant.
- Je ne vous l’ai pas encore dit, mais vous avez fait un travail absolument fantastique mon frère. Je vous félicite et vous en remercie sincèrement.
Ce fut sur ces paroles gratifiantes et chaleureuses que je m’endormis avec la perspective de ne pas être réveillé en sursaut.
prem's
je vais lire ![]()
Il était à peine neuf heure du soir dans la petite ville de Seyda Neen que le vieil homme tenant le bureau des taxes et du recensement, anciennement l’endroit ou tous les étrangers devaient s’annoncer lorsqu’ils débarquaient en Vvardenfel, décidait de se mettre au lit. Il était vraiment très âgé. Il n’était déjà plus tout jeune lors de la crise du Nérévarine mais encore plus de temps avait passé depuis cette période. Il n’avait plus le moindre cheveu sur le crâne et sa belle barbe blanche d’impérial était plus broussailleuse qu’avant.
Il éteignit toutes les bougies de son bureau, bailla et se dirigea vers sa chambre muni d’un chandelier. Une fois qu’il fût arrivé devant la porte, il eut l’impression d’entendre des voix venant de l’intérieur. Il cru divaguer au début, qui serait assez stupide pour bavarder haut et fort dans le bureau des taxes et du recensement, alors qu’une dizaine de gardes surveillaient l’étage inférieur ? Le vieillard ne voulu pas déranger de surveillants pour ça entra dans sa chambre chandelier en avant. Il eût l’immense surprise de voir deux jeunes adultes, une femme et un homme en train de bavarder assis sur son lit. La jeune femme avait des cheveux oranges et une magnifique tenue noire sertie de chaînes et de piques tandis que l’autre, un dunmer, était, couvert de bandages, semblait à peine réussir à tenir debout sans appui et portait une tenue de miséreux. La jeune femme parlait sans peur, et elle ne devait pas vraiment savoir ou elle se trouvait.
-… et quand on est attaché et que le bourreau a un FOUET, on ne fait pas le malin en l’insultant, on dit PITIE, PITIE, PITIE ou quelque chose dans le genre pour limiter les dégâts ! Ca croule pourtant sous le sens ! Est ce que vous écoutez seulement ce que je… oh, bien le bonsoir, asseyez vous s’il vous plait cher monsieur.
Un peu envoûté par la demoiselle, le vieil homme avait relâché sa vigilance, il voulut faire demi tour et retourner dans le couloir, mais un jeune garçon bosmer avec des cheveux noir et un air maladif qui était assis par terre ferma la perte derrière lui. Il se dit qu’il avait à faire à des fous et qu’il allait simplement essayer de ne pas les énerver. Il s’assit sur une chaise en bois en face de son lit et resta parfaitement calme.
- Je voudrais vous dire que vous n’avez pas le droit d’être ici, si vous partez immédiatement je voudrais bien fermer les yeux sur votre présence chez moi.
Sans rien répondre, Rahine s’étira et se leva en bondissant hors du lit. Dans un premier temps elle claqua des doigts et la pièce fut illuminée par une lumière stellaire, ensuite, elle regarda les tableaux de maître sur tous les murs de la chambre et la riche décoration de la pièce en ignorant les gestes de nervosité du vieillard.
- Est ce que vous avez entendu ce que j’ai dis mademoiselle ?
La demi vampire resta immobile et silencieuse dans une posture qui laissait entendre qu’elle réfléchissait. L’impérial jetai quelques coups d’œil à ses deux sinistres compères de temps en temps mais ils restaient muets et impossible à lire.
Alors qu’elle semblait inspecter une superbe boule en cristal sertie d’argent, d’un seul coup, sans regarder son interlocuteur, Rahine se mit à parler d’une voix très douce et calme sans arrêter de jouer avec la sphère brillante.
- Ce sont des pièces d’art absolument superbes que vous avez là. Je ne pensais pas qu’avec un pauvre salaire de fonctionnaire impérial on pouvait aller aussi loin, il faut croire que tenir ce bureau de taxes et de recensements est plus lucratif qu’il en a l’air, monsieur Socucius Ergallar…
Rahine posa tranquillement la boule de crystal sur la table et se retourna lentement en croisant les bras de manière à fixer Socucius.
- …ou vous préférez que vous appelle « grand maître secret des ordonnateurs de l’église des tribuns» ? Pas étonnant que Vivec ait immédiatement su que le Nérévarine était arrivé en Vvardenfell et qui il était puisque c’est VOUS qui l’avez accueilli ici et qui avez noté minutieusement jusqu’au moindre détail sur lui. Rien de surprenant alors que les ordonnateurs l’aient eu à l’œil dès le début et ce malgré le supposé secret absolu concernant l’arrivée de celui qui allait devenir le Nérévarine dans nos contrées. L’empire vous faisait confiance et n’aurait jamais pu soupçonner que vous étiez un pion des ordonnateurs… non, en vérité qui les contrôliez dans l’ombre, et ce depuis le début de la crise du Nérévarine.
Socucius Ergallar resta muet de surprise pendant un instant, puis il se leva et se drapa dans sa dignité.
- Vous racontez n’importe quoi jeune fille, fichez moi le camp vous et vos copains ou je vais crier à l’aide et vous aurez des ennuis avec la g… qu’est ce c’est ?
Le teint du vieil homme devint subitement livide alors que Rahine commençait à lire des documents à l’aspect dangereusement familier.
- J’aime bien cette lettre là, elle est vraiment très ancienne. C’est certainement elle qui est à l’origine de votre collaboration quelque peu forcée avec la Morag Tong. Elle est de Vivec lui même est adressée à un de vos prédécesseurs. Pour faire court : « (…) et tous ceux qui affirmeront que les pouvoirs des grands Tribuns. Almsivi. Vivec, Almalexia et Sotha-Sil, sont issus de la trahison et du meurtre de Nérévar, devront être sévèrement punis et servir d’exemple pour le reste de la population. La vérité Nous importe peu, il faut que Notre parole et l’origine de Notre puissance soit incontestable pour unir Notre peuple sous Notre sage et bienveillant commandement (…) ». Hah, il a même mis des majuscules à « nous », c’est d’un goût… cela dit quelle idée de laisser traîner une lettre aussi précieuse. Imaginez ce qui ce serait passé si les gens étaient tombés sur ce document !
La réflexion en aparté de Rahine me fit sourire et arracha un petit rire à Loup, mais le grand maître secret des ordonnateurs était tétanisé.
- J’aime bien celle là aussi, elle est vraiment récente et est adressée au maître officiel des ordonnateurs dans le ministère de la Justice à Vivec. Celui qui l’a écrit n’est autre que… vous. Je cite : « (…) le peuple n’est pas vraiment à savoir qu’Ils ne sont plus de ce monde à cause du Nérévarine (…) nous perdrions de notre emprise et le contrôle de Vvardenfell nous échapperait en faveur de ce ridicule roi (…) il est indispensable de réduire au silence tous ceux ayant des informations pouvant compromettre le secret (…) » et c’est signé Socucius Ergallar et daté à… quelques mois après la crise. Eno Hlallu était aussi en possession de ça, vous êtes de vraies passoires chez les ordonnateurs ma parole. J’ai ai une autre vraiment chouette qui…
- Attendez !
Socucius Ergallar s’essuyait le visage avec un mouchoir et commençait à paniquer.
- Attendez… Comment avez vous eu ces documents ? Qu’est-il arrivé à Eno Hlallu ?
- Ah, enfin de bonnes questions ! Nous avons eu ces documents en tuant Eno Hlallu et en les dérobant sur son cadavre encore chaud. Il ne semble donc pas vraiment utile d’expliquer ce qui lui est arrivé.
Monsieur Ergallar prit son visage dans ses mains.
- C’est impossible, vous ne pouvez pas avoir réussi à faire ça ! Il était dans un endroit ou rien ne pouvait lui arriver ! J’avais juré sur mon honneur !
Je pris la parole pour dire que la lame d’un tanto avait plus d’importance qu’une promesse d’honneur. Cela cloua le bec du maître secret des ordonnateurs qui resta muet une minute avant de nous observer, le regard plein de confusion et d’incompréhension.
- Qui diable êtes vous?
- Vous n’avez pas encore deviné ? Nous sommes la Confrérie noire.
Comme pour augmenter encore l’aspect dramatique de cette scène, un coup de tonnerre résonna, un éclair illumina le ciel et la pluie se mit à tomber.
Socucius Ergallar resta muet de surprise pendant un bon moment avant de recommencer à parler.
- Par Almsivi, je savais que vous existiez mais je n’avais encore jamais vu l’un d’entre vous, c’est, c’est…
Malgré son choc visible, il restait sceptique. Il était tout de même vrai qu’une jolie demoiselle, un infirme et un adolescent somnolent n’étaient pas une équipe très représentative de la vraie nature de la Confrérie noire.
- Vous… excusez moi, mais vous auriez une preuve de ce que vous ?…
- Il y a une dizaine d’années, le suicide de votre femme. Ce n’était pas un suicide mais une mise en scène commanditée par un d…
- Par Vivec ! Ce n’étaient pas des mensonges ! Vous êtes vraiment de la Conf… Ecoutez, je ferais tout ce que je vous voulez mais ne révélez pas le contenu de ces documents, je suis prêt à jurer sur mon honneur que…
- Ta ta ta, pas de formalités s’il vous plait. Nous sommes ici en amis. J’ai d’ailleurs deux bonnes nouvelles et une, disons, un peu moins bonne à vous annoncer.
Déjà sur les nerfs, l’idée de se retrouver face à des tueurs appartenant à une entité intemporelle bien plus malfaisante et dangereuse que la Morag Tong rassura encore moins Socucius Ergallar qui commençait à avoir de la peine à parler.
- Co… commencez par une bonne, puis la mauvaise et la… la bo… la bobo… la…
- Compris monsieur le grand maître des ordonnateurs ! La bonne nouvelle c’est, comme vous vous en doutez, que Eno Hlallu ne sera plus votre maître chanteur. La moins bonne, c’est qu’a partir de cet instant, ce seront vous feront chanter. L’autre bonne nouvelle, c’est que… se sont nous qui vous faisons chanter ! Croyez-moi, nous sommes loin d’avoir de mauvaises attentions à votre eggard et je suis certaine que nous arriverons à trouver un engagement qui nous permettra de nous rendre des petits services mutuels pendant longtemps.
A ce stade, Socucius Ergallar se rongeait les ongles.
- D’accord. Dites-moi vos exigences et je ferais ma promesse d’honneur que je m’y tiendrais en échange de votre parole d’honneur que vous ne…
- Laissez tomber ces bêtises sur l’honneur, ça ne signifie rien pour nous.
Le vieillard parût choqué que Rahine remette en cause les fondements même de l’éducation traditionnelle en Morrowind, mais il se ressaisit et sembla reprendre son calme.
- Que désirez-vous ?
- Enfin nous parlons le même langage ! Alors. Nous voudrions pour commencer que la Morag Tong redevienne illégale au même titre que nous. Nous voudrions ensuite nous installer dans leur ancienne base sous Vivec, par conséquent il va de soi que des consignes soient données à vos ordonnateurs pour qu’ils n’y mettent jamais les pieds. Enfin et surtout, nous voudrions que toutes primes sur nos têtes, si il en reste, soient effacées et que nous soyons comme blancs dès que nous sortirons de ce bureau. Nous sommes d’accord ?
Le grand maître secret des ordonnateurs eût l’air encore plus en état de choc après les demandes qu’avant.
- Ca… ca n’a pas de sens !
- Comment ca ?
- Vos demandes sont insignifiantes ! Vous réalisez que vous pourriez me demander des millions ? Faire en sorte que la confrérie noire soit légale et permise en Vvardenfell ? Demander un abri permanent et intouchable ? Vous vous moquez de moi ou quoi ?
Rahine poussa un très grand soupir et prit un air très fatigué avant de répondre.
- Ecoutez… des millions ? Nous n’en avons pas besoin, nous n’avons pas de soucis financiers. Que la confrérie noire soit légale ? Quel est l’intérêt d’exercer un travail s’il n’y a pas de surprises et d’imprévus qui pimentent le quotidien ? Quant à « l’abri intouchable », il semblerait que mon frère ici présent vient de démontrer qu’en le voulant bien, nul n’était impossible à atteindre.
- Alors pourquoi ?
- Tout simplement parce que nous n’avons absolument rien contre vous ! Nous ne nuisons qu’a ceux à qui on nous demande de nuire. Et puis, je dois admettre que vous nous êtes sympathiques en fin de compte.
- Comment ça ?
- Grâce aux ordonnateurs, des centaines de personnes sont frustrées et énervées chaque jour, des tensions et des divergences de croyances naissent. Si ils venaient à disparaître en même temps que l’église des Tribuns, alors je suppose que Vvardenfell connaîtrait une enfin grande période d’union, de paix et de calme.
Socucius Ergallar considéra ce qu’avait dit Rahine beaucoup plus sérieusement que ce qu’il voulait montrer.
- Et alors ?
- Et alors un monde de paix, d’union et de calme n’a pas besoin de la Confrérie noire. C’est la dernière chose que nous voudrions, c’est pourquoi nous ne voulons pas vous nuire outre mesure. D’ailleurs en guise d’excuses pour le dérangement et comme preuve de notre bonne fois, je vous propose de bénéficier de tous nos services gratuitement… en échange des choses mentionnées plus tôt bien sur.
Le grand maître des ordonnateurs était dans une impasse. Son code d’honneur lui interdirait normalement d’accepter de tels services, mais son interlocutrice paraissait parfaitement sincère quand elle disait que ce marché devait bénéficier aux deux parties. Et son côté sombre ne pouvait s’empêcher de considérer une telle possibilité de détruire tous ses ennemis sans laisser de traces.
- Comment fonctionnez vous ?
- Pensez à nous en y mettant votre cœur et votre mal refoulé, et quelqu’un prendra contact avec vous rapidement. Vous pouvez aussi penser fortement à la ou les personnes à qui vous souhaitez nuire ainsi ce que vous désirez qu’elle subisse. En fonction de la demande elle sera peut-être traitée immédiatement. En principe pour les tâches allant au delà du simple meurtre, nous demandons une rémunération supplémentaire mais vous n’avez pas de soucis à vous faire, nous travaillerons gratuitement pour vous pour peu que la demande ne soit pas trop excessive.
- C’est aussi simple que ça, comment peut-on s’en douter ? Et personne ne saurait jamais rien de notre… collaboration ?
- Personne, excepté votre successeur qui devra poursuivre cette entente cordiale.
Socucius Ergallar reprit ses mains dans son visage alors que sa volonté d’effritait de plus en plus. C’était aussi facile que ça de tuer un homme sans se salir les mains.
- Et… si je refuse ? Puisque vous n’avez aucun intérêt à révéler ces documents, que perdrais-je à refuser ?
Rahine se laissa aller à sourire et révéla sa dentition au vieillard qui sursauta.
- Nous préférions bien sur éviter d’en arriver à de tels extrêmes, mais sachez qu’au moment ou vous êtes entré dans cette chambre, ce charmant jeune homme au cheveux noirs ici présent a pris la liberté d’accrocher sur vos jambes quatre bracelets de douleur, un souvenir de la prison de Dreth dans le but de vous aider à prendre la bonne décision. Je suis un peu magicienne voyez vous, et je saurais tout à fait les faire fonctionner correctement. Qu’en dites vous alors, sommes nous associés ou maître-esclave ?
Socucius Ergallarjeta souleva sa robe et vit la jeune femme disait vrai. Deux bracelets de douleur sur chaque jambe. Le grand maître secret des ordonnateurs avait prit sa décision.
- Très bien, j’accepte. Dès demain j’écrirais plusieurs lettres, je prendrais des contacts et la Morag Tong sera à nouveau considérée comme une organisation criminelle. Vos primes seront effacées et vous pouvez vous installer dès aujourd’hui sous le quartier de l’arène à Vivec. Promettez-moi à présent que vous ne…
- Non non non non ! Oubliez les promesses avec nous. Les paroles s’envolent et les écrits restent. Nous faisons ça un peu différemment, attendez une seconde.
Rahine farfouilla dans son sac et en sorti une feuille de papier annotée. Elle fit un petit geste à Loup qui il lui lança une plume et un encrier. La demi vampire posa le tout sur les genoux de Socucius Ergallar et resta immobile devant lui.
- Qu’est ce que c’est que ça ?
- Ca, monsieur, c’est un contrat. C’est comme ça nous faisons les choses. Signez le je prie. Une fois que ce sera fait, j’ai la sensation que ce sera le début d’une grande série pour vous.
Les mains du vieillard tremblaient alors qu’il tenait le contrat dans les mains pour le relire avant de le signer. Ce n’était qu’une feuille de papier blanc avec des termes écrits à la main dessus, pourtant, elle empestait le sang et donnait la nausée. C’était comme signer un pacte avec un démon.
Après plusieurs longues minutes de réflexion, Socucius Ergallar trempa la plume dans l’encrier et apposa sa signature en bas en droite du contrat.
Rahine tapa dans ses mains.
- Parfait ! Eh bien il semblerait que n… je vous demande pardon mon frère ? Ah, j’ai failli oublier. Nous voudrions que vous envoyiez dans une prison impériale le capitaine Eres Salas en disant qu’il s’agit un tueur d’enfants. C’est possible ?
- Le capitaine Salas ? Mais pourquoi il… très bien, je ferais ce que vous me direz mais laissez moi seul à présent.
Rahine resta à fixer le vieillard avec un sourire vampirique cruel et effrayant.
- Q… quoi encore ?
- Non, rien, je trouve juste surprenant le nombre de ressemblances entre vous et nous. Vous vous moquez aussi complètement de la vie de l’individu pour privilégier votre puissance et votre bonheur.
- C’est un mensonge ! La Confrérie noire et les ordonnateurs ne sont pas du tout… ils ne sont pas… Ils…
Socucius Ergallar commençait à réaliser à la dure que la barrière entre ce qu’il trouvait juste et ce qui le dégoûtait était au final infiniment plus fine que tout ce qu’il avait pu imaginer. Il regardait le sol, perdu dans ses pensées et ses croyances chamboulées.
Rahine reprit son air habituel.
- Bon eh bien, nous nous excusons encore une fois du dérangement et nous nous réjouissons de travailler pour vous. Cela dit, si par malheur vous veniez à désobéir à une des clauses de notre contrat, alors ce ne sera pas moi qui vous rendrait visite mais ce monsieur à côté de moi. Il n’est pas au sommet de sa forme en ce moment, mais si par hasard il devait arriver que le rencontriez dans le cadre d’une expédition punitive, alors vous prierez votre cœur de lâcher pour ne pas souffrir trop longtemps.
Le silence était tellement glacial que tout le monde entendit parfaitment le vieil homme avaler sa salive.
- Vos bracelets tomberont et se détruiront d’eux même dans trois jours. Nous vous souhaitons donc une bonne et agréable nuit, monsieur le grand maître secret des ordonnateurs.
Rahine claqua une nouvelle fois des doigts et la lumière stellaire disparut. Pris de panique, Socucius Ergallar brandit son chandelier, mais sa chambre était complètement vide. Il parût se demander si il avait rêvé l’espace d’un instant, mais les bracelets sur ses jambes réussirent à le convaincre du contraire. La première chose qu’il réussit à faire fut de se jeter sur une bouteille de Vodka de Morrowind et en boire la moitié.
- Si il savait qu’on dort encore presque à son nez et à sa barbe, ce vieux machin en aurait une attaque cardiaque !
Rahine Loup et moi étions restés dormir à l’auberge d’Arille qui se trouvait à quelques mètres du bureau des taxes et du recensement de Seyda Neen. A peine arrivés nous avions achetés trois belles bouteilles de vin de Tamika, pris une chambre de famille pour trois personnes et avions commencé à boire pour célébrer. Vu l’état d’épuisement total dans lequel je me trouvais, je m’allongeai assez vite. Loup lui était effondré et ronflait comme une masse après avoir bû la moitié de sa bouteille. Il était jeune et n’avait pas l’habitude de boire.
Rahine bût une gorgée de sa potion calmant son vampisme et s’allongea sur son lit en sirrotant son bon vin.
Je lui demandai pourquoi elle faisait chambre commune avec nous comme au sanctuaire de Balmora.
- Comment ça ?
Je lui expliquai que dans mon ancien sanctuaire, Exécutant et sanguine faisaient chambre à part. Je savais aussi que c’était comme ça partout. Rahine avala une grande gorgée de vin avant de me répondre.
- Je ne me sens pas supérieure à vous simplement à cause de ces rangs choisis et donnés arbitrairement sous décision de la main noire. Si on devait octroyer des rangs en fonction du mérite, alors ce soir, vous mériteriez d’être un annonceur… et puisqu’on en parle, vous avez gagné votre pari ! Qu’est ce que je vous dois ? Une nouvelle tournée de quelque chose ?
Je considérai la proposition de Rahine avant de réaliser que je me sentais complètement lessivé et que boire un peu plus m’aurais achevé.
- Pas de boisson ? Bon, dans ce cas je vais vous faire quelque chose d’agréable qui devrait vous relaxer. Détendez vous et restez allongé.
La demi vampire quitta son lit et alla souffler toutes les bougies de la chambre jusqu'à ce que nous soyons dans le noir complet.
Après dix minutes, je voulus dire à Rahine que ce n’était pas relaxant. Du tout. Mais c’était effectivement très agréable, et puis au final, je ne l’avais pas volé.