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Cela faisait plusieurs heures qu’il avait quitté la ruine, et il marchait en direction de Cheydinhal. La ville était encore à plusieurs lieues d’ici, mais il avait une terrible faim. Il ne pouvait se résigner à dévorer des gens innocents pour vivre. L’armure qu’il avait récupéré sur le cadavre du vampire lui allait à merveille. Sombre, mais luisante, elle reflétait la lumière de la lune. Maro marchait entre les arbres, dans l’obscurité, évitant les chemins, pour ne pas rencontrer d’humain qu’il serait tenté de tuer pour se nourrir. Vers minuit, après des heures de marche, ce ne fut pas la fatigue qui voulut qui s’arrête, mais la faim. Une faim primaire. Il sentait en lui une impression étrange, semblable à celle qu’il avait ressentit lorsque le sang d’un des bandits lui avait éclaboussé le visage. Il lui fallait se nourrir, se nourrir d’humain. Il ne voulait pas accepter cette vérité. Il s’installa au pied d’un arbre et déballa ses affaires. Il sortit ses provisions. Une miche de pain et du fromage. Il se força à en manger. Malheureusement, le pain et le fromage n’avaient aucun goût. Et sa faim le tiraillait toujours. Sa soif de sang devenait de plus en plus forte de minutes en minutes. Il devait se nourrir ou il mourrait. Mais il pensa à une chose à laquelle il n’avait pas pensé auparavant. Comment ferait-il en plein jour ? Il était bien connu qu’aucun vampire ne pouvait sortir dehors en plein jours, ou alors il se consumerait comme une torche. Il devait donc atteindre Cheydinhal avant le jour pour pouvoir dormir dans une auberge. Il rangea toutes ses affaires rapidement et reprit la route. Il se mit à courir pour arriver plus vite, mais quelques bonnes dizaines de lieues le séparaient encore de la ville. Il se demanda comment il allait être accueilli en ville. Là-bas, les gens appelleraient sans doute les gardes pour le faire arrêter, en ayant peur de se faire dévorer. Il devrait réussir à cacher ses yeux rouges et ses rides. Réfléchissant tout en courant, il ne sentait pas la fatigue. Le terrain avait changé. Il ne faisait même plus froid et la neige avait peu à peu laissé place à une herbe verdoyante qui recouvrait les collines qu’ils descendait en direction de Cheydinhal. Il courait depuis une heure maintenant et ne montrait pas le moindre signe d’ affaiblissement. Tout en descendant la montagne il arriva sur un petit palier recouvert d’herbe. Il s’avança, et découvrit que c’était une falaise. Il contempla la vue. Il se trouva trois cent mètres au dessus de Cheydinhal et à peine cinq cent mètres plus loin. Après avoir admiré la vue sur ce qui, pour lui, était la plus belle ville de Cyrodiil, il retourna sur ses pas et contourna le précipice par un petit chemin qui serpentait en contrebas jusqu´à la route. Après l’avoir descendu, il n’emprunta pas la route, il préféra couper par les collines entre lesquelles elle zigzaguait. Il ne devait pas être plus d’une ou deux heure du matin. Maro décida qu’il allait rejoindre la route car il arrivait à proximité des portes e la ville. Il venait d’y déboucher lorsqu’ un voleur de grand chemin lui bondit dessus :
-La bourse ou la vie ! dit-il.
-Dégage connard, répliqua le vampire au voleur qui ne semblait pas savoir que Maro était armé.
-Ha ha. Mais c’est qu’il est agressif le loupiot. On dirait que je vais devoir venir la chercher moi-même. Il commençait à tripoter nerveusement sa dague de verre tout en s’approchant du vampire. Il tendit sa main en avant et Maro, en une fraction de seconde dégaina son épée et trancha celle-ci vers lui au niveau de l’avant-bras. Le bandit hurla et se laissa tomber par terre en se tortillant dans tous les sens. Maro n’y prêta pas attention et alla s’asseoir plus loin, tout contre un arbre. Il avait le temps de se reposer hors de la ville. Car il avait encore quelques heures avant l’aube. Il s’assit dos à un arbre et face à la route, tout en regardant le bandit se tortillait sur lui-même. Il avait faim. Très faim… La vue du sang du bandit la rendit encore plus insupportable. Il avait l’impression de se transformer de plus en plus lorsqu’il ne mangeait pas… Peut-être que s’il mangeait il regagnerait un vague aspect de son humanité… Il prit son courage à deux mains et se força à avancer vers le bandit. Il était toujours vivant. Quelque chose en lui voulait qu’il le fasse, mais son esprit lui disait le contraire. Quoi qu’il en soit, il s’approcha du bandit et lui planta son épée dans le ventre pour l’achever. Le bandit cracha une gerbe d’hémoglobine sur le vampire. Il se baissa et planta ses crocs dans la gorge du mort. Lorsque le sang coula dans sa gorge il se sentit encore plus fort qu’avant et se sentit rajeuni. Après plusieurs longues minutes passées les crocs sur la gorge du cadavre il releva la tête en arrière, du sang coulant le long de son cou. Il toucha son visage et ses rides semblait avoir disparues. Se relevant, il reprit la route en direction de la porte Nord.