Prophétie sur le retour de Dumac ( traduction du lieutenant et historien Kwama_rcassin).
Avertissement à l’usage du lecteur : Le texte qui est livré au public en ce jour est loin de faire l’unanimité chez les chercheurs. Les langues kwama et dwemer étaient proches avant même leur rencontre mais certains termes restaient différents. Les deux ethnies ont progressivement créé un nouveau langage, commun celui-là, mais il a été en perpétuelle évolution depuis deux mille ans et conserve son côté sacré qui fait que les Kwamas emploient plus volontiers la langue des Impériaux. Les termes anciens sont toujours utilisés pour les cérémonies et les documents officiels. Mais la diversité du vocabulaire, ses changements et l’impossibilité de dater la Prophétie ( les historiens ne savent toujours pas si elle est antérieure ou postérieure à la mort de Dumac) donnent lieu à des interprétations fort différentes.
J’ai cru bon de partir des travaux de mes confrères et d’y apporter des modifications quand le besoin s’en présentait. La version que je présente ici est celle qui suscite la plus grande approbation dans le milieu des recherches menées par les historiens kwamas. Certains vampires la reconnaissent, les Pains se contentent de brûler chaque exemplaire qu’ils trouvent, dans l’espoir de détruire l’original.
Les points contestés et les différentes hypothèses concernant un point de la traduction sont signalés par un*. D’autre part, la forme poétique, avec les nombreuses figures de style et les jeux sur les mots qui rendent les interprétations plus difficiles, n’a pu être rendue qu’à travers les notes pour les incertitudes subsistantes.
Il est mort, mort,
Mort *!
Sa hache ne décimera plus
L’ennemi aux perfides tours !
Attristons-nous de sa perte !
Pleurons-le !
Ses accents ne résonneront
Plus dans nos salles sous la terre !
Pleurons notre chef
Le dwemer aux mille mines**,
Percé par la félonie
Des Chimers***, qu’ils soient maudits !
Son frère, l’artisan
Subtil****, nous guidera
Dans ces ténèbres
Où les machinations des Pains
Nous ont plongés !
Louons-les pour leur sacrifice !
Nos marteaux ne résonneront plus
Dans les forges.
Car nos mains changeront*****
Et ne travailleront plus
L’acier clair !
Pleurons nos mains !
Nos frères nous ont abrités
Par leurs maisons
Et par leurs corps,
Remercions-les !
Protégeons et fortifions
Leur peuple hospitalier !
Notre vengeance viendra
Le jour où un étranger arrivera des plaines
De l’Ouest par un char ******
Sans guars robustes pour le tirer.
Il sera enchaîné mais
Il retirera nos chaînes.
Son esprit sera protégé par notre
Déesse. Il aura pitié
De nos souffrances et il
Soignera nos reines*******
Sans craindre pour sa vie
Car la Déesse le protégera.
Loué soit le jour
Où notre libérateur
Viendra à nous.
Ce jour sera le jour
De notre revanche
Et les Pains seront jetés à bas !
- La rune employée est difficilement compréhensible car elle est en grande partie effacée. Il pourrait s’agir d’un futur. L’emploi d’un passé ici, et le futur pour désigner les actions de Kagrénac plaideraient en faveur d’une rédaction entre la mort de Dumac et la métamorphose des Dwemers. C’est la datation la plus communément admise, mais certains idiotismes semblent antérieurs à cette période.
- Dumac est ici nommé. Le temps de deuil chez les Dwemers est de cinq ans, l’intervalle où la rédaction aurait eu lieu. Mais le verbe a double sens : il pourrait aussi être traduit par : « Préparons le deuil », ce qui équivaudrait à préciser le sort de Dumac. On l’a d’ailleurs dit conscient de sa mort prochaine et cela accrédite la thèse d’une rédaction bien antérieure aux conflits avec les Chimers.
- Le terme n’est pas clair. Il s’agit d’un fragment, et les versions diffèrent entre les runes, très similaires, « erkal » et « errkal », qui désignent respectivement Chimers et Pains. A noter que le r en milieu de mot a souvent une consonnance péjorative. Le terme pour désigner les Pains fut formé à partir de « erkal » et simplement déprécié.
- * Kagrénac, nouveau chef des Dwemers après la mort de Dumac. Il fut celui qui œuvra pour la métamorphose. Le texte est ici clairement au futur : ce sont donc des Dwemers sous leur forme ancienne qui l’ont écrit.
- ** Référence aux changements d’apparence physique. Certains commentateurs disent « nos mains perdront leur habileté » mais cette version est peu reconnue car elle suggère que les Dwemers se désolaient de devenir Kwamas. Au contraire, ils avaient souvent envisagés l’éventualité de former un peuple unique. Les Kwamas gagnèrent en robustesse et en habileté avec la transformation et le brassage des populations, ce qui permet de réfuter la traduction.
- *** Un navire. Malgré tout leur savoir, les Dwemers n’avaient jamais envisagé de naviguer. Aussi leurs villes se trouvent elles moins près des rivières que d’autres. L’élément essentiel pour s’installer était une bonne terre, facile à creuser, riche en ébonite et, si possible, une source de chaleur importante. D’où la présence de nombreuses mines sur le volcan Vvardenfell avant que les Chimers n’en chassent les occupants.
- **** Référence à l’épisode de Gnisis où l’Empereur fut reconnu comme réincarnation de Dumac et Kagrénac. Azura est la Déesse, protectrice des Kwamas. Certains déclarent qu’il s’agirait plutôt de l’ensemble des reines qui auraient usé de leur pouvoir collectif pour que l’étranger ne soit pas agressé par des Kwamas lors de sa visite à la mine d’œufs de Gnisis.