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Business - Après quatre ans de négociations, plusieurs procédures auprès de l´ART et une modification du cadre réglementaire, Orange accepte de louer son réseau mobile à Télé2. Une offre " low-cost" est attendue d’ici fin 2005.
«Ce fut un parcours du combattant», résume pour ZDNet Jean-Louis Constanza, directeur général de Télé2 France. Un parcours entamé il y a sept ans quand la filiale de l´opérateur suédois a décidé de devenir opérateur mobile virutel ou MVNO ( pour Mobile Virtual Network Operator).
Après des négociations avortées avec Bouygues Telecom il y a un an et demi, des discussions «assez actives» engagées avec SFR, c´est finalement avec Orange que Télé2 a signé le 14 avril.
Pourtant, les relations entre les deux partenaires étaient encore au point mort récemment. Constatant un «blocage» du côté d´Orange, Télé2 avait saisi le 15 mars l´Autorité de régulation des télécommunications ( ART) «d´une demande de règlement de différend». Une action qu´il avait déjà engagé en 2002, sans succès.
Depuis, le cadre légal a changé. L´ART pourra, dès le second semestre 2005, imposer aux opérateurs mobiles les «demandes d´accès raisonnables» posées par des acteurs souhaitant louer leur réseau. Manifestement Orange aura préféré devancer cette imposition.
«Le cadre réglementaire a joué un rôle non négligeable. Nous avons montré que nous pouvions nous battre, tout en mettant beaucoup d´eau dans notre vin», se félicite Jean-Louis Constanza en confirmant le retrait de sa demande d´arbitrage.
Deux offres complémentaires mais pas concurrentes
Du côté d´Orange, on assure ne pas avoir changé de stratégie, qui consiste à passer des accords de MVNO pour développer des «services complémentaires» aux siens. Autrement dit qui n´entrent pas en concurrence avec ses propres offres.
Pourtant, contrairement aux autres MVNO, Télé2 n´a pas l´intention d´être un «opérateur de niche», comme le sont NRJ qui cible les jeunes ou Futur Télécom auprès des TPE. «Nous allons nous attaquer à l´ensemble du marché des particuliers et des entreprises», affirme son dirigeant. A priori, il devait donc entrer en concurrence avec Orange.
Les deux acteurs donnent un autre son de cloche. «Il y a des éléments de complémentarité», assure Jean-Louis Constanza. «Le principal est que nous sommes spécialisés dans la vente par correspondance, ce qui n´est pas le cas des autres opérateurs.»
Chez Orange, on explique également qu´«il n´y aura pas de concurrence frontale avec Télé2».
Une offre " low-cost" commercialisée fin 2005
Attendue pour la fin de l´année, l´offre de Télé2 n´est pas encore détaillée. On sait seulement qu´il s´agira d´une offre " low-cost" ( à bas prix), puisque l´accord signé est similaire à celui passé en juillet 2004 avec le distributeur européen, The Phone House ( TPH) qui cible les petits budgets.
Elle devrait donc attirer une clientèle de nouveaux utilisateurs pour qui le tarif est le principal critère. Une clientèle qui ne serait pas celle d´Orange, souffle-t-on chez l´opérateur mobile de France Télécom.
Télé2 se refuse à communiquer ses objectifs mais ils devraient se chiffrer en millions d´abonnés. Entre 3 et 4 millions de foyers français ont déjà retenu les offres de Télé2, ce qui représenterait près de 10 millions de clients potentiels pour les futurs offres mobiles, indique Jean-Louis Constanza.