L´industrie du disque toujours aux trousses des adeptes du P2P
L´Ifpi annonce une vague de poursuites et la RIAA s´attaque aux échanges sur le réseau des universités américaines.
Guillaume Deleurence , 01net., le 13/04/2005 à 18h52
La campagne d´actions en justice contre les échanges de fichiers musicaux sur les réseaux peer-to-peer ( P2P) bat son plein. L´Ifpi, syndicat international de l´industrie phonographique, et la RIAA ( Recording industry association of America) continuent plus que jamais de poursuivre les internautes soupçonnés de ne pas respecter les règles en matière de droits d´auteur.
L´Ifpi, qui représente près de 1500 producteurs et distributeurs de musique ( dont, en France, le Snep, syndicat national des éditeurs phonographiques), annonce ainsi « sa plus grande vague d´actions judiciaires » . 963 personnes, résidant en Europe et en Asie, sont visées par des plaintes déposées par les adhérents du syndicat international. Quatre contrées européennes font leur entrée dans la liste noire : les Pays-Bas, la Finlande, l´Irlande et l´Islande. Elles rejoignent ainsi la France, l´Allemagne, l´Italie et le Royaume-Uni. Le Japon, lui, est le premier pays asiatique à entrer en lice.
Sont dans le collimateur les habitués des réseaux Kazaa ( dont Kazaa Lite et iMesh), eDonkey et eMule, ou encore Bearshare, Limewire, OpenNap, WinMX, Winny, DirectConnect et BitTorrent. Ces poursuites portent à plus de 11 000 le nombre d´actions intentées à ce jour dans le monde par les adhérents de l´Ifpi. Dans l´Hexagone, des internautes, pris en flagrant délit, ont déjà été condamnés pour des téléchargements illicites. Et les professionnels français du disque ont déposé à la fin de l´année dernière une cinquantaine de plaintes .
« Nous n´avons pas choisi les personnes poursuivies , explique John Kennedy, le patron de l´Ifpi dans un communiqué. Elles se sont désignées elles-mêmes, de par leur volume d´échanges. Cela ne me fait pas plaisir que certaines d´entre elles aient à payer des dommages substantiels. Mais elles ont ignoré toutes les alertes. »
De son côté, la RIAA, qui défend les intérêts d´un grand nombre maisons de disques américaines , a choisi de s´attaquer aux échanges de fichiers sur le réseau privé à très haut-débit Internet2, qui relie les campus de 25 universités américaines. Des plaintes ont été déposées à l´encontre de 405 étudiants de 18 universités ( dont Princeton, Harvard, Massachussets University of Technology, Boston...). La RIAA a toutefois choisi de se limiter, pour le moment, aux 25 étudiants les plus actifs dans chacun de ces établissements. Elle a également mis en garde par écrit les directeurs de 140 écoles reliées à Internet2.
i2hub, la bête noire de la RIAA
La nouvelle bête noire de la RIAA s´appelle i2Hub , un système qui permet des échanges d´informations entre étudiants, utilisé par certains pour des échanges illégaux de fichiers musicaux, de vidéos ainsi que de jeux. Selon la RIAA, télécharger un film sur i2Hub, grâce à la vitesse d´Internet2, prend moins de cinq minutes. Une chanson serait obtenue en vingt secondes à peine. L´organisation estime que sa collaboration avec le milieu universitaire pour la prévention et la promotion des offres de téléchargement légal ne peut plus suffire.
« Les étudiants sont attirés par i2Hub parce qu´ils pensent - à tort - que les échanges illicites de fichiers ne peuvent pas être détectés dans un réseau fermé, explique le syndicat professionnel dans un communiqué. On ne peut pas laisser ce réseau à très haut-débit devenir une zone de non-droit, où les règles habituelles ne s´appliquent pas ( ...) Par cette action initiale, nous prévenons les étudiants et les administrateurs que l´usage illicite de ce réseau particulier a des conséquences. »
L´organisme considère que ces actions en justice, couplées aux lettres d´avertissement envoyées aux internautes ( 12 millions de courriers à ce jour) portent leurs fruits. Il estime, par exemple, que Kazaa a perdu 45 % de ses utilisateurs et que le téléchargement illicite a baissé de 35 % dans un pays comme l´Allemagne, particulièrement touché. La croissance du téléchargement légal - 200 millions de morceaux dans le monde en 2004, soit dix fois plus qu´en 2003 selon l´Ifpi - en serait un autre témoignage.
Le portrait-robot du pirate, selon l´Ifpi
Dans son annonce concernant cette vague de nouvelles poursuites, l´Ifpi dresse son portrait-robot du pirate type, en s´appuyant sur le profil de 248 internautes européens.
- Age : entre 25 et 35 ans. Plus des deux tiers sont des hommes.
- Profession : une large panoplie de métiers sont concernés. Ceux en rapport avec la high-tech dominent, mais on trouve aussi des juges, des docteurs, des cuisiniers, des infirmiers, des conducteurs d´engins, des DJ...
- Situation géographique : les grandes villes.
- Ce qu´il télécharge : en priorité des morceaux des hit-parades.
- Modèle de défense : « C´est la faute de mes enfants, je ne les ai pas surveillés » ; « Kazaa est 100 % légal, je ne comprends pas les poursuites contre moi » ; « Je ne suis pas un gros téléchargeur » ; « Pourquoi n´y a-t-il pas d´avertissement sur des sites comme Kazaa ? »...
source: http://www.01net.com/editorial/273892/justice/l-industrie-du-disque-toujours-aux-trousses-des-adeptes-du-p2p/