Management) sur une puce hadware, initialement implantée sur la carte
mère, mais plus tard intégrée au processeur, et utilisant des flux de
cryptage matériels. Le but est d´associer un drapeau à chaque fichier
sur l´ordinateur, avec une signature numérique informant un serveur
distant de sa nature. Si ce fichier est inautorisé, le serveur
distant ordonnera à votre ordinateur de ne pas vous laisser l´ouvrir.
À la base, il s´agit d´une tentative pour mettre un terme à l´échange
de MP3 et de warez [1].
Deuxièmement :
Avant qu´une application puisse se lancer, elle aussi devra se
faire "vérifier" par un autre serveur. Si le code du programme ne
correspond à aucun des codes authentifiés, l´ordinateur en refusera
l´exécution. Cela, à nouveau, est fait pour empêcher votre ordinateur
d´exécuter des applications "inautorisées" - qui pourraient être du
warez, ou bien juste un freeware astucieux dont les auteurs ne
peuvent pas payer la certification. Microsoft sera en mesure de
contrôler précisément ce qui peut ou non tourner sur votre
ordinateur.
Troisièmement :
Comme la plupart d´entre vous le savent, Microsoft a recours à une
stratégie qui consiste à rendre leur logiciel délibérément obsolète -
compatibilité ascendante mais pas descendante. Avec les lois de la
DMCA, il sera bientôt interdit d´essayer de développer un produit
logiciel compatible avec les types de fichiers issus d´un autre
programme (par exemple, pensez aux nombreuses applications
bureautiques pour Linux qui ont obtenu quelque succès en traduisant
leurs formats de fichiers abscons).
Cela a pour effet de tuer toute concurrence dans l´œuf - dans la
mesure ou vous n´êtes pas autorisé à rendre votre nouveau produit
compatible avec les autres, personne ne l´utilisera. Et finalement,
les gens cesseront d´utiliser des logiciels alternatifs, puisque
personne ne pourra relire leurs documents. Le monde entier n´aura
plus qu´un choix pour le logiciel - Microsoft.
Quatrièmement :
Palladium va efficacement interdire le logiciel gratuit, pas
seulement le logiciel gratuit pour Windows, mais aussi pour Linux,
Mac, en fait tout ordinateur fondé sur une carte-mère équipée de
Palladium. Pourquoi ? Pour autoriser le programme à tourner sur une
machine Palladium, vous aurez à payer pour que votre code soit
certifié "sûr" par le service d´authentification du logiciel de
Microsoft. Et quel esprit sensé ira payer pour un code sur lequel il
aura travaillé des heures ? Ça ne vaudrait vraiment pas la peine.
Les choses deviennent pires quand elles en arrivent aux projets open
source, comme Linux et BSD. Ceux d´entre vous qui connaissent savent
que les projets open source sont créés par des développeurs
indépendants tout autour du globe, qui font des programmes dans leur
temps libre et les donnent au reste du monde gratuitement. Beaucoup
d´entre eux livrent le code même librement, de façon à ce que, si
vous le souhaitez, vous puissiez changer le programme (par exemple
pour corriger des bugs, ajouter des fonctionnalités, etc.).
Ce serait déjà suffisamment grave que le propriétaire ait à payer des
frais de certification. Mais CHAQUE MODIFICATION apportée au code
source demandera un nouveau certificat séparé. Ceux qui utilisent
Linux savent que tant de choses sont mises à jour si rapidement que
c´est non seulement peu pratique, mais coûterait aux développeurs
open source des millions de Dollars. Argent qu´ils n´ont évidemment
pas, et Microsoft le sait.
Cinquièmement :
Le "réseau sécurisé". C´est ce qui fait vraiment pencher la balance
en faveur de Palladium. Tout d´abord, ils vont le faire de telle
façon qu´il sera possible de le contourner au niveau matériel. Mais
c´est conçu de manière à ce que, si vous essayez de vous connecter à
un serveur web Palladium, vous ne le pourrez pas. Les machines
Palladium seront capables de communiquer uniquement avec d´autres
machines Palladium, et les machines non-Palladium ne pourront le
faire avec aucune machine Palladium.
À partir de là, si Palladium atteint la masse critique, il y aura des
milliers de gens dans le monde qui seront incapables d´accéder à
l´internet, ou même travailler sur un réseau avec des machines
Palladium, d´où leur obligation de se "mettre à jour" en machines
Palladium.
Sixièmement :
Ainsi que je l´ai pensé en premier lieu : quel est le problème, cela
ne s´appliquera qu´aux machines basées sur une architecture x86
(notamment équipées de puces Athlon et Pentium, dans la mesure où
seuls AMD et Intel se sont engagés pour l´instant). donc, je pourrais
essayer une autre architecture hardware : comme Mac/PPC, ou le Sparc
de Sun, ou toute sorte de processeur.
Mais j´ai alors compris que même si je faisais ainsi, je ne pourrais
accéder au "réseau Palladium", qui pourrait inclure la totalité
d´internet si le concept fait suffisamment son chemin. Ce qui fait
que vous, tous les Mac users seraient effectivement verrouillés ;
vous aussi devriez adopter une machine Palladium si vous voulez que
votre ordinateur puisse faire quoi que ce soit.
Septièmement :
Palladium va permettre que vos documents puissent être contrôlés à
distance. Non, ce n´est pas une plaisanterie. Si Microsoft juge que
vous utilisez une version trop vieille d´Office, tout ce qu´ils ont à
faire, c´est d´envoyer un message à votre ordinateur, et il ne sera
plus capable de lire aucun de vos documents créés par cette
application.
Encore plus sinistre est le fait que si Microsoft juge que n´importe lequel des documents sur votre machine les dérange (cela pourrait être du porno, ou bien un simple document contenant de l´information DeCSS ou anti-Palladium), ils peuvent simplement l´effacer ou l´altérer, non seulement sur votre PC, mais sur toute autre machine Palladium sur le réseau. Cela fait remarquablement penser au "Ministère de la Vérité" du "1984" de George Orwell, dans lequel le gouvernement truque en permanence l´information, passée et actuelle, pour le pays entier, afin d´apparaître comme "correct" [2] en toute circonstance.