La moule possède une coquille bivalve. Les deux valves se correspondent, et on observe des stries d´accroissement, ce qui montre que la coquille est sécrétée par le manteau. La coquille est capable de croissance régulière. La coquille est produite par un épiderme unistratifié associé à une structure fibreuse appelé derme.
Les bords du manteau vont sécréter le periostracum, et la couche des prismes et des cellules de l´épiderme vont sécréter les deux couches sous-jacentes. Le mollusque n´est pas entièrement enfermé dans sa coquille.
La fermeture de la coquille est active par contraction de deux muscles attachés aux deux valves :
un petit muscle qui est le muscle adducteur antérieur
un grand muscle qui le muscle adducteur postérieur
L´ouverture est possible grâce à une charnière en position antérieure avec un ligament élastique dorsal.
La coquille a un rôle d´exosquelette
Vulnérabilité [modifier]
Les moules sont des organismes normalement très résistants, solidement fixés et bien protégés par leur coquille.
Hormis l´huîtrier pie, rares sont les prédateurs qui peuvent les consommer facilement.
Elles sont cependant vulnérables à certains microbes et parasites ou aux toxiques qu´elles concentrent en les filtrant. Les mortalités collectives sont cependant rarement observées (photo de gauche)
Elles doivent aussi affronter une compétition pour l´espace disponible sur la zone intertidale (photo de droite).
Remarque : Dans le système de refroidissement des centrales nucléaires qui utilisent l´eau de mer, on traite l´eau avec un biocide (chlore en général) pour tuer les larves de coquillages afin qu´ils ne bouchent pas les installations et tuyauteries. Un impact significatif de réduction du plancton, nourriture des moules peut être observé assez loin en aval de ces centrales. Les moules peuvent y être utilisées pour repérer d´anciennes pollutions qu´elles ont pu en quelques sorte enregistrer et stocker dans leur chair ou dans leur coquille.
Parmi les questions émergeantes posées par la Commisson OSPAR et HELCOM, face au manque de données concernant l´importance quantitative et qualitative des dépôts immergés d´explosifs et munitions anciennes sur les littoraux et en mer en Europe et dans le monde, se pose la quesion des impacts sur les moules et les huitres de toxiques issus de munition immergée commençant à fuir.
Sensibilité [modifier]
Chez la moule, on va trouver une bouche, mais on ne va pas trouver de regroupement d´organes sensoriels. Cette absence de tête et une cérébralisation réduite ne sont qu´un caractère secondaire lié à la vie fixé.
Les moules possèdent quand même des chemorecepteurs sur l´épiderme. Elle se ferme d´ailleurs rapidement et hermétiquement en présence de nombreux toxiques, ce qui a permis de l´utiliser dans un système d´alarme pour la qualité de l´eau (dans un bac où l´on fait passer de l´eau de mer, elle déclenche une alarme en connectant 2 contacts lorsqu´elle se ferme en présence de certains polluants.)
La moule ne possède pas d´yeux, contrairement à la coquille Saint-Jacques, ce qui n´exclue pas qu´elle soit sensible à la lumière.
La bouche de la moule est entourée par des palpes qui vont permettre d´amener les aliments vers la bouche.
Locomotion [modifier]
Si sa larve planctonique est mobile, la moule adulte est un animal fixé à son support par le byssus, et donc ne se déplace presque pas. Elle peut se déplacer, mais très lentement, grâce à son pied. Le pied va sécréter un liquide (le byssus), une sorte de colle biologique qui se polymérise rapidement avec l´eau formant des filaments très résistants la reliant au support sur lequel elle vit.
Digestion [modifier]
La bouche se poursuit par un œsophage très court arrivant à un estomac globuleux pourvu d´un cæcum postérieur long, dans lequel se trouve une tige cristalline qui tourne sur elle même grâce à des cils ; elle a pour rôle de dissociation physique des aliments et la digestion enzymatique.
L´intestin est contourné, il se poursuit par un rectum rectiligne qui passe dans le péricarde et le ventricule cardiaque.
L´anus est situé au-dessus du muscle adducteur postérieur à proximité du siphon exhalant.
Appareil circulatoire [modifier]
Le cœur, entouré du péricarde, est formé de deux oreillettes et d´un ventricule. Le ventricule propulse le sang dans l´aorte antérieure et une aorte postérieure. Ces aortes débouchent dans des lacunes.
Le sang est collecté dans un sinus ventral et filtré par les reins puis gagne les branchies par les veines afférentes et en ressort par les veines efférentes qui le conduisent au cœur.
Il existe deux paires de branchies. Chaque branchie en lamelles possède un feuillet direct et un feuillet réfléchi reliés entre eux par des septa branchiaux transverses : on parle de lamellibranches filibranches.
Reproduction [modifier]
Puisque les moules sont incapables de se déplacer, elle ne peuvent s´accoupler facilement. Pour la reproduction, elles dépendent donc des courants marins. Lorsque deux moules se retrouvent un à côté de l´autre, ils peuvent alors se reproduire.
Les gonades, qui sont au nombre de deux, sont situées dans la bosse de Polichinelle. Chez la moule il y a gonochorisme : les gonades sont blanchâtre chez les mâles et jaune-orangé chez les femelles. Les gonoductes s´ouvrent de part et d´autre de la masse viscérale entre le pied et les lamelles branchiales, et la fécondation est externe.
Moules d´eau douce [modifier]
Il existe des moules d´eau douce, dont la plus connue est la moule zébrée, espèce invasive qui colonise en Europe et en Amérique du nord de nombreux canaux, lacs et cours d´eau, au point parfois de poser des problèmes de dysfonctionnement des écluses, de boucher des tuyaux ou éliminer d´autres espèces moins résistantes. Cette espèce n´est habituellement pas consommée, ni commercialisée, et elle peut accumuler des quantité importantes de toxiques, dans la chair, mais surtout dans la coquille.
Élevage des moules [modifier]
Des bouchots en démonstration au Salon de l´agriculture, à Paris. (Cliquer pour agrandir)
Débarquement de moules cultivées en suspension dans l´eau (Bretagne-Sud, France) (Cliquer pour agrandir)
Bateau à fonds plat des myticulteurs (Bretagne-Sud, France) (Cliquer pour agrandir)
Plus de 700 000 t de moules sont produites en Europe par an, avec une baisse régulière de production depuis 1999.
Outre la pêche à pieds dont les impacts ne doivent pas être sous-estimés (surexploitation, exposition au risque d´intoxication alimentaire..), les moules proviennent des élevages, qui exploitent diverses techniques dont :
Les bouchots : des poteaux verticaux enfoncés dans une zone côtière, couvert de cordes enroulées, portant les moules, et un filet qui empêche les moules de se décrocher. (photo de gauche). Cette technique nécessite un fort intervalle entre les marées basse et haute, car les poteaux doivent être couverts à marée haute et découverts à marée basse.
Une autre technique consiste à suspendre les moules à des structures métalliques, en eau plus profonde et plus propre, ces structures étant ancrées et maintenues à flot par des flotteurs ou posées au sol (photos de droite). Les moules n´étant pas fermées durant le temps de la marée basse, elles peuvent grandir plus rapidement, même si l´eau est un peu plus pauvre en plancton.
En Méditerranée c´est la technique des "tables d´élevage" qui est utilisée.
Toutes ces techniques évoquent le concept de récif artificiel.
La moule en tant qu´aliment [modifier]
Les moules cuites sont ouvertes, et ont une couleur allant du jaune pâle à l´orange en passant parfois par le blanc.La moule est probablement recherchée et mangée par l´Homme depuis la préhistoire. On connait sur certains littoraux d´Amérique du sud des amas considérables de millions de coquilles vides laissées par les amérindiens qui les mangeaient. Ils semble que la coquille de moule qu´on a trouvé sur divers chantiers de fouille préhistorique ait d´ailleurs également très tôt pu servir de cuillère. Un amas de coquilles de moules d´eau douce a été trouvé sur le site préhistorique de Baurieux-la-Plaine dans le Nord de la France, avec des vases et des pointes de flèches.
Actuellement, elle est le plus souvent mangée cuite, après avoir été pêchée de juin à décembre dans l´hémisphère nord, mais elle est vendue congelée toute l´année. Elle peut aussi être consommée crue, par exemple accompagnée d´une vinaigrette aillée. La difficulté est alors d´ouvrir la coquille solidement fermée. Comme tous les coquillages, elle doit être encore vivante juste avant la cuisson (une moule vivante laissée à l´air est totalement fermée (ou presque totalement fermée), alors qu´une moule morte s´ouvre. Les moules s´ouvrent d´elles-mêmes en fin de cuisson. Les moules sont dangereuses surtout crues si on veut en manger il vaut mieux les prendre chez un pêcheur parce que parfois dans les restaurants elles peuvent ne pas être très bonnes et on peut tomber très malade (ça dépend de certaines régions ou pays).
Dangers identifiés et moyens de maîtrise [modifier]
Microbes : Le danger le mieux connu du public est celui de présence de toxines produites par certaines espèces planctoniques, qui pose la question du niveau de risque à partir duquel une interdiction de vente doit être décidée. En France, la profession conchylicole proteste régulièrement contre les critères et seuils de déclenchement définis par le ministère de l´Agriculture (indemnisation à partir de 35% de perte du chiffre d’affaires ou de 120 jours consécutifs de non-vente), proposant en 2006 un seuil de 15% de perte du Chiffre d´affaire ou de 75 jours consécutifs de non-vente, souhaitant des aides de l´Europe pour un nombre élargi du type de situations de pollutions donnant droit à indemnisation des conchyliculteurs. Les moules pouvant filtrer et accumuler des quantités importantes de pathogènes ou de toxines produites par ces derniers, il est recommandé de les cuire soigneusement, après avoir vérifié qu´elles proviennent d´eaux de bonne qualité, ou qu´elles aient été désinfectées (