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Page Dossier Nintendo : Une ascension à la vitesse de la lumière
Nintendo : Une ascension à la vitesse de la lumière

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Une ascension à la vitesse de la lumière

Nintendo : Une ascension à la vitesse de la lumière
La borne Radar Scope, avant et après transformation.

Nous sommes en 1980, après avoir brillé dans le secteur du jeu et de l’amusement au sein de son Japon natal, Nintendo se met en tête de conquérir l’Amérique. C’est ainsi qu’Hiroshi Yamauchi, patron de la société depuis plus de trente ans, dépêche son beau-fils dans un entrepôt situé à New York. Là-bas, Minoru Arakawa se lance dans une première mission, envahir les salles d’arcades du pays, et va pour ce faire réutiliser un hit de la compagnie, Radar Scope. Sûr de son coup, l’homme va ainsi faire produire pas moins de 3.000 machines d'arcade comprenant ce mix entre Space Invader et Galaxian particulièrement apprécié au Japon.

Malheureusement, les américains n’apprécient ni les compagnies au nom inconnu, ni les sons trop aigus de la machine et malgré une longue année de démarchage, seuls 1.000 appareils sont vendus. La sanction est rude, mais Arakawa accuse le coup, il doit passer au plan B et appelle donc son beau-père. « Il nous faudrait un nouveau jeu, pas trop coûteux à produire, ça nous permettrait de recycler les 2.000 machines qui sont stockées dans l’entrepôt ». Etant donné la catastrophe financière que représentent ces invendus, Yamauchi accepte et demande ainsi à toute sa société de proposer un concept. C’est ainsi qu’un beau matin, un certain Shigeru Miyamoto débarque avec une idée géniale

Accompagné de Gunpei Yokoi, ce designer industriel d’à peine 30 ans créé Donkey Kong, soit le premier jeu mettant en scène un petit homme à la casquette rouge nommé à l’époque Jump Man. Ce nouveau logiciel est transféré, les bornes sont repeintes et Nintendo retrouve le sourire. En quelques mois, celles qui prenaient la poussière dans l’entrepôt new-yorkais deviennent des machines extrêmement rentables pour les gérants de salles d’arcade, à tel point qu’Arakawa ordonne la construction de milliers d’appareils supplémentaires face à une demande qui explose. Un an après sa sortie en juillet 1981, Donkey Kong a rapporté pas moins de 180 millions de dollars avec plus de 60.000 unités vendues. Mais si Nintendo of America travaille dur, c’est également le cas de la maison-mère à Kyoto. Depuis quelque temps, des ingénieurs planchent sur une console de salon révolutionnaire, la Family Computer.

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La Family Computer (Famicom)

Profitant de l’élan de Donkey Kong et de ses dérivés, la console s’offre une sortie en fanfare le 15 juillet 1983 au Japon avec plus de trois millions d’exemplaires écoulés en deux ans. Malgré les quelques soucis techniques des débuts, la machine s’impose au Japon et de nombreux développeurs se tournent ainsi vers Nintendo. En interne, Shigeru Miyamoto est passé de l’arcade à la Famicom, mais n’a pas oublié d’emporter Mario avec lui. C’est ainsi qu’en 1985 sort Super Mario Bros, une perle qui pourrait bien servir de jeu de lancement à une version américaine de la console, nouveau défi de la firme.

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Et sa version occidentale, rebaptisée Nintendo Entertainment System (NES)

Alors qu’un crash avait frappé l’industrie vidéoludique en ’83, Nintendo lance sa console relookée et renommée la Nintendo Entertainment System en octobre 1985 aux Etats-Unis. Bien aidées par le jeu du plombier, les NES se vendent comme des petits pains et d’autres excellents titres ne tardent pas à gonfler le catalogue de l’éditeur comme The Legend of Zelda, Metroid, Castlevania, Mega Man, DuckTales… La qualité est souvent au rendez-vous et ce n’est pas un hasard puisque la compagnie de Yamauchi met en place un cahier des charges lourd et contraignant pour les studios. Et pas question de tricher, si celui-ci n’est pas respecté, Nintendo ne délivre pas la puce de déblocage (10NES) permettant de lancer le jeu sur la NES. Les puces justement, c’est bel et bien la firme qui les distribue aux éditeurs afin qu’ils puissent fabriquer leurs cartouches et cela ne s’est pas fait sans heurts :

Suite à une pénurie de puces en 1988, Nintendo a décidé de rationner les puces. (…) Ils se sont réservés autant de puces que possible pour leurs titres, mais pour des sociétés comme Konami ou Capcom, ils ont refusé de produire plus de 100.00 copies de certaines cartouches qui auraient pu se vendre par millions. Et si Konami ou Capcom se plaignaient, Nintendo réduisait parfois leur commande, en passant par exemple à 90.000 puces. – Jeff Ryan, auteur de "Super Mario : How Nintendo Conquered America"

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Le magazine Nintendo Power, accusé de servir de moyen de pression pour Big N.

Sur cette même affaire, certaines entreprises américaines ont même accusé Nintendo de ne leur allouer qu’un nombre minimum de composants tout simplement par racisme. Même si cela n’est pas prouvé, Minoru Arakawa n’a pas arrangé les choses en sous-entendant que les puces non-japonaises étaient de toute façon inférieures. Malgré une bonne image auprès du public, les polémiques au sein de l’industrie sont donc nombreuses. Nous pouvons également parler du fameux magazine Nintendo Power, dont les présentations, publicités, tests et autres contenus étaient gérés par des employés de la compagnie. Ce mensuel fut accusé par plusieurs partenaires de servir de récompense aux bons élèves, c’est-à-dire ceux qui ne critiquent pas la compagnie, ni leur politique de licences et qui évitent de publier des jeux sur les consoles de la concurrence :

Si j’emmerdais Nintendo, j’avais moins de composants, mes jeux se faisaient descendre dans Nintendo Power et recevaient de mauvaises notes. – Le directeur d’un éditeur possédant la licence pour publier sur NES

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Le Famicom Disk System, Nintendo innove dans le domaine du format.

Nous pourrions citer d’autres exemples, mais en bref, la firme de Kyoto est très exigeante avec ses partenaires, pour ne pas dire tyrannique. Il faut dire qu’elle mène le bal depuis maintenant quelques années et ce n’est pas Sega qui dira le contraire, la Master System se vendant quatre fois moins bien que la NES. Galvanisé par son succès, Nintendo prend une nouvelle décision particulièrement audacieuse en lançant le Famicom Disk System en 1986. Il s’agit d’une extension de la console prenant la forme d’un lecteur pouvant accueillir des disquettes possédant bien plus de mémoire qu’une simple cartouche et coûtant bien moins cher. Malgré des ventes décevantes, l’appareil reste une fierté de la compagnie qui avait même installé des bornes permettant de changer le jeu d’une disquette pour la modique somme de 500 yens (environ 4 euros).

La PC Engine de NEC et Hudson (à gauche) et la Megadrive de Sega (à droite)

Nintendo : Une ascension à la vitesse de la lumièreNintendo : Une ascension à la vitesse de la lumière

Mais Sega, l’éternel second ayant encore Alex Kidd pour mascotte, observe avec intérêt le succès de la PC Engine, une console (vendue comme étant) 16-bits signée NEC. Au Japon, celle-ci commence à grimper et finit parfois en tête des ventes, notamment grâce à la qualité de son affichage. Sega comprend donc qu’il faut miser sur la puissance pour séduire le public et sort sa Mega Drive en 1988 au Pays du Soleil Levant. Le vent tourne pour Nintendo qui tarde à lancer un successeur à sa NES vieillissante, la PC Engine conquiert le marché au japon et c’est bien la maison de Sonic qui domine le secteur américain avec des campagnes publicitaires agressives. Pire encore, de nombreux développeurs épuisés par la méthode Nintendo trouvent enfin une porte de sortie en se tournant vers la Mega Drive, aussi connue sous le nom de Genesis aux USA. Mais qu’attend Mario pour répondre à ces attaques frontales ?

FDS MD Mega-CD Nes PS1 SNES PC ENG
Commentaires
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Calinou_1999 Calinou_1999
MP
Niveau 10
le 09 janv. 2016 à 22:40

Et si Sony n'avait pas introduit la Playstation aujourd'hui ? Peut-être que Microsoft n'aurait pas pris la peine de lancer la Xbox

Qui sait le monde du JV aurait pu être restreint en raison du monopole de Nintendo.

Au moins la concurrence force à la compétition à l'innovation.

C'est pour que le monde du JV sera toujours plus riche au fil des années !

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Sommaire Dossier
  • Nintendo : Une ascension à la vitesse de la lumière
  • La conception de la SNES : Le jeu de pouvoir entre Sony et Nintendo
  • Humiliation publique et vengeance