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"Plus tard, je serai une rock star !" - Yu Suzuki : De Hang-On à Shenmue, portrait d'un géant du jeu vidéo

Page Dossier "Plus tard, je serai une rock star !"
"Plus tard, je serai une rock star !"

En enfant précoce

"Plus tard, je serai une rock star !"
Yu Suzuki, avec sa mère et sa soeur.

Tout commence au Japon, à Kamaishi, une ville prospère que ses habitants appellent fièrement "la ville de l’acier". Le 10 juin 1958, le jeune Yu Suzuki vient au monde dans une famille d’instituteurs qui se voit rapidement contrainte de déménager. Adieu les 90 000 habitants de la grande cité industrielle, les Suzuki atterrissent à Sanriku, un village de campagne ne comptant que quelques milliers d’âmes. Un petit coin de paradis pour des vacances tranquilles, mais pas forcément pour un enfant en quête de découvertes. Qu’importe, pendant que ses parents s’investissent dans leur travail d’enseignant en primaire, le petit Yu joue dans les plaines environnantes avec ses copains et se passionne pour les modèles réduits. Avions, voitures, motos, tout y passe. Mais plutôt que de construire ses maquettes en suivant le manuel, il préfère généralement improviser et concevoir des prototypes personnalisés en mélangeant les pièces. Nous avons donc affaire à un enfant créatif, curieux et débrouillard, mais également un peu turbulent comme il le révèle :

Quand j’étais petit, j’avais l’habitude de me battre. Mes parents devaient aller s’excuser pour mon comportement. Jusqu’au CM1, j’étais un peu un casse-cou, mais durant le CM1, le CM2 et la sixième, je me suis calmé.

"Plus tard, je serai une rock star !"
La famille Suzuki avec un Yu en pleine adolescence.

La famille Suzuki est portée vers les arts. Yu, tout comme sa sœur cadette Yuka, est donc rapidement initié à la musique grâce à sa mère qui joue du piano, tandis que son père le pousse vers des disciplines plus visuelles. Il en ressort un adolescent aux multiples centres d’intérêts qui rêve de devenir instituteur, puis illustrateur, puis dentiste, puis… rock star ! Nous sommes au milieu des années ’70 et comme beaucoup d’adolescents japonais, l’enfant de Sanriku a envie d’évasion. L’influence de la culture américaine sur la jeunesse est alors très importante et jouer de la guitare électrique, c’est tout simplement super cool. Mais aux yeux de son père qui produit de la chanson traditionnelle, le rock’n roll est une musique vulgaire et la guitare électrique, l’instrument des voyous. Qu’à cela ne tienne, le jeune rebelle se fabrique lui-même la gratte de ses rêves en plaçant un micro sur sa guitare sèche. Une passion qui l’anime durant des années, mais qu’il n’est pas sûr de pouvoir transformer en métier stable. Pour assurer son avenir, il tente une carrière de dentiste qui tourne court puisqu’il rate ses examens d’entrée à la faculté. Que faire, alors ? Fasciné par les œuvres de science-fiction (notamment l’anime Babel II) et les chercheurs célèbres tels qu’Einstein, il décide finalement de rejoindre l’université des sciences d'Okayama.

Ma famille possédait un gîte et non loin, il y avait un centre scientifique qui faisait des recherches sur les fusées et les ballon-sondes. Il y avait beaucoup de scientifiques et de chercheurs qui venaient dormir dans notre gîte quand j’étais enfant. C’était vraiment fascinant lorsqu’ils me parlaient de leurs recherches. Si je n’avais pas eu cette expérience étant petit, je doute que j’aurais pu faire des jeux de la même façon.

La petite ville de Sanriku (désormais liée à Ōfunato) en 2013.

"Plus tard, je serai une rock star !"

Une passion immédiate pour la 3D

"Plus tard, je serai une rock star !"
Un jeune Yu Suzuki (à gauche).

Comme beaucoup de créateurs de génie, Yu Suzuki est un grand créatif épris de liberté. Son immense talent et son esprit inventif émergent complètement lorsqu’il peut maîtriser totalement un projet qui le passionne. C’est dans la programmation qu’il va retrouver cette liberté. Au sein du département des sciences électroniques de sa fac, il découvre alors toutes les possibilités offertes par le développement informatique. Comme avec ses maquettes d’enfance, il peut donner naissance à quelque chose de tout à fait nouveau en mariant différentes idées et bouts de code. Une technologie le passionne en particulier, mais celle-ci n’en est encore qu’à son stade embryonnaire, la 3D. Certainement pour créer des jeux nouvelle génération, pensez-vous. Pas vraiment. Yu Suzuki n’est pas plus intéressé que ça par le jeu vidéo. Nous sommes pourtant au début des années ’80 et les salles d’arcade entrent dans leur âge d’or, mais ce n’est pas là que traîne notre étudiant. Le soir, il se retrouve plutôt à jouer de la guitare sur la scène d’un club nommé le Muscat. Non, ses travaux universitaires sur la 3D concernent surtout l’architecture et son objectif est de créer une maison en wireframe dont les surfaces seraient ensuite calculées par ordinateur. Tout un programme !

"Plus tard, je serai une rock star !"

Fraîchement diplômé de l’université, il range sa précieuse guitare au vestiaire et commence à chercher un travail. Le jeune Yu a une vision déjà très précise de la vie active. Il entend souvent ses anciens camarades de classe se plaindre de leur patron, alors pourquoi ne pas essayer de dégoter un emploi appréciable ? Comme il l’explique lui-même, son objectif était de trouver une entreprise avec laquelle il aurait un bon contact et qui lui garantirait surtout un peu de temps libre. Après des recherches approfondies, il trouve son bonheur chez Sega en 1983.

En tant qu’étudiant, je cherchais une bonne entreprise et plus particulièrement une société qui avait un bon avenir. Les entreprises de logiciel, ça avait l’air bien. Les jeux, je ne m’y intéressais pas tant que ça. J’ai vu Sega, puis Fujitsu, qui est une société de systèmes informatiques, même pas une société de jeu vidéo. Je les ai toutes visitées. Les gens de Sega me paraissaient cependant être les plus intéressants.

Je ne veux pas décevoir qui que ce soit qui souhaite rejoindre l’industrie vidéoludique (rire), mais la vraie raison pour laquelle j’ai décidé de rejoindre Sega, c’est parce qu’ils offraient deux jours de temps libre par semaine !

Je voulais travailler dur au bureau, autant que possible. Mais pour pouvoir assouvir mes désirs et intérêts personnels, et pour pouvoir profiter de la vie, je voulais être sûr d’avoir deux jours de libres par semaine. C’était la configuration que j’espérais. Avoir des jours de libres était très important pour moi.

"Plus tard, je serai une rock star !"
Malgré un léger ralentissement, les salles d'arcade marchent bien.

Yu Suzuki ne s’en rend pas encore compte, mais pour un jeune programmeur entreprenant, entrer chez Sega en 1983 est une aubaine. Il s’agit de l’un des cinq plus grands représentants du marché de l’arcade aux Etats-Unis, notamment grâce à une poignée de bornes mythiques telles que Frogger ou Zaxxon. Pourtant, ce marché connaît une petite perte de vitesse, ce qui aura pour conséquence un changement de propriétaire aux Etats-Unis et une diversification des opérations. La firme tokyoïte décide à cette époque de se lancer sur le marché des consoles de salon, alors balbutiant. La Sega SG-1000 contre la Nintendo Famicom, le combat est lancé et tourne pour l’instant à l’avantage des bleus. Fin ’83, Sega propose en rayon 21 jeux différents, contre seulement 9 pour la concurrence. Afin de conserver cet avantage, la direction accélère le rythme et offre quelques promotions inopinées à ses employés. Yu Suzuki, le petit nouveau, fait partie des heureux élus

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xBadFox
xBadFox
MP
le 15 nov. 2019 à 12:54

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xBadFox
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MP
le 15 nov. 2019 à 12:54

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Sommaire Dossier
  • "Plus tard, je serai une rock star !"
  • Sega : Des débuts remarqués
  • D'OutRun à After Burner, la confirmation
  • Virtua Racing et Virtua Fighter, le virage de la 3D parfaitement négocié
  • Du versus fighting au RPG
  • Virtua Fighter RPG, puis Project Berkley, l'aventure Shenmue commence !
  • Shenmue, entre échec commercial et succès critique
  • 12 ans plus tard, le retour du maître
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