Pokémon ne cesse de se diversifier et de surprendre. Si les jeux Pokémon Ranger ont su trouver un public assez rapidement, c’est au tour de Pokémon Conquest de tenter de se faire une place au soleil. Malheureusement pour lui, la chose ne sera pas aussi aisée.

Mélangeant l’univers mondialement connu des Pokémon avec celui des Nobunaga no Yaba (plus connu sous le nom de Nobunaga’s Ambition aux Etats-Unis), Pokémon Conquest est un tactical-RPG. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la saga des Nobunaga’s Ambition, il s’agit d’une série de tactical-RPG, populaire au Japon, prenant place à l’époque féodale où de nombreux seigneurs de guerre et samouraïs se font la guerre.
Un mélange pour le moins atypique


Des combats très limités et monotones


Attrapez-les tous !
Vos dresseurs sont chacun associés avec un ou plusieurs Pokémon par un système de Link. Ce Link n’est rien de plus qu’une affinité entre un dresseur et son Pokémon défini par un pourcentage – la meilleure affinité étant bien entendu 100%. En plus de nous priver de niveaux, ce système pose problème. Il faut savoir qu'un Pokémon deviendra plus fort uniquement en augmentant son affinité avec son dresseur respectif. Cependant, certains dresseurs ont des préférences en termes de Pokémon, ainsi la même créature n’aura pas forcément la même affinité maximale d’un dresseur à un autre. Comprenez par là qu’un Rondoudou pourra aller jusqu'à 70% de Link maximum avec un dresseur, alors que ce même Rondoudou aurait pu monter jusqu'à 100% avec un autre. Ceci vous forcera à rechercher les meilleures combinaisons pour chaque dresseur, ce qui n’est pas forcément un mal en soi. Mais cela devient réellement problématique lorsque vous constaterez que vous ne pourrez en aucun cas échanger les Pokémon entre dresseurs. En clair, le système vous obligera à capturer le même Pokémon plusieurs fois dans l’espoir de trouver le dresseur avec qui il aura la meilleure affinité. Un autre problème de ce système : l’évolution. Les Pokémon évoluent tardivement en fonction du Link qu’ils auront avec leur dresseur. A titre d'exemple, nous avons conquis la moitié du royaume avant de voir le moindre Pokémon évoluer. Un Pokémon ne pouvant évoluer qu’à 80% se retrouvera dans l’impossibilité d’évoluer s’il est sous le contrôle d’un dresseur le limitant à 70%, ce qui est très frustrant. Enfin, sachez qu’un dresseur ne peut envoyer qu’un seul et unique Pokémon au combat, même si celui-ci en possède trois (le maximum par dresseur), ce qui fait que vous devrez choisir attentivement vos dresseurs et leurs Pokémon associés pour chaque combat.
Ce qui nous amène au problème lié aux menus. Entièrement en anglais, comme l’intégralité du jeu d’ailleurs, celui-ci a été l’un des plus éprouvants pour moi, habitué pourtant des RPG et T-RPG. La langue n’est pas du tout en cause, car l’anglais demandé pour Pokémon Conquest reste relativement basique. Si les fiches des dresseurs / Pokémon sont bien détaillées, la navigation dans les menus est laborieuse. Pour pouvoir équiper un Pokémon avec un objet, vous devez vous rendre dans la ville où se trouve son dresseur. Le problème qui se pose c’est que l’on est rapidement submergé par le nombre de recrues potentiel et le nombre de régions sous votre contrôle. Ainsi, de deux dresseurs on se retrouve assez rapidement avec une trentaine de dresseurs ayant chacun jusqu'à 3 Pokémon. Un menu permettant d’accéder à tous ces dresseurs / Pokémon aurait été un véritable gain de temps et de visibilité. Notez d’ailleurs le problème que pose l’équipement d’objet à un Pokémon et non son dresseur. Si vous souhaitez utiliser l’un de ces autres Pokémon, vous devrez soit récupérer l’objet équipé sur le précédent Pokémon, soit mettre un nouvel objet sur celui-ci. Certes, ce point négatif n’est pas grossier, mais il rajoute du poids dans la balance.
Un New Game + peut-être ?
Si ce jeu pèche par de nombreux points négatifs, il n’en demeure pas moins que sa durée de vie est relativement importante. Si le scénario principal est assez rapide, comptez une quinzaine d’heures maximum, de nombreux scénarios secondaires seront débloqués une fois celui-ci terminé, vous mettant dans la peau de vos anciens adversaires. Ceci aura pour seul intérêt d’avoir de nouveaux Pokémon sous vos ordres car les scénarios secondaires vous demanderont la même chose que le principal : conquérir le royaume. Sachez enfin que le contrôle de chaque région permet d’accéder à des magasins, relativement inutiles, ainsi qu’à de nouvelles zones permettant de capturer de nouveaux Pokémon et éventuellement de recruter de nouveaux dresseurs.
Points forts
- Une très longue durée de vie...
- Certaines musiques ainsi que les bruitages des Pokémon habituels
Points faibles
- Uniquement en anglais
- ... mais très monotones et répétitives
- Un système de combat mal pensé
- L’impossibilité d’échanger des Pokémon
- Une IA limitée
- Un échec pour Nobunaga’s Ambition en France (qui ne le mérite malheureusement pas)
Pokémon Conquest aurait dû être le T-RPG idéal pour permettre aux plus jeunes de se lancer dans le genre, à condition de savoir lire l’anglais, ce qui n’est pas à la portée de tous. Trop de détails entachent toutefois le titre. Au lieu d'être un tremplin pour la série Nobunaga’s Ambition, Pokémon Conquest encourage plutôt à se tourner vers d’autres T- RPG ayant déjà fait leurs preuves. Même les fans de Pokémon auront du mal à y trouver leur compte.