Le 24 décembre 1993 sort le dernier shoot'em up en vue 2D classique sur Mega Drive, autant dire une vieillerie en pleine révolution des manic et autres bullet hell. Il faut dire que Battle Mania 2, sous-titré Vintage, suit encore et toujours la recette du genre : flinguez-les tous ! Après un premier épisode aussi sympathique que brouillon, Vic Tokai a néanmoins mis les bouchées doubles pour nous servir un morceau de choix. Alors en route, une autre dose de fun et de jolies nanas armées jusqu'aux dents ! Et que ça saute !

La vie d'héroïne de jeu vidéo n'est décidément pas facile. Trois jours après les événements du premier Battle Mania, notre duo de charme et de choc est réveillé à 7h du matin par Morgstein, le boss final fraîchement vaincu ! Mania Ohtorii et Maria Haneda sautent alors du lit pour enfiler leurs jetpacks et descendre quelques démons. On voit d'entrée de jeu que le scénario ne s'embarrasse toujours pas de complications et préfère tabler sur l'humour et le fun immédiat. Ce second épisode est globalement plus bavard mais les dialogues regorgent à nouveau de petits clins d'œil amusants ou de passages absurdes bien sentis, parfois même directement adressés au joueur (“Si je meurs c'est de ta faute !” gronde par exemple Mania avant le premier niveau !). L'ensemble a aussi gagné en impact et en fluidité grâce à la qualité des illustrations : portraits variés selon les humeurs, brefs rappels du titre du jeu entre deux missions, réutilisation des décors de certains niveaux pour les dialogues, Battle Mania Vintage est construit comme un véritable petit épisode d'animé.




- Graphismes18/20
On a bien envie de dire qu'on a affaire au shoot le plus original de la console en termes d'ambiance graphique, au risque de froisser les amoureux de ''Panorama Cotton'' (sorti plus tard puisqu'il s'agit du tout dernier shoot'em up Mega Drive, en vue de profondeur). La perfection de l'ensemble donne au soft un goût un peu scolaire par rapport au précédent ''Battle Mania'', avec un sentiment de vouloir proposer toujours plus (de scrollings, d'idées, etc.), mais peut-on s'en plaindre quand le résultat est aussi bon ?
- Jouabilité17/20
On ne change pas un gameplay qui marche. Ou bien on le change ? A vous de décider ! En dehors de petits réajustements bienvenus, l'essentiel des nouveautés dans le maniement des personnages est entièrement optionnel. Dans tous les cas la conception des ennemis, des pièges et des boss est beaucoup plus poussée que dans le premier opus. L'équipe de Vic Tokai nous livre une foule de petites trouvailles pour nous maintenir constamment dans l'action, tant et si bien qu'on pourra juger tel passage trop court ou trop simple au regard de son potentiel. A nouveau, la générosité du jeu manque d'équilibre. Il nous frustre d'un mode deux joueurs. Mais ce sont les seuls vrais défauts qu'on puisse lui imputer.
- Durée de vie13/20
Le premier ''Battle Mania'' était facile. Celui-ci est accessible. D'un côté il est tout à fait possible d'avoir un challenge correct selon les options choisies, en particulier si l'on s'impose le défi de ne perdre aucun point d'énergie. De l'autre, on peut trouver un fun immédiat grâce aux tirs multidirectionnels, simples à prendre en main et permettant d'assouplir les manœuvres à effectuer (on est loin d'un système à la ''[id:1989 Forgotten Worlds]'' version Mega Drive, à titre de comparaison). La rejouabilité profite également de ce caractère optionnel, et une fois le soft bien en main on pourra à l'occasion essayer de nouvelles techniques, sans avoir à s'y préparer et à tout mémoriser comme c'est souvent le cas dans un shoot.
- Bande son15/20
Aïe... Des compositions très prometteuses qui auraient pu se concrétiser sans l'infâme bruitage du tir manqué. Ce problème n'est pas omniprésent mais lorsqu'il est là, il l'est souvent jusqu'au fond des oreilles sans réelle possibilité d'y échapper. On finit par s'y faire et apprécier malgré tout les musiques, énergiques voire enchanteresses, quitte à profiter du sound test très complet dans les options. Mania et Maria nous font à nouveau entendre leurs petites voix digitalisées (“Power-up!” “Speed up!” “Weapon!” etc.), mais on retiendra surtout le “Thank you!” de notre pétillante blonde à l'écran de Game Over, quand tant d'autres shoot'em up nous laissent abattus à ce moment du jeu !
- Scénario15/20
Le boss final débarque en plein milieu de la sélection des super-attaques pour vous parler d'un easter egg. Voilà comment ça se passe dans ''Battle Mania''. Kikoku Kikokusai, avec son nom bien énervant à prononcer, vous réserve quelques surprises amusantes pour ajouter encore au casting et à l'humour du soft, qui bénéficie cette fois d'un aspect ''anime'' soigneusement intégré. Cette application et ce soin manifestes diminuent cependant la part de charme et de fraîcheur qu'on pouvait trouver dans le premier épisode, à cause notamment d'un générique de fin bien moins touchant et beaucoup trop long. A signaler enfin, le prix excessif de la version boîte nous pousse à vous recommander les moyens alternatifs, quitte à se passer du petit manga présent dans le manuel. Un excellent patch de traduction existe de plus en anglais, permettant d'apprécier autant que possible la drôlerie et les clins d'œil de la série.
Véritable baroud d'honneur d'un style en perdition, festival de fun dopé à coups d'options et d'inventivité, Battle Mania Daiginjou ou Battle Mania Vintage est un de ces jeux réellement uniques. Il présente quelques défauts et partis pris notables mais se montre tellement généreux, et avec un tel succès, qu'on reste pris de bout en bout par cette aventure. Le 24 décembre 1993, la console de Sega fait un joli pied de nez à toute une future génération de shoots hardcore, comme si de rien n'était.