Qui ne voudrait pas en savoir en peu plus sur un mélange de Kirby et de R-Type avec une jolie fille et un vaisseau spatial sur la boîte du jeu ? Gaiares, perdu par une campagne publicitaire complètement ratée et presque culte, est resté confidentiel au sein d'un genre devenu lui-même confidentiel. Sorti au Japon seulement cinq jours après Musha Aleste, le meilleur shoot'em up vertical de la Mega Drive, Gaiares s'avance dans la foulée comme un prétendant sérieux au titre de meilleur shoot horizontal de la console. Rien que ça !

Gaiares s'ouvre sur une longue introduction où nous apprenons le pourquoi du comment derrière ce sauvetage (rescue) de la planète Terre (Gaia). L'effort est honnête, techniquement c'est très réussi, mais le scénario demeure trop bancal et niais pour nous accrocher. On passe donc sur les conflits entre l'empire Leezaluth, la race humaine au bord de l'extinction, et le groupe terroriste Gulfer mené par la reine Zz Badnusty, pour entrer dans le vif du sujet. Après une séquence de décollage bien nerveuse nous sommes soudain jetés dans l'espace intersidéral et les choses sérieuses commencent sans temps mort. Les premières salves d'ennemis nous laissent tout juste assez tranquilles pour découvrir les bases du gameplay : changement de vitesse (bouton A), feu à volonté (bouton B), envoi du module TOZ (bouton C). On remarque bientôt la présence de power-up classiques, comme le bouclier ou la destruction des ennemis à l'écran, mais aucune arme. C'est tout simplement qu'en fait, il va falloir les voler à l'ennemi, ces armes.




- Graphismes17/20
Effets de distorsion, aire de déplacement, fluidité, le soft impressionne sur le plan technique au point de rivaliser sans problème avec les meilleurs shoot 'em up du support. ''Gaiares'' nous offre dans l'ensemble des décors réussis voire exceptionnels, de par leur originalité et leur implication dans le gameplay. Il reste malheureusement quelques poncifs du genre, comme les bases spatiales en fin de jeu, qui se révèlent trop pauvres pour nous éblouir de bout en bout. Ces pertes d'inspiration s'effacent toutefois bien vite devant l'immensité des boss, le niveau de détails les rendant tout simplement majestueux et vivants, malgré les limites techniques de l'époque. Certains ennemis de base bénéficient même de ce souci du détail : à bien y regarder, on peut les voir préparer perfidement leur boulette avant de nous la cracher en plein vol !
- Jouabilité18/20
Le point fort du titre. Aucun souci de maniabilité. Des boss variés et inventifs. Quelques power-up simples et judicieusement placés. Le système d'armes à copier parvient à être original sans devenir envahissant et obligatoire. A chacun de voir s'il préfère se débrouiller avec une ou deux armes quitte à rencontrer plus de difficultés, ou risquer quelques lancers en plus pour négocier chaque situation avec l'arme adaptée. On en viendrait parfois à regretter que ce système n'ait pas été étendu aux éléments environnants (armes de lave, glace, trous noirs...) mais, du vulcan de base au laser fin et puissant, des missiles autoguidés à l'arme de corps-à-corps pouvant être lancée à distance, l'équipement disponible devrait ravir tous les styles. Les développeurs ont même inclus une astuce extrême : en réussissant à changer et améliorer votre arme le plus souvent possible, vous finirez vers la fin du jeu par avoir l'arme secrète absolument ultime !
- Durée de vie16/20
Les amateurs de challenge seront aux anges dans cet enfer perpétuel. Aucun effort ne sera épargné au joueur, qui devra à la fois apprendre par cœur chaque séquence et aiguiser ses réflexes au maximum. Observer attentivement certains boss risque également d'être nécessaire tant ceux-ci sont travaillés, prêts à vous massacrer tant que vous ne vous serez pas surpassé. Le mode “Very Hard” réservé aux fous n'est malheureusement pas très différent du mode classique, mais le seul fait d'accélérer les tirs ennemis devrait déjà leur suffire ! Le plaisir de la découverte participe lui aussi de cette durée de vie, grâce aux différentes armes et captures.
- Bande son17/20
Avec une difficulté aussi éprouvante, la partie sonore du soft se devait de tenir la route : contrat rempli ! Les différents bruitages participent à l'action sans envahir des musiques souvent accrocheuses qui nous relancent à chaque instant au lieu de nous agacer. L'ensemble n'est pas parfait, notamment du côté des boss et de certaines sections (dotés de thèmes trop décalés et surprenants pour pousser plus loin encore l'intensité du jeu), mais participe assez souvent au rythme frénétique voire désespéré de notre mission...
- Scénario12/20
L'effort est là. Un véritable scénario est proposé avec près de dix minutes d'images animées et de dialogues, chose assez exceptionnelle pour un shoot'em up à l'époque. Mais l'histoire se perd vite dans des complications pour délivrer sa morale écologiste, tout en nous jetant dessus une histoire d'amour inintéressante et expédiée.
Dispersé mais généreux, Gaiares mérite l'attention du joueur pour son gameplay original et exige cette attention pour sa grande difficulté. Est-il le meilleur shoot'em up à scrolling horizontal de la console ? Thunder Force IV, Gley Lancer, Gynoug et bien d'autres continueront d'alimenter les débats des spécialistes, quand il faut simplement retenir que Gaiares est un excellent jeu, avec ses influences et son style propre. Alors si le bon vieux challenge des shoots de la Mega Drive ne vous rend pas allergique, foncez défier cette merveille !