Si l'on dresse un rapide bilan, il est intéressant de noter que la mythologie nordique, pourtant aussi passionnante que sa consoeur grecque, est rarement mise à profit dans le milieu vidéoludique. Ainsi, bien qu'on puisse citer l'excellent Heimdall ou le plus récent Viking : Battle for Asgard, rares sont les titres à avoir usé de la cosmogonie scandinave. De fait, Bloodforge est par certains côtés très précieux même si le résultat est loin de nos espérances.

Occupé à chasser sur ses terres gelées et hostiles, Crom ne put rien faire lors de l'attaque de son village. Brûlé et pillé, le hameau vit ses villageois trépasser un à un suite à cette terrible agression perpétrée par les subordonnés des dieux eux-mêmes. Ayant également perdu sa femme, le guerrier fou de douleur et de rage décide alors de débuter sa quête vengeresse en réclamant la tête des déités incriminées. Débutant à la manière d'un Conan le Cimmérien, Bloodforge effectue rapidement quelques pas chassés pour raconter une histoire originale se résumant au final au combat d'un homme contre toute une fratrie de démiurges peureux. Il est toutefois dommage que Climax n'ait pas pris davantage de temps pour développer le synopsis, celui-ci ne pouvant se reposer que sur quelques cinématiques et personnages versant trop facilement dans le déjà-vu. De fait, alors qu'on progresse, l'aventure perd en profondeur ce qu'elle gagne en fureur à mesure que les enchaînements s'accumulent.


- Graphismes13/20
En optant pour des teintes monoCromatiques, le graphisme de Bloodforge se situe parfois à la croisée des chemins des univers de Frank Miller et John Milius. Fortement influencé par la BD américaine, le titre de Climax parvient néanmoins à acquérir une véritable identité visuelle grâce à un bestiaire que n'aurait point renié Robert E. Howard. On regrettera cependant pas mal de bugs sans parler d'un tearing omniprésent.
- Jouabilité12/20
Le gameplay doit énormément à celui de God of War et opte sans surprise pour des combats violents et sans aucune concession quand il s'agit de trancher dans le vif. Militant pour les finish moves extrêmement gore et des QTE pour achever les boss, la jouabilité ne surprend guère. Bien entendu, on retrouve plusieurs armes, divers pouvoirs ainsi qu'une furie pour varier les plaisirs mais il est dommage que la caméra ait parfois du mal à suivre et qu'on soit constamment obligé de la bouger pour s'y retrouver lors de grosses mêlées.
- Durée de vie12/20
La difficulté du titre étant relativement mal gérée, préparez-vous à quelques crises de nerfs si vous n'avez pas pris garde à bien vous préparer en utilisant par exemple vos objets de soins au bon moment. En sus du mode Aventure (plutôt long mais incroyablement répétitif), on trouve l'inévitable mode Défis où vous devrez défourailler des hordes d'ennemis. Notez enfin que Bloodforge fait partie de la nouvelle gamme de jeux XBLA avec davantage de Succès (30 dans le cas présent) dont certains vous obligent à avoir des amis possédant le jeu pour leur lancer des défis... Idée brillante vous en conviendrez.
- Bande son14/20
Le doublage anglais est d'un bon niveau tout comme les musiques emphatiques collant parfaitement à l'ambiance sauvage du soft. Les bruitages suivent la même voix et chaque affrontement mélangera râles, cris et autres sons spongieux lors de découpes de membres.
- Scénario9/20
Pendant vidéoludique du Conan de Howard, Bloodforge utilise toutes les figures de style propres à cet univers. Une tragédie touchant la famille du héros, le barbare vindicatif, les dieux courroucés, le guide spirituel, absolument tout renvoie à cette grande fresque aventurière dont God of War lui-même était un fils illégitime. Pourtant, si les influences sont bel et bien là, le synopsis de Bloodforge aurait gagné à être plus consistant.
Pétri de bonnes intentions, Bloodforge n'en reste pas moins imparfait. Bien que les inspirations soient indéniables, c'est sa construction même qui lui nuit. Citant à tout-va God of War sans jamais en comprendre l'ingéniosité des mécaniques, le titre de Climax tombe trop facilement dans le piège de la redondance maladroite. Incroyablement répétitif malgré une bonne panoplie d'armes et de magies, le soft se saborde également par le biais de sa difficulté maladroite. Reste une aventure sympathique, à la réalisation léchée et à la durée de vie des plus honorables.