Quelques mois après avoir enchanté la Megadrive, Aladdin se décide à faire un petit détour en tapis volant sur la console de salon 8 bits de Sega, j'ai nommé la Master System. Développé par Sims et édité par Sega lui-même, le titre nous propose de revivre une nouvelle fois les aventures du voleur d'Agrabah. Mais cette adaptation est-elle à la hauteur de son homologue 16 bits ?

Le jeu reprend très fidèlement le scénario du film des studios Disney : on incarne donc Aladdin, lequel est un voleur qui doit sans cesse user de sa ruse et de sa malice pour échapper à la vigilance des gardes d'Agrabah. Lors de ses aventures, le jeune homme fera la connaissance d'une belle demoiselle qui n'est autre que la délicieuse princesse Jasmine, et il sera également en possession d'une lampe magique à l'intérieur de laquelle sommeille depuis des millénaires un génie pour le moins cocasse. Le problème, c'est que la lampe en question (qui donne à son propriétaire la possibilité de faire exaucer trois vœux) est également convoitée par le grand vizir Jafar (le méchant de l'histoire), lequel compte l'utiliser pour réaliser son rêve le plus fou : devenir un jour sultan.



Bref, cet Aladdin Master System manque cruellement de challenge, et c'est vraiment dommage car le titre est techniquement l'un des plus aboutis de la machine. On le terminera donc au moins une fois pour contempler la performance graphique, et puis on le rangera sagement dans l'étagère.
- Graphismes18/20
C'est superbe. Pour une console 8 bits, les graphismes sont remarquablement fins, et surtout très colorés. De plus, on reconnaît facilement tous les décors du film, qui sont incroyablement bien retranscrits. Et que dire de l'animation, qui est sans doute l'une des plus belles jamais vue sur Master System ? Bref, les développeurs ont, d'un point de vue technique, fait un excellent travail.
- Jouabilité17/20
Le voleur d'Agrabah se manie sans aucune difficulté, et on saute sans problème de plate-forme en plate-forme. Seuls les bonds après une course demandent un petit temps d'adaptation. Mais une fois maîtrisés, ils se révèlent eux aussi très précis.
- Durée de vie4/20
C'est catastrophique. Non seulement le jeu est affreusement court mais il est en plus incroyablement facile et on le finit aisément lors de sa première partie, d'autant plus que les continus sont infinis. Il aurait vraiment fallu que les développeurs rehaussent la difficulté et rajoutent quelques stages, parce que là, franchement, ça fait cher la minute de jeu.
- Bande son15/20
La 8 bits de Sega n'a jamais été réputée pour la qualité de son processeur sonore, mais il faut bien reconnaître que l'environnement musical du jeu s'en tire avec les honneurs. On reconnaît aisément certains des thèmes principaux du film ("Je vole", "Ce rêve bleu") et les autres musiques concoctées spécialement pour l'occasion nous envoient directement au Moyen-Orient. Les bruitages sont tout à fait satisfaisants.
- Scénario15/20
Le soft reprend fort logiquement la trame du long-métrage : on incarne donc Aladdin, lequel va vivre de palpitantes aventures, avec en toile de fond une belle complicité avec le génie de la lampe et une histoire amoureuse avec la princesse Jasmine. Les niveaux du jeu sont entrecoupés de petites cut-scenes qui permettront à ceux qui n'ont pas vu le film de comprendre toute l'histoire.
De prime abord, cette version d'Aladdin sur 8 bits a tout du hit en puissance : les graphismes et l'animation sont sublimes, la maniabilité est excellente et même les musiques sont réussies. Malheureusement, ce très flatteur bilan technique est ruiné par une durée de vie scandaleuse, même pour l'époque : il n'y a en effet que neuf minuscules niveaux, que l'on mettra à peine une petite demi-heure à terminer. En outre, le jeu est dans l'ensemble d'une facilité déconcertante et n'offre absolument aucune résistance. Quel dommage, car si le titre avait eu plus de challenge et plus de stages, il aurait pu sans aucun mal se hisser parmi les meilleurs jeux de plates-formes de la Master System.