Débutant de manière brutale sans qu'aucune explication ne nous soit donnée sur le sort de l'héroïne et par extension le nôtre, Blackwell se présente comme une sorte de version hallucinée d'Alice aux Pays des Merveilles. Malheureusement, si l'on navigue dans un univers immatériel, celui-ci ressemble davantage à un enfer rempli de psychotropes qu'à un terrier de lapin.

Blackwell part du postulat que moins on en dit, mieux c'est. Ainsi, ne rien connaître de notre avatar (si ce n'est qu'il s'agit d'une fille enfermée dans un asile) participe grandement à l'expérience car celà engendre le désir d'avancer tout en légitimant le gameplay. Du coup, se réveiller d'un songe pour pénétrer dans un cauchemar où nous attendent nos deux bourreaux est une entrée en matière pour le moins audacieuse. Nous apprenons tout de même les tenants et les aboutissants du jeu au détour de la scène : vous êtes une jeune demoiselle qui va devoir s'échapper de l'établissement psychiatrique où elle réside et pour ceci, vous devrez tromper la vigilance du gardien des lieux sous peine de vous prendre une nouvelle injection de drogue et ce jusqu'à ce que mort s'en suive.


- Graphismes8/20
Exceptés le design anguleux plutôt réussi et l'ambiance suffocante propre au lieu de l'intrigue, on ne peut pas vraiment dire que Blackwell déchire la rétine, la faute à un ensemble de couloirs et de pièces se ressemblant beaucoup trop.
- Jouabilité12/20
La jouabilité demeure simpliste mais s'avère suffisante pour l'aventure qui nous attend. On notera cependant que la gestion de la respiration de la fillette est parfois approximative et nous vaut souvent d'être trouvé par le gardien de l'asile.
- Durée de vie8/20
On pestera régulièrement à cause de ce fichu gardien nous renvoyant manu milatri dans notre chambre à chaque fois qu'on se fait repérer. On devra alors se retaper tous les couloirs visités et ce jusqu'à notre porte de sortie. En somme, si le désir de savoir le fin mot de l'histoire est bel et bien présent, la lassitude l'emportera sur l'envie.
- Bande son9/20
Le doublage anglais n'est pas mauvais mais les dialogues sont peu nombreux. Les musiques pointent aux abonnés absents.
- Scénario/
Il n'y a pas d'histoire à proprement parler mais l'envie d'en connaître davantage sur la fillette que nous incarnons et le pourquoi de son internement sont bel et bien là.
Difficile d'apposer une note dans le sens où l'ambiance réussie de Blackwell ne gomme en rien plusieurs errances. De fait, si l'envie d'avancer pour connaître le dénouement de l'intrigue est présente, on se lassera rapidement de la progression redondante un brin irritante à cause de quelques mécanismes usants. Cependant, pour un jeu web gratuit, le titre de Blackpipe se montre ambitieux et saura vous retenir quelques instants à votre clavier.