Grasshoper Manufacture n'a décidément rien d'un studio ordinaire, préférant se complaire dans l'étrange, l'inattendu ou comme dans le cas présent, le féerique un peu glauque. Comme débridé par le développement d'un jeu à télécharger, le studio nous livre une de ses oeuvres les plus iconoclastes. Ce qui n'est pas peu dire.

Heureusement qu'une poignée d'images illustrent cet aperçu, faute de quoi expliquer à quoi ressemble Black Knight Sword serait une cruelle gageure. Mélange plus qu'improbable entre les classiques de l'action et de la plate-forme en 2D des années 80 et d'un théâtre pour enfants à la japonaise (avec une touche d'animation déglinguée à la Terrry Gilliam), le titre de Grasshoper épouse à la perfection la mouvance initiée par des titres comme Dishwasher et sa suite. Les premières minutes du jeu y font d'ailleurs rapidement penser. Dans une chambre un peu glauque, ce qui ressemble à une marionnette sans marionnettiste gît jusqu'à ce que l'on finisse par l'animer pour la guider vers une armure de chevalier noir. Par la fenêtre, on aperçoit de mornes enseignes au néon, du genre de celles que l'on trouverait dans un quartier chaud un peu cradingue. Le parti pris artistique de Black Knight Sword est surprenant. Tout semble sortir d'un théâtre de papier et de carton. L'arrière-plan est plat, animé a minima, parfois par des créatures qui ne sont que des formes découpées plantées sur des tiges. L'environnement se métamorphose fréquemment, de la chambre, on passe à la forêt, de la forêt à la ville...


On espère évidemment pouvoir vérifier le plus vite possible que Black Knight Sword n'est pas qu'une très, très jolie coquille intello-conceptuelle et que le reste du contenu du jeu saura se montrer à la hauteur. En attendant, il se dégage de ce titre sorti de l'usine de Grasshoper une attirance sordide, inquiétante, envoûtante, le truc en plus qui fait que. Nous sommes emballés.