Le Xbox Live Arcade renferme bien des secrets : beaucoup de vieilleries poussiéreuses extirpées à moindre coût d'un passé vidéoludique lointain, quelques classiques habilement remis au goût du jour par des développeurs consciencieux et respectueux du public, mais aussi quelques titres inédits, sortis de nulle part et terriblement brillants. Pépites rutilantes côtoient donc de grossières caillasses dans un joyeux et inextricable bazar. Or, si Outland s'est montré très discret depuis son annonce, il entre bien dans la catégorie des petites merveilles à ne rater sous aucun prétexte. Beau, poétique, intelligent et délicieusement riche en dépit de sa brièveté, le titre d'Housemarque mélange les genres pour un résultat tout simplement enivrant.

Lorsqu'on le regarde de loin, Outland ne semble finalement être qu'un joli jeu de plates-formes, doté de superbes graphismes et d'un style à part certes, mais un simple jeu de plates-formes tout de même. Après tout, le héros - un guerrier en quête d'un remède aux visions de fin du monde qui le hantent - ne fait pas grand-chose de plus que la plupart des personnages du genre. Le bougre se contente en effet de sauter dans tous les sens et de transpercer de son épée tous les ennemis qui lui barrent la route. Oui, sauf que non. Outland au contraire, se trouve être un véritable pot-pourri de bonnes idées, un pique-assiette vidéoludique, mais qui élève son problème de cleptomanie au rang d'art, au point de finalement aboutir à un produit unique, beau et intelligent à en pleurer. Prince of Persia, Flashback, Limbo, Ikaruga, Metroid, Castlevania, Shadow of the Colossus voilà autant de grands noms qui viennent à l'esprit dès lors que l'on s'attaque à Outland. Prince of Persia et Flashback pour la dimension plates-formes et les superbes animations du personnage. Limbo pour l'esthétique léchée toute en ombres et en profondeur. Ikaruga pour la différenciation de tous les mécanismes du jeu en deux couleurs. Metroid et Castlevania pour la faculté du jeu à nous offrir régulièrement des capacités qui donneront accès à de nouvelles zones dans les niveaux déjà visités. Et enfin Shadow of the Colossus pour les boss gigantesques.



- Graphismes17/20
Difficile de rendre hommage en quelques lignes à l'incroyable poésie qui se dégage d'Outland. A mi-chemin entre les profondes ombres d'un Limbo et les jeux de couleurs d'Ikaruga, le titre d'Housemarque possède à n'en pas douter un style qui n'appartient qu'à lui. Les sublimes arrière-plans donnent quant à eux l'impression d'évoluer au sein d'une illustration vivante. Enfin, l'animation, quasi parfaite, vient compléter le tableau de fort belle manière. Une vraie réussite artistique.
- Jouabilité17/20
Le jeu repose sur une prise en main aussi intuitive que réactive. Notre héros répond en effet à nos moindres sollicitions en un éclair et enchaîne tous les mouvements avec une aisance égale à celle du Prince de Perse dans ses meilleurs moments. Le gameplay s'enrichit continuellement par l'ajout de nouveaux pouvoirs et le concept de changement de couleurs inspiré d'Ikaruga permet au gameplay de briller, sans mauvais jeu de mots. Evidemment, tout cela ne fonctionnerait pas sans un solide level design. Heureusement, ce dernier se révèle excellent et permet véritablement de sublimer l'action.
- Durée de vie13/20
C'est sans doute là le plus gros point faible d'Outland. Car même s'il vaut parfois mieux profiter de quelques heures de jeu intenses plutôt que d'une grosse quantité toutes ternes, on aurait tout de même souhaité que l'aventure soit un peu plus longue. Sachez néanmoins qu'il vous faudra souvent revenir en arrière pour débloquer tous les artworks et qu'un mode coop en ligne de très bonne facture complète quand même bien l'aventure principale.
- Bande son16/20
Là encore, Housemarque a fait preuve de talent en dotant son titre de compositions envoûtantes aux tonalités parfois tribales parfaitement en accord avec l'ambiance graphique. Les bruitages sont également d'excellente qualité tout comme les quelques interventions de la voix off, en anglais, mais dont les intonations mystérieuses toucheront même ceux qui ne maîtrisent pas cette langue.
- Scénario14/20
Une histoire poétique qui voit l'équilibre du monde menacé et un guerrier torturé se lever pour marcher sur les pas de ses ancêtres. Mais peut-être plus encore que l'histoire, assez légère somme toute, c'est davantage son incroyable atmosphère qui fait le charme d'Outland.
Sorti de nulle part, Outland fait figure de véritable petit chef-d'oeuvre. Beau, intelligent et poétique, le titre offre un gameplay d'une rare finesse qui malgré la tentation, ne sombre jamais dans une difficulté outrancière ni une facilité condescendante. Outland emprunte et rend hommage à certains des plus beaux jeux vidéo de l'histoire mais ne se perd jamais et parvient au final à donner vie à son propre univers, fait d'ombre et de lumière. Immanquable.