Appartenant à la vague de titres arcades portés sur Dreamcast après sa mort officielle, Border Down a débarqué sur le territoire japonais en 2003. Si l’éditeur était dans un premier temps opposé à cette conversion, les nombreuses pétitions signées et les centaines de lettres envoyées par des fans irréductibles auront fini par le convaincre. Il ne regrettera d’ailleurs pas sa décision puisque des milliers de copies du jeu se sont arrachées à travers le monde. Eh non, les joueurs ne s’y sont pas trompés, ce Border Down est une petite bombe qu’il ne faudrait surtout pas manquer.

Dans un monde pas si lointain que cela, les technologies toujours plus poussées ont permis à l'être humain d'explorer les confins les plus reculés de la galaxie. La planète bleue se faisant trop petite pour abriter ses dizaines de milliards d'habitants, l'homme est parti à la conquête de Mars pour construire des colonies. Tout se passait bien jusqu'au jour où, équipée d'armes dévastatrices, une flotte extraterrestre (baptisée First Approach) est passée à l'attaque sans crier gare. Devant cette terrible puissance de feu et ce comportement hostile, la Solar System Defense Force (c'est-à-dire les gentils) a mis au point une intelligence artificielle (R.A.I.N. pour Remote Artificial Intelligence Network) capable de piloter les trois meilleurs engins conçus par l'homme et de renvoyer les aliens dans leur lointaine galaxie. Ainsi, ces trois vaisseaux prennent d'assaut l'armada ennemie en l'attaquant chacun par un front différent …attention, ça va chauffer.





- Graphismes18/20
Border Down est probablement le plus beau shoot’em up présent dans le catalogue de la Dreamcast. Réalisé exclusivement en 3D, le jeu vous en mettra plein les mirettes et vous transportera dans des environnements tous plus époustouflants les uns que les autres. Quel plaisir de partir à l’assaut d’une flotte adverse alors que la guerre fait rage tout autour de vous, que les vaisseaux virevoltent avec grâce pour éviter une pluie de lasers et que d’immenses explosions illuminent l’espace de leur chaleur dévastatrice. Les ennemis sont nombreux, les boulettes s’accumulent facilement à l’écran et le jeu n’accuse (pratiquement) aucun ralentissement. Le design de votre vaisseau n’est, par contre, peut-être pas des plus réussis mais cela reste une question de goût.
- Jouabilité17/20
On ne peut vraiment pas se plaindre de ce côté-là. Le vaisseau réagissant au pixel près et la boîte de collision étant très clairement définie, vous serez seul maître de votre destin et ne pourrez pas vous plaindre d’un quelconque manque de précision. Border Down est également un mélange des genres et il est impossible de le ranger dans une seule catégorie. Passages nerveux à la Thunder Force, zones à mémoriser par cœur dans la pure tradition R-typienne et déluges de boulettes à la sauce DonPachi, tout cela permet au gameplay d’évoluer constamment et d’étouffer dans l’œuf tout sentiment de lassitude éventuel. Le système de scoring est extrêmement sophistiqué (scratching, break laser, etc.) et vous serez obligé d’en tirer le meilleur parti si vous voulez progresser.
- Durée de vie15/20
Le jeu comprend six niveaux divisés chacun en trois checkpoints. Vous trouvez ça pauvre ? Très bien, finissez-le et on en reparle ! S’allongeant au fur et à mesure de votre progression et dotés d’une difficulté exponentielle, les stages risquent de rebuter les moins persévérants des joueurs. Il est d’ailleurs vivement conseillé de faire régulièrement un saut dans le mode entraînement afin que certains passages n’aient plus aucun secret pour vous. Le système de border absolument unique à Border Down fait aussi que chaque niveau existe dans trois versions différentes, les décors et ennemis changeant plus ou moins à chaque fois. Si vous êtes courageux (qui a dit inconscient ?), vous pouvez toujours augmenter la difficulté… mais ce sera à vos risques et périls.
- Bande son13/20
Véritable point noir du soft, sa bande-son est loin d’égaler le niveau de qualité de ses autres attributs. Non pas que les compositeurs manquent de talent, mais c’est plutôt les choix musicaux qui laissent perplexe. En effet, ce curieux mélange entre techno et jazz n’est pas franchement des plus réussis et ne parvient jamais à convaincre. On est très loin du bon vieux rock dégoulinant de Thunder Force V qui prend aux tripes et donne envie de se surpasser. La bande-son de Border Down n’est pas non plus une abomination de la nature, mais elle est un peu quelconque. Les bruitages sont quant à eux plutôt discrets et anecdotiques.
- Scénario/
Une flotte extraterrestre menace l’espèce humaine et dispose d’une technologie beaucoup plus évoluée. Aux commandes du seul vaisseau qui peut lui résister, vous prenez votre envol pour exterminer ces aliens jusqu’au dernier. C’est à peu de chose près le scénario de 90 % des shoot’em up, prouvant aux derniers sceptiques que l’intrigue n’a jamais été d’une importance capitale dans ce style de jeu.
Curieux mélange entre manic shooting et styles plus classiques, Border Down est au carrefour des genres et enrichit son gameplay grâce à son système de border unique qui permet d’aborder chaque niveau sous trois angles différents. Sa difficulté délirante et son système de scoring complexe sont aussi ses caractéristiques principales et seuls les plus chevronnés d’entre vous auront une chance de s’aventurer dans les derniers niveaux du jeu. S’il ne parvient pas à faire trembler les maîtres incontestés (Radiant Silvergun, Ikaruga, Thunder Force V, etc.), sa réalisation sans faille et son gameplay aux petits oignons en font actuellement le meilleur shoot’em up à scrolling horizontal pour Dreamcast. Un autre shoot, Sturmwind, devrait sortir sur la dame blanche de Sega dans le courant de l’année 2011, et les premières vidéos du jeu semblent vraiment prometteuses. Parviendra-t-il à détrôner Border Down ? Seul l’avenir nous le dira, mais soyez sûr que l’on vous tiendra au courant.