Mindjack, c'est l'histoire d'un type qui aime se prendre la tête en intégrant celle des autres. Si l'idée n'est pas originale en soi, Messiah, Psi-Ops ou Second Sight l'ayant déjà utilisée, elle a ici le mérite de dynamiser une aventure placée sous le signe de l'action en proposant des montées d'adrénaline, du fun et de la nervosité. Ca, c'est ce qu'on aurait aimé dire à propos du soft de feel + sauf qu'il n'en est rien.

Développé par les papas de Lost Odyssey (...), Mindjack se présente tel un jeu d'action comme il en est sorti des tripotées ces dernières années. Du coup, pour amener un peu de fraîcheur, les développeurs ont essayé d'injecter quelques idées faussement originales afin d'avoir une certaine personnalité. Mais ne brûlons pas les étapes. Nous sommes en 2031 et en 2031, la vie n'est pas rose. Jim Corbijn ne le sait que trop bien puisqu'il va devoir déjouer un complot avec l'aide de Rebecca Weiss, jeune activiste antigouvernementale. Voici pour le pitch de départ qui emprunte quelques éléments à Ghost in The Shell en mettant en avant de vastes réseaux d'information et le contrôle de l'esprit. Pour autant, il n'y a ici aucune réflexion derrière, l'idée servant principalement un élément de gameplay lui-même sous-exploité. Bref, ce n'est donc pas avec le scénario qu'on prendra son pied. Il faudra alors chercher du côté du mode solo ou multijoueur, l'un et l'autre étant plus ou moins imbriqués. Explications.


- Graphismes10/20
Baignant dans des teintes chromatiques grisâtres et bleutées, le jeu ne parvient à aucun moment à nous dilater les pupilles. Trop homogène, faisant le jeu d'environnements sans âme mille fois vus et revus, Mindjack nous offre un rendu graphique vieillot, au bestiaire extrêmement limité dont seuls quelques ennemis sortent du lot.
- Jouabilité12/20
Bien que piochant des idées chez Gears of War, Dead to Rights et quantité d'autres jeux d'action, Mindjack nous offre une jouabilité sans relief synonyme de gunfights longs et laborieux. Les possibilités d'incarner les ennemis affaiblis ou d'user d'un gain d'expérience étant très mal exploitées, on devra se satisfaire d'un gameplay lambda nous permettant de switcher entre deux armes, de tirer dans tous les sens et de se planquer derrière la plupart des éléments du décor. Dommage que l'ensemble n'ait aucune saveur.
- Durée de vie10/20
Comptez sur une petite journée pour terminer la campagne solo. Le multijoueur étant totalement inintéressant, il est inutile de préciser que nous n'y passerons pas non plus des heures et des heures. D'autant plus vrai qu'à la clé, il n'y a qu'un gain d'XP ne servant pas à grand-chose si ce n'est débloquer quelques bonus pour booster les caractéristiques de son personnage.
- Bande son11/20
Le doublage américain est quelconque tout comme les musiques. Les bruitages sont dans la droite lignée de ceux des productions du même genre.
- Scénario8/20
L'univers futuriste mis en place évoque quelque peu les mondes de Mamoru Oshii et Masamune Shirow mais ne sert ici qu'à mettre en scène une aventure lénifiante, des enjeux esquissés et deux protagonistes caricaturaux.
Vendu à bas prix mais arrivant beaucoup trop tard, Mindjack fait pâle figure face à des titres comme Dead to Rights Retribution ou bien encore La Mémoire dans la Peau. Proposant des gunfights longs et monstrueusement gavants ainsi qu'une évolution maladroite et peu intéressante, le titre manque singulièrement d'ambition à tous les niveaux. La possibilité de prendre possession de l'esprit des ennemis aurait pu être marrante sauf qu'ici aussi, le tout est bien moins sympathique que dans des softs comme Psi-Ops ou Second Sight. A oublier au plus vite...