DUX est un shoot'em up à scrolling horizontal créé par le studio allemand Hucast qui a vu le jour en 2009 sur la Dreamcast de Sega. Oui vous avez bien lu : les mots « Dreamcast » et « 2009 » se retrouvent bel et bien dans la même phrase. Cela en étonnera sans doute plus d’un mais il faut savoir que de nombreux concepteurs, comptant sur le soutien inconditionnel des fans de Sega, ont continué à développer des jeux sur ce support bien après sa mort officielle. Maintes fois repoussé, c’est avec pratiquement un an de retard par rapport à son planning initial que DUX a finalement été commercialisé. Alors, le jeu en vaut-il la chandelle ? Réponse tout de suite.

Avant d'entrer à proprement parler dans le vif du sujet, il ne serait pas dénué d'intérêt de donner des informations d'ordre plus générale sur les différents types de shoot'em up et voir où se situe DUX. Il faut malheureusement avouer que ce genre de jeux n'est plus très populaire aujourd'hui et on ne voudrait pas que les plus jeunes d'entre vous perdent pied. Il y a donc, sans trop entrer dans les détails et en prenant quelques grossiers raccourcis, trois catégories distinctes de shoot'em up. Au sommet de leur popularité depuis la deuxième moitié des années 90, les manic shooters tels que Don Pachi se caractérisent par la profusion de tirs ennemis à l'écran. Face à ce véritable déluge au motif parfaitement étudié et parfois même esthétiquement poétique, le joueur devra faire preuve de maîtrise et de sang-froid pour trouver son salut. Citons en deuxième lieu les shoot à réflexes qui nécessitent une réactivité sans pareil et où la moindre distraction (grattement de nez, clignement d'yeux) sera inéluctablement accompagnée par la perte d'une vie. Genre parfaitement représenté par la célèbre série des Aleste.




Pour un jeu sorti de nulle part et disposant d'un budget limité, Dux est en fin de compte une assez bonne surprise. Si la ludothèque de la Dreamcast renferme de nombreux shoot'em up, celui-ci est à ce jour le seul à entrer dans la catégorie des R-Type-like. Techniquement à la hauteur grâce à de jolis graphismes, une bande son respectable et une jouabilité exigeante, Dux doit toutefois être réservé aux joueurs qui n'ont pas peur d'admirer maintes et maintes fois l'écran de game over – le jeu étant scandaleusement difficile.
- Graphismes16/20
La réalisation graphique du jeu est sans conteste une très grande réussite. Les teintes sont vives et colorées, les sprites sont grands et bien animés, les décors sont resplendissants, les explosions sont réussies et pas le moindre ralentissement ne vient entacher l’action. C’est tellement fin et travaillé que l’on a même parfois l’impression de discerner des éléments en 3D alors que le jeu est exclusivement en 2D. Petit bémol tout de même : l’écran est souvent surchargé et on a du mal à discerner les tirs et les ennemis, mais surtout les éléments purement décoratifs des obstacles bien tangibles. Cependant, les concepteurs ont eu la bonne idée de laisser au joueur le choix du degré de détails composants les décors à l’écran. Une intention louable dont beaucoup de grosses productions du même genre devraient s’inspirer.
- Jouabilité14/20
En bon clone de R-Type, DUX reprend allègrement tous les mécanismes qui ont fait le succès de cette licence. Étant donné qu’il est impossible de progresser efficacement grâce aux réflexes et à l’instinct, il faudra inéluctablement apprendre par cœur de nombreux passages du jeu. Vous aurez aussi à disposition le traditionnel module, les missiles, les lasers et les tirs chargés pour tirer votre épingle du jeu. DUX se démarque tout de même de R-Type par la rapidité de l’action et par la taille imposante des sprites qui puniront instantanément la moindre erreur de précision. Certains ennemis sont quant à eux très résistants et, comme il n’y a pas de touche de tir automatique, on se retrouve bien souvent à marteler un bouton comme un forcené pour sauver sa peau.
- Durée de vie12/20
C’est un exercice bien périlleux d’accorder une note objective à la durée de vie. La grande majorité des joueurs abandonnera bien avant de voir le boss du premier niveau ; la faute à une difficulté volontairement excessive. Les plus courageux qui aiment relever des défis devront s’accrocher pendant de longues heures avant de mettre un terme à leur calvaire. Signalons que l’on ne peut pas changer la difficulté alors que les concepteurs l’avaient initialement promis.
- Bande son14/20
Une fois encore, le résultat est à la hauteur des espérances. Les musiques sont toutes mélodieuses et, même si elles ne resteront pas dans les annales, elles accompagnent agréablement le joueur tout au long de cette terrible expérience. Chaque composition se caractérise par son côté zen et relaxant qui est sans doute là pour calmer le joueur et l’empêcher de balancer la manette sur son écran lors d’un passage raté pour la 150ème fois. Les bruitages sont classiques et plutôt discrets mais sont utilisés à bon escient ; certaines attaques ennemies peuvent en effet être détectées par le son qu’elles produisent alors que l’action manque de clarté à l’écran.
- Scénario/
Alors même que le shoot'em up n’est plus franchement très populaire aujourd’hui et n’intéresse qu’une petite partie des joueurs, DUX arbore un aspect encore plus élitiste puisqu’il ne s’adresse qu’à un public restreint au sein même des fans de ce genre. On ne peut pas dire que le jeu transpire la joie de vivre ou même qu’il soit amusant tant il n’offre aucune marge d’erreur et est d’une exigence redoutable. Oubliez la spontanéité et le fun immédiat. Jouer à DUX, c’est avant tout relever un défi, c’est étudier des passages par cœur, et c’est suivre au millimètre une chorégraphie pour progresser. Le joueur moyen n’y trouvera strictement aucun intérêt. Les plus masochistes d’entre vous seront quant à eux aux anges.