Profitant d'un léger désistement du survival-horror sur Wii, Calling tente sa chance après le réussi Silent Hill : Shattered Memories et le fort dispensable Ju-On La Malédiction. Mettant une fois de plus en avant l'horreur made in Japan, le titre de Hudson se veut intrigant malgré d'évidentes carences techniques.

Tu es jeune, tu fais partie de la génération 2.0 et tu n'as pas ton pareil pour écrire en SMS ? Alors tu as toutes les chances d'être un jour ou l'autre maudit. Oui, bon, pas de panique car pour cela, mieux vaut vivre au Japon où sévissent depuis des millénaires des cohortes de fantômes entièrement dévolus à notre malheur. Voici donc pour notre plus grand bonheur une nouvelle histoire de revenants nippons qui cette fois essaient de nous interpeller par l'intermédiaire du net, d'un site de tchat plus exactement. Pour celles et ceux qui suivraient un peu l'actualité du cinéma d'horreur japonais, disons que Calling se rapproche de Kaïro, ou de Pulse, son remake américain. Dans l'absolu, rien ne change car au-delà de la cause (l'usage de la technologie) débouchant sur la conséquence (la malédiction), le résultat est toujours le même : des fantômes aux cheveux sales qui nous agressent dans des lieux communs. Calling joue donc la carte de la sécurité en balançant plusieurs personnages stéréotypés dans une dimension parallèle après avoir "tchaté" de concert sur un site. Toutefois, ils auront vite fait de s'entraider pour s'en sortir même si leur salut proviendra de leur seule arme : le téléphone.


- Graphismes9/20
Sur le plan technique, Calling a 10 ans de retard. Sur le plan artistique, le titre de Hudson se borne à mélanger tout ce qui se fait depuis des années dans le petit monde du cinéma d'horreur japonais. Autant au niveau des lieux (école, hôpital, maison hantée) qu'en termes de personnages (la jeune demoiselle apeurée, le beau gosse mystérieux), sans parler des vilains fantômes aux cheveux sales, on nage en pleine redite. Néanmoins, correctement utilisés, ces lieux restent propices à de bons petits frissons, ce qui est le cas avec Calling.
- Jouabilité13/20
Si la structure du jeu reste identique à nombre de survival-horror, à commencer par Project Zero, l'élément principal, le téléphone, apporte un petit plus à l'ensemble. Ainsi, à l'image de Silent Hill : Shattered Memories, il sera possible d'utiliser votre mobile pour prendre des photos, enregistrer des revenants, communiquer avec ces derniers ou... Vous téléporter ! Dans l'absolu, on est donc en face d'un jeu somme toute peu original mais utilisant intelligemment ses éléments de gameplay. Toutefois, on pourra à nouveau pester contre ces fichues interactions anodines typiques des jeux Wii nous demandant d'ouvrir une porte, un placard avec la Wiimote. Enfin, l'idée de devoir tapoter rapidement des numéros de téléphone lors d'un combat pour converser avec un revenant n'est franchement pas la meilleure idée du soft.
- Durée de vie9/20
Avec sa dizaine de chapitres s'étalant sur plusieurs parties, la durée de vie de Calling s'avère assez limitée d'autant que la difficulté n'est pas bien grande. Cependant, on pourra tabler sur une longévité de 7 à 8 heures, ce qui représente la durée moyenne d'un survival-horror.
- Bande son14/20
Par pudeur, nous éviterons de nous étendre sur le doublage français en tout point catastrophique. Pas bien grave puisqu'on peut également profiter de doublages japonais et de sous-titres dans la langue de Molière. La partie musicale empruntant également à pas mal de classiques, l'Exorciste en tête, on rentre vite dans l'ambiance d'autant que les silences sont souvent mis à profit pour faire naître l'effroi.
- Scénario12/20
S'inspirant de quantités de films japonais (Kaïro, Ju-On, Ring...) et divers jeux, Calling a forcément des airs de déjà-vu. Pourtant, il sera hypocrite de dire qu'on ne sursaute pas en y jouant ce qui est finalement le but premier du titre. De ce fait, si le synopsis se montre peu ambitieux, on se plaît à suivre cette histoire de revenants, de collectionneurs de poupées maléfiques et d'entre-deux mondes d'autant que la mise en scène touche au but malgré un classicisme certain.
Moins abouti techniquement que l'inédit (dans nos contrées) Project Zero : Mask of the Lunar Eclipse et ne parvenant pas à atteindre le degré psychologique de Silent Hill : Shattered Memories, Calling sort toutefois son épingle du jeu. En effet, bien que le scénario ne fasse pas évoluer le genre, le gameplay profite de bonnes idées sans parler de la mise en scène classique dans son interprétation de l'horreur mais distillant savamment apparitions et autres bruitages d'ambiance. En somme, malgré ses carences graphiques et quelques lourdeurs lors des combats, le titre d'Hudson pourrait bien trouver son public grâce à son atmosphère angoissante et son petit prix de vente.