Alors que certains jeux offrent une rejouabilité quasi inexistante en dépit de la bonne volonté des développeurs de l'encourager au moyen d'ajouts bienvenus comme superflus, d'autres, de par leur seule qualité, se finissent encore et encore sans aucune lassitude. C'est le cas de Skyblazer, véritable perle éditée par Sony en 1994 et chef-d'œuvre d'action plates-formes au même titre que Megaman X, Donkey Kong Country ou encore Demon's Crest dont il est assez proche.

L'histoire est simple mais efficace : autrefois vaincu par le sorcier Skylord, Ashura, le général en chef de l'armée du mal, est libéré par une entité supérieure : Raglan, le seigneur suprême de la destruction. Celui-ci compte vaincre les forces du bien une bonne fois pour toutes et se venger de Skylord en s'en prenant à son descendant : Sky. Notre jeune héros commence donc sa quête de sauvetage du Monde, seul, dans un royaume désormais hostile et envahi par monstres, démons et autres créatures exotiques soumises au mal. Dès le niveau d'introduction, les combats sont nombreux et les réflexes mis à contribution. Au bout de cette première épreuve nous attend Ashura en personne qui sous nos yeux, enlève la jeune magicienne gardienne du panthéon mystique dans le but de la sacrifier, et ainsi, augmenter le pouvoir de Raglan.
La principale originalité du soft est d'offrir au joueur plusieurs types de scènes redoutablement efficaces. Skyblazer propose des phases de plates-formes ainsi que des niveaux inspirés des shoot'em up et dans lesquels Sky, équipé d'ailes et ne pouvant attaquer que par des boules d'énergie, sera assailli par une horde d'ennemis, le tout dans un niveau à scrolling sanctionnant toute progression hasardeuse par une mort certaine. D'autres séquences de vol, cette fois à scrolling frontal (grâce au fameux mode 7) parsèment aussi la progression mais celles-ci se rapprochent plus d'une course d'obstacles.



- Graphismes17/20
Sans conteste l'un des jeux les plus aboutis de la Super Nintendo. Le petit bijou d'Ukiyotei ne cesse de flatter la rétine. La pluie est torrentielle, les nuages noirs sont nombreux, les temples habillés de nombreuses statues et autres piliers, et les forêts n'ont jamais paru aussi denses sur 16 bits. La technique du scrolling parallaxe est présente à tous les niveaux et renforce le sentiment de profondeur. Le jeu se permet régulièrement de petits effets aléatoires comme la tombée de la foudre sur le décor ou bien des tornades se formant çà et là. Enfin, les phases de jeu faisant appel au mode 7 sont assez impressionnantes. Une vraie réussite.
- Jouabilité16/20
Le personnage principal se prend instinctivement en main. Le gameplay est rapide, fluide, on ne peste jamais contre la maniabilité et la grande facilité du jeu rend les choses encore plus agréables. La magie s'utilise aussi très facilement. Seul point négatif : les phases de vol en mode 7 qui, elles, sont bien plus hasardeuses, la faute à un Sky ultra sensible, répondant trop rapidement et dans des proportions exagérées. Cependant, ces séquences sont rares et le jeu laisse donc un goût agréable question prise en main et progression.
- Durée de vie12/20
Bien que les niveaux soient nombreux, ceux ci se traversent plutôt vite et rien ne peut vraiment entraver votre progression. Les boss se laisseront apprivoiser dès le premier affrontement, quant aux phases de plates-formes, celles-ci ne seront jamais punitives en raison de la capacité du personnage à s'accrocher à tout ce qui est solide. En clair, le jeu, malgré la présence de passwords, peut se finir d'une traite et sans transpirer. Comptez deux ou trois heures pour en voir le bout.
- Bande son19/20
La bande originale de Skyblazer fait partie de ces perles qui s'écoutent avec plaisir même hors contexte, dans son Walkman. En plus de leur qualité naturelle, les musiques sont en symbiose avec l'identité graphique des niveaux parcourus. Invitations au voyage et au rêve, chaque morceau nous enchantera par ses notes glacées, aquatiques, brûlantes ou célestes. Une perfection qui tutoiera sans peine des chefs-d'oeuvre sonores comme Megaman X ou Final Fantasy VI.
- Scénario14/20
Les forces du mal autrefois vaincues, reviennent plus puissantes que par le passé, et un héros se lance dans une quête pour mettre un terme à leurs ambitions, avec une princesse à sauver à la clé. Si ce scénario semble vu et revu, la manière dont il est narré dans Skyblazer est très efficace. Le niveau d'introduction s'achève par un combat contre Ashura que vous êtes obligé de perdre. Les phases de dialogues sont nombreuses et les personnages, charismatiques. La progression n'est jamais ennuyeuse et le donjon final nous offre une conclusion épique digne des plus grands jeux du genre.
Toujours aussi agréable à l'œil, à l'oreille et en main grâce à ses graphismes somptueux, ses musiques enchanteresses et sa jouabilité extrêmement fluide, Skyblazer fait partie de ces titres qui ont très bien vieilli et qui offrent un plaisir de jeu aussi intact qu'à l'époque de sa sortie. Nonobstant les quelques défauts de gameplay lors des phases en 3D et un niveau de difficulté n'offrant aucun challenge, le soft d'Ukiyotei se montre prenant de bout en bout, techniquement plus qu'abouti et jamais répétitif malgré le genre. Il vous assurera une partie de jeu vidéo bien sympathique, mais surtout, une merveilleuse aventure. A posséder d'urgence !