Bien avant de s’intéresser à l’archéologie en compagnie d'une pilleuse de tombes aux attributs mammaires surdimensionnés (Tomb Raider, donc), Core Design éditait un jeu empreint de mythologie scandinave, un RPG/action original, développé par The 8th day. Voici donc le geste de Heimdall, l’impavide et musculeux héros nordique, en quête d’artefacts divins…

L'âge de Ragnarok pointe le bout de son chaos. Pour rééquilibrer les forces, Loki dérobe les armes des Dieux : le marteau de Thor, la lance de Frey, l'épée d'Odin. Il cache ces armes dans trois mondes, Midgard (monde des hommes), Utgard (monde des géants) et Asgard (demeure des Dieux). Ne pouvant marcher sur Terre durant l'âge de Ragnarok, les Dieux décident de créer un héros, Heimdall, afin de récupérer les armes divines. Après une jolie introduction, accompagnée d'une musique qui fleure bon la moustache blonde, Heimdall propose de jouer à trois mini-épreuves. En effet, au lieu de répartir un certain nombre de points pour définir les caractéristiques du héros (comme dans n'importe quel jeu de rôle), Heimdall offre un système plus original. Les capacités du héros seront déterminées par la réussite - ou l'échec - à trois épreuves : le lancer de haches, la chasse au cochon sauvage et le combat à l'épée. Le premier mini-jeu reste le plus amusant. Heimdall, rond comme une queue de pelle, doit trancher les tresses d'une serveuse slave attachée. L'ébriété du héros fait tressauter votre curseur, ce qui ne rend pas la tâche aisée.


La grande majorité des sorts présente donc peu d'intérêt, et peut se vendre au marchand (un par carte) sans beaucoup de scrupules. Seuls importent les sorts de guérison, détection de portes, détection et désamorçage de pièges… Sans oublier certains sorts nécessaires à la progression du jeu, à ne surtout pas vendre : révélation, téléportation, désenchantement, eau et miniaturisation. Si l'on vend ces objets par erreur, on peut les retrouver dans leur coffre d'origine, ce qui permet de ne pas rester bloqué à jamais.


- Graphismes14/20
Les graphismes, en 2D isométrique, s’avèrent des plus agréables. Colorés et arrondis, le style BD adoucit quelque peu l’aride thème mythologique, qui promettait d’être riche en violence sanglante. Encore aujourd’hui, ces environnements et ces personnages stylisés, façon Astérix chez les Normands sauront séduire les joueurs.
- Jouabilité12/20
Passé les trois mini-épreuves, à la jouabilité douteuse sur PC, le jeu de The 8th day se prend en main sans aucune difficulté. Tout peut se contrôler à la souris, le clic droit servant à accéder à l’inventaire des personnages. Il reste néanmoins plus pratique de diriger notre demi-dieu avec les flèches du clavier. On regrettera que bon nombre d’options se révèlent parfaitement anecdotiques à l’usage, appauvrissant d’autant le gameplay.
- Durée de vie13/20
Les îles sont nombreuses, mais pas forcément bien remplies. Elles se résument souvent à un donjon de longueur variable. La durée de vie dépendra de vos capacités à résoudre les petites énigmes et à éviter les pièges mortels.
- Bande son8/20
De toute évidence, le budget du jeu n’a pas été investi dans la bande-son ! A part la musique d’introduction et celle de game over, aucune mélodie ne viendra adoucir votre voyage héroïque. Les bruitages sont tout aussi minimalistes, se limitant au bruit de vos pas. Le Ragnarok menace en silence.
- Scénario15/20
Le scénario en lui-même n’est guère développé : il s’agit de trouver les armes des dieux. Mais l’ambiance mythologique se trouve fort bien représentée, avec quelques séquences vraiment soignées, notamment celles permettant la découverte de chacune des armes divines.
Malgré un thème original, Heimdall déçoit par un gameplay mal maîtrisé qui se dégonfle assez vite. Il n’en reste pas moins un jeu à l’esthétique agréable et à l’ambiance prégnante, qui donne parfois envie de boire une petite bière dans le crâne de ses ennemis, en surfant sur le bifrost brûlant.