De toutes les productions GBA, la console de la petite soeur par excellence, celles sur l'équitation tiennent un rôle plus important qu'il n'y paraît. Ponts entre ce jeune public féminin et le jeu vidéo, elles doivent avant tout satisfaire un aspect pédagogique sans négliger le divertissement. Alexandra Ledermann, qui en est à son deuxième coup d'essai sur GBA, a-t-elle trouvé l'équilibre ?

Après son arrivée loufoque sur la vénérable portable de Nintendo sous forme de jeu de gestion économique, la médaillé de bronze à Atlanta accole son nom à un titre bien plus classique. Plus simple et plus sincère aussi, aurait-on envie de dire. Le scénario n'est pas le condensé de superficialité aperçu sur la version DS : ici, la donzelle de pixels est une vacancière lambda qui accepte de s'occuper du cheval d'une amie partie pour quelques temps. Les parents de la miss sont malheureusement opposés à cette idée : c'est trop facile, ça, ma fille, et qui c'est qui va payer ? Une solution se présente cependant : confier le bourrin à un club qui le logera et le nourrira à condition que vous vous chargiez de la gestion et de l'entretien du canasson. Et vous pourrez même l'emmener sur les chemins du dressage et de la compétition de sauts. Ce pitch, si il n'a rien de très original, est un reflet beaucoup plus pertinent du public susceptible d'acheter le titre.


- Graphismes11/20
C'est le tout commun de trois quarts des productions GBA. Une vue de dessus, de la 2D assez granuleuse mais plutôt lisible et des animations pas très décomposées mais tout à fait regardables. Du moyen-bon donc, la série Alexandra Ledermann a toujours eu le bon goût de savoir représenter visuellement l'équidé.
- Jouabilité11/20
Les développeurs commencent doucement à revenir sur les ancestraux défauts si spécifiques à la série. Le jeu est moins mou que d'habitude, on s'attarde moins sur le si désuet aspect entretien du cheval, et l'exercice de dressage montre quelques signes de technicité intéressants, derrière un manque d'explications et de repères regrettable. Le reste du contenu est très classique et plus ou moins bien présenté.
- Durée de vie6/20
Ce n'est pas bien long et assez répétitif évidemment. Typiquement le genre de jeu qui s'accommode avant tout d'une utilisation parcimonique, par petites doses quotidiennes. Un joueur normal dévoile l'ensemble en deux heures grand maximum, une ingénue y mettra au moins le double.
- Bande son2/20
Des nappes sonores abrutissantes viennent composer un générique de série télé estivale bien gluant. Coupez donc ça et mettez plûtot l'OST de l'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, tiens...
- Scénario12/20
Plutôt que de véhiculer la folie des grandeurs ridicule du premier épisode GBA ou du dernier sur DS, les Aventures Au Galop choisit la simplicité et une histoire mignonne, un peu vaine certes, mais qui est bien plus proche des aspirations naturelles d'une jeune apprentie en équitation. Pour rester dans l'écriture, sachez que le manuel, affreusement succinct, se permet aussi d'être non-traduit de l'Allemand à quelques endroits.
Si on ne peut toujours pas placer le mot "plaisir" à côté d'Alexandra Ledermann sans se mordre légèrement la lèvre ou croiser ses doigts dans son dos, il faut reconnaître qu'au moins, cette itération ne génère pas l'ennui total, voire l'animosité. Déjà, on ne nous prend plus pour la dernière des pourries gâtées au milieu d'un rêve de petite princesse. C'est déjà pas mal. De bonnes idées, comme les séquences de dressage, viennent relever un peu le niveau de cette série pourtant toujours atteinte par le manque de contenu, de dynamisme et de finition.