Sobre et énigmatique, la pochette de Tokobot ne donne aucun indice sur la tonalité du soft, parvenant même à créer de fausses pistes étranges. Alors que l'on pense diriger un petit robot dans une aventure spatiale illuminée de phasers et autres pistolets à tri salves ioniques, la réalité du terrain nous saute au visage avec une vivacité impressionnante. Sorte de croisement entre Pikmin et un Chaos Legion naïf tendance années 60, Tokobot semble sortir tout droit du cerveau torturé de notre cher Miyamoto, désormais Chevalier des Arts et Lettres. Pourtant cet univers est issu des locaux de Tecmo, père entre autres de Dead Or Alive. Comme quoi, tout arrive !

Robots construits avec le savoir millénaire d'une civilisation disparue, les Tokobots sont des machines bien mystérieuses, attachantes et surprenantes. Réagissant à la manière de fidèles sous-fifres, prêts à tout pour contenter leur maître, ces androïdes aux couleurs chaudes vont rapidement devenir des compagnons de route indispensables par le biais de leurs capacités de métamorphose. Effectivement, une fois réunis en groupe et dans de bonnes conditions, ces derniers possèdent le pouvoir de s'associer dans le but de matérialiser un instrument particulier. Si cette fonction paraît assez négligeable au début de l'aventure, elle s'inscrit ensuite bien plus profondément dans le gameplay, faisant appel à la diversité des transformations au gré des énigmes rencontrées. Du coup, le titre opère lui aussi une mutation pour éclore en tant que fier représentant du genre action-réflexion. Un mélange qui a souvent du mal à totalement se développer, mais qui prend ici une dimension des plus intéressantes. Il est réellement passionnant de progresser dans une complète osmose avec son armée qui ne paye pourtant pas de mine. Chaque obstacle est alors l'occasion de lancer une réflexion sur la manière de l'appréhender. Si dans la majeure partie des cas, vous serez assez guidé dans votre manière de procéder, il vous faudra quelques fois faire marcher votre cerveau pour associer divers mouvements et dénicher précisément les interactions à mettre en place. Plus basé sur la recherche que sur le titillement de méninges à proprement parler, Tokobot n'en est pas moins un titre qui demande de prendre du recul.


- Graphismes14/20
Possédant des environnements relativement détaillés et une approche artistique innovante et attachante, Tokobot propose tout de même une modélisation assez simpliste, suivie d'une gestion de la caméra lacunaire. En revanche, les divers artworks font preuve d'une finesse notable, et le chara design s'avère vraiment convaincant. Pour ne rien gâcher, les Tokobots sont sincèrement "kawai".
- Jouabilité14/20
Si le principe de base est exempt de tout reproche, son arrivée sur le champ de bataille laisse quelques doutes en suspens. En effet, les problèmes de caméra, la mollesse des déplacements et le manque d'évolution sur le long terme nuisent au plaisir de jeu. Malgré tout, on se prend rapidement à ce système innovant et si vous appréciez Lemmings ou Pikmin, il vous sera facile de vous plonger dans cette ambiance particulière.
- Durée de vie14/20
Visiblement assez court, le titre de Tecmo vous occupera quelques heures, mais ne possède pas la durée de vie assez étonnante d'un bon vieux Pikmin. Néanmoins, malgré sa limitation à long terme, Tokobot vous donnera tout de même quelques bons moments de plaisirs mécaniques.
- Bande son12/20
Avec des mélodies assez jolies mais trop fades pour que l'on y trouve une aide à l'immersion, Tokobot préfère se focaliser sur les effets sonores assez amusants et collant bien à l'ambiance enfantine du titre. Néanmoins, il est dommage que ces derniers manquent un peu de puissance.
- Scénario/
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Certes non exempt de défauts, brassant des problèmes de caméra, des soucis de rythme et un certain côté poussif, Tokobot parvient tout de même à susciter du plaisir grâce à son système de jeu étonnant et immersif. Placé dans une ambiance enfantine agréable et exposant des personnages attachants, le soft de Tecmo conviendra sans doute aux amateurs de Pikmin, mais ils devront penser à bien espacer leurs parties.