Une grosse dose d'humour noir et une couche de satire suffisent-elles à maintenir un shooter à la troisième personne à flots ? Difficilement en vérité, comme le démontre Raze's Hell, titre de Majesco qui met à mal le culte des Bisounours.

Il était une fois les Kewletts, des êtres évoquant vaguement un croisement entre les Bisounours et les Télétubbies, mignons, parlant d'une voix haut perchée et vivant dans un bonheur à rendre jaloux les Schtroumpfs au sein de leur royaume magique empli de richesses. Voilà qu'un jour, ces adorables petites créatures décident d'apporter joie et bonheur en exportant leur mode de vie au monde extérieur si triste et désolé, ne pouvant goûter à la joie d'un système parfait. Voilà comment les Kewletts partirent en guerre contre le monde. Toutes ressemblances avec une certaine guerre dans un certain Moyen-Orient serait bien évidemment volontaire, et pour ceux qui en douteraient encore, il suffit de regarder le JT des cinématiques, largement inspiré de Fox News, où l'on pourra suivre les évolutions de l'opération Fresh Hope. Je pense que le doute n'est désormais plus de rigueur. Cette satire acidulée ne va pourtant pas très loin et cède rapidement la place au simple aspect décalé qui résulte du spectacle de ces adorables créatures armées jusqu'aux dents, utilisant des véhicules militaires ornés de petits coeurs roses. Ceci dit, on notera quelques autres références plus ou moins discrètes à l'histoire militaire des USA, notamment en découvrant ce scientifique Kewlett au fort accent allemand qui ne manquera pas de faire penser à un ex-Nazi. Quant au nom du bonhomme, sachez qu'il se nomme docteur Mingele. Je veux bien croire que cela ne fera pas rire tout le monde. Remplacez le I par un E et demandez à votre ami Google.


On ne devra pas pour autant négliger l'importance du combat rapproché, car mettre en charpie (au sens propre) vos ennemis aura une utilité indispensable : faire remonter votre niveau de vie en aspirant leurs restes encore chauds. Oui, c'est en effet tout à fait dégouttant, mais vous n'avez jamais mangé de Kewletts, ce n'est pas forcément pire que du croupion de lapin.


- Graphismes12/20
Partant d'un frame-rate déjà bien bas, le jeu est souvent secoué de vilaines saccades en sus de n'afficher que des décors trop épurés et manquant de soin.
- Jouabilité10/20
Un gameplay très pauvre et sans aucune finesse qui souffre en plus d'un mauvais équilibre avec des ennemis endurants comme des rocs et un héros nettement plus fragile. Raze's Hell s'avère trop pauvre pour tenir la distance.
- Durée de vie12/20
Comptez environ 10 à 12 heures pour venir à bout du jeu, en dépit d'un niveau de difficulté parfois élevé, limite frustrant. Le mode multijoueur présente peu d'intérêt.
- Bande son12/20
On trouve quelques dialogues très bien vus qui sonnent de façon admirable dans la bouche de personnages à la voix gentillette mais il est intolérable de constater que la V.F. n'a même pas été menée à bout. Les musiques n'ont rien de mémorable mais se laissent entendre.
- Scénario11/20
S'il propose une univers décalé et parodique, le scénario de Raze's Hell est trop mal exposé pour qu'on s'y retrouve, les événements se produisant sans être correctement mis en lumière.
Aïe, alors qu'il était dans ma liste de chouchou et potentiellement une bonne surprise, Raze's Hell échoue près de la ligne d'arrivée. Son aspect satirique ne va pas assez loin, même si son simple humour parvient à arracher quelques sourires (stand tall, stand proud, look cute !) mais il est encore plus dommageable que le gameplay soit si creux et frustrant par son incompréhensible frénésie. Un bon client pour le marché de l'occasion.