Dans l'attente d'une actualité plus mouvementée en matière de RPG, pourquoi ne pas faire un saut du côté de l'import pour se défouler sur des titres qui ne verront peut-être jamais le jour en Europe ? Combinaison étonnante de deux genres quasiment opposés, à savoir le RPG tactique et le jeu de combat, Namco X Capcom est un soft jubilatoire qui, à défaut d'être subtil, demeure un excellent exutoire.
Il fallait bien un développeur audacieux comme Namco pour oser proposer à Capcom une alliance destinée à produire un titre aussi insolite. Présenté avant tout comme un jeu de rôle tactique, Namco X Capcom (prononcer Namco "cross" Capcom) se déroule au tour par tour de manière traditionnelle, à cela près que la résolution des combats prend une importance bien plus prononcée que dans les autres softs du genre. Concrètement, lorsque deux unités adverses entrent en conflit, la vue plongeante laisse la place à une vue latérale où les belligérants se battent à la manière d'un jeu de baston. Une idée qui, en plus d'être réellement novatrice, apporte un côté jouissif aux parties et convient parfaitement à ce titre faisant intervenir un grand nombre de personnages connus pour leurs prouesses martiales.
Ces deux héros inédits sont les personnages centraux de l'histoire.
L'un des points les plus attractifs du jeu réside bien sûr dans le fameux cross-over qu'il propose entre les héros issus des titres Namco et ceux provenant de chez Capcom. Certes, tous ces personnages ne jouissent pas de la même popularité en occident qu'au Japon, mais force est de constater que leur charisme fait que l'on s'attache à eux malgré tout. En dresser la liste complète serait beaucoup trop long ici, mais sachez que l'on retrouve un certain nombre de protagonistes issus de Street Fighter, Xenosaga, Ghouls'n Ghosts, Tales of Destiny, Dino Crisis, Resident Evil Dead Aim, Tekken, Klonoa, Project Justice, Soul Calibur, Darkstalkers, Strider ou encore Megaman. Les voir combattre côte à côte est un pur régal, même si l'on aurait apprécié que le scénario ménage davantage de duels entre eux. Le nombre de persos jouables étant juste hallucinant, ils forment généralement des duos que l'on contrôle comme des unités simples. Près de quarante duos sont ainsi constitués au final pour donner le staff de personnages le plus prestigieux que l'on ait vu dans un jeu vidéo.
Un bon timing permet de réaliser des coups critiques.
On peut se dire à juste titre que l'élaboration de l'histoire de Namco X Capcom a dû être un vrai casse-tête pour que les scénaristes trouvent le moyen de faire intervenir des personnages issus de séries aussi diverses sans générer le chaos. Pour être honnête, le titre ne brille pas vraiment par cet aspect-là, et même si les dialogues sont nombreux, on reste un peu sceptique devant l'histoire finalement développée. Afin de ne pas faire de jaloux, celle-ci tourne d'ailleurs autour de deux héros inédits, Shaomu et Leiji, qui devront faire face à leur Némésis incarnée par une femme dont la puissance traduit bien la cruauté. Bien sûr, les premiers chapitres sont l'occasion de rencontrer les différents héros emblématiques des deux marques, et de les intégrer à son équipe. Mais s'il est possible de choisir les membres de son groupe lors de certaines missions, celles où les unités sont imposées sont majoritaires.
Kurino Sandora, la classe incarnée !
Il est vrai que l'aspect tactique du soft constitue sans aucun doute son plus gros point faible. Les développeurs semblent avoir voulu simplifier le système de jeu à l'extrême pour ne pas rebuter les néophytes en la matière, mais le résultat obtenu décevra certainement les aficionados par son manque de subtilité. Non seulement les possibilités offertes sont limitées mais c'est surtout l'absence de challenge global qui rend le jeu trop facile et qui nuit à son intérêt. Pour être clair, aucune mission ne vous demandera de vous creuser la tête pour élaborer une bonne stratégie, la meilleure méthode étant presque toujours de foncer dans le tas en groupant ses unités pour qu'elles puissent s'aider en cas de besoin. A quelques rares exceptions près, les objectifs de missions vous demanderont d'éliminer tous vos ennemis en veillant à ce que tel héros survive. Dans ces conditions, le joueur s'efforce de faire durer le plaisir en s'arrangeant pour que tous les membres de son équipe engrangent un maximum d'expérience. Car c'est bel et bien le niveau des unités qui fait toute la différence en combat, et qui permet en parallèle de développer la palette de coups de ses personnages.
Un exemple de "Multiple Assault" avec l'équipe de Tales of Destiny...
Lors des affrontements, les techniques ainsi acquises sont à enchaîner avec un certain timing de manière à infliger un maximum de dégâts. Ainsi, même si l'on ne peut pas déplacer son personnage à l'écran, il faut choisir quel coup utiliser et déterminer le moment précis où il convient de le déclencher. Il faut donc apprendre à bien anticiper les mouvements de ses unités, chaque technique faisant bien entendu référence à celles utilisées par les personnages dans leurs séries respectives. Assez limités en début de jeu, les combats s'étoffent réellement au fil de l'aventure, à mesure que vos palettes de coups s'enrichissent. Lors des phases d'attaques, vous devez non seulement veiller à respecter un bon timing pour placer des coups critiques, mais vous devez aussi choisir l'ordre de vos coups avec soin pour tenter de récupérer des bonus qui se traduisent par un gain de HP ou de MP. Ces derniers sont indispensables pour déclencher des skills des personnages, mais aussi pour placer des attaques combinées appelées Multiple Assault. Très utile, cette technique vous permet de vous mettre à plusieurs pour affronter une ou plusieurs cibles, à condition que vos personnages soient suffisamment proches les uns des autres. Tout ceci se traduit à l'écran par un déluge d'artworks superbes se soldant par des furies dévastatrices. C'est en quelque sorte une version "deluxe" des techniques spéciales individuelles qui se déclenchent dès que la jauge est à son maximum.
... ou comment frapper trois adversaires à la fois.
Cette jauge renferme d'ailleurs l'une des rares subtilités du gameplay puisque vous pouvez vous en servir de diverses manières selon ce que vous voulez accomplir. Vider entièrement sa jauge d'action pour déclencher une furie est intéressant, mais il est parfois préférable d'en conserver une partie pour pouvoir esquiver ou contre-attaquer lorsque vous êtes pris pour cible. Dans le cas contraire, vous serez obligé de parer l'assaut en passant par une phase de combat défensif, où vous devrez entrer les commandes indiquées avec un bon timing pour limiter les dégâts et gagner des tours d'action. On peut se dire que les concepteurs du jeu auraient pu trouver mieux à ce niveau-là, car il faut vraiment le vouloir pour se tromper. D'un point de vue tactique, garder ses unités groupées aura également pour avantage de faire en sorte qu'elles se protègent mutuellement. Ainsi, si un personnage pris pour cible est en mauvaise posture, un combattant adjacent pourra le protéger et venir parer les coups à sa place. Enfin, une unité ayant subi trop de dégâts restera assommée un certain nombre de tours, ce qui est plus ou moins utile lorsque vous affrontez un boss.
Le côté T-RPG est sobre et assez simpliste.
Des boss, il y en a d'ailleurs à foison dans Namco X Capcom, à l'instar de M. Bison, Red Arrimer ou des Doppelgangers. De la même façon, entre les reptiles de Dino Crisis, les jouets échappés de Klonoa et les spectres de Ghouls'n Ghosts, ce ne sont pas les ennemis qui manquent. Les créateurs ont d'ailleurs pris un malin plaisir à nous envoyer plusieurs vagues d'ennemis successives par chapitre, avec des boss qui surviennent de façon récurrente. Après une vingtaine de chapitres, on peut être un petit peu agacé par cette redondance et par la longueur exagérée des missions dépassant facilement les deux heures en moyenne. La faute aux affrontements qui prolongent énormément les batailles, là où ceux-ci sont généralement instantanés dans les autres T-RPG. D'un autre côté, la durée de vie y gagne beaucoup puisqu'il faut bien compter 90 heures pour terminer les 45 missions que comporte le jeu. Difficile de ne pas paniquer lorsqu'on se rend compte que l'on n'a pas fait la moitié du jeu après 40 heures passées dessus, et qu'il apparaît évident que le gameplay ne se renouvellera pas. Reste, malgré tout, ce côté jouissif qui nous pousse à continuer, et qui finit par devenir une partie de nous-même dont on répugne à se séparer lorsqu'on approche des dernières missions. Voilà pourquoi Namco X Capcom reste un jeu marquant et attachant en dépit de sa simplicité. Les musiques qui reprennent les thèmes de chacun des héros intervenants sont un plus indéniable, tout comme le doublage qui conserve les voix des protagonistes originaux pour les séries les plus récentes. Très accessible même pour les non japonisants, le soft vaut véritablement le coup en import dans la mesure où une sortie européenne est peu envisageable.
PS2
Monolith Soft
Namco
RPG
Action
Jouable en solo
Commentaires
Tous les commentaires (2)
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Seraphim08
MP
Niveau 7
le 22 juin 2009 à 22:47
c'est clair.... Ça sert a quoi de faire des aperçus pour des jeux qui ne sortiront pas chez nous ?