Déjà (oui ça commence violemment) est-ce que l'on peut me dire ce que les jeunes filles de Bratz ont à voir avec le rock ? Devant le silence coupable de l'assemblée j'en déduis donc que la réponse se situe entre un "euh.." dubitatif et un "rien" bien plus juste. C'est quand même surprenant cette manie d'utiliser des termes dont on ne connaît pas la moindre signification juste pour donner une image, fausse d'ailleurs, à un jeu de seconde zone. D'autant que les valeureuses idiotes du titre de THQ se rapprochent plus d'un trip régressif à la Lorie que des Doors. M'enfin, moi, ce que j'en dis... "People are strange when you're a stranger".

Si l'on s'en tient à ce qui est véhiculé dans Bratz on aboutit à la conclusion qu'une jeune fille mineure se doit de s'habiller à l'aide de jupes courtes et de débardeurs très (trop) ouverts, de se maquiller à grands coups de peinture lazurée et surtout de se comporter comme l'archétype de l'imbécile heureuse. Un vision dérangeante qui ne semble pas gêner l'éditeur qui ne prend même pas garde au contenu de son soft visiblement. En effet, après Barbie et le stéréotype de la femme-objet faisant de la cuisine son antre, voici Bratz qui transforme les jeunes filles en des sculptures de cire sur pattes à peine capables de lire un prospectus de la Foire Fouille. Un constat terrifiant qui ne cesse de trotter dans l'esprit au fur et à mesure que le jeu se dévoile. Sorte de publicité géante pour l'asservissement à la consommation maladive, ce dernier se place dans le créneau du jeu d'aventure brut. Vous mettant aux commandes d'une jeune stagiaire souhaitant travailler dans un magazine de mode aussi glacé que le visage de sa fondatrice. Bien entendu, son rêve n'arrivera pas à sa conclusion et notre amie en jupe gothique se verra renvoyée dans la journée. Un parcours désastreux donc, qui trouve heureusement un dénouement plein d'espoir, lorsque les trois amies de Jade décident de monter toutes ensemble leur propre publication "branchée" et destinée à leurs semblables. Outre l'horreur de rendre possible de telles infamies, le soft de THQ recèle également de détails ne laissant aucun doute quant à une plongée dans la futilité la plus totale. Effectivement, il vous est possible d'aller faire du shopping ! Génial ! Car rien ne vaut la dépense de centaines d'euros dès que l'on peut pas surmonter un problème. Ca c'est une philosophie de vie !


- Graphismes10/20
Relativement correct pour de la GBA l'aspect graphique reste fidèle à l'esprit du dessin animé et rend bien compte du monde rose bonbon où vivent les Bratz. Néanmoins, l'animation extrêmement limitée ainsi que la réalisation assez moyenne des mini-jeux ne poussent pas à crier au génie, loin de là. A noter tout de même que les environnements restent diversifiés.
- Jouabilité9/20
Même si l'on ne remarque pas de soucis particuliers lors des déplacements classiques, mis à part l'obligation de se trouver pile en face d'une porte (au millimètre près) pour avoir la chance de l'ouvrir, il est tout autrement durant les mini-jeux. De la "conduite" d'un skate aussi manoeuvrable qu'un 33 tonnes lancés sur du verglas jusqu'à une sorte de remake raté du célèbre Serpent sévissant sur mobiles aucun ne parvient vraiment à convaincre. Dommage, car leur implémentation restait bien pensée.
- Durée de vie8/20
Certes il vous faudra un certain temps pour débloquer les divers mini-jeux, mais le titre en lui-même ne semble pas afficher une durée de vie phénoménale, c'est le moins que l'on puisse dire. Après une vision rapide des missions présentes et du chemin déjà parcouru, il est évident qu'un petit nombre d'après-midi suffiront à venir à bout de Bratz. Sans y revenir.
- Bande son5/20
Brassant de rares thèmes jusqu'à l'épuisement, Bratz rend presque fou tant on a l'impression de se trouver dans une faille temporelle, prisonnier de compositions sans imagination. Les bruitages quant à eux se font particulièrement discrets, tant et si bien qu'on les oublie.
- Scénario4/20
Complètement inconséquent, le scénario semble ici être un simple alibi justifiant l'arrivée des Bratz. Un constat bien triste qui ne peut d'aucune manière se relever sous les coups de butoir des dialogues pitoyables du jeu. Enfin, les idées véhiculées par le jeu aboutissent à une sorte d'ébahissement tant elles font passer les jeunes filles pour des idiotes.
Tutoyant la vacuité avec panache, Bratz prouve une nouvelle fois que les adaptations de séries animées se font souvent avec douleur, surtout quand la licence est particulièrement juteuse. Limité, sans âme et dénué de tout plaisir ludique, le soft de THQ ne peut que se targuer de posséder une réalisation correcte. C'est bien triste. Les anges du rock se transforment en démons de la soupe.