Que feriez-vous si vous étiez perdu sur une île déserte, n'ayant comme repère qu'une incertitude quotidienne ? Nombre d'entre vous ont dû se poser cette question au moins une fois, en tirant des conclusions plus ou moins pessimistes. Certains essaieraient de construire un radeau directement, sans penser aux courants contraires ni aux marées, d'autres tenteraient tout d'abord de se créer un abri de fortune, et les derniers commenceraient par la recherche de nourriture et d'eau potable. Mais un grand nombre paniquerait sûrement au bout de quelques heures, minés par la solitude et le désespoir. C'est cet état qu'il faut à tout prix éviter dans le cas de Keith, jeune naufragé à l'avenir incertain.

Il y a de cela quelques années, un titre plus qu'atypique était parvenu jusqu'à nous auréolé d'un silence réservé aux productions de petites envergures. Nommé SOS : The Final Escape et développé par Irem, ce soft vous plaçait au creux d'un tremblement de terre et tentait de susciter en vous les réflexes ataviques de l'animal pris au piège. Tentant autant que faire se peut de quitter cette zone à la dangerosité indiscutable, vous deviez tout d'abord survivre, mais également porter assistance aux personnes présentes, tout en vous faisant accompagner d'une jeune fille. Doté d'un gameplay assez simple et d'une originalité probante, ce soft manquait toutefois d'envergure et s'avérait au final bien trop linéaire et limité. Néanmoins, charmé par cette débauche rafraîchissante d'idées neuves, on ne pouvait qu'attendre impatiemment le pendant insulaire du jeu d'Irem, à savoir Lost In Blue. En effet, laissé à lui-même sur une île déserte à la suite d'un naufrage, Keith, élève type de terminale, va donc devenir l'archétype de l'être humain en situation de détresse, faisant appel à la nature pour sa subsistance. Après des premiers pas relativement déstabilisants, ce qui se comprend plutôt bien, le jeune homme va vite saisir l'importance d'une observation minutieuse de ses besoins principaux. Effectivement, la seule solution à la continuation d'une vie paisible entourée de télévisions, d'immeubles et de téléphones portables reste la stricte limitation des dépenses énergétiques. A vous de surveiller attentivement non seulement vos besoins de nourriture et d'eau, mais aussi votre force physique, déclinant petit à petit, à chaque effort fourni. Pour ce faire, trois manières évidentes de procéder sont à votre disposition, à savoir boire, manger et dormir. Le rêve de tout être humain au fond. Néanmoins, loin d'être oisif, il vous incombera de fouiller l'île de fond en comble dans l'espoir de découvrir un moyen de s'échapper de cette prison bleue, et surtout de réfléchir à des plans d'alimentation. Vos premiers pas se font donc sans réellement d'objectifs, vous permettant simplement d'embrasser les nombreuses et intéressantes possibilités du titre. Il est d'ailleurs à noter que celui-ci ne se dévoile réellement qu'une fois Skye rencontrée. Icône féminine de circonstance, cette lycéenne peu sûre d'elle et assez maladroite, pour ne pas dire gauche, apporte d'un côté un élément scénaristique important, changeant radicalement la notion de solitude du départ et de l'autre une évolution du gameplay. C'est en fait grâce à son arrivée que vous aurez l'opportunité de cuisiner et par extension de recouvrer vos forces plus rapidement.



- Graphismes14/20
Utilisant une 3D assez faible, Lost In Blue ressemble un tantinet à Another Code, d'une part dans la vue utilisée, et d'autre part dans le rendu global. Utilisant une représentation plaçant le point de vue en hauteur, le soft semble donner l'avantage aux décors, vous aidant à découvrir les ingrédients dont vous avez besoin, dans un flot de pixels un peu trop voyants. Malgré tout, on pénètre aisément dans ces environnements, qui plus est charmé par l'animation de qualité octroyée aux personnages principaux.
- Jouabilité15/20
Malgré les redondances de l'action, le gameplay en lui-même fait preuve d'une grande originalité et se marie on ne peut mieux avec les fonctionnalités de la DS. Le stylet, utilisé pour gratter le sol, secouer les arbres, pêcher au harpon (une phase très prenante), et bien entendu le microphone nécessaire pour reconnaître le souffle permettant d'attiser le feu, sont les deux mamelles du titre de Konami dans son souci de surprendre et d'immerger le joueur. La jouabilité, associée aux graphismes fait naître une ambiance spéciale et prenante autorisant le jeu à réussir quasiment son pari.
- Durée de vie14/20
La difficulté de partir serein à l'aventure augure de longues heures de jeu passées à s'entretenir en vue du grand voyage. De plus, si vous désirez répertorier l'ensemble des espèces végétales et animales présentes sur l'île, ou si vous voulez expérimenter différentes recettes vous passerez de longues soirées au coin du feu.
- Bande son14/20
Même si les compositions musicales ne sont pas des plus inspirées, collant néanmoins avec le propos du soft , elles restent suffisamment construites pour ne pas lasser. L'environnement sonore quant à lui, souligne agréablement l'ambiance sauvage en diffusant des petits bruits naturels très discrets mais présents. Les rares voix digitalisées passent plutôt bien, étant toutefois trop rares.
- Scénario/
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Nouvelle preuve de la volonté d'évolution du jeu vidéo portée par la DS, Lost In Blue est en quelque sorte la version paradisiaque du méconnu SOS : The Final Escape. Misant avant tout sur l'ambiance et sur la mise en place du sentiment de survie, le titre de Konami parvient également à proposer un gameplay original et bourré de bonnes idées. Malheureusement, il pèche par une certaine redondance, un principe trouvant assez vite ses limites et la présence de quelques incohérences malvenues. Néanmoins, en ces temps gris et mornes, il apparaît comme une échappatoire intéressante.