Parfois, au détour d'une boîte de jeu, il arrive que des réminiscences du passé fleurissent soudainement. Une touche de couleur, un design, une composition graphique particulière suffisent à réinsérer des émotions passées dans un subconscient qui nous avait bien vite caché ces dernières. Une émotion intense qui s'arrête souvent à ces quelques considérations internes sans même tenter de se développer au-delà. Néanmoins, c'est loin d'être le cas avec un certain Assault Suits Valken, qui derrière son patronyme connu seulement de quelques fans commençant à se faire vieux, s'avère être l'un des jeux mythiques de la Super Nintendo. Un constat facilement déduit des divers screenshots disposés au dos de la jaquette, faisant d'abord crier au plagiat, avant de comprendre que ce qui nous fait face est un remake. Mais remake ne veut pas dire meilleur.

Maintenant que ce "teasing" mené avec brio prend fin, je peux enfin vous le révéler, Valken est en fait le fort connu Cybernator. Un soft qui, mis à part la traduction risible de son titre, était en quelque sorte la référence des shoot'em up mettant en scène des mechas. En effet, à l'époque, Super Probector demeurait véritablement le seul concurrent sérieux du jeu de Konami, offrant une atmosphère post-apocalyptique troublante et une ambiance jouant habilement sur une variété graphique saisissante. C'est donc un bonheur surgissant des entrailles du passé qui se prend à tournoyer autour de nous. Pourtant, le problème avec la nostalgie, c'est qu'elle masque quelques fois des aspects un tant soit peu ombrageux, et crée de fait des surprises non intentionnelles. Pourtant, plongé dans cette excitation enfantine, on se dit naïvement que le soft va se trouver sublimé par ce passage sur la console de Sony, offrant des modes de jeu supplémentaires, une bande sonore retravaillée, bref un produit méritant sa nouvelle parution et par extension son achat quasiment compulsif. Mais rapidement la désillusion s'installe, insidieusement, brisant vos douces rêveries. Dès les premières secondes de pénétration dans cet univers de science-fiction, on remarque que quelque chose ne va pas, comme une gêne difficilement identifiable. Plongé dans la scène d'introduction, évitant, si faire se peut, les astéroïdes, les anciens réflexes reviennent avec fracas, prouvant violemment le manque de pratique récente de shoot'em up. Mais cette déception personnelle n'est qu'une broutille, car voici venir le premier niveau, le vrai, le tatoué. Et c'est à ce moment précis que l'écueil légèrement dissimulé nous chagrine.


- Graphismes8/20
Bien que la 2D soit assez fine, elle reste nettement en retrait de productions comme Stella Deus, Metal Slug ou même Phantom Brave, mettant un point d'orgue à compenser la non utilisation de la 3D par un niveau de détail indiscutablement élevé. Un très léger travail a été effectué par rapport à la version Super Nintendo, mais il n'est pas suffisant pour permettre à Valken d'acquérir de quelconques lettres de noblesses.
- Jouabilité14/20
La maniabilité en elle-même ne pose aucun problème majeur, héritière de la précision légendaire des jeux 16 bits. De plus, son côté intuitif joue nettement en sa faveur, offrant des actes de bravoure ludique immersifs. Toutefois, la limitation de l'évolution du mécha et le peu d'armes disponibles risquent de lasser férocement les habitués de Gradius et autres R-Type. Reste la difficulté ahurissante du titre, ne le destinant qu'à un public très restreint, doublée d'un manque d'alternative à la quête principale, comme un mode deux joueurs par exemple.
- Durée de vie14/20
Composé de sept chapitres, le soft peut paraître relativement court à terminer. Mais ce n'est qu'une façade. En effet, pervers et fourbe, Valken se montre soudainement d'une cruelle difficulté faisant presque jeu égale avec celle de Gradius 5. S'il ne faudra qu'une poignée de secondes pour finir le prologue, comptez au minimum une, voire deux heures d'acharnement sur le second niveau. Un calvaire qui n'est de plus jamais récompensé.
- Bande son9/20
Pauvre et relativement répétitive, la bande sonore est loin d'égaler d'une part celles des jeux de l'époque, et d'autre part celles présentes dans les shoot'em up actuels. Il aurait été intéressant de bénéficier d'un remaniement à ce niveau précis. Les effets d'explosions et de tirs quant à eux, disposent de sonorités assez sympathiques traduisant leur puissance.
- Scénario/
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Triste adaptation que celle de Cybernator, alias Assault Suits Valken. Alors que l'on s'attendait à un travail de la tenue de celui opéré sur le dernier R-Type ou sur Gradius 5, on doit se contenter d'une redite sans âme de la version Super Nintendo. Il est dommage de ne pas avoir cherché à attirer les joueurs ne connaissant pas forcément cette icône des débuts de la console de Nintendo et par extension de Konami dans l'ère des 16 bits. D'une difficulté surhumaine et détenteur d'un gameplay un peu dépassé, Valken ne plaira qu'aux nostalgiques de la SNES. Dommage. Espérons que nous aurons un jour droit à un remake totalement convaincant de ce fameux soft.