Glorifié au cinéma par le récent Même Pas Mal avec Ben Stiller, le dodgeball (ou ballon prisonnier chez nous) reste un sport encore très discret dans les jeux vidéo. La faute à qui ? A quoi ? On ne sait pas bien. Pourtant, une chose est sûre, 505 GameStreet ne va pas participer à l'essor de la discipline avec son abominable jeu, sobrement intitulé DodgeBall.

Si vous avez connu les centres aérés, ou même les colonies de vacances, vous vous souvenez certainement de la séance de torture psychologique précédant chaque partie de ballon prisonnier. Une longue et pénible introspection lourde de conséquence dans l'épanouissement personnel. "Pourquoi personne ne me prend dans son équipe ? Je sais que je ne suis pas super sportif, mais tout de même, c'est vexant de ne pas être choisi par ses propres amis. Ah voilà, il ne reste plus que deux personnes, je vais forcément être pris ce coup-ci. Hey ! Pourquoi Timmy est-il choisi avant moi alors qu'il a les deux jambes dans le plâtre ?" Non, vraiment il n'y avait rien de mieux pour se mettre en confiance... DodgeBall, le jeu de 505 GameStreet, fait heureusement l'impasse sur la terrifiante composition des équipes et nous épargne donc l'humiliation d'être laissé sur le banc de touche. A la place, il nous offre des équipes déjà toutes prêtes rassemblant plusieurs joueurs internationaux aux allures bien rigolotes. Vous allez ici assouvir votre rêve d'enfance et pouvoir prendre les commandes des équipes nationales japonaise, allemande, grecque, norvégienne, anglaise, et américaine. Trois autres équipes cachées attendent aussi les plus persévérants. Puisqu'on est entre nous, je peux vous dire qu'il s'agit des sélections chinoise, égyptienne et italienne. Chaque formation se compose d'un capitaine, aisément identifiable car plus grand que les autres (comme en vrai quoi...), et de sept équipiers, plus petits mais plus rapides. Petit détail amusant, on retrouve des personnalités historiques dans chaque équipe. Ainsi, J.S. Bach sera le capitaine de l'équipe allemande, tandis que Pythagore dirigera les grecs. Citons aussi le roi Arthur chez les anglais ou Jules César pour les italiens.

- Graphismes5/20
C'est mignon, c'est rigolo, mais c'est aussi très pauvre graphiquement. Les animations sont ultra basiques, et pas assez nombreuses pour masquer l'impression de toujours regarder le même match.
- Jouabilité4/20
Les règles sont celles du ballon prisonnier, mais la maniabilité catastrophique annihile toute sensation d'amusement qui aurait pu pointer le bout de son nez. Pour tenter de contrer les effets de somnolence immanquablement provoqués par la moindre partie, on a droit à des coups spéciaux que seuls les capitaines peuvent déclencher. Le souci c'est qu'il est presque impossible de les sortir correctement.
- Durée de vie3/20
Puisqu'il est presque impossible de mettre en place la moindre tactique, on en arrive bien vite à la terrible conclusion que tous les matches se ressemblent. C'est-à-dire qu'il suffit d'une partie pour avoir vu le jeu dans sa globalité. Quel gain de temps !
- Bande son8/20
C'est vrai que les thèmes auraient pu être un peu plus travaillés et que les effets (bruitages et voix) auraient pu sonner un peu mieux, mais en contrepartie, on a droit à quelques passages de basse slappée. Et il n'y a rien de mieux que de la basse slappée !
- Scénario/
Avec DodgeBall, on comprend pourquoi le ballon prisonnier n'arrive pas à percer dans les jeux vidéo. C'est creux, mal réalisé et parfaitement injouable. A quand une simulation de "passe à dix" ? J'imagine déjà le titre : World Championship Ten Passing. Il y a du potentiel, c'est moi qui vous le dis.