A trop vouloir séduire, ne risque-t-on pas de se dénaturer ? C'est un peu la question qui se pose face à ce nouvel épisode de Rainbow Six, qui se trémousse et s'agite sous ses airs hollywoodiens, certain de pouvoir s'attirer les faveurs d'un public que l'on soupçonne large. Malheureusement, comme c'est souvent le cas, l'appât du gain n'est pas compatible avec la qualité.

Oh lala, mais que diable est-il advenu de Rainbow Six ? S'il est vrai que depuis quelques temps la série fait de gros efforts pour se faire une place dans le marché grand public, elle avait jusque maintenant su préserver l'esprit initial du jeu. Aujourd'hui, la rupture semble consommée et pour les habitués, le choc pourrait être rude. Pour faire les choses dans l'ordre, commençons par les points qui ne changent pas ou peu. Rainbow Six, c'est toujours un shooter dans lequel vous incarnez le meneur d'une équipe de 3 hommes à qui vous pouvez donner des ordres, on commence à connaître la musique. Cependant pour les moins mélomanes d'entre vous, voilà comment se présentent les choses. Fixez un point et vous pouvez y envoyer vos équipiers en reconnaissance ou leur demander de lancer une grenade. Regardez une porte et on vous donnera la possibilité de la faire ouvrir par vos camarades, l'ordre pouvant être complété en demandant un nettoyage de la pièce ou un lancer de grenade. Bref, je suis sûr que tout le monde voit de quoi il retourne, les jeux tactiques sont à la mode ces temps-ci. Afin de poursuivre dans cette exploration des choses qui sont du déjà-vu, constatons ensemble que les briefings sont toujours succédés par un choix d'armement et d'équipement. Voilà, nous sommes fin prêts à partir en mission, prêts à constater que l'interface d'ordres rapides ressemble beaucoup à celle déjà pratiquée, à une différence près : elle est étrangement plus poussive. En particulier sur PS2 d'ailleurs, avec une précision plus qu'approximative et donc terriblement crispante.


- Graphismes12/20
Réalisation bancale sur PS2 comme sur Xbox. On va du plutôt bon a du vraiment très limite avec certains niveaux franchement pas inspirés en matière de level design. Globalement, c'est malheureusement le côté peu esthétique du jeu que l'on retient, sans parler de quelques bugs de collisions.
- Jouabilité10/20
Lockdown se met l'arrière-train entre deux chaises. Pseudo jeu tactique, il se prend en fait pour un jeu d'action, mais n'est finalement ni l'un ni l'autre. On passe son temps à tirer au pistolet à bille sur des terroristes stupides, soi-même accompagné d'équipiers pas vraiment futés. On reste coi.
- Durée de vie15/20
Si on tient à boucler la campagne solo ses 16 missions ont de quoi monopoliser quelques heures, auxquelles on ajoutera celles du multi.
- Bande son11/20
Une jolie déception avec des voix VF qui en sus de débiter des répliques crétines sont peu crédibles. L'unité d'élite qui cause comme le mécano du premier Alien, ça le fait moyen. Histoire de corser encore les choses, la bande-son est affreusement mal mixée avec principalement des niveaux sonores mal ajustés et fluctuants, témoignant du soin apporté au jeu.
- Scénario/
Qu'est-il advenu de Rainbow Six ? Ce qu'il advient d'une formule qui veut trop séduire et qui pense pouvoir se contenter de son nom. Même si certains passages sont ardus, c'est plus en raison de la masse d'ennemis que d'une phase tactique délicate, comme dans un shooter standard en somme. Mais non content d'avoir perdu l'esprit de la série, lockdown se permet en plus d'afficher une finition vraiment discutable, à tous les points de vue.