Décidément il faut croire que les grands méchants avec une cape, aux cheveux sombres et la moustache naissante aiment plus que tout ressurgir des volutes du passé dans le but de réaliser un retour foudroyant et inattendu. Ce cas s'applique bien évidemment à Regal, qui, bien que possédant un patronyme peu engageant, décante ses apparitions mystérieuses tout au long de l'épisode 4. Mais comme sa haine envers Lan et Megaman n'a pas de limites, le voici tout frais tout neuf à la tête de pirates du Net assez belliqueux. A croire qu'être méchant suffit à en faire sa vocation. Vous allez donc une nouvelle fois devoir contrecarrer les plans de cet infâme être machiavélique et fourbe, qui va encore plus vous en vouloir et ainsi de suite. Ils ne pensent jamais à ça les gentils...

Comme vous devez commencer à le savoir, la série des Battle Network offre un axe différent dans la grande famille des softs tournant autour du robot bleu le plus connu au monde, à savoir Megaman. En effet, n'espérez par dénicher en ces lieux une action soutenue, des fusillades enragées, ou encore des courses épuisantes au coeur de gigantesques niveaux tortueux. Non, Megaman Battle Network n'est autre qu'une saga de RPG au gameplay unique et à l'univers stable depuis le premier épisode. Incarnant le jeune Lan, ancré dans la fascination pour la technologie, vous avancez sereinement dans un monde voué à la technique, dont la pierre angulaire est le Net,version améliorée de notre internet habituel. Effectivement, on ne se déplace pas à l'aide d'une souris, lentement, au gré du courant des pages, mais avec un avatar, prenant le doux nom de Net Navi. Inclus dans chaque PET, sorte de mélange entre un Pocket PC et un téléphone portable, le Navi est unique, représentant son maître dans les méandres de la toile. Disposant d'une I.A personnelle, cette "forme de vie" est le plus souvent utilisée comme compagnon de jeu privilégié. Néanmoins il peut être également fort utile dans les cas d'assauts de virus, protégeant les données avec conviction, à l'aide d'armes plus ou moins développées. Autant dire qu'un lien affectif se crée rapidement, et que la perte d'un PET (par extension du Navi) cause systématiquement une grande tristesse à son possesseur. Malheureusement, c'est ce qui arrive aux trois compères de notre héros après un incident incriminant bien évidemment Regal, toujours ivre de puissance. Lors de ce même évènement tragique, le père de Lan, un scientifique de renom, se fait enlever par l'organisation dirigée par l'odieux personnage suscité. Privés de la seule aide compatissante qu'ils pourraient apporter à notre héros, et surtout déprimés par leur faiblesse, Mayl, Dex et Yai préfèrent se retirer non sans déplorer la situation générale. C'est à ce moment précis que Baryl (ou Chaud si vous avez opté par Team : Protoman), le chef d'un groupe tapi dans l'ombre, intègre la trame scénaristique pour demander à Lan de rejoindre sa lutte contre les troupes de Regal. Cette rencontre déclenche alors un conflit objectif entre l'organisation de Baryl et l'ennemi juré de Lan. Un début d'aventure pas franchement original, d'autant plus que la mère de Lan ne semble pas plus inquiète que ça concernant son mari, mais qui permet d'introduire Colonel (ou Protoman suivant la version), porteur de l'innovation principale de ce cinquième opus, à savoir des phases de jeu en groupe.


- Graphismes16/20
Totalement identiques à l'opus précédent, les graphismes de MBN 5 s'avèrent donc toujours aussi fins et détaillés. Exposant des teintes chamarrées et une gestion des dégradés convaincante, le titre de Capcom s'affiche comme l'un des titres GBA les plus réussis à ce niveau précis. Pétri d'effets lumineux, et de pirouettes visuelles dans le cas d'attaques puissantes, ce dernier étonne et émerveille. Le chara-design reste définitivement probant, facilitant l'immersion dans ce monde futuriste.
- Jouabilité16/20
Encore et toujours fascinant, le gameplay de MBN 5 se pose comme une référence dans le petit monde du RPG GBA. Simple, dynamique et désormais tactique, celui-ci convenant aussi bien aux novices en la matière qu'aux vieux briscards ne vivant que pour la cavalcade à travers les champs armés d'une épée. On ne peut de ce fait que louer Capcom pour avoir su concevoir une approche innovante et particulièrement accrocheuse du combat inhérent aux RPG. En revanche, il serait peut-être temps de proposer une réelle remise en question de bases un tantinet trop utilisées, et commençant doucement à s'user.
- Durée de vie15/20
Se situant dans la moyenne de ce que l'on peut espérer d'un RPG sur GBA, la durée de vie de MBN 5 satisfera n'importe quel adepte d'aventures dépaysantes et épiques. Vous pouvez aisément considérer une trentaine d'heures d'acharnement, si vous désirez ardemment récupérer l'ensemble des puces d'attaques. D'autre part la présence d'une autre version du jeu vous donnera peut-être l'ocassion de le redécouvrir. A noter également un mode deux joueurs (hors trame) assez sympathique, surtout si vous possédez Boktai 2, compatible avec ce MBN 5.
- Bande son11/20
Assez pauvre au niveau mélodique, la bande sonore de MBN 5 ne restera vraiment pas dans les annales, offrant qui plus est un son de synthé que l'on croirait sorti en fanfare des années 80. Fort heureusement, les compositions collent bien aux évènements, permettant de s'immerger dans les profondeurs du soft.
- Scénario12/20
On fouille encore dans un classicisme forcené avec la trame de ce cinquième opus de la série MBN. Reposant sur les épaules d'un grand méchant désirant prendre le contrôle du Net, le scénario oppose bien évidemment les forces des ténèbres avec celles de la lumière, dans un manichéisme évident. Pourtant on se laisse agréablement prendre dans cette vengeance d'un fils privé de son père, bien que celui-là demeure parfois étrangement calme face à cet évènement.
Décidément réussie, la série des MBN se pare ici d'un cinquième épisode aussi bon que les précédents. Malgré tout, il est évident que cette saga commence à avoir besoin d'une remise en forme, s'appuyant un peu trop facilement sur des schémas repris d'épisode en épisode. Dynamique, intéressant et assez relevé, cet opus se pare une nouvelle fois du statut de bon jeu, que je ne peux que conseiller. Malgré tout une déception commence à poindre. Jack out.