C'est marrant quand même. Lorsqu'un studio se plaît à développer un soft de sport extrême, que ce soit du surf, du vélo, ou du skate-board, ce dernier tente à chaque occurrence d'insérer une bande-son agressive et de préférence typée rock-californien, parce que ça fait rebelle, et que les d'jeuns ce sont tous des monument de subversion potentiels. De plus, cette ambiance sonore se voit souvent accompagnée de jeunes filles assez dévêtues et simplement disposées pour attirer une clientèle masculine, associées à un langage outrancier car plus "cool". Mais en mélangeant autant de choses qui "claquent", qui déchirent, et qui "arrachent l'élastique", on en vient à obtenir parfois une mixture relativement indigeste. Heureusement certains titres sont épargnés. Mais pas Motocross Mania 3.

Pourtant, tout commençait bien. Cette phrase, habituelle et euphémisme d'une catastrophe qui s'est déjà produite, pourrait définir le cas de Motocross Mania troisième du nom. En effet, alors que vous avez décidé d'un pseudonyme en trois lettres, ce qui ne laisse pas vraiment votre imagination très libre, l'appel de la course se jette sans prévenir sur vous par le biais d'un menu principal on ne peut moins chargé. A part le championnat et la course libre sur le seul circuit dont vous disposez au départ, vous ne découvrirez guère de quoi apaiser votre appétit de compétition. De ce fait, vous vous dirigerez naturellement vers la première proposition. Après avoir choisi votre avatar et son monstre mécanique, parmi une bonne dizaine de prétendants tous plus antipathiques les uns que les autres, vous allez devoir affronter la dure loi de la route dans des courses de trois types différents. Jusque là pas de problème. Mais ensuite, vous pénétrez sur le champ de bataille en faisant vrombir votre moteur et démarrez en trombe sans donner le temps à vos coéquipier de réagir. Et tout d'un coup on s'aperçoit d'une lacune plus qu'évidente, la gestion d'une part des collisions et d'autre part de l'effet "ragdoll" censé reproduire les mouvements désordonnés survenant lors de la chute d'un corps. Car tomber, c'est la première chose que vous ferez, avant même d'avoir pu prendre correctement un virage. En fait, Motocross Mania et l'un des seuls jeu où vous verrez des gens à terre (vous inclus), la majeure partie du temps. La culbute inopinée et incompréhensible se révèle être le fer de lance immuable du soft de Global Star Software. Chaque virage est une frayeur, chaque tremplin un appel à la grâce du destin. En effet, suivant votre manière d'appréhender l'un ou l'autre, vous pourrez soit vous retrouver en première place sur vos deux roues, soit incrusté dans un arbre en dernière position. Logique, me direz-vous. Néanmoins, ce le serait encore plus si seulement les réceptions répondaient toutes aux mêmes critères. Il est véritablement difficile de jauger son atterrissage et le moindre faux pas de un ou deux centimètres provoquera un tonneau malvenu. Surtout que vos concurrents ne vous laisse pas une seule seconde de répit. Un tantinet gênant pour un jeu visiblement estampillé arcade. Toutefois la maniabilité en général s'avère paradoxalement agréable, prônant le côté intuitif et justement ludique. Un élément que l'on retrouve d'ailleurs dans le système de figures acrobatiques, réalisables simplement par la pression de deux boutons simultanément. A la vue de cet éventail de maniabilité, on pourrait se dire qu'il est bon que cet aspect simplifié rehausse quelque peu le reste, mais on se heurte plutôt à un principe simpliste, sans profondeur au service de l'amusement.


- Graphismes10/20
Fluide et transmettant une impression de vitesse notable, Motocross Mania 3 souhaitait visiblement se placer d'entrée dans une optique de plaisir immédiat. Néanmoins, et à la vue de la modélisation des pilotes et de divers véhicules, on ne peut s'empêcher de prendre un certain recul. Certes les ralentissements sont absents, mais c'est au prix d'un brouillard peu lointain et d'une qualité globale très moyenne. Cela en valait-il la peine ?
- Jouabilité10/20
Les motos se manient avec aisance et d'une façon relativement agréable, mais le gameplay ne parvient pas à suivre la cadence. Handicapé par une gestion des collisions hasardeuse et un système de réception pénalisant, celui-là ne peut même pas trouver une porte de sortie dans la présence de trois manières de concourir différentes, malheureusement peu originales, et surtout cruellement vides. On a vraiment l'impression de ne jamais découvrir ce jeu, de rester sempiternellement sur les mêmes bases surannées.
- Durée de vie13/20
Détenant un nombre de courses assez important ainsi que trois modes de difficulté auxquels il vous faudra obligatoirement faire face si vous souhaitez débloquer les bonus les plus intéressants du jeu, Motocross Mania 3 risque de vous retenir suffisamment longtemps si tant est que le vide général ne vous gène pas. Notez tout de même qu'il vous est possible de jouer à deux (si vous arrivez à convaincre quelqu'un) par l'intermédiaire de modes multijoueurs amusants mais limités.
- Bande son7/20
Soutenu par des compositions musicales nerveuses mais rapidement énervantes et dénuées de la plus petite originalité, MM3 se referme sur lui-même dans un afflux de rock-californien qui rendrait Kyo presque digne de leur victoire de la musique. Et si l'on ajoute à cela des ambiances sonores insipides et des effets mécaniques peu crédibles, on se rend compte que l'immersion n'est pas vraiment au rendez-vous.
- Scénario/
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Motocross Mania 3 aurait pu être une bonne surprise si seulement il avait su combler ses fondements avant de se laisser emporter sur la pente d'un mauvais goût certain (la vision furtive d'un jeune russe s'appellant Oleg Trotsky et qui déclame : "Chiens d'impérialiste" demeure assez gênante) et d'une course à l'amusement mal ciblé. En effet, ce ne sont ni l'effet "ragdoll", ni même la présence de jeunes femmes à forte poitrine qui définissent la valeur d'un jeu, mais bien ses idées et sa profondeur ludique. MM 3 n'a visiblement pas compris cela, et passe d'amusant à lassant en moins d'une heure.