Dans le monde vidéoludique, existe une maladie, gangrenant dangereusement sa vitalité insatiable. Son nom scientifique est "absence d'inspiration". Après avoir passé en revue les différents types de jeux, certains éditeurs se posent cette question fatidique : "Que pouvons-nous donc faire pour attirer l'acheteur à moindre coût tout en innovant afin de ne pas figurer être un ensemble inintéressant ? " La réponse est malheureusement le plus souvent un titre axé sur la conduite automobile à plus ou moins grande vitesse. Mais là où le bât blesse, c'est que le genre même appelle une carence imaginative flagrante. Du coup, en ce moment, la mode est à l'utilisation d'un nouveau courant catalogué encore récemment comme "underground" (voir Need For Speed), et nommé tuning. Néanmoins, ici encore, étant donné la stagnation ambiante, il existe déjà trois titres utilisant cet aspect de la customisation de véhicules "urbains". RPM Tuning apportera quelque chose à ce marasme ? J'aurais aimé dire oui.

Vous êtes Vince, l'archétype du perdant, dont la voiture a été volée par des malfrats pour le moins peu scrupuleux. Ivre de colère et sûrement de quelques boissons dont nous tairons le nom, vous décidez de la retrouver par vous-même. Pour cela et très intelligemment, vous allez rentrer dans le monde fermé et inquiétant (selon le jeu) du tuning, afin de collecter des informations et de mener à bien votre enquête vitale. Les développeurs ont l'amour grec de la tragédie, c'est évident. Une trame sincèrement imbécile et complètement invraisemblable, qui a pourtant le mérite d'asseoir un tant soit peu la succession de défis qui vous attendent. Ceux-ci sont de plusieurs natures, ce qui apporte un peu d'air frais dans ce qui aurait pu n'être qu'une lassante exposition de voitures lustrées et multicolores. Tout d'abord le tournoi, répondant à un classement à base de points, puis le "quart de miles", course avec départ arrêté sur 400 mètres, en passant par un ralliement de checkpoint en un temps donné appelé course contre le chronomètre, la course sauvage, dont le but est d'arriver premier à un point donné par le chemin que vous désirez, la fuite, mode dans lequel vous devez échapper à la police ou à des personnes peu amicales, et enfin la poursuite, où vous devez rattraper un concurrent par tous les moyens dont vous disposez avec en priorité la force. Bien entendu vous n'avez pas le choix d'effectuer tel ou tel genre d'épreuve. Elles se mettent en place au fur et à mesure du déroulement du scénario et dépendent du contexte ou des rencontres que vous ferez. Cependant ne pensez pas pour autant être libre de vos actions. Tout est linéaire au possible, et aucune déviation sur la route menant à la conclusion du soft n'est possible. Mais le pilier de soutien n'est pas ici. Il ne se découvre qu'avec l'obtention d'un maigre pécule de départ.


- Graphismes9/20
Sans êtres affligeant de laideur, les graphismes de RPM Tuning ne rendent pas du tout hommage aux possibilités de la machine de Microsoft. Mêlant dans un maelström peu probant des textures sans saveur et peu convaincantes à une modélisation cubique, le titre de Wanadoo ne peut pas espérer rallier à lui les joueurs de plus en plus exigeants. L'impression de vitesse est correcte, mais disparaît complètement à deux joueurs. A noter également un bien vilain clipping.
- Jouabilité8/20
Raide et peu précise, la jouabilité requiert un très grand temps d'adaptation pour espérer pouvoir se rétablir correctement en sortie de virage. Le survirage abusif dans certains cas, complètement inexistant dans d'autres, alors que l'approche est identique constitue un frein incontestable dans le plaisir de jeu pris. De même, les dégâts, bien que souvent impressionnants ne nuisent en aucun cas à la conduite de votre bolide. Heureusement que les commandes réagissent bien, et que le tout demeure intuitif.
- Durée de vie7/20
Certes le mode histoire est un peu étoffé, grâce à son "scénario", mais il ne vous retiendra que peu de temps, celui nécessaire au gain de voitures et de circuits. Une fois cette étape passée vous ne reviendrez certainement pas dévaler des rues à toute vitesse pour le plaisir. Un intérêt à court terme, qui ne justifie pas un achat.
- Bande son6/20
Si le son relatif aux instruments utilisés est de bonne qualité, et que les compositions sans être spécialement originales se laissent écouter, c'est la variété de ces dernières qui nuit à l'ensemble. Seulement deux ou trois vraiment différentes, agrémentent vos pérégrinations. Décevant. Les effets sonores ne sont pas non plus dignes d'intérêt de par leurs sonorités (surtout le bruit des moteurs) assez étranges.
- Scénario5/20
Ridicule est le mot qui convient. Les motivations du personnage ne collent pas du tout avec ses actes, et les psychologies des personnages sont des clichés navrants. Une plongée au coeur du cerveau d'Howard dans "L'homme qui tombe à pic".
Surfant sur la vague se retournant maintenant en un tsunami d'insignifiance du tuning, RPM Tuning donne un piètre spectacle à ceux qui veulent le regarder. Dépositaire de carences graphiques majeures, d'une jouabilité hésitante et d'un plaisir éphémère, il ne se rattrape même pas sur l'i.a catastrophique des concurrents, qui subissent des accidents certes, mais toujours aux mêmes endroits et aux mêmes moments. Seules les possibilités de customisation nombreuses et la vitesse des courses peuvent sortir un tantinet la tête de ce titre de l'eau. L'inspiration à partir d'une mode n'est pas une tare, mais elle le devient lorsque trop de produits formatés l'utilisent.