Quand on débute ce jeu, et que l'on est dans les bonnes dispositions mentales, on se dit, dans un accès d'auto-humour navrant, que voici un produit qu'aurait bien aimé le Capitaine Igloo. Point de bâtonnets de colin ou de sole meunière, mais un bestiaire de poissons conséquent, réunissant les plus grandes stars de la mer. Véritable buffet de choix sur l'étal d'un poissonnier, ces spécimens possèdent néanmoins la particularité de parler, d'une part, et d'afficher un physique anthropomorphique. Effrayant ? Je ne vous le fais pas dire. Mais ne nous arrêtons pas à ces détails, et plongeons (oh que ce n'est pas drôle), dans le monde d'Oscar, le héros de cette aventure.

Après la vision d'horreur d'un menu principal dont la vacuité n'a rien à envier à celle d'un moins récent Nemo par exemple, vous vous décidez à lancer la future quête qui va vous tenir en haleine, du moins c'est que vous espérez. Toutefois, n'oublions pas que ce Gang de Requins est un titre fortement influencé par les sirènes d'une licence encore vivace dans l'esprit des enfants, coeur de cible privilégié. Les mauvaises langues diront évidemment que cela signifie une durée de vie de trois heures, une finition inconséquente, et un gameplay proche d'un drame ludique. Mais ce qu'ils oublient de mentionner, dans leur haine aveugle, c'est que des exceptions subsistent. Bon, ce n'est pas le cas aujourd'hui, mais il y a des gens qui en ont vu. Je vous le promets. En fait, la première chose qui frappe lorsque l'on pénètre dans le monde légèrement humide de l'océan vu par Vicarious Vision, c'est l'apparence graphique, comment dire... spéciale. En effet, on se demande naïvement, et sans aucun a priori, lorsque l'on parcourt les deux premiers mètres, si l'on a bien réglé la luminosité, et si la cartouche est bien enclenchée dans son port. Après ces vérifications d'usage, il est évident que cela n'est pas à rattacher à la console en elle-même. Pourtant, ces couleurs criardes, sans aucune utilisation de contrastes, de dégradés, coulant littéralement sur les décors pourtant détaillés freinent un tant soit peu le plaisir de la progression. On se trouve en fait devant une espèce de patchwork simpliste et coloré à outrance, qui ne fait que jouer en défaveur de personnages mal incrustés, et pire que tout peu reconnaissables, si ce n'est grâce à leur teinte. Seuls les requins s'en tirent à bon compte du fait de leur taille plus qu'imposante.




- Graphismes6/20
Affichant des décors assez détaillés et surtout se renouvelant régulièrement, le titre pèche néanmoins par l'utilisation de couleurs bien trop vives, et surtout baveuses. De plus, les divers intervenants errant dans ce patchwork dégoulinant s'avèrent mal réalisés, arborant une finition proche du néant, tant ils sont méconnaissables derrière leurs amas de pixels mal découpés. A noter également la présence étrange d'échelles... pour des poissons... qui nagent par conséquent. Là je ne sais plus.
- Jouabilité9/20
Le problème majeur de la jouabilité se situe en fait durant les phases particulières, misant leur réussite sur votre dextérité. Dans ces moments-là, on trouve rapidement les limites de cette dernière. Sinon, durant les classiques recherches d'objets, Oscar se manie plutôt avec aisance, et permet de nombreuses pirouettes. Mais on déchante bien vite devant le système de combat simpliste à outrance, et la progression entachée d'une redondance et d'un classicisme imposants. Enfin, les coups portés sont fort imprécis, et ne permettent pas de jauger la distance d'attaque.
- Durée de vie7/20
Le jeu se termine en un peu moins de quatre heures, et ne possède aucun bonus susceptible de justifier l'aboutissement d'une quête inintéressante. De plus, vous n'aurez certainement pas envie de vous replonger dans l'océan avec Oscar. Je veux bien que ce titre soit destiné aux jeunes joueurs, mais ça ne justifie pas une dépréciation telle de l'acheteur.
- Bande son12/20
Les compositions s'avèrent des adaptations de celles présentes dans le film d'animation, et, malgré le processeur sonore de la GBA, demeurent convenables et surtout assez peu redondantes. A noter qu'elles collent particulièrement bien à l'ambiance. Les effets sonores sont quant à eux limités et peu convaincants.
- Scénario/
La trame étant trop peu développée dans le jeu, et vu que je n'ai pas vu le long-métrage, je ne peux m'avancer sur une note précise. En revanche, les scènes scénaristiques sont relativement mal amenées.
Encore une fois, nous tombons dans les travers du marketing avant la qualité, ce qui commence à être un peu lassant à la longue. Beaucoup de personnes aimeraient ne plus voir des films de qualité massacrés par des adaptations fort piteuses. Malheureusement ce n'est pas le cas ici, et Gang de Requin subit de plein fouet la négligence due à une licence forte. Je finirais donc en citant ces belles paroles : "La maman des poissons elle est bien gentille, ses petits l'aiment bien, elle a l'oeil tout rond, et moi je l'aime bien avec du citron". Déconseillé pour les cadeaux de Noël très tardifs.