Grand habitué des villes japonaises du bord de mer, le grand et légendaire Godzilla se sent chez lui lorsqu'il se décide à raser de la surface de la planète quelques dizaines d'immeubles et des centaines de personnes. Faisant tout pour le mettre à l'aise, les habitants desdites villes s'arrangent pour partager leur domaine vital avec lui : "Ah tiens voilà Godzilla !" - "Encore ? Il est déjà venu ce matin..." - "Je vais me pousser un peu pour le laisser passer". Alors du coup, il casse des choses, il lance des trucs et il tire des rayons laser sur des machins toute la journée. Puis il se retire dans les fonds sous-marins afin de ne pas réfléchir à ce qu'il a fait. C'est un peu son travail de monstre sanguinaire.

Mais devant la pénurie d'emploi que comptait le secteur, notre reptile irradié préféré dut accepter de partager le territoire de vente de services avec des associés. Et c'est là que les ennuis financiers commencèrent. En effet, s'il est rare de s'associer avec les bonnes personnes au bon moment, il l'est moins d'effectuer l'inverse. De ce fait Godzilla fit l'erreur de s'entourer de personnages peu recommandables et surtout peu charismatiques, comme par exemple une mite géante (Mothra), un coléoptère d'une taille trop importante pour inspirer confiance (Megalon) ou encore un ptérodactyle qui scintille lorsqu'il s'énerve. Une belle équipe de vainqueurs donc, qui ne parvint pas vraiment à toucher un coeur de cible, fasciné par les premières aventures de l'iguane aux dents longues, mais interpellé par les innombrables suites à rallonge. Comment abattre ce mur infranchissable ? Tout simplement en préparant un plan machiavélique. Attendre de devenir culte, pour ensuite proposer un lot de produits dérivés lors de l'anniversaire de la première parution au cinéma de ses pérégrinations. En économiste avisé, Godzilla surfe donc sur la vague de son temps et nous propose un jeu vidéo narrant sa saga ponctuée d'écailles et d'explosions. Alors que proposer une histoire alternative sous forme de RPG, voire de jeux d'aventure aurait permis de respecter la qualité des premiers opus filmiques, Atari s'est empressé de succomber au goût de la rude puissance, et édite un jeu de combat que l'on peut qualifier d'insipide. Est-ce sur les conseils du conglomérat Godzilla tourné vers le capitalisme ? C'est ce que nous allons voir.



Au final, Godzilla apparaît comme un rendez-vous raté, ne rendant pas hommage au film d'origine et parvenant même à le décrédibiliser complètement. Un titre relativement mauvais donc, à la durée de vie catastrophique, qui pourra vous divertir une heure ou deux, jusqu'à ce que vous entrevoyiez ses limites. Roland Emmerich style.
- Graphismes7/20
Très limité, que ce soit dans son animation, son level-design, et son aspect graphique général, Godzilla s'apparente plus à une production PSone revue à la hausse qu'à un jeu Xbox digne de ce nom. De plus, outre ces lacunes techniques évidentes, et malgré les environnements entièrement destructibles, il règne une monotonie générale déprimante, qui ne donne pas envie de s'investir dans le titre.
- Jouabilité7/20
Simpliste au possible, ce qui n'est pas gênant dans des jeux à fort concept (ce qui n'est pas le cas ici), le gameplay donne à voir des signes de faiblesse dès les premières parties. Les directions des divers assauts imprécises, les sauts calamiteux, le système de coups spéciaux mal pensé, tiennent le joueur très éloigné d'un possible plaisir de jeu. En effet, le titre demeure défoulant et divertissant à très court terme, sans toutefois mériter votre attention.
- Durée de vie8/20
Proposant dès le départ cinq modes de jeu incluant une espèce de mode histoire, un mode Versus, un mode Mêlée, un autre intitulé Survie, et enfin un mode Défis, Godzilla semblait prometteur. Mais on se rend compte rapidement que la plupart de ces derniers manquent cruellement d'intérêt, ne laissant à votre regard que le scénario, amenant à débloquer des personnages, des environnements et les défis basés sur des mini-jeux, changeant des combats brutaux. Cela est bien peu, sachant que terminer le destin d'un monstre en se heurtant à une difficulté normale prend 45 minutes montre en main. Il est vrai que l'on peut exécuter cela avec l'ensemble des créatures du soft, mais aurez-vous envie de le refaire une nouvelle fois en en connaissant les lacunes ?
- Bande son8/20
Les cris des créatures féroces respectent ceux que l'on peut entendre dans la saga cinématographique, et donnent un cachet sympathique aux attaques. Néanmoins, les effets sonores accompagnant les explosions et les chutes des divers immeubles manquent de crédibilité et ne permettent pas de s'impliquer suffisamment. Les compositions musicales quant à elles sont assez discrètes, tout en collant bien aux situations.
- Scénario3/20
Vous aurez en fait le droit à un scénario identique pour tous les monstres que vous désirerez envoyer défendre la terre de l'invasion extraterrestre. Ces derniers voulant mettre la main sur les cellules de Godzilla afin de créer un monstre parfait. HA ha ha ha (rire satanique). Mal développé, réduit à l'état d'embryon et terriblement caricatural, il demeure l'un des plus mauvais traitement scénaristique de la courte histoire vidéoludique.
Mal réalisé, bancal et manquant de crédibilité, Godzilla : Save The Earth se réduit à un jeu de combat sans imagination et cruellement banal. On aurait espère beaucoup mieux pour les 50 ans d'un des monstres les plus charismatiques et reconnus au sein de notre planète bleue. Défoulant à court terme et proposant des images préparatoires assez jolies à débloquer, il ne mérite pourtant pas vos économies. Mothra on t'aime !