Cette fois c'est sûr, la N-Gage a franchi le cap de l'adolescence. Impossible en effet de traiter une console avec respect tant que celle-ci n'a pas surmonté le rituel du passage à l'âge adulte, celui qui consiste à héberger l'un des squatters les plus anciens de l'ère vidéoludique, à savoir Bomberman. Simple parasite ou justicier charismatique, le personnage emblématique d'Hudson n'a pas encore dit son dernier mot.

Découvert pour la première fois sur NES en 1995, Bomberman a depuis roulé sa bosse sur de multiples supports à travers une infinité d'épisodes plus ou moins proches les uns des autres. Considéré par beaucoup comme le roi des jeux multijoueurs, Bomberman se devait de trouver sa place sur N-Gage, même si le concept semble perdre un peu de sa saveur au fil des ans. La faute à un manque de prise de risques de la part des développeurs qui ne parviennent guère à trouver le moyen de renouveler la série.
S'il est une chose que les joueurs de Bomberman savent, c'est que le titre ne dévoile vraiment tout son potentiel qu'à plusieurs. Considéré bien souvent comme un bonus, l'aventure solo qui met Bomberman aux prises avec différents ennemis à travers toute une succession de niveaux avoue rapidement ses limites. En revanche, il suffit de réunir quatre joueurs autour d'un Bomberman pour libérer la véritable essence du titre, celle qui rend la durée de vie du jeu illimitée.


Ne disposant au départ que d'une bombe, une portée de flammes ridicule et une vitesse d'escargot, l'ami Bomberman a tout intérêt à se procurer rapidement un arsenal respectable pour anéantir ses ennemis. C'est sans compter sur le fait que le moindre contact avec un piège ou avec un ennemi conduit à la mort, ce qui fait perdre la totalité des bonus accumulés durant les niveaux précédents. Et quand on connaît la difficulté du jeu, autant dire que ça arrive souvent.

- Graphismes11/20
Les graphismes sont finement détaillés et la lisibilité est impeccable, mais on peut difficilement faire plus simple qu'un Bomberman en termes de réalisation. Certaines couleurs flashent un peu trop.
- Jouabilité13/20
Les déplacements du héros jouent parfois des tours, d'autant que le jeu exige évidemment une précision extrême. Dommage qu'on ne profite jamais longtemps des bonus et qu'on se retrouve souvent avec un personnage extrêmement lent et démuni.
- Durée de vie10/20
Le mode solo comporte 8 mondes de 5 niveaux chacun, et il est possible de débloquer des tableaux secrets en battant les boss d'une certaine manière. Les parties à deux sur cinq arènes différentes n'ont pas la valeur d'un vrai mode 4 joueurs, on ne peut d'ailleurs même pas y jouer en solo contre la console.
- Bande son10/20
Qu'y a-t-il de plus agaçant qu'une musique de Bomberman qui reste gravée dans la tête pendant des heures ? Cela dit, certains thèmes sont assez sympa comme celui de la forêt.
- Scénario5/20
Quelqu'un a dérobé la statue dorée de Bomberman, obligeant celui-ci à accepter un nouveau défi à travers l'hyperespace...
Cette version N-Gage de Bomberman est peut-être la première qui soit jouable sans fil en multijoueur, mais c'est l'une des rares à limiter les parties à seulement deux joueurs. Du coup, les matches à plusieurs perdent beaucoup de leur intérêt et ce n'est pas le mode solo, court et classique, qui va sauver l'intérêt du titre.