Quand on m'a dit que j'allais avoir l'honneur de tester "l'arlésienne" du jeu vidéo, j'ai tout de suite compris qu'il s'agissait de Malice. Après plus de trois ans d'attente pour un jeu qui devait faire l'apanage du potentiel de la Xbox, on ne s'attendait plus à grand chose de révolutionnaire de la part de Malice, enfin disponible en premier lieu sur PS2. C'est donc avec de tels a priori que je commençai le jeu, et autant vous dire toute suite que les choses ne se sont pas améliorées en jouant.

Je ne vous cacherai pas que ça fait forcément de la peine de voir un jeu qu'on attendait comme un vrai fer de lance de la Xbox se hisser avec grand peine à la hauteur des jeux de plates-formes juste moyens sur PS2. Très honnêtement, Malice me semble tout juste à même de rivaliser avec un jeu comme Evil Twin, et encore, mais en aucun cas avec un Jak & Daxter ou un Ratchet & Clank. Non seulement au niveau de la qualité en dents de scie du soft, mais il est vrai aussi que l'atmosphère un peu noire du jeu n'est pas très éloignée de celle du titre de In Utero. Du moins c'est ce que l'on croit en début de partie après le sort aussi inattendu qu'exagérément violent qui attend l'héroïne en début de partie. Je préfère ne pas vous briser la surprise étant donné que c'est l'un des très rares moments "forts" du jeu. Le fait est que le tout s'assagit beaucoup trop rapidement pour virer à la plate-forme pure et simple où le scénario se fait tout petit pour nous laisser nous concentrer sur les basses besognes du genre comme la collecte d'objets ou l'épreuve de sauts au-dessus du vide. L'occasion de déplorer de gros soucis de gameplay sur lesquels nous allons revenir un peu plus loin.



- Graphismes12/20
Le jeu offre un rendu très bizarre, parfois trop flou, trop lumineux ou avec des couleurs qui flashent. Globalement, ça n'est pas particulièrement joli, d'autant que certains environnements font preuve d'un manque flagrant d'originalité. Néanmoins l'atmosphère générale amène une certaine ironie que l'on retrouvait par exemple dans un titre comme Evil Twin par exemple. Des ralentissements catastrophiques pour cette version Xbox.
- Jouabilité10/20
On a vite fait le tour des possibilités de mouvement avec la masse de piques et les sorts ne sont pas assez mis à contribution. En plus des problèmes dûs aux angles de caméra, il faut outrepasser la lenteur de l'animation qui donne l'impression constante d'évoluer sous l'eau. C'est tout sauf un plaisir à jouer.
- Durée de vie12/20
Le niveau de difficulté plutôt aisé, la possibilité de sauvegarder à tout moment et l'indication systématique des actions à réaliser font que l'on progresse très vite dans un jeu qui ne dispose pas d'une durée de vie monstrueuse.
- Bande son11/20
Le doublage anglais non sous-titré s'arrête dès la fin de la cinématique d'intro pour laisser la place à des voix en anglais sous-titrées français. Les musiques sont plutôt quelconques bien qu'adaptées à l'ambiance, mais ce n'est pas l'aspect le plus critiquable du soft.
- Scénario11/20
Après les premières cinématiques, on s'attend à une atmosphère tendant vers l'humour noir d'un bout à l'autre de l'aventure. Autant dire que ce n'est pas le cas et que la pertinence de l'histoire s'effiloche très rapidement.
J'ignore s'il existe encore des irréductibles qui attendaient la venue de Malice après une telle attente, mais le fait est qu'on se retrouve avec un jeu plutôt classique dans son déroulement, doté d'une ambiance qui aurait pu être sympathique mais qui se noie lui-même dans des lacunes de gameplay qui nuisent complètement au plaisir de jeu. La sortie du fameux Malice risque donc de passer beaucoup plus inaperçue que prévu. D'autant plus que les ralentissements indigents de cette version Xbox donnent matière à se poser cette question, le jeu a t-il été réellement finalisé ? Tenant plus d'un moteur graphique en test que d'un jeu, Malice ne parvient pas à convaincre.