Le Rugby, mis à part le fait d'être un sport mêlant force brute et stratégie, demeure également le domaine réservé des petites maximes fleurant bon le parfum à la fois âcre et subtil du terroir. On ne peut faire fi de ces célèbres commentaires allant du mythique "le cochon est dans le maïs", en passant par "ils ont arrêté le mammouth", jusqu'à "il a été pris par la patrouille", ensorcelés par un accent du midi aux saveurs occitanes. Cette fois-ci pourtant le cassoulet d'après match s'avère difficile à digérer.

Transfuge quasiment en droite ligne de l'emblématique Jonah Lomu Rugby, seul titre de rugby sur la regrettée Psone, World Championship Rugby ne trompe pas quant à ses intentions. Sincèrement orienté vers un plaisir immédiat et non feint, il ne s'embarrasse pas des vicissitudes imposées par le support. Réalisé par le studio Swordfish, déjà responsable du suscité Jonah Lomu, WCR reprend dans les grandes lignes le jouissif gameplay de ce dernier, certes à l'époque un tantinet brouillon, pour nous le proposer dans un écrin plus richement décoré. En effet, paraissant complexes de prime abord les mécanismes possèdent une richesse ludique dissimulée qu'il faut mettre à jour. Basés sur le système simple et intuitif de la gestion des passes via les boutons latéraux (L1 et R1), permettant de changer l'aile d'attaque, en variant les assauts de gauche à droite, ils n'oublient pas d'adjoindre d'autres petites subtilités. Il est possible de fait d'exécuter un grand nombre d'actions à l'aide de peu de touches, minimisant ainsi l'aspect parfois austère ressenti à la vue et à l'essai d'une simulation sportive. Rajouter des hommes dans une mêlée, se saisir de la balle sous l'enchevêtrement de corps, aligner un nombre défini de joueurs lors d'une touche, toutes ces actions participent à instaurer une certaine confiance en l'exhaustivité du jeu, et par la même dans l'adoption d'une confortable aisance ludique. N'est-il pas primordial dans un type de soft tel que celui-ci de profiter d'un gameplay plutôt que de le subir, par le biais d'une assistance ou paradoxalement d'une complexité de tous les instants.




Au final, copie malencontreuse de Jonah Lomu, dont il reprend les forces et les faiblesses, WCR se contente de réactualiser un tantinet le moteur graphique et de retirer l'aspect brouillon des rencontres. Toujours aussi amusant à plusieurs, mais à petite dose, le dernier soft estampillé Akklaim ne comble pas les espérances des nombreux fans d'un sport peu et mal représenté dans le domaine vidéoludique. Dommage. Et ce ne sont pas les nombreux tournois, semblables au demeurant, qui relanceront un intérêt en déliquescence. Il y avait pourtant du potentiel.
- Graphismes9/20
Principal défaut de son prédécesseur, l'aspect graphique fait encore aujourd'hui défaut à un titre qui méritait sans doute bien mieux. Que ce soit à la vision d'un public aux visages tuméfiés, aux couleurs ternes, et aux environnements de mauvaise qualité ou à la rencontre de joueurs raides et animés de manière lacunaire, il s'avère que WCR n'a pas bénéficié d'une attention importante. Le tout apparaît comme très moyen, sans être catastrophique.
- Jouabilité14/20
Immédiat, intuitif mais néanmoins suffisamment recherché, le gameplay souffre en fait d'un manque total de profondeur. Parfait pour s'extasier devant des actions formidables et dynamiques, mais pas assez fouillé pour intéresser à long terme. A noter tout de même une configuration des touches par défaut optimale.
- Durée de vie13/20
Sortir vainqueur des coupes des trois nations, des six nations, de la coupe du monde, et des tournées, sans oublier les défis mettant en scène des situations désespérées de matches de légende, vous occupera durant quelques chaudes journées de printemps. Si tant est que vous supportiez la carence d'intérêt majeur du titre.
- Bande son9/20
Certaines compositions musicales, du moins celle des menus se révèlent correctes, mais ne dissimulent pas les commentaires énervants de deux commentateurs à la répétition coriace. Mieux que dans PES, mais tout de même lassant.
- Scénario/
-
Encore un titre de rugby de qualité incertaine sur des consoles nouvelles générations qui pourtant ne demandent pas mieux qu'à desservir de manière respectueuse les fans de ce sport de plus en plus médiatisé, mais dont les adaptations consoles ne valent pas forcément le détour. Manquant de concurrents sérieux dans le domaine, World Championship Rugby peut se targuer d'être un des seuls choix valable en ces jours de disette. Peu convaincant, mais amusant à plusieurs et relativement long, si tant est que le mode difficile ne vous effraie pas, vous pourrez peut-être passer de bons mais courts moments. A quand un jeu digne de ce nom ? Le cochon ferait mieux de ne pas rester trop longtemps dans le maïs.