Si vous attendiez comme le messie l'adaptation filmique de Spawn, vous savez tous qu'il y a eu de quoi être déçu car nonobstant quelques très beaux effets spéciaux, le film de Mark A.Z. Dippe ne parvenait à aucun moment à retranscrire tout ce qui faisait la force du personnage de Tood Mc Farlane. Je pense bien sûr ici du déchirement intérieur, des doutes et des questionnements tiraillant cet ange de la mort. Si on se retournera donc plus facilement du côté de l'excellente série animée (sombre, violente et dotée de scénarii travaillés), la dernière adaptation vidéoludique des tribulations de Al Simmons joue, comme on s'en doutait, la carte de l'hyper-violence avec démembrements en tout genre pour un beat'em all très proche, dans l'esprit, de la série des Hunter The Reckoning.

Spawn est au premier sens du terme un héros mais quand on y regarde de plus près le personnage tient beaucoup plus de l'anti-héros (comme Wolverine pour ne citer que lui) et se pare d'une psychologie complexe, tiraillée entre sa nature démoniaque et son ancienne existence, qui fait de lui l'ater-ego du Dark Knight mais de l'autre côté du Styx. Comme je le disais plus haut, le film n'aura pas vraiment rendu hommage à ce personnage des plus charismatiques et si l'adaptation vidéoludique profite des conseils éclairés de Todd McFarlane en ce qui concerne l'aspect scénaristique (le tout s'inspirant également des 99 premiers comics de la première série), Spawn : Armageddon ne profite malheureusement pas du matériau de base et nous sert un beat'em all quelque peu fade, linéaire et qui ne convainc pas vraiment. Dans l'absolu, on pouvait donc penser retrouver ce bon vieux Al, égal à lui-même, doté de pouvoirs immenses et ne répugnant pas à faire verser quelques hectolitres de sang pour témoigner de sa présence. En l'état, et bien nous avons droit à tout ceci, c'est déjà ça de pris. Le scénario s'appuie donc sur une trame classique (les forces du mal attaquant la Terre dans le but de l'asservir) mais arrive malgré tout à dispenser un brin de plaisir de par le simple fait de retrouver par exemple de vieux ennemis comme le Violator ou le maître de Spawn, Malebolgia. Dommage donc que la mythologie de Farlane ne prenne vie qu'au travers d'un beat'em all des plus ordinaires, qui sans être mauvais, se veut trop conventionnel pour susciter l'intérêt chez les néophytes (de Spawn ou du genre vidéoludique susnommé).



- Graphismes12/20
7 environnements (entrepôt, Enfer, station spatiale, Central Park) pour très peu de dépaysement, au regard de ce qu'on trouve dans la plupart des beat'em all. Le titre est vide, les ennemis n'arrivent pas à convaincre et seules les animations de Spawn (qui évoluent par exemple en fonction des armes qu'il porte) et deux ou trois effets spéciaux s'en sortent honorablement.
- Jouabilité12/20
On court, on saute, on tire. Vous me direz, nous sommes dans un beat'eam all et il n'en faut pas plus. Ceci dit, la gestion de la caméra est perfectible (cette dernière tournant trop vite) et votre héros dispose au final de peu de mouvements. Les armes et pouvoirs spéciaux pallient malgré tout un peu cet aspect et le système de sélection rapide des armes ou des pouvoirs est simple d'accès.
- Durée de vie11/20
23 missions pour trois modes de difficulté. Dans l'ensemble le jeu est très dirigiste, les niveaux ne sont pas très vastes et le tout étant linéaire, vous en viendrez assez vite à bout. Reste plusieurs bonus sympathiques à débloquer dont des couvertures de comics, indispensable pour tout Spawnophile qui se respecte.
- Bande son13/20
Le doublage français n'est pas mauvais et les bruitages tout comme les musiques accentuent l'impression de furie et rage qui se dégage de ce titre mais rien ne confine au génie.
- Scénario11/20
Si le jeu s'appuie sur les 99 premiers comics de la série et que Mister McFarlane, himself, a participé à l'élaboration du scénario, le tout teinte comme un air de déjà-vu. Franchement, toute cette ambiance malsaine est bien mieux retranscrite dans la série animée ou les comics.
Sans réel atout dans sa manche, Spawn Armageddon est destiné à être noyé sous la masse des beat'em all ou jeux d'action sortant sur le support. Ne profitant pas vraiment de l'ambiance et du personnage sortis de l'imagination du génial McFarlane, le titre ne réjouira qu'une poignée d'irréductibles désireux d'obtenir en un simple clic la centaine d'arts et de couvertures propres au superbe anti-héros qu'est Al Simmons.