Taxi 3, le jeu, sort à point nommé en même temps que le long métrage, et profite de l'engouement toujours aussi faramineux pour le film pour susciter l'intérêt des joueurs. La version Gameboy Color n'aurait manqué pour rien au monde ce rendez-vous avec le public, mais son air de sosie avec le précédent volet explique peut-être sa ponctualité.
Avez-vous joué à Taxi 2 sur Gameboy Color ? Si c'est le cas, alors vous avez joué également à Taxi 3 sur GBC. On pourrait jouer des heures aux sept différences avec ces deux titres que l'on ne trouverait que d'infimes dissemblances tant les développeurs ne se sont pas foulés pour renouveler leur soft. Il faut dire que Taxi est l'exemple type des softs à licence qui n'ont pas de scrupule à dissimuler derrière un nom prestigieux un produit franchement limité, et cet opus GBC ne fait pas exception à la règle. Et même si Taxi 2 n'était pas fondamentalement mauvais, l'intérêt de ce troisième opus se révèle autrement plus discutable.
Même la GBC est capable de nous sortir des extraits de vidéos.
Pour ceux qui auraient loupé le dernier épisode du feuilleton Taxi sur Gameboy Color, il est sans doute bon de préciser que Taxi 3 est un jeu de courses, et uniquement un jeu de courses. En tant que copie fidèle de Taxi 2, Taxi 3 s'évertue à nous proposer une série de petites missions assez courtes avec le minimum d'options nécessaires et toujours pas de mode deux joueurs. En pratique, rien ne permet donc de distinguer que le jeu est inspiré du film Taxi, sinon grâce aux écrans fixes qui vous apprennent vos objectifs de missions. Pour l'ambiance et l'humour du film, largement vantés sur le packaging du jeu, il faudra donc repasser. Taxi 3 dans sa version GBC évoque à ce niveau-là plutôt les premières tentatives de jeux de courses sur Amstrad CPC.
Comme dans Taxi 2, la vue est externe mais avec le tableau de bord au premier plan.
Ce n'est d'ailleurs pas exagéré puisque derrière l'emballage faussement enrichi de ce titre, se cache un gameplay insolemment basique. On s'attend à enchaîner des missions de filature, de poursuite, de contre-la-montre et d'explosions de radars, alors que dans la pratique on ne fait qu'aller d'un bout à l'autre des parcours en s'arrêtant aux endroits indiqués. Ce qu'il faut comprendre c'est que lorsque vous faites un arrêt au beau milieu d'une course pour repartir ensuite à 250 km/h, c'est que vous remplissez un objectif demandé comme acheter des fleurs et les ramener à Lilly, prendre un passager et le conduire à l'aéroport ou encore guider le général jusqu'au QG de la police. Niveau gameplay, c'est limite jouable et dénué d'intérêt, mais ça a en tout cas le mérite d'être rapide.
Essayez de récupérer quelques réservoirs d'essence pour ne pas être à sec.
Tellement rapide d'ailleurs qu'on fonce sur les obstacles sans pouvoir les anticiper, pour se retrouver parfois sur les deux roues latérales avant d'entamer une superbe sortie de route. Malgré tout, la conduite est tellement basique qu'on parvient à slalomer sans trop de mal entre les voitures à coups de pédale de frein en début de virage. Autant dire que dans ces conditions, ramasser les bonus et éviter les pièges tient du véritable coup de chance. Par conséquent, il est très facile de se retrouver en panne d'essence en loupant les réservoirs qui traînent sur la route. Car les seules distractions que l'on trouve en cours de route sont les traditionnels bonus et malus. On retrouve notamment la nitro pour se propulser à des vitesses suicidaires et le pneu qui améliore la tenue de route. A l'inverse, les pièges ne manquent pas pour vous ralentir : tonneaux, flaques d'huile, barrières, éclairs, et autre piétons qui traversent sans regarder si quelqu'un arrive en face. Parfois très faciles, parfois un peu plus dur, les missions s'enchaînent tout de même très vite sans jamais réellement se renouveler, même lorsqu'il s'agit de filer un scooter sans se laisser distancer. Et même en cas de difficulté insoluble, ce sont les mots de passe qui se chargent d'achever la durée de vie de ce titre dont on attendait clairement autre chose qu'un simple copier/coller de la version précédente.
Les notes
Graphismes14/20
Le jeu n'a pas évolué d'un pixel par rapport à la version précédente, mais il faut avouer que ça reste tout de même très lisible. Les décors en arrière-plan se renouvellent un peu plus, mais les animations sont franchement minimalistes.
Jouabilité11/20
Les missions ont beau paraître variées, on se retrouve finalement à faire toujours la même chose. C'est rapide, mais le gameplay est totalement dépourvu d'intérêt.
Durée de vie8/20
Comme à la vieille époque, Taxi 3 renoue avec le système des mots de passe qui nuit à la durée de vie du jeu déjà franchement courte. Toujours pas de mode deux joueurs ou de challenges originaux.
Bande son6/20
Des bruitages vraiment, mais alors vraiment mauvais. Même pour de la GBC, les sons aigus produits à chaque changement de direction n'ont rien de crédible.
Scénario/
-
Taxi 3 sur GBC est un simple copier/coller de la version précédente, et ne parvient pas du tout à renouveler le concept de la série. Les courses sont certes rapides, mais elles manquent franchement d'intérêt. Un titre qui ne mérite certainement pas le succès qu'il va probablement rencontrer grâce à l'engouement du public autour du film.
Note de la rédaction
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