« Une Grenouille vit un bœuf qui lui sembla de belle taille. Elle qui n'était pas grosse en tout comme un œuf, envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille pour égaler l'animal en grosseur. Disant : Regardez bien, ma sœur ; Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ? - Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ? - Vous n'en approchez point. La chétive pécore s'enfla si bien qu'elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs, tout petit Prince a des Ambassadeurs, tout Marquis veut avoir des Pages. » Jean de la Fontaine.

Rassurez-vous, vous ne vous êtes pas trompé de site et Bernard Pivot ne fait pas non plus partie de la rédaction de jeuxvideo.com. Du moins pas encore. Si j'ai décidé de citer la fable de La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, c'est parce qu'il me semble qu'elle s'applique particulièrement bien au cas de Penny Racers, un jeu de voitures que l'on doit à Midas Interactive. Je m'explique. Prenons dans le rôle de la grenouille Penny Racers et dans celui du bœuf Gran Turismo 3. Avec son design très « enfantin » et ses voitures toutes mignonnes, Penny Racers aurait très bien pu se contenter d'être un bon petit jeu multijoueur, d'autant que le titre dispose de tout ce qu'il faut pour cela : des modes de courses, des deathmatchs et même un genre de flipper assez marrant. Mais non, Midas a voulu s'inspirer du bœuf Gran Turismo 3 et faire de son titre un jeu bien plus ambitieux que cela avec des permis à passer, des grands prix à concourir et de nombreux réglages à effectuer sur les voitures. On se retrouve au final avec un soft que l'on a beaucoup de mal à cerner, à mi-chemin entre deux genres. Et tout comme la grenouille dans la fable, l'intérêt de Penny Racers finit par exploser en ne laissant aux joueurs que des miettes de gameplay.


Certains circuits ne sont accessibles qu'après avoir obtenu des permis (trois au total). Ces épreuves ne présentent malheureusement aucune difficulté particulière et se révèlent même de simples formalités. Aussi étrange que ça puisse paraître, les objectifs sont tous copiés sur Gran Turismo. Apprendre à freiner après une ligne droite, maîtriser les virages...

- Graphismes7/20
Beurk ! C'est pas beau ! Des textures horribles, des voitures pas géniales, une distance d'affichage pas top, un peu de clipping... C'est bon, ou il faut que je continue ?
- Jouabilité9/20
Les voitures les moins chères sont très maniables mais vont aussi vite que des limaces paralysées alors que les plus puissantes speedent comme des furieuses mais deviennent incontrôlables dans les virages.
- Durée de vie14/20
Admettons que vous ayez envie de relever le challenge, vous aurez alors de quoi vous occuper avec plus d'une centaine de voitures à débloquer, encore plus de pièces à acheter et 29 circuits à visiter. Sans oublier les courses et les jeux à plusieurs.
- Bande son10/20
Des musiques déjà entendues des dizaines de fois et des bruitages à la limite du supportable. C'est vraiment pas terrible.
- Scénario/
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Difficile d'accrocher à ces petites voitures qui se prennent pour des grandes. Le design original est gâché par une réalisation catastrophique alors que l'intérêt tombe à plat dès les premiers tours de piste. Reste les mini-jeux à plusieurs, mais en nombre restreint, ils vous lasseront très rapidement.