L'avantage avec les jeux vidéo, c'est qu'on peut faire des trucs beaucoup plus amusants que dans la vraie vie. Alors, si vous empruntez votre moto tous les jours mais que vous trouvez votre parcours trop monotone, Street Scooters saura peut-être vous contenter.
Encore qu'il vous faudra être très indulgent si vous voulez pardonner les nombreux défauts de cette pseudo-course sur deux roues. Aux antipodes d'un soft comme Road-Rash, l'ambiance de Street Scooters (ou du moins ce semblant d'aura qui se dégage de ce soft) se veut drôle et complètement surréaliste. Les personnages sélectionnables (qu'on croirait issus du plus fou des mangas) se bousculent dans des lieux publics fréquentés par des civils apeurés qui courent dans tous les sens. Les embranchements ne sont d'ailleurs pas indiqués et vous pourrez souvent emprunter différents itinéraires pour atteindre votre but. Les raccourcis sont donc nombreux, ce qui permet de varier un peu les courses et de compenser le faible nombre de parcours par ailleurs limité à trois !
On se demande comment l'énorme Cony arrive à tenir sur ce pauvre scooter.
Le design des différents parcours est carrément tiré par les cheveux, certains passages vous obligeant à faire quasiment demi-tour. Il est courant de grimper les escaliers pour rentrer dans un bâtiment, et on se perd facilement dans ce labyrinthe de rues et de pâtés de maisons. On a sans arrêt l'impression de faire du hors piste, et il est impossible de finir les courses tant qu'on ne connaît pas par cœur le schéma de chacune d'entre elles. La prise de tête étant assurée par le chrono très serré qui vous empêchera de finir la course si vous n'êtes pas dans les temps, et cela, même si vous êtes en tête. Les courses prennent rapidement des allures de parcours du combattant lorsqu'il s'agit de trouver son chemin tout en évitant les sacs poubelles lancés par vos concurrents, les camions qui tentent clairement de vous écraser et les multiples obstacles qui entravent votre progression. Dans ces conditions, difficile d'exécuter les figures indiquées au bas de l'écran. Il est pourtant possible et fortement conseillé d'effectuer des sauts pour contourner les obstacles, de rouler sur une seule roue pour renverser les barrières ou encore d'effectuer des dérapages en milieu de virage. Le tout permettant bien sûr de gagner des points afin de rallonger la durée des courses suivantes.
Lors des stages bonus, il ne s'agira pas de slalomer entre les plots mais de les renverser.
Pour vous aider, mais aussi pour compliquer les choses et rendre l'action encore plus confuse, il sera possible de récupérer des objets que vous pourrez projeter sur vos adversaires pour les ralentir. Selon les niveaux, il s'agira alternativement de sacs poubelles, de thons congelés, de planches de surf ou encore d'arrêts de bus ! Malheureusement, la jouabilité s'avère beaucoup trop approximative et la gestion des collisions avec les éléments du décor est désastreuse. Le simple fait de frôler un mur (ou pire, la surface de l'eau !) provoque l'arrêt brutal du scooter et on se retrouve scotché au décor comme à un aimant. Les critiques ne s'arrêtent pas là puisque, comme je l'ai évoqué plus haut, le nombre de parcours est scandaleux. Le mode Time Attack permet bien de parcourir les circuits en sens inverse, mais ce ne sont pas réellement des nouveaux circuits. Des stages bonus qui consistent à renverser des plots viennent également ponctuer les courses mais ne présentent pas un grand intérêt. Le fun ne sera donc pas véritablement au rendez-vous, tant le gameplay est laborieux et le challenge ennuyeux. Difficile, donc, de trouver des qualités à ce titre qui ne propose rien de réellement intéressant, sauf peut-être au niveau des animations qui sont dans l'ensemble assez amusantes. Une sortie anecdotique qui ne parviendra pas à divertir le gamer classique au-delà de quelques heures.
Les notes
Graphismes11/20
Des décors de tous les jours réalisés de façon très approximative. Les animations des personnages qui s'écrasent contre les obstacles rehaussent un peu le niveau visuel du jeu.
Jouabilité12/20
Le maniement du véhicule fait davantage penser à une bicyclette qu'à un scooter, mais l'ensemble reste tout de même jouable. Le fait de pouvoir utiliser des objets pour les projeter sur ses concurrents aurait pu constituer un plus, mais ce n'est en réalité qu'un simple accessoire difficile à utiliser et donc parfaitement inutile.
Durée de vie8/20
Le challenge n'est déjà pas très motivant, alors si, en plus, le jeu ne propose qu'un total de trois courses, ne comptez pas sur lui pour occuper vos nuits. Trois ou quatre heures devraient être suffisantes pour en faire le tour.
Bande son10/20
Mieux vaut écouter son propre CD que devoir supporter les musiques de Street Scooters. Les cris des personnages sont amusants mais ne suffisent pas à relever le niveau des bruitages.
Scénario/
-
Du fait de son gameplay exaspérant et de sa durée de vie plus que limitée, Street Scooters ne peut guère prétendre à une note supérieure à la moyenne. Il faut en vouloir pour refaire plusieurs fois les trois mêmes circuits jusqu'à obtenir les quatre personnages supplémentaires. Un challenge factice dont la majorité des joueurs préféreront se passer, et à raison d'ailleurs !
Note de la rédaction
L'avis des lecteurs
(4)
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