Merci à tous! J'ai pris un peu de retard, mais voilà tout de même la suite. Comme toujours, je l'espère à votre goût.
Chapitre XI: La bataille du Passage Méridional
Le Prince se baissa juste à temps pour éviter le poignard qui le frôla en sifflant. Lancé à toute volée, celui-ci alla se briser sur l’un des piliers de la salle. Sans pouvoir se relever, le guerrier dut parer les deux attaques simultanées des pirates qui venaient de surgir. Ployant sous le poids de leurs masses d’armes, il dut mettre un genou à terre pour soutenir le coup. Ayant repris ses appuis, il les repoussa dans un hurlement de colère. Se jetant en arrière, il assena à ses deux adversaires un coup de pied en pleine face, enchaîna dans un saut périlleux arrière, se rattrapa sur ses mains et atterrit sur ses pieds. Littéralement ébahis par cette habileté, les êtres de cendres restèrent sans bouger, soutenant leur mâchoires brisées de leur mains poisseuses. Cependant, une Silhouette apparut et passa à l’attaque. Harcelant le Prince de ses couteaux de jets, elle l’obligea à se déplacer, l’empêchant de prendre sa garde. Malgré son agilité, il ne put esquiver l’un des redoutables projectiles, qui vint lui entailler le bras. Fou de rage, le guerrier se mit à courir vers le monstre, déviant les lames meurtrières dans leur course avec son épée. La Silhouette n’était plus très loin. Consciente de sa vulnérabilité au corps à corps, elle tenta de fuser pour trancher la gorge de son ennemi au passage. Mais son incroyable vitesse ne fut pas suffisante. Préparé à cette manœuvre, le guerrier abattit son arme devant son visage, et trancha le bras de la créature à hauteur du coude. La main de la Silhouette, serrant encore son arme, passa à quelques centimètres de sa tête. Furieuse, mais apparemment insensible aux flots de sang noirâtre qui s’écoulaient de sa plaie, la créature se retourna et saisit un poignard de sa main encore valide. Conscient de son avantage, le Prince avança. Mais le monstre ne l’attendit pas. Fouettant l’air de son membre mutilé, il projeta vers les yeux de son adversaire un épais filet de sang. Aveuglé, le bras sur le visage, le Prince fit tournoyer son épée dans tous les sens, dans l’espoir de décourager une probable attaque. Quand il retrouva la vue, il constata avec horreur la disparition de ses trois ennemis. Inspectant la salle, il tendit l’oreille. Un chuintement lui fit monter un frisson dans le dos. Dans un suprême réflexe, il se jeta à terre. Pivotant sur sa cuirasse, il faucha la Silhouette qui venait de réapparaître derrière lui, couteau levé. Gémissant, le monstre s’effondra, se tortillant sur le sol tel un serpent dont l’on avait coupé la tête. Essoufflé, le Prince s’avança avec arrogance, et observa quelques instants l’être à l’agonie. Inversant la prise de son arme, il la leva au-dessus des restes de son ennemi déchu, et l’abattit. Le cadavre se transforma, et bientôt il n’en resta qu’un tas de sable qui vint prendre place dans le médaillon du Prince. Tout à sa satisfaction d’avoir vaincu un autre de ces monstres, celui-ci relâcha son attention un instant. Silencieusement, les deux pirates, émergeant d’un des gouffres qui striaient la salle où ils s’étaient cachés, se glissèrent derrière le guerrier. Convenant le moment de leur frappe, ils levèrent leur marteaux au-dessus du crâne de leur victime. Celle-ci, distinguant soudain les ombres menaçantes projetées sur une colonne par l’un des flambeaux pendus au plafond, se retourna alors, à toute vitesse, bras tendus. Le premier bras vint broyer ce qui subsistait des mâchoires des pirates, tandis que le deuxième, tenant l’épée à l’horizontale, coupa les créatures en deux, d’un même élan. Le processus de transformation achevé, le Prince regarda les Sables se regrouper sur sa poitrine. Bien que rasséréné par cette victoire, il se mit immédiatement en quête d’un moyen de poursuivre son chemin. Observant les murs de l’immense pièce, il aperçut un levier, auquel donnaient accès une succession de poutres, de paliers et d’échelles. Il n’eut pas le temps d’entamer l’escalade qu’un poids lui atterrit violemment sur le dos. Un quart de seconde après, un poignard lui fonça droit vers le cœur. Lâchant son arme, le guerrier saisit les poignets de l’agresseur de ses deux mains, empêchant in extremis le coup mortel. Rassemblant ses forces, il tenta de faire passer l’assaillant par-dessus sa tête. Mais celui-ci , d’une agilité peut commune, s’appuyant sur le dos du Prince avec ses pieds, se libéra de la saisie de ce dernier et l’envoya rouler au sol. Abruti par la rapidité de l’assaut, le guerrier se retourna, encore à terre. Se relevant d’un saut souple, il fit face. Mais la créature qui l’avait si aisément vaincu n’était autre qu’une femme. Vêtue d’un habit de tissu pourpre et de cuir, elle avait les yeux ardents et la peau blanchâtre, comme les autres êtres des Sables. Elle portait à la ceinture un cercle de fer et un poignard. Une main en protection devant le visage, l’autre cachée derrière elle, elle semblait rodée au combat et prête à en découdre. Désarmé, le guerrier savait qu’il n’avait aucune chance. Apercevant l’un des couteaux de la Silhouette, il tenta de s’en approcher. Mais la femme ne lui en laissa pas le temps. Dans une formidable démonstration de souplesse, elle attaqua. Evitant son coup de pied, le Prince se jeta sur son poignard. De carrure largement supérieure à son étrange adversaire, il lui serra le bras à le lui briser. Mais, comme invulnérable, la danseuse se défit de la prise, saisit son cercle métallique et, entamant une triple série de pirouettes, elle l’envoya vers le Prince. S’écartant de la trajectoire du disque, celui-ci le saisit, en plein élan, du bout des doigts. Profitant de sa vitesse, il tourna sur lui-même et le réexpédia vers la lanceuse. Inconsciente du danger du fait de ses acrobaties, elle fut décapitée au moment où elle touchait le sol. Inquiété d’un tel nombre d’attaques en si peu de temps, le Prince ne prit pas le temps de réfléchir. Fonçant vers la première échelle, il effectua rapidement l’ascension qui le mena au levier. Estropiant le garde, il fit en sorte de le laisser en vie de façon à ce que son corps fasse poids sur le mécanisme. La herse ouverte, il se laissa glisser le long d’une bannière qui couvrait le mur, et franchit le passage juste avant que le lourd panneau ne se rabaisse. Descendant un court escalier, il courut à travers un long corridor qui le mena à une nouvelle salle, fortement éclairée, dont émanait une lourde odeur de sang.
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Resine-Special
Posté le
31 août 2009 à 23:16:24
Un conseil: espace parce que la ça fait vraiment gros bloc qui donne pas envie de lire (mais ce n'est pas le cas)
Sinon c'est parfait GG
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maverick_2010
Posté le
13 octobre 2009 à 18:37:10
Merci de ton conseil, Resine. J'en prends compte, mais j'aime finir les choses comme je les commence.
Désolé pour le retard. Rentrée oblige. J'espère que ce chapitre ne décevra pas.
(Le premier paragraphe aurait du être en italique, mais le forum n'accepte pas cette police. Ca gâche un peu).
Chapitre XII : la fin de la traque
Courir. Encore et encore. Fuir le mal qui le ronge. Fuir avant que sa vie ne se consume totalement. Et le trouver. Le trouver et le prévenir du danger qui le menace, de la trahison qui l’attend, du mal qu’il va engendrer. Changer le Temps. Altérer le destin. Vaincre les Sables. Courir. Encore. Bondir. Courir. Tuer. Courir…
Quand le Prince entra dans la salle, une étrange créature noire l’observa depuis une haute passerelle s’enfonçant dans un mur proche. Elle garda les yeux sur lui, comme intriguée, sans qu’il s’aperçoive de sa présence, puis disparut dans les ténèbres. Le Prince n’avait pas perdu de temps. Alerté par des cris de femmes en détresse, il gravissait déjà les escaliers qui menaient à une large plateforme, entourée des mêmes gouffres insondables qui béaient partout dans le palais. Arrivé au sommet, il s’arrêta un instant, pris d’effroi. L’énorme disque de pierre sur lequel il marchait était couvert d’un immonde tapis de sang séché, témoignant des innombrables sacrifices qui durent avoir lieu en cet endroit. Se dressant lugubrement, l’autel sur lequel ils furent perpétrés dominait une spirale profondément gravée dans le sol, dont le centre formait une cavité emplie du sinistre liquide écarlate. Au bord de la plateforme, la femme en noir était aux prises avec une autre femme, vêtue de pourpre clair et d’or. Ses cheveux noirs contrastaient avec la sourde lumière ambiante, ses incroyables yeux émeraude semblant luire au milieu de la nuit que formait sa chevelure. Sorti de sa stupeur, le Prince fut immédiatement troublé par son étrange beauté. De carrure bien plus faible que celle de son assaillante, elle tentait d’empêcher cette dernière de la frapper de ses épées en lui serrant les poignets. Elle commençait à vaciller quand elle vit le Prince. «Vous! Aidez-moi!» cria-t-elle. Enragée par ce renfort imprévu, la femme noire se saisit des bras de sa victime et la projeta vers l’abime. Heurtant le sol dans sa course, celle-ci parvint à s’accrocher au bord du bout des doigts, le reste de son corps flottant dans le vide. «Comme le dit l’adage, les ennemis de mes ennemis sont mes amis» songea le Prince, résolu. Sûre d’elle, sans lui accorder la moindre attention, la femme noire s’avança pour achever son œuvre. Déjà, son pied s’apprêtait à écraser la frêle main qui s’agrippait à la vie avec l’énergie du désespoir. Mais elle n’eut pas le temps d’accomplir son geste que le guerrier l’apostropha, portant toute la menace dont il était capable au fond de sa voix: «Laisse-la tranquille! Toi et moi avons des comptes à régler.» Rageusement, la femme se détourna, et fit face. Le Prince attaqua. Frappant d’abord d’estoc, il fit ensuite tourner sa lame sur elle-même. Parant le coup, la femme abattit sa deuxième arme en direction du crâne. Virevoltant, le guerrier s’écarta, reprenant sa garde. Sans attendre, son adversaire attaqua de côté. Visiblement affaiblie par son combat récent, elle ne put placer beaucoup de force dans son coup, qui fut aisément renvoyé. Poursuivant sa course, la lame du Prince rasa le sommet du crâne de son ennemie, manquant de peu de le lui arracher. Profitant de sa position avantagée par cet échec, la femme estoqua. Peu puissante, la frappe ricocha sur l’épaisse cuirasse du guerrier. Le poignet à moitié tordu, elle lâcha son arme. Encouragé par cette perte, le Prince attaqua de plus belle. Par de rapides moulinets du poignet, il fit reculer son adversaire, désemparée. La sueur au front, consciente de sa mauvaise posture, celle-ci tenta de récupérer son épée. Peine perdue. Le guerrier, posant son pied dessus, la fit glisser jusque dans le gouffre, où elle disparut. Dépitée, la rage au cœur, la femme noire rassembla ses dernières forces. Pivotant sur ses pieds, elle asséna à la poitrine du Prince un coup de pied d’une violence telle qu’elle le projeta au bas des escaliers, où un brasier providentiel arrêta sa chute. La respiration haletante, les membres presque brisés, le Prince prit difficilement conscience de ce qu’il venait de lui arriver. Se relevant lentement, il gravit à nouveau les marches de pierres. Parvenu au sommet, il essuya une nouvelle attaque. Mais cette fois, n’ayant pas eu le réflexe de s’écarter à temps, il dut recevoir le coup et son bras fut profondément entaillé. Ivre de douleur, fou de colère, il se jeta sur son ennemie mortelle. Surprise d’un tel assaut, elle recula. Manquant d’assurance, elle finit par planter le talon de sa chausse dans une des rigoles de sang. Perdant l’équilibre, elle s’effondra. Sa fureur encore mal contenue, le guerrier bondit et lui transperça le ventre. Dans un dernier râle, la femme noire s’immobilisa. Figé un instant devant le corps où la pâleur de la peau contrastait avec la rougeur du sang, le Prince fit le vide dans sa tête. La mort de cet être lui apparaissait comme une véritable libération, autant spirituelle que morale, comme si son âme avait été sous l’emprise d’une force démoniaque, jusqu’à ce qu’il accomplisse cet acte. Mais il n’eut pas le temps de réfléchir plus. Reprenant rapidement ses esprits, il se précipita vers le gouffre, saisit les deux bras de la femme vêtue de pourpre et la hissa sur la plateforme. Sans un mot ni un regard, elle commença à s’éloigner. Bien que heurté intérieurement d’une telle ingratitude, le Prince, à sa propre surprise, s’adressa à elle avec une noble courtoisie: «Attendez! Je… Je dois vous parler.» Visiblement contrariée, la femme se retourna. «Que me voulez-vous ?» Le Prince s’avança. «Une audience avec l’Impératrice.» Ayant maintenant pris une attitude de condescendance et un ton de profond mépris, elle lui répliqua en le dévisageant: «L’Impératrice ne voit personne! Pour qui vous prenez-vous?!» Une légère nuance de fierté au fond de la voix, le guerrier se défendit: «Je suis le Prince de Perse!» «Je vois… Aujourd’hui est un jour très important. Elle ne peut être dérangée.» Cette fois, la colère reprit le dessus sur le Prince: «Vous ne réalisez pas l’importance de ma visite!» La femme s’apprêta à le repousser, quand, derrière eux, d’un timbre semblant surgir de l’Enfer, la guerrière noire prononça ses dernières paroles: «Pauvre fou! Comprends-tu… Nul n’échappe… à son destin!» Et dans un violent éclat de lumière malsaine et de sable, elle disparut. Dépité par cette résurrection, bien que courte, et par les derniers mots qu’il avait entendu, le Prince se parla à lui-même: «Nul n’échappe à son destin… Elle s’adressait à moi. Comment connaît-elle le but de ma mission?» Revenu à lui, il s’aperçut que, dans un élan de rage amère, il s’était avancé pour achever cet ennemi apparemment éternel. Il n’avait été retenu que par les mains de la femme rouge. Enroulées autour de son bras, elle n’avaient pas assez de force pour retenir une masse comme celle du guerrier. Mais elles semblaient exercer sur lui un effet bien autre que celui d’une simple étreinte. Envahi d’un étrange sentiment, le Prince se statufia. Un inquiétant bruit de pierre fendue lui rendit ses moyens. Fragilisée par le souffle de l’explosion dans laquelle s’était évaporée son adversaire déchue, la voûte du plafond commençait à se fissurer. Déjà, d’imposants blocs venaient s’écraser au sol. Effrayés, homme et femme se précipitèrent vers l’escalier. Un monstrueux morceau de roche s’abattit sur eux. Promptement, le guerrier saisit sa protégée par les épaules et la projeta au bout des marches, juste avant que le chemin ne soit coupé en deux par le poids du roc. «Restez là! Je vais venir vous rejoindre!», cria-t-il. Mais, vraisemblablement émue par son geste, la femme rouge ne put s’empêcher de lui répondre: «Non, Prince! Partez sans vous retourner! L’Impératrice méprise le monde des humains. Elle vous tuera si elle apprend votre présence ici!» Et sur ces mots, elle s’enfuit dans le couloir. Surpris d’un tel avertissement, le Prince s’affaissa pour récupérer et étudier sa situation. Son crâne lui faisait mal, et son bras lui faisait souffrir le martyre. Il devait trouver une fontaine. Et vite…
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RApT0r13
Posté le
21 octobre 2009 à 14:00:37
génial ! toujours aussi riches, tes chapitres sont magnifiques et je trouve que tu a une bonne mémoire pour te rappeler de tous ces détails : BRAVO !
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Midas_touch
Posté le
27 octobre 2009 à 17:17:34
S'il y a une suite, j'attends avec impatience de lire la 1ere rencontre avec le dahaka...
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[Ghostrecon]
Posté le
28 octobre 2009 à 11:19:15
super tes histoire maverick tu sais kil on fait un nouveau prince of persia ki na rien avoir avec la suite du 3 enfaite ce prince of persia nest pas le 4 car il en a ki dise ke sais le 4 alors ke sais le 1 de la nouvelle version enfaite cest un autre prince of persia et la en 2010 il vont faire la vrais suite du 3 avec le vraie prince il y aura le dahaka le virir le prince de lombre farah la dague du temp et enfaite il y aura tout ses enemies apar farah car dans lhistoire le prince fait une conerie avec les sable du temp ce ki ramene tout ses pire enemie et je sais ke son dernier bosse est le prince de lombre je pensais ke sa pourait taider
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RApT0r13
Posté le
18 novembre 2009 à 18:16:02
Je ne sais pas si tes informations sont vraies, mais tu casses un peu le travail de maverick en postant tes hypothèses. Et puis, il s'agit de l'Ame du Guerrier et non pas du 3.
Et puis si le 3 est envisagé par maverick ce ne sera pas pour demain.
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TXJudge
Posté le
21 novembre 2009 à 21:17:11
Excellent ! Quel talent !
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maverick_2010
Posté le
22 décembre 2009 à 10:09:18
Merci beaucoup, à tous, pour vos compliments. J'ai mis un certain temps à rédiger ce chapitre, car il relate un passage assez compliqué à mettre en forme, la difficulté résidant dans le fait que ce jeu est centralisé principalement sur un seul personnage. Néanmoins, j'espère que vous l'apprécierez, malgré l'impression de répétition que tout cela peut donner.
J'en profite pour vous souhaiter à tous un joyeux Noël!
Chapitre XIII: retour dans le présent
Le passage par lequel il était arrivé était inutilisable. Autour de lui, séparées par le gouffre sans fond qui entourait la plateforme, appliquées au mur, de larges colonnes striées de fissures s’élevaient loin au-dessus de l’abîme. Et, bien plus haut, une terrasse longeait les parois rocheuses, menant aux restes de ce qui avait du être un pont, dont une extrémité aboutissait sur une série de balcons. Il n’avait pas le choix, c’était là son seul espoir de poursuivre sa route. Il lui fallait d’abord atteindre les colonnes. Jetant un œil prudent par-dessus le bord du ravin, il se ravisa en constatant l’effrayante largeur de celui-ci. Impossible de le traverser dans sa situation. Il lui fallait une passerelle, ou quoi que ce soit qui puisse allonger son saut. Il regarda autour de lui. Les blocs qui s’étaient effondrés après l’explosion formaient un amas de pierre aisé à escalader. Il commença à le gravir, afin d’estimer si cela lui fournirait un avantage suffisant dans son entreprise. Puis, conscient de n’avoir pas d’autre alternative, il s’élança. Mais au moment où il entama son saut, une étrange et douloureuse sensation s’empara de lui. Pendant un court instant, ses membres furent comme paralysés, et il en perdit le contrôle. La corniche qu’il devait atteindre de l’autre côté se rapprochait, et s’il ne se reprenait pas, il ne pourrait l’attraper. Ce n’est qu’au dernier moment que ses bras lui répondirent, et il n’eut que le réflexe de les tendre devant lui. Il se heurta violemment au bord, s’écrasant la poitrine, faute d’avoir pu se préparer. Terrifié par cette atroce expérience, il reprit ses appuis, forçant son bras blessé à agir, serrant les dents pour ne pas hurler. Un souffle montait du gouffre. Un souffle chaud, maléfique, si mauvais qu’il en affectait toute chose qui le rencontrait. Le Prince venait de traverser la respiration du Temps. Ce palais, dans lequel il luttait constamment, était bâti sur le Temps, en très grande partie sur son côté sombre. Le mal qui surgissait de ses entrailles était si fort, si palpable, qu’il avait littéralement entravé le guerrier dans sa course. Ce gouffre, comme tous ceux qu’il a déjà traversés, n’a pas de fond. Plus l’on si enfonce, plus leur force est destructrice, et plus l’on se rapproche de la mort. Seul le Temps y est présent, sous la forme asservie et mutilée que lui a donnée l’Impératrice après l’avoir terrassé. Si l’eau des fontaines contient le bien, le reste n’est que fautes et malédictions. Le Temps doit attendre d’être libéré pour reprendre sa puissance originale. Et seule la mort de sa persécutrice le lui permettra. Après s’être assuré de la pleine fonctionnalité de ses capacités, le Prince commença à longer le rebord. Un peu plus haut, une rangée de tringles, sans doute autrefois destinées à soutenir une série de bannières, encadrée par deux énormes piliers, sortait du mur, formant comme une échelle vers le plafond.. Le guerrier bondit, en agrippa une au passage, et, pivotant sur ses bras, entama un mouvement de balancier et se projeta vers la colonne. Ses pieds touchèrent les premiers. D’une rapide détente, il s’élança vers la tringle suivante, puis s’en servit pour atteindre le second pilier, et répéta l’opération. Il arriva ainsi sur un balcon croulant, courant sur une large partie du mur. Progressant prudemment, le Prince arriva sur ce qui devait être le moignon du pont qui avait manqué de s’effondrer sur lui. L’autre bout menait à un couloir, mais était bien trop éloigné. S’aidant des fissures dont la roche était tailladée, il descendit sur un pan de pierre, sculpté dans le prolongement de l’ancien édifice, qu’il était sans doute destiné à soutenir, suffisamment long pour permettre au guerrier d’atteindre l’autre côté. S’assurant que le souffle du gouffre ne parvenait pas jusqu’à lui, le Prince sauta. Escaladant la paroi, il atteignit enfin la porte qui s’ouvrait sur le corridor. Mais à présent, la plaie de son bras vomissait son sang, tant il avait fourni d’efforts. Sans fontaine, il en perdra bientôt l’usage. La pièce qui s’ouvrait devant lui, à l’autre extrémité du couloir, était une vaste et haute salle circulaire. Des rigoles surgissaient irrégulièrement des murs, laissant couler de fins filets de sable. Il devait y avoir un Portail, très proche, peut-être même juste au-dessus. A l’aide des corniches nivelant les parois, le Prince grimpa jusqu’à être à portée d’une longue barre de fer qui traversait diamétralement la pièce, dont il se servit pour parvenir à un large passage, ouvrant sur une place rectangulaire, creusée en hauteur, elle aussi aux murs entrecoupés de rebords taillés. Sur le sol s’étalait une centaine de petites cavités. Conscient de leur fonction, le guerrier courut et agrippa la première aspérité dès qu’il en fut assez près. Il n’eut que le temps d’entendre le bruit sinistre des pointes de métal sortant de leur cachette, manquant de peu de l’empaler. Désormais réduit à l’utilisation de son seul bras valide, il escalada à grand peine le reste des corniches, arrivant enfin dans un immense corridor, dans lequel il percevait le crissement des colonnes hérissées, glissant et tournant sur leurs rails, mutilant l’air de leurs lames. Mais malgré son aspect terrifiant et son efficacité certaine, ce piège se révéla inutile face au Prince, maintenant averti, qui, après d’épuisantes manœuvres d’études et d’esquives, déboucha finalement dans la salle du Portail. S’abandonnant à la fatigue, il tomba à genoux devant la source d’eau translucide, et y plongea la tête, buvant à en étouffer, sans même se soucier de respirer. A nouveau, ses blessures se refermèrent, sa lassitude s’évanouit, et son esprit reprit sa place. La tentation de rester ici, de ne plus partir et de se perdre dans cet océan de bien-être et de paix se présenta à lui. Jusqu’à ce jour, il avait fait preuve d’une force et d’un talent inégalable. Mais ce qu’il avait vécu, en si peu de temps, ce qu’il avait enduré le dépassait littéralement. Pour la première fois, il douta de lui-même, s’interrogea sur ses chances d’accomplir sa mission, se demanda s’il y était vraiment prêt. Tant de doutes l’énervaient, et cela ne fit que renforcer sa détermination à en finir. S’approchant du Portail, il se prépara au voyage. Mais rien ne se produisit. Ce qui aurait dû être un tourbillon de Sables n’était qu’une spirale gravée dans le sol, formant une rigole qui traversait la pièce, rejointe par autres, plus petites, provenant chacune d’un des quatre piliers qui soutenaient le plafond, et desquels ressortaient quatre plaques, une pour chaque, arborant les armoiries de l’Impératrice. Intrigué, le Prince en pressa une. S’enfonçant sur elle-même, elle se mit à rougeoyer, illuminant le lugubre symbole d’une lueur de sang. Une mince coulée de Sables, brillant comme de l’or pâle, surgit du pilier et commença à remplir la rigole. Exécutant la même action sur chacun des interrupteurs, le guerrier obtint un flux suffisant pour combler la spirale, et bientôt, un nuage de Sables du Temps s’en éleva. Le Prince s’y précipita, sans la moindre hésitation. Le Temps reprit son cours. Autour du Portail, le palais s’écroulait, brisé par sa fureur, vaincu par son propre fondateur. Retour dans le présent. Retour dans le normal.
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NiiColaS62860
Posté le
22 décembre 2009 à 13:22:57
Toujours aussi bon Maverick . Etant un fan de Prince of Persia je n'ai aucuns repproche a te faire jusque la .