La morale est un impératif catégorique.
L’éthique est un impératif hypothétique.
Cette distinction est d’importance :
Ou l’action est déterminée par un impératif inconditionné qui s’impose de façon catégorique : la conscience agit alors par devoir. Il s’agit de morale.
Ou l’action est déterminée par une hypothèse qui lui impose un comportement. Il s’agit de ce qu’on appelle l’éthique.
L’impératif est hypothétique quand il énonce le moyen nécessaire pour atteindre une fin posée ou supposée : si tu veux telle fin, alors tu dois mettre en œuvre tel moyen. C’est à cela que s’épuise souvent le discours éthique : énoncer les moyens pour atteindre ce qu’il suppose être la moralité . Le risque est que ce soit une manière subtile de refuser l’impératif catégorique qui lui, énonce le commandement, sans le subordonner à une condition ; par exemple : tu dois, sans autre spécification. L’homme le plus humble, le moins savant, en sait autant qu’un autre sur la conduite à tenir quand par exemple, il faut choisir entre la vérité et le mensonge. Sans doute même est-il moins tenté que d’autres par les subtilités qui peuvent servir à conforter la bonne conscience. (L’éthique est alors potentiellement le refus moral déguisé, le refus d’obéir.)
L’éthique ne pose pas la question du Bien et du Mal qui est celle de la Morale.
La visée de l’éthique attache une importance prioritaire à la dimension sociale de l’existence, aux conditionnements sociaux des décisions individuelles.
La visée de l’éthique n’est pas le Bien, puisque justement la réflexion éthique s’engage, par définition, quand on ne sait plus ce qui est bien, quand on a perdu les repères. L’éthique est devenue un concept à part entière du fait de la " démoralisation " de la société. La réflexion éthique par son interprétation du code de déontologie, déboute la loi, du côté du droit, et admet une transgression de la Loi, du côté de la morale.
L’éthique est animée par des valeurs, celles du respect, de la réciprocité, de la sollicitude pour autrui. Mais ces valeurs ne sont fondatrices qu’en autant que chaque membre de la société vit comme " sujet moral ".
L’impératif catégorique est objectif, c’est à dire indépendant de tout objet, nécessaire et inconditionné. C’est véritablement un commandement et non pas une règle d’habilité ou un conseil de prudence. Il ne prend pas, si peu que ce soit, en considération l’utilité, l’efficacité ni l’intérêt. Il n’est ni technique ni pragmatique, mais pratique, c’est à dire proprement moral.
PS : On entend dire parfois que dans certaines situations ce qui est visé, c’est le moindre mal. Du même coup, on entend bien, que ce qui est en jeu ce n’est pas le Mal, c’est l’idée qu’imaginairement je me fais du mal.
PPS : La réflexion bio-éthique n’a de légitimité qu’à condition de penser les situations nouvelles que le développement technologique a fait surgir, en observant les impératifs catégoriques de la " Morale ".
Verdunkeln
Posté le
25 juillet 2009 à 11:44:52
[INITIALISATION DU PROCESSUS DE MISE A JOUR DU TOPIC]
[MISE A JOUR EN COURS, TRANSFERT DES DONNEES ... ]
Les notions de "bien" et de "mal" n'ayant strictement aucun sens dans l'absolu, il convient de ne les qualifier que relativement à une éthique ou une morale donnée (la définition de sera légèrement différente pour chacune) ; l'idée "combattre le mal par le mal", comme telle, nue, ne veut strictement rien dire.
En philosophie, à cause du caractère nécessairement affranchi de celle-ci (on exclue donc catégoriquement la théologie de la philosophie), il n'est pas question de parler de parler de "bien" et de "mal" sans se placer "par delà bien et mal".
Définitions :
La morale est un impératif catégorique.
L'éthique est un impératif hypothétique.
Cette distinction est d’importance :
Ou l'action est déterminée par un impératif inconditionné qui s'impose de façon catégorique : la conscience agit alors par devoir. Il s’agit de morale.
Ou l'action est déterminée par une hypothèse qui lui impose un comportement. Il s'agit de ce que l'on appelle l'éthique. Toute éthique est donc un raisonnement.
Définissons "bien" et "mal" :
- Pour toute morale,
Le "bien" correspond au Bien que garantit nécessairement le respect strict de règles de type déontologiques pour nos actes (type de règles inhérent à toute morale) ;
Le "mal" correspond au Mal dans lequel le non-respect de règles de types déontologiques (type de règles inhérent à toute morale) nous plonge directement et indubitablement.
- Pour toute éthique,
Le "bien" qualifie très exactement l'adéquation entre l'idéal conjecturé par le raisonnement (la conclusion du raisonnement est donc : "Il faut ça pour arriver à ce que nous venons de conjecturer") et le type ou la conséquence de notre action (selon que l'éthique soit de type déontologique ou conséquentialiste) ;
Le "mal" qualifie très exactement un type ou une conséquence d'action qui va à l'encontre de l'idéal conjecturé par le raisonnement fondateur de l'éthique.
L'éthique qui a guidé les fiers soldats alliés était de type conséquentialiste : nous allons TUER (ce qu'interdit formellement une morale comme celle de l'église chrétienne) pour sauver l'europe et avec elle notre idéal : la valeur Liberté (d'ailleurs on a fait tous et n'importe quoi au nom de celle-là). Ainsi un soldat-philosophe aurait-il dit : " La conséquence de notre action fait que nous avons fait le bien relativement à l'éthique que nous partageons avec les européens de la Résistance, mais ceci étant dit nous avons fait le mal relativement à la morale dicté par ces même européens quand il se rendent à l'église le dimanche. "
Le conséquentialisme comprend par exemple l'utilitarisme de Bentham repris et amélioré par Mill : une action est bonne relativement aux plaisirs (quantitativement pour Bentham, mais aussi qualitativement pour Mill plus tard).
L'impératif catégorique kantien, de même que la morale chrétienne, est purement déontologique : tu ne mentiras pas, même pour éviter un meurtre !
En conclusion, l'idée "combattre le mal par le mal" n'a de sens qu'avec les notions de moral et/ou d'éthique supposées et laissées à l'état sous-jacent.
Sinon, cela ne veut rien dire.
CQFD.
[FIN DE LA MISE A JOUR DU TOPIC]
Verdunkeln
Posté le
25 juillet 2009 à 11:46:07
Une IA dirait plutôt "mise à jour du topic terminée", mais bon.
Cunoas
Posté le
26 juillet 2009 à 21:41:14
Le moins qu'on puisse dire c'est que tu fais pas dans l'approximatif.
Au sujet de la morale, Jésus disait ceci (l'important n'est pas que ce soit Jésus qui l'est dit, mais plutôt le message qu'il délivre, c'eut été un autre le message resterait le même en valeur) à des hommes qui ne savait plus ce qui était mal ou ce qui était bien :
"Tout ce que vous aimeriez que l'on fisse pour vous, faites-le volontiers aux autres, en revanche tout ce que vous n'aimeriez que l'on vous fasse, ne le faites pas non plus aux autres".
Évidemment ici cela tient compte de l'état de connaissance de chacun, l'ignorance étant souvent ce qui conduit un homme à l'immoralité. Ceci dit, les hommes avaient là une mesure propre à chacun d'eux. Leur propre morale était leur propre juge
Donc en transposant ici cette parole ou plutôt la morale qu'il contient, les hommes savent pertinement quand ils font du "bien" ou du "mal".
Pour ce qui est de la morale en général, étant donné les connaissances actuelles que nous avons de ce qu'est la vie, du fait que nous avons un temps donné et que nous voudrions tous "être heureux" il s'ensuit alors différente façon de détourner quelque peu la morale ou de la minimiser puisqu'après tout chacun doit se débrouiller comme il peut avec ce qu'il a.
D'où l'importance de l'instruction pour amener à une morale plus juste, directement conséquente d'un égoïsme moins poussé. C'est le but des religions, de rassurer les hommes et de les rendre moins égoïstes dans leurt recherche du bonheur...
InspecteurDerek
Posté le
27 juillet 2009 à 12:54:46
"Tout ce que vous aimeriez que l'on fisse pour vous, faites-le volontiers aux autres"
-> Il faut donc que je suce la bistouquette de mes semblables ! La morale est en effet difficile !
cemajo
Posté le
27 juillet 2009 à 13:41:29
"Il faut donc que je suce la bistouquette de mes semblables ! La morale est en effet difficile !"
À partir du moment où tu aimerais qu'ils te fassent ainsi, pourquoi ne peuvent-ils pas en attendre autant de toi ?
Il ne s'agit pas ici de moralité mais plus d'égoïsme
Verdunkeln
Posté le
27 juillet 2009 à 21:05:29
Je deviens névrosé, et à juste titre, regardez-moi ce topic ! Mon Dieu si ça se trouve, il est bourré de Foi pure et de pseudo-religion.