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Maitre-Misha
- Posté le
19 octobre 2009 à 20:19:56

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Salut les filles
J'informe, rapidement, pour mes centaines de millions de lecteurs, qu'un nouveau chapitre arrive assez bientôt, aujourd'hui ou demain, si tout va bien. J'effectue cette démarche car ce nouveau texte est un peu... Spécial. En effet, il ne comporte pas de scène d'action (quasiment), et est constitué presqu'uniquement de dialogues.
"Ohé, l'autre, hé, on voulait qu'il y ait moins de dialogues, et voilà qu'il retombe dedans !"
Certes. Mais ces dialogues sont utiles, et si quelqu'un a des questions, j'ai des justifications à la pelle.
Bonne lecture
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yuen
- Posté le
19 octobre 2009 à 20:24:29

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Mais tu sais que nous sommes toutes fan de tes dialogues ^^
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Maitre-Misha
- Posté le
19 octobre 2009 à 20:33:58

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Oh, Yuen !
Je ne m'attendais pas. C'est un plaisir
Je prévenais juste qu'un de mes personnages va pérorer un bon petit moment. Comme ça, c'est une chose qui ne sera pas une surprise ^^
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Maitre-Misha
- Posté le
19 octobre 2009 à 20:53:03

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Chapitre 20 : Nateus Ortus.
« Je vous en prie, Seigen, arrêtez de suite ce jeu inepte. Je suis présent ici pour mes actes et non pour mon état.
- Je ne le sais que trop bien, mon cher. Néanmoins, il fallait bien que je vous présente à mon confrère, et l'emportement nobiliaire a pris le dessus sur la sympathie guerrière que je devrais vous témoigner. Vous nous faites rentrer? »
Kyle resta éberlué durant les quelques secondes nécessaires à Jon pour ouvrir la porte devant laquelle ils se trouvaient. Le fait qu'un combattant du rang social de l'intéressé pouvait prendre part active à leur cause relevait du miracle, et ce genre de choses dépassait largement le Résistant. Néanmoins il fit rapidement le lien entre cet allié inattendu et les capacités hors norme de son chef à en trouver. Alors qu'il lui vouait déjà un culte remarquable, il se mit à cet instant à déifier son ami, le pensant capable de tous les actes possibles et sans aucune commune mesure avec les autres guerriers présents sur cette planète.
Revenant à lui, il put apercevoir que la porte en bois craquelé et à la serrure rouillée - aucunement différentiable des autres portes alentours - était en fait factice. Ouverte, elle laissait place à un système perfectionné à commande digitale, vite reconnu par les habitants des égouts qui utilisaient des dispositifs similaires. Le larantyn dut s'y prendre à deux fois avant de pouvoir entrer, la tâche ne lui semblant pas réellement familière. La pièce alors découverte offrit à Kyle – seul surpris – un spectacle contrastant en tout point avec la morosité extérieure. L'opulence semblait avoir été le maître mot lors de la conception de cette salle. Au centre, une fontaine déversait l'eau nécessaire à la survie des plantes luxuriantes disposées tout autour. Sur les côtés, des colonnes en marbre soutenaient un grand miroir au plafond qui offrait aux éventuels visiteurs une impression de grandeur verticale qui en réalité n'existait pas. Jon voulut faire asseoir ses invités sur des sièges que de nombreux royaumes auraient volontiers acceptés comme trônes avant qu'ils ne commencent leur entretien. Néanmoins, avant cela, Seigen fut interpellé par son lieutenant qui le prit par le bras pour l'emmener hors d'écoute.
« Je suis désolé de la ramener, mais je ne me sens pas réellement à mon aise.
- Encore? Qu'est-ce qu'il se passe, cette fois-ci? La décoration n'est pas à ton goût?
- Oh, si, ce n'est pas le problème... Mais il me faudra encore un peu de temps et beaucoup d'explications avant d'assimiler tout ce qu'il se passe par ici.
- Pour cela, ne t'inquiète pas. Si je t'ai fait venir, c'est pour que tu comprennes exactement quelle est la situation ; il est donc normal que je te fournisse tous les renseignements voulus. Nous ne sommes de toute façon pas obligés d'avoir recours à ces messes basses. Allons, viens, notre bon ami ne te mangera pas. »
Toujours aussi suspicieux, Kyle vint s'asseoir, le regard empli de doutes. Son hôte, percevant cette attitude, devança les éventuelles questions en devinant exactement la première qui aurait dû lui être posée.
« Vous vous demandez sûrement ce qu'une personne de sang royal d'un autre pays fabrique à discuter avec un pauvre Résistant meltokian, n'est-ce pas?
- Ben... Ouais, j'avoue, ouais, ça m'intrigue un poil.
- Soit. Je pensais que, malheureusement, mon parcours était connu, mais je veux bien le retranscrire une nouvelle fois pour aplanir nos rapports.
- Oh, de grâce, Jon, laissez-moi le raconter. Contrairement à vous, je crois que je ne m'en lasserai jamais. »
Après avoir reçu un bref signe affirmatif, Seigen put entamer son récit. On pouvait sentir en lui une sorte de gourmandise, non seulement dans le fait de connaître cette histoire pittoresque, mais également dans celui de partager avec son fidèle camarade l'un des secrets de sa réussite militaire et diplomatique. L'oeil vif, avec force gestes, il tenta à nouveau d'émerveiller son auditeur, candide et attentif.
« Comme tu l'as sans doute compris, je n'ai nullement usurpé le titre de notre hôte. Il est bien le frère cadet du Roi actuel de Larantys, Elzebar Nateus. Tu as le droit de t'étonner qu'ils portent tous deux un nom de famille. »
Par un simple haussement des épaules, Kyle fit comprendre que non, le patronyme de la fratrie royale ne l'étonnait pas plus que ça. Même, son expression faciale désignait un intérêt tout limité pour l'explication de cette curiosité.
« Et bien sache, jeune inculte, que les enfants de Roi à Larantys ne sont jamais désignés que par un prénom. Ce prénom leur servira par ailleurs de nom de règne. Ici, deux particularités : Elzébar et Joachimas n'ont jamais été portés par aucun autre Roi larantyn, et donc, on les appelle Nateus. En fait, ce nom de famille devrait plutôt être considéré comme un surnom, signifiant en elfe commun ''le Bien-Né'', ou quelque chose du genre. Pourquoi cette dénomination? Et bien, à cause du caractère quasi miraculeux de la naissance des héritiers. »
A ce mot, Jon, qui s'était assis et écoutait sans un bruit le discours, émit un toussement quelque peu trop sonore. Kyle prit cela pour un besoin naturel, mais son chef, qui connaissait le Larantyn depuis plus longtemps, comprit sa signification : il voulait simplement interrompre poliment son camarade, un terme lui ayant visiblement déplu.
« Oui, toutes mes excuses. J'aurais dû dire ''la naissance de l'héritier''. Joachimas n'a en effet pas hériter de grand chose, mais j'y viendrai plus tard. Le miracle, donc. A l'époque de la naissance, le Roi d'alors, Arthéas III, avait déjà vu passer les plus belles années de sa vie ; il avait en effet soixante-six ans. Rends-toi bien compte que l'immense majorité de ses sujets n'atteignit jamais cet âge-là. Les principaux conseillers du Royaume étaient en train de se demander, en l'absence d'héritier direct, qui aurait pu succéder au Roi en fin de vie. On cherchait des cousins au sixième voire septième degré -l'usage voulant que le Roi n'aie qu'un unique enfant – pour les amener au pouvoir. Et c'est dans ce contexte que la Reine déclara au peuple, il y a trente ans de cela, qu'elle était enceinte. »
Seigen chercha à ce moment la surprise dans l'oeil de son ami. Il trouvait en effet la chose particulièrement formidable et méritant un entrain tout particulier ; malheureusement Kyle n'était pas réellement de cet avis, et ne voyait là qu'un événement banal, ou tout du moins ne suscitant pas une émotion particulière. Son général tenta alors de le réveiller, en lui criant presque dessus.
« Mais enfin, imagine-toi un peu l'agitation créée à cette époque ! Ca défiait toutes les lois de la biologique !
-Oui, bon... La Reine est enceinte du Roi, en gros. Ca n'explique pas comment un de leurs enfants atterrit chez nous.
-Attends, c'est là que tout s'est enchaîné. Les surprises s'accumulèrent en Larantys, puisque la reine mit au monde non pas un, mais deux enfants. Quand le Roi apprit la nouvelle, il fut aux anges ; il faut dire que ce fut l'un des seuls Rois pour qui l'aspect humain comptait au moins autant que l'aspect politique, dans ce pays de tarés.
- Hé ! »
Malgré une civilité exemplaire dans l'écoute du jeune Tassarien, Jon ne put réfréner une exclamation lors de ses dernières paroles. Néanmoins elle ne se semblait pas être réellement volontaire, puisque son auteur se rassit tout de suite après sans aucun autre mot. L'orateur voulut tout de même en prendre compte avant de continuer.
« Je suis désolé, j'ai été impromptu. Je n'ai pas voulu entamer la fierté de votre lignée. Je vous comprends parfaitement, et même, j'admire que contrairement à d'autres vous ne reniez pas vos origines. Votre seul tort aura donc été de naître deux minutes après votre frère.
- Je vous en prie... En plus de raviver un souvenir douloureux, vous vous en prenez à ma modestie.
- Vous avez raison, je vais m'en tenir aux faits. Et comme tu es le seul à ne pas les connaître, mon gros, et bien je m'adresserai plus particulièrement à toi. »
Cela n'enchanta point le destinataire, qui commençait à trouver l'histoire plutôt trop longue au vu de son contenu. De plus, il trouvait l'échange de politesses tenu précédemment, ainsi que les sourires échangés entre ces gens du monde, presque plus plaisants à regarder et à écouter.
« Le bon Roi, donc, décide, étant donnée la situation, de rompre avec les habitudes et nomme les enfants du nom des deux prêtres-guérisseurs ayant supervisé l'accouchement : Elzébar et Joachimas. Concentrons-nous si vous le voulez bien sur celui qui nous intéresse. Joachimas passe une enfance calme et paisible, mais – je crois qu'on peut le dire – pas complètement heureuse. »
L'intéressé fit à nouveau un signe d'approbation à son collègue afin qu'il puisse continuer. Les sentiments et le déroulement de son enfance semblaient être une chose entendue, et ne posant pas de problème outre-mesure.
« En effet, le jeune Bien-Né est depuis toujours resté confiné dans l'ombre de son frère, héritier au trône de la gloire de ces ancêtres. Et, pour ne rien arranger, il grandit mieux en tout point qu'Elzébar. Plus beau, plus habile, plus extraverti, et même bénéficiant d'une bien meilleure santé, il devint bien vite le favori de sa mère ; la pauvre femme, encore assez jeune – une quarantaine d'années – comparativement à son mari, était en dehors de toute considération politique. Elle voyait dans le même temps son aîné enchaînez les grippes et autres maladies plus ou moins graves, redoutant l'immense battage qui l'entourait en permanence. Joachimas se fit très vite appeler Jon, contractant ses nom et prénom, et se mit à fréquenter les jeunes gens de son âge en cachette des gens du château. La mort de sa mère, alors qu'il avait à peine douze ans, l'affecta profondément. De plus, son père, qui essayait tant bien que mal d'élever ses deux fils de la même manière, dut à ce moment s'occuper en priorité de l'éducation de l'héritier. Livré à lui-même, Jon, doté d'une grande clairvoyance, commença à penser au trône et se dit qu'il devrait revenir au plus méritant, et non à celui qui était né le plus tôt. »
A la grande surprise de son chef, Kyle semblait enfin trouver de l'intérêt à ce discours. Un sourire se dessinait sur son visage, et il se frottait les mains, impatient de connaître la suite. Ne comprenant pas ce soudain changement de point de vue à un moment qui n'aurait pas dû en susciter, le chroniqueur en demanda de suite la raison.
« Qu'est-ce qui te plaît autant, grand benêt?
- Je ne sais pas... Je pense que je sens venir les intrigues de couloir, les manigances politiques, les messes basses... Bref, les coups de fumier. J'adore ça.
- Et bien alors, tu va être servi. Ce n'est pas dans le genre de Joachimas de garder ses objections dans son coin. Dès qu'elles furent correctement arrêtées dans son esprit, il les partagea avec ses amis de longue date. Même si leur ascendance était moindre, ils étaient pour la plupart de bonne famille, et assez éduqués pour être de bon conseil. Les jeunes gens, entre quinze et vingt ans, se retrouvaient une fois par semaines pour en discuter. La préparation du complot contre le grand frère adoré pouvait enfin commencer. »
Jon avait jusque là difficilement tenu lors de l'évocation de son enfance et de sa jeunesse, un peu trop élogieuse à son goût. Mais la narration de ses vils efforts contre le pouvoir tassarien était trop pour lui ; il quitta la pièce pour se réfugier dans un couloir longeant la salle. Seigen ne jugea pas nécessaire d'en faire la remarque, considérant cette sortie comme pleinement justifiée.
« Les choses furent précipitées par la fougue du cadet et par la mollesse de l'aîné. Le roi avait quatre-vingt-deux ans. Bien que ses forces ne déclinaient pas, de nombreux conseillers prenaient de plus en plus de poids dans les décisions d'Etat. Jon retrouva alors une loi oubliée, datant d'Olnubar II, dont le règne eut pour seul intérêt de durer cent-dix-huit ans – oui oui, tu as bien entendu, ça m'avait surpris aussi, ainsi que tout le peuple tassarien, j'imagine. Ce texte autorisait l'héritier à gouverner conjointement avec le Roi dès sa majorité, fixée à dix-sept ans. Malgré le désamour porté pour Elzébar, son frère lui signala le cas juridique, désireux de rétablir l'autorité royale. Le refus lui semblait tellement improbable que lorsque le plus vieux des Biens-Nés expliqua que sa vie lui convenait très bien ainsi, le plus jeune partit, sans dire un mot ; on n'allait plus jamais le revoir au château trietan.
Tous les recours légaux ayant été épuisés, on pouvait enfin passer aux choses sérieuses. Le premier plan de Jon était de faire passer son frère pour fou. Après que la rumeur eût été lancée, plutôt facilement d'ailleurs, on tenta de le discréditer à la cour, notamment en faisant disparaître certains de ses effets personnels, ou simplement en le faisant tomber, et cetera. Mais la sauce ne prit pas ; Elzébar ne se démontait jamais – montrant par ailleurs à cet effet une force de caractère dont on ne l'aurait pas cru capable -, et le peuple se disait, à juste raison, que des Rois bien moins sains d'esprit l'avaient de toute façon précédé.
Bref, les attaques contre sa santé mentale s'étant avérées insuffisantes, il fallait attenter à son intégrité physique. C'est ici que prend place le fameux épisode de la machine infernale. Tu dois en connaître les grandes lignes, j'imagine. »
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Maitre-Misha
- Posté le
19 octobre 2009 à 20:53:55

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A ce moment Kyle fit la tête la plus étonnée qu'on lui avait jamais vue. Il écarquilla les yeux d'une façon terrible, et pencha la tête en avant, comme s'il se demandait ce qu'il faisait encore là. Son interlocuteur, en fin psychologue, comprit bien vite ce que signifiait cette comique figure.
« Je vois... Ca ne m'étonne même plus, ce genre de choses... On ne t'apprend donc rien, à l'école?
- Vous savez, à l'école de la rue, l'histoire larantyne, c'est tout de même assez vite expédié...
- Certes... Je n'y avais pas réfléchi en ces termes. Bref. La machine infernale était la pièce principale d'un plan extraordinaire mis en place par le rebelle Bien-Né. A l'aide d'un cadavre maquillé, il voulut faire passez l'héritier pour mort. En cette optique, il plaça ladite machine sous le carrosse royal ; cette dernière devait en fait simplement créer une diversion par un gigantesque bruit et un écran de fumée opaque. Ces artifices devaient permettre aux partisans du cadet de substituer au corps de l'aîné le cadavre précédemment évoqué. Il aurait ainsi été considéré comme décédé, et son frère serait rentré triomphalement dans le Palais, gardant le fruit de son rapt bien au frais.
- Mais, de toute évidence, tout ne s'est pas passé comme prévu.
- Et non. Et pour cause, Joachimas ne dut plus s'attaquer à l'héritier, mais au Roi, véritable et vénéré. Arthéas venait en effet de mourir, à l'âge plus que respectable de quatre-vingt-six ans. Le nouveau Roi avait alors vingt ans, et Monsieur, frère du Roi, dix-neuf.
- Comment? Ils ne sont donc pas jumeaux?
- Bien sûr que si. Nouvel épisode rocambolesque, Arthéas III est mort le jour de l'anniversaire de ses deux fils, et même à la minute précise du premier Miracle. Toutefois, cela est purement anecdotique pour ce qui nous concerne. Ce qu'il faut savoir, c'est que notre bon Jon, quoiqu'attristé, ne s'était pas laissé démonter et avait tout de même voulut mettre son plan à exécution. Mais son frère, faisant preuve d'une intuition et d'un sens politique inimaginables, braqua les projecteurs des Services Secrets désormais à sa disposition vers le sieur Joachimas. La discrétion n'ayant pas fait partie de ses qualités premières durant cette affaire, le complot fut rapidement découvert. Un procès eut lieu, dangereusement hâté par les invectives royales. Contrairement à la plupart des événement du genre, le tribunal ne fut pas militaire, mais civil, et public ; Elzébar voulut par ce biais gagner l'appui du peuple et asseoir son autorité sur un royaume qu'il venait à peine de recevoir. La cible, homme de valeurs et de parole, répondit présent à toutes les séances, et se révéla être un accusé exemplaire, malgré toute la peur que sa stature et sa parenté provoquaient aux juges. La sentence eut lieu : sans réelle preuve, il fut condamné à l'exil à vie du palais trietan, perdit ses titres honorifiques, et même jusqu'à la citoyenneté larantyne. »
Les trois terrasseurs de méduse voulurent rejoindre le plus rapidement possible leur escorte afin de s'expliquer sur les événements choquants qui s'étaient produits. Malheureusement, ils n'y parvinrent pas ; il semblait qu'Harkus voulait à tout prix garder la même distance avec le groupe, en augmentant ou diminuant sa cadence de marche. Yosh se sentit obligé de prendre la parole afin de mettre fin à l'ambiance glauque qui commençait à sérieusement miner le moral des troupes, tandis que Shaïna, livide, ne pouvait émettre le moindre son.
« Tout de même... Jamais je n'aurais cru ça de lui. Sûrement parce que je l'ai connu tout môme, et bienheureux... Peut-être ces exactions font-elles aujourd'hui partie de son quotidien, après tout.
- Non. Je suis désolé de la ramener, mais j'ai déjà connu l'horreur. Je tiens un bar, après tout. Et bien, ces abattements, purs et simples, ne font pas partie de choses que nous pouvons supporter. De pareils actes sont inqualifiables, quelque soit leur contexte ou leur auteur.
- Tu as sans doute raison... C'est juste que j'ai du mal à y croire... Il y a sans doute une autre raison... Soit quelqu'un d'autre qui a commis ces crimes...
- Impossible. Tout porte sa trace... Tout coïncide parfaitement.
- Soit quelque chose l'a poussé à faire ça. Un état seconde, ou une puissance supérieure, que sais-je?
- Improbable. Je ne vois pas ce qui aurait eu le temps de le changer à ce point. Et la reprise de son rôle d'éclaireur prouve bien un contrôle cohérent de ses nerfs et de ses pensées. J'en suis désolé, mais ton protégé est désormais à mes yeux une raclure de premier ordre, et il me faudrait un bon bout de temps avant que je puisse le juger autrement. »
Tous les espoirs concernant un éventuel repentir des actes de l'Archer s'étaient envolés. La rigueur mathématique du raisonnement du tavernier résonna comme un coup sec et puissant dans l'esprit d'un Yosh absolument dépité. Il trouva néanmoins la force de se confier une nouvelle fois au compagnon d'armes qui se rapprochait de plus en plus, au fil des conversations, d'un véritable ami.
« Tu sais... C'était peut-être la seule chose dont j'étais vraiment fier, dans la pauvre vie que j'ai vécue... Avoir réussi à éduquer un gosse... Selon des préceptes personnels, introuvables ailleurs, j'imagine... Et encore moins chez ces gugusses endimanchés... Et je l'ai vu rire, grandir, s'épanouir... Et aujourd'hui...
- Qu'est-ce qu'il y a? Tu es déçu qu'il aie perdu ces nobles sentiments? Voyons, c'est entièrement normal, dans ce climat...
- Justement... Ne jamais se laisser entraîner par les évènements... Ca fait partie des nombreuses choses que... J'ai réussi à lui enseigner. »
Les mots étaient de plus en plus durs à prononcer. Les sanglots s'approchaient dangereusement. Mais, reprenant sa complète maîtrise de lui-même, le guerrier se contint, ferma les yeux quelques secondes et réussit à faire le vide. Tranquillement, après quelques secondes, Yuan lui glissa dans un murmure : « Tu n'as rien à te reprocher... ». Ces mots semblèrent l'apaiser, puisqu'il réussit à récupérer totalement son rôle de chef de groupe en allant réconforter leur coéquipière, qui pour sa part avait depuis quelques minutes commencé à pleurer à chaudes larmes. Posant délicatement sa main sur l'épaule de la jeune elfe, il lui chuchota quelques mots à l'oreille. La voyant relever tant bien que mal la tête, il partit à nouveau devant ses deux camarades, le regard porté vers la Capitale dont les hauts remparts commençaient à s'élever dans leur champ de vision.
Seigen était fier de lui, et néanmoins épuisé. Son exposé de la vie des Nateus et des choix dynastiques larantyns sur les trente dernières années avait été quasiment exhaustif ; la voix et les gestes utiles à ces paroles exténuèrent le jeune elfe, bien que rompu à ce genre d'effort. Le besoin de connaissance de son lieutenant n'était malgré tout pas totalement épanché.
« Très bien. Notre jeune homme est donc apatride... Cela ne l'oblige tout de même pas à devenir Résistant, si?
- Oh, je t'en prie... Voilà une heure que je discoure quasiment sans interruption. On en parlera un autre jour...
- Ah ! C'est facile, ça. J'arrive avec des questions claires et précises, et vous me fournissez une réponse complète, mais sur un autre sujet. J'ai le droit de m'énerver un tantinet.
- Alors, de une, tu n'as pas le droit à quoi que ce soit. Ici, le droit, c'est moi, et je suis celui qui ordonne, ne l'oublie pas. De deux, tes énervement, je me les taille en hachis et je les jette aux chiens, vu? »
Kyle fit un minuscule ''oui'' de la tête, les mots étant restés coincés dans sa bouche. Il n'avait que très rarement vu son général dans un tel état ; de plus, celui-ci n'avait pour une fois pas l'air de plaisanter. Heureusement, il se calma bien vite, et se résolut à reprendre un ton un peu plus guilleret.
« Enfin, tes objections ont quand même le mérite d'être à peu près justifiées. Il me faut donc te narrer la vie que vécut notre hôte après sa sanction. Les premiers mois, il vivotait, ne pouvant trouver de travail décent et régulier. Ainsi, il passa d'ébéniste à poissonnier, ou encore à serveur dans un bar, avant d'être à chaque fois découvert et conspué. La population lui en voulait beaucoup d'avoir voulu attenté à la vie de son frère ; personne ne put en effet croire à cette histoire de ''machine infernale qui ne tue même pas''. Quelques années passèrent de cette manière, pendant lesquelles la vocation de Jon se fit sentir de plus en plus fort : il voulait devenir soldat. Mais s'enrôler dans l'armée larantyne lui était chose impossible. Quand à l'armée voisine d'El'Tassar, son coeur la lui rendait foncièrement antipathique ; le ressentiment entre les deux pays ne date pas de cette guerre, évidemment.
C'est alors qu'il entendit parler de notre mouvement. Un mouvement jeune, indépendant, plein d'avenir, et parfaitement en accord avec ses convictions. Les premières rencontres avec nos généraux ne furent pas décisives. Ces derniers ne voyaient pas l'intérêt d'enrôler un paria du pays voisin. Mais quand je pris le contrôle des opérations, je sentis tout le potentiel d'une telle alliance, et d'un tel allié. J'employai donc le bonhomme, afin de me seconder en certaines tâches, et pour quelques missions à risque, au cours desquelles j'eus le plaisir de le voir s'épanouir pleinement. Et ,en plus de ça – je profite de son absence pour te le dire - , ses relations et ses connaissances en Larantys me permettaient d'en savoir un peu plus sur le pays. »
L'exposition de faits le concernant d'un peu plus près mit Kyle en confiance, et la curiosité le poussait à poser une nouvelle question. On pouvait toutefois sentir à son intense effort de réflexion qu'il pesait chaque mot ; il n'aurait pas voulu vexer à nouveau son chef, l'expérience lui ayant été quasiment traumatisante.
« Pourquoi, à la limite, ne pas nous avoir prévenus de son existence, depuis tout ce temps?
- Oulah... Et bien, dans ma tête, vous ne faites pas partie du même plan. J'ai créé dans les égouts que nous fréquentons si assidûment un système empreint d'une forte hiérarchie pyramidale. Je suis bien évidemment en haut, puis mes lieutenant, après mes troufions supérieurs, ensuite mes troufions de base et enfin ces idiots de civils. Tout le monde se connaît, et chacun sait à peu près se situer par rapport aux autres. Par contre, Jon, je ne peux pas le situer dans ce bazar. Sous mes ordres, et pourtant fils et frère de Roi ; rejeté, et amoureux de Larantys ; jeune, et si expérimenté. Empli de contradictions et de valeurs propres, je ne peux décemment le compter parmi les rangs résistants. C'est un extraordinaire extra, pouvons-nous dire.
- Je vois... Mais alors, pourquoi me le présenter maintenant? Qu'est-ce qui a changé?
- Voyons, tout a changé ! Tu sais que j'essaie d'appliquer de nombreux préceptes à mon action politico-militaire. En voilà un que tu devrais loger dans un coin de ton risible cerveau : ''Garde autant l'oeil sur tes amis que sur tes ennemis''. Je commence à bien connaître El'Tassar, et voilà que je me retrouve allié à Larantys. Et qui est-ce que je sors de mes bagages? Le frère du Roi larantyn ! Et paf. Il était difficile de trouver mieux, avoue.
- C'est vrai qu'à part le Roi lui-même, vous avez eu du bol. Et donc, nous allons commencer à lutter ensemble. Résistants à une monarchie, main dans la main avec un quasi-monarque, à quelques minutes près. En plus, ça a quelque chose d'ironique.
- T'as tout compris, mon gros. »
A ce moment, la fameuse porte dérobée sonnant sur la ville s'ouvrit, à la grande surprise de Kyle, qui ne pensait vraiment pas pouvoir être dérangé de ce côté-là. Il s'attendait encore moins à en voir sortir le principal sujet de la péroraison de son chef ; bien qu'habitué aux passages secrets, il ne pensait pas que leur hôte en dissimulait un dans cette maison. Celui-ci, en parfait maître de maison, prit la parole après avoir disposé de la nourriture à chacun des convives autour de la table.
« Bien. Maintenant que les présentations sont faites, nous pouvons peut-être nous mettre au travail. »
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Maitre-Misha
- Posté le
31 octobre 2009 à 11:46:38

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Bon, allez, je vais me justifier maintenant.
Déjà, ça me permet d'upgrader la skill "amour de l'histoire" et la skill "raconteur de baratin" pour notre bon Seigen. On le connaissait combattant, manipulateur, général en chef, nous le connaissons maintenant chroniqueur. Je développe un peu le personnage, en quelque sorte.
Ensuite, mon narrateur, qui est une grosse feignasse, veut bien raconter les actions qui se passent quand il parle, mais l'histoire, ça le fait un brin chier. Alors il la met dans la bouche d'un personnage, ici, Seigen. Il trouve que ça rentre mieux dans l'histoire racontée depuis le début que ce soit un protagoniste qui raconte l'histoire des terres larantynes et tassariennes. C'est pas de ma faute, mais je suis d'accord avec lui sur ce point.
Et enfin, ça me permet de faire un truc "pas trop chiant", en faisant parfois interagir Seigen avec Kyle ou Jon. Comme ça, ça rend une narration un peu "plate" plus vivante. Enfin, bref, c'est de la construction en carton pâte, mais voilà.
Je voulais développer le background de certains personnages et des terres larantynes, et je n'ai rien trouvé de mieux pour le faire
Voili voilou. Cette justification n'était pas un up caché
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Liquid59
- Posté le
25 novembre 2009 à 22:49:58

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Je tenais juste a dire ceci en attendant mon commentaire global
"Vous seul être une pourriture finie" ( chapitre 15 )
digne de mes plus grosses fautes de frappe, bravo
XD
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Maitre-Misha
- Posté le
26 novembre 2009 à 07:08:21

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Hmmm hmmm...
Ouais. Si je me rappelle bien, j'ai changé la construction de la phrase...
Bref. Merci de me montrer ça. C'est pas une faute de frappe, c'est juste une faute de relecture. Hihi.
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Liquid59
- Posté le
27 novembre 2009 à 21:12:41

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Je me permets avant mon commentaire global de signaler ceci :
« Vous voulez que je vous dise quoi? Je ne fais que suivre des ordres, je n'y peu rien s'ils vous déçoivent. Vous avez passé toutes les épreuves avec brio, je vous félicite, vous remet votre dû, et c'est marre. Je ne vois vraiment pas pourquoi on devrait discuter des heures. »
Rien compris
Peux tu m'éclairer sur le sens du "c'est marre " ?
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Maitre-Misha
- Posté le
27 novembre 2009 à 22:27:48

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Ah, euh, oui, je ne sais pas si cette expression est courante. "c'est marre", ça veut dire, en gros, "et c'est tout", mais en plus familier.
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Liquid59
- Posté le
27 novembre 2009 à 22:30:31

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D'accord je comprends mieux
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Sujet : « Fanfic : Chroniques d'une (dé)génération »
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