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Kratos18
- Posté le
23 mars 2009 à 20:52:31

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Comme tu le sais mes commentaires ne sont jamais très pertinents ni très long, et malheureusement celui ci ne dérogera pas à la règle...
J'ai quand même adoré ce chapitre même si j'ai peiner à comprendre à certains endroit du fait que je n'avais plus le début en tête!!
Bonne continuation
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Maitre-Misha
- Posté le
28 mars 2009 à 19:02:43

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Liquid
Ouais. Il faut bien que je te donne un peu de boulot moi aussi ^^
Kratos
Ne bave pas partout s'il te plaît, j'ai passé du temps à nettoyer ce topic
Merci beaucoup pour ce commentaire, même si il n'est effectivement pas très détaillé. Je comprends parfaitement ton problème, j'avais le même à la lecture de la fic de Kirby, à l'ancienne de Liquid, et l'ai toujours à la lecture des fics que je lis actuellement. Le problème, c'est que j'écris comme j'écrirais un livre. Donc je ne peux pas vraiment me permettre de faire un résumé de ce qu'il s'est passé à chaque début de chapitre.
Au final, j'imagine bien que c'est assez chaud à suivre, qu'il faudrait remonter à quelques chapitres en arrière parfois pour tout comprendre, et j'en suis désolé. Je recherche parfois trop le style au détriment de la compréhension. Je devrais m'astreindre à me mettre à la place du lecteur, mais j'ai du mal ^^"
Merci donc de me remettre en question XD
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Maitre-Misha
- Posté le
29 mai 2009 à 21:42:07

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Ah ouais.
Trois mois, quand même XD
Bon. Je m'y remets, dès maintenant. Début du mois prochain, j'aurais certainement fini le prochain chapitre. Si des gens suivent régulièrement cette fic, je m'excuse auprès d'eux, bien que d'excuses je n'en aie aucune. Je suis juste... Ben... Fainéant en fait x)
Donc, désolé, je m'y mets ^_^
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[Nevada]
- Posté le
29 mai 2009 à 22:20:23

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Je ne pense pas que tu sois aussi fainéant que tu le dis, si tel était le cas, cette fic serait bâclée alors qu'on remarque bien qu'elle est très aboutie.
J'aime beaucoup les répliques personnellement, je me surprends à rire tout seul.
Bon courage pour la suite.
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Maitre-Misha
- Posté le
29 mai 2009 à 23:53:15

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Merci beaucoup, c'est très sympa ^^
Je dis que je suis fainéant pour le rythme d'écriture. Pas pour l'aboutissement des chapitres. En fait, il faut surtout que j'écrive plus souvent, et ça devrait aller un peu mieux en productivité (mot absolument horrible par ailleurs).
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Kratos18
- Posté le
12 juin 2009 à 19:24:43

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La suite pour bientôt ?
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Maitre_Misha
- Posté le
12 juin 2009 à 20:42:28

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Kratos
J'ai les idées, j'ai commencé. En bref, j'ai fait le plus dur.
Maintenant, j'ai le comme de Liquid à faire, j'ai des occupations quasi IRL (si, si
). Mais j'avance un peu toutes les nuits ^^
La suite pour dans une semaine, environ.
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Maitre-Misha
- Posté le
19 juin 2009 à 07:09:40

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1 bon tiers de chapitre de fait. Toutes les idées complètement en place. Une autre partie de chapitre écrite au brouillon à la main. Je ne peux pas juger complètement, mais encore un petit délais obligatoire.
En tout cas, une semaine après mon dernier post, je ne peux proposer le nouveau chapitre. J'en suis désolé ><
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Maitre-Misha
- Posté le
2 juillet 2009 à 23:41:39

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Chapitre 18 : Formation.
« J'ai été chargé de vous accompagner pour le retour de votre périple. Mademoiselle Aegis, Seigen vous attend. »
Les trois compagnons ne purent prononcer un mot durant un temps, tant leur surprise était grande. Pouvoir observer en personne le dernier descendant direct connu des Héros était un honneur partagé par quelques rares privilégiés ; mais l'avoir comme escorte était une chose définitivement impensable. Shaïna se demanda quelles duperies son frère avait encore dû inventer pour pouvoir ainsi dicter ses volontés. Elle savait à quel point le fait de rencontrer Harkus tenait à son cœur de pauvre orphelin autodidacte. En plus de vouloir approcher l'Elu, comte de Meltokio, grand Cardinal de Sa Majesté, ''seul rempart susceptible de contrer l'éventuel retour du Chaos'', le jeune elfe était très curieux de connaître le militaire Wilder. La naissance d'un Descendant était tellement voulue et attendue par tout le peuple tassarien que le jeune arrière arrière petit-fils de l'illustre Zélos et d'une magnifique elfe adorée de tous passa son enfance à manier les armes pour devenir un guerrier accompli, à même de se défendre contre des complots si fréquents. Ainsi, son vif don pour les armes de jet fut développé à son maximum, dans le but de rendre l'Elu très efficace à distance. Il s'avéra bien vite que l'acuité n'était pas le domaine dans lequel il excellait ; quelques gardes d'élite du château de Meltokio le dépassaient à ce niveau. Par contre, l'entraînement si intensif et si régulier auquel il était astreint le rendirent extrêmement rapide pour décocher une flèche et viser sa cible. Sa musculature devint également au cours de ces séances journalières assez remarquable, lui octroyant une puissance de feu phénoménale pour une arme aussi banale et courante. Lorsqu'un de ses projectiles atteignait une personne, la probabilité qu'elle meure était maximale jusqu'à cent mètres de distance. Le seul problème était donc pour lui la précision de visée. Pour remédier à cela, l'entraîneur personnel d'Harkus – engagé à plein temps pour le former, le protéger et surtout le surveiller, et qui était remplacé tous les deux ans - comprirent bien vite qu'il lui suffisait de se rapprocher de sa cible jusqu'à une portée convenable pour son regard, quelque peu fatigué par la répétitivité de son quotidien. Ce rapprochement était possible grâce à une technique très poussée de camouflage et d'infiltration, permettant une proximité rapide et insoupçonnable.
C'est dans cette optique que le jeune Harkus, alors âgé de treize ans, dut s'établir pendant deux longues années dans le village de Mizuho. Les sages de la contrée connaissaient en effet le véritable art du silence et de la discrétion, si bien que personne ne se souvenait de leur existence. Personne, sauf évidemment les dirigeants tassariens – on soupçonnait même à l'époque que certains de ces dirigeants venaient du village oublié. Les anciens, qui avaient une dette envers Meltokio, hébergèrent sans aucun soucis le Descendant, et furent même heureux au bout de quelques mois de connaître un élève si effacé et si désireux de bien faire. Les remontrances n'étaient alors plus de mise. Seules l'efficacité et le respect étaient de rigueur dans cette nouvelle voie. Le respect, tous l'avaient, l'élève envers les maîtres, les connaisseurs envers le prodige. L'efficacité, elle, s'imposa étonnamment vite, même aux yeux des formateurs de plusieurs générations de héros des guerres précédentes. A seulement quinze ans, Wilder avait appris tout ce que l'art de la guerre mizuhan pouvait lui inculquer. Le village vit alors partir un des rares étrangers à avoir connu la chance de devenir un de ses membres, de l'avis de tous.
Ces événements étaient connus dans tout El'Tassar – Larantys ne s'occupant de toute manière pas de la destinée du héros lointain. Le pays était friand de nouvelles en tout genre concernant Harkus, et lorsqu'une petite humaine brune arriva dans Meltokio en affirmant qu'elle connaissait cet adolescent donc les photographies d'enfant fleurissaient dans la ville, elle devint vite une attraction phénoménale. Si le monde extérieur connaissait très mal Mizuho, les mizuhans - et les mizuhanes – étaient eux tous au courant des évènements planétaires, bien qu'ils n'y prêtaient que très peu attention. Ainsi, alors que le chemin inverse semblait impossible, le départ de Mizuho vers les villes plus ouvertes n'était pas exceptionnel. L'attrait d'une vie plus simple et d'une gloire possible intéressaient les jeunes gens du village, parfois dépassé par ses valeurs autoritaires. Leur destin n'était d'ailleurs pas toujours rose ; le sens de l'honneur et cette origine quelque peu étrange ne convenaient pas dans l'optique de mener une vie citadine. Malgré tout, les détails de l'arrivée dans le village de Harkus et de son traitement spécial furent donc égrainés dans les journaux de Meltokio, puis de la province. L'immigrante mizuhane put ainsi bénéficier d'une notoriété énorme durant quelques temps. Grâce à ces révélations, la renommée déjà énorme du Descendant devint extraordinaire, teintée d'une aura mystérieuse , amplifiée par sa réclusion des années suivantes, et par l'absence totale de ses apparitions en public.
Si leur sauveur s'était révélé être un parfait inconnu, la surprise des trois combattants aurait déjà été grande. Alors que leur parcours avait été jusque là on ne peut plus semé d'embûches, l'arrivée de ce soutien n'était pas réellement prévisible. En outre, leur état de fatigue avancé et la rapidité d'exécution de leur libération aurait aisément pu les amener à penser à un événement de type surnaturel ou, en tous les cas, incompréhensible. Les quatre flèches plantées dans les organes vitaux des quatre gardes gêneurs à cette vitesse étaient inexplicablement lancées par un seul arc. Ce sauveur devait donc susciter pleinement l'admiration, et ce quelle que fût sa personnalité. Mais, dans la cas présent, sa personnalité était connue, et de quelle façon, par Yosh et Shaïna. Cette dernière, comme de nombreuses filles de son âge, était tombée sous le charme de l'énigmatique archer. Lui vouant une admiration qui semblait sans limite, elle collectionnait fébrilement les images de chacune de ses apparitions publiques, chose impossible depuis déjà quatre ans, à son grand regret. Leur âge identique de dix-huit ans contribuait à renforcer son sentiment de proximité envers un être qu'elle n'avait en fait jamais vu directement.
Quelle ne fût pas sa surprise de voir s'avancer de quelques pas son compagnon d'alors vers son idole de toujours, afin de prononcer, en guise de salut :
« Heureux de vous revoir, Wilder. »
L'évasion de Myrian Ampryon eut un effet assez étrange sur son geôlier. Tout d'abord, comme à son habitude, il se fendit en boutades joyeuses et enlevées pour commenter les événements. Puis, progressivement, son caractère enjoué se transforma en une colère de moins en moins contenue. Trépignant, ses joyeuses boutades se changèrent en énervements désespérés, et ses pauvres lieutenants, réunis en urgence, en firent rapidement les frais. Alors que l'erreur n'incombait finalement à personne, sinon à l'habileté intrinsèque du captif, l'elfe trouva le moyen de rejeter la faute sur chacun de ses collaborateurs.
« Bien. Résumons la situation en quelques mots. Nous avions un unique atout en main, en la personne du ministre de la sûreté, ce qui n'est tout de même pas rien. Or ce formidable avantage , par votre faute – et surtout la tienne, pauvre incompétent de Kyle -, nous l'avons perdu. Sans votre passivité, qui me dégoûte un poil, nous ferions chanter tout ce que nous aurions voulu, et même danser, à ma guise ! Passons là-dessus. Il est des choses qu'il est préférable d'oublier, et au plus vite. Désormais, ce que les autorités du pays n'ont peut-être pas vraiment compris, toutes réjouies qu'elles sont, c'est que je repars à l'attaque ! »
Après avoir commencé son discours d'un ton rapide et énervé à la fois, le temps de la révolte semblait tout à fait correspondre aux dernières paroles de Seigen. Ses mots devinrent plus posés, pour insister sur les points qui méritaient une attention particulière. La lueur revivant dans ses yeux après cette courte lassitude assez inhabituelle fit se réjouir ses auditeurs. L'inaction en général pesait sur les lieutenants résistants, qui lui préféraient l'intense bataille, à laquelle ils allaient sans aucun doute avoir droit selon les dires de leur chef.
« Vous devez tous connaître la terrible situation dans laquelle nous nous trouvons et l'horrible conflit qui en découlera. Et bien, c'est dans ce conflit que toute notre ardeur au combat va se jeter. Les différents affronts que j'ai essuyés dernièrement et notre situation tactique avantageuse me poussent à cette extrémité que j'ai, croyez-le bien, mûrement réfléchie. »
Des murmures semblèrent devoir obligatoirement s'élever dans la modeste salle de réunion. Bien que l'information de la guerre entre El'Tassar et Larantys fut en effet vite répandue, on n'était pas convaincus de la voie qu'allait suivre la cause dans les égouts meltokians. On se demandait quels étaient les sentiments du chef à cet égard, avant de commencer le préparatifs éventuels. Ainsi donc, après un court moment de répit, le chef décidait-il de prendre pleine part à l'action, et d'engager personnellement le fer. Laissant la rumeur – qui provenait en majeure partie de Kyle, le plus expansif et curieux des lieutenants – retomber d'elle-même, il continua :
« Ma lutte contre le gouvernement d'El'Tassar ne pouvait en aucun cas laisser passer cette trop belle occasion. La guerre me permet de devenir à nouveau, et même plus que jamais, ''l'ennemi de l'intérieur''. Le front entre les deux pays se trouve renforcé par une brèche interne qu'ils ne pourront jamais colmater. Les Larantyns ont gagné un allié de choix, et le plus beau, c'est qu'ils n'en sauront à priori jamais rien. De toute façon, notre action ne vas différer du tout au tout. Les explosions continuent, les sabotages ont toujours lieu aux mêmes endroits, et les enlèvement concernent les mêmes personnes. Mais alors que les dirigeants tassariens auraient pu espérer une trêve de guerre, une union sacrée, nous reprenons, et de plus belle ! Et cette fois, ce n'est plus une épine qu'ils auront dans le pied ; c'est un poignard que nous leur planterons violemment dans le dos ! »
Une clameur d'approbation parcourut la salle lors de ces derniers mots, semblable à celle qu'aurait provoqué l'annonce d'une promotion tant attendue. Seigen savait électriser les foules, et ses lieutenants ne formaient pas un public plus difficile qu'un autre, surtout quand on leur parlait de la grandeur d'une bataille. Cependant il préféra cette fois les faire taire, d'un geste de la main, afin de continuer son discours plus calmement. On pouvait sentir une émotion non feinte lorsqu'il reprit la parole.
« Ils m'ont connu tacticien. Ils m'ont connu meneur d'hommes. Cette fois, ils rencontreront le général ! Je leur montrerai à quel point leurs écoles pseudo-militaires sont inutiles. Ils verront qu'un elfe qui s'est élevé tout seul peut donner des leçons à n'importe qui ! Et cette leçon que je leur infligerai leur sera douloureuse, croyez-le bien. Les hommes que j'ai créés, les positions que j'ai défendues, toutes les actions que j'ai entreprises depuis mes débuts conflueront vers cette nouvelle mission, ébauche d'une nouvelle ère.
La lutte sera dure. La lutte sera longue. La lutte sera sans doute meurtrière, pour bien des nôtres. Mais la lutte sera belle. L'engagement sera total, dans chacune des factions. Seule comptera la victoire. Et elle passe par l'anéantissement sans équivoque de tous les fondements qui constituaient El'Tassar auparavant. »
Cette fois-ci, tout était jeté. Les bases, si instables qu'elles fussent, de l'une des plus grandes guerres que le monde ait jamais connues étaient posées. Le terrible affrontement allait pouvoir commencer, et avec lui tout le cortège d'atrocités inhérent à la volonté farouche des acteurs concernés. Un à un, ces acteurs s'étaient prononcés, et le dernier à le faire officiellement était peut-être l'élément le plus digne d'être considéré. Toujours plus ému, le général des opérations résistantes conclut, la voix vibrante :
« Et pourtant... J'aime mon pays. »
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Maitre-Misha
- Posté le
2 juillet 2009 à 23:41:54

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« Euh... Ouais, on m'explique un peu là? »
Le nom de Harkus Wilder était connu de Yuan, grâce aux nombreuses discussions qu'il entendait dans son établissement, relativement proche d'El'Tassar. Néanmoins, son visage ne lui était pas familier, et sa renommée n'avait pas dépassé les frontières. Ainsi, ce personnage troubla le tenancier qui aurait pu s'occuper du poste-frontière, selon ses dires, ''seul, une main dans le dos et les doigts dans le nez''. De plus, les salutations de son camarade l'avait laissé pantois. Mais son trouble n'était absolument rien comparé à celui de sa jeune coéquipière. Non seulement elle rencontrait pour la première fois le demi-elfe qui hantai ses rêves, mais en plus elle s'apercevait qu'un homme aux côtés duquel elle avait combattu le connaissait personnellement.
Ce point fut éclairci tout de suite après la question posée par Yuan. Harkus fit un petit signe de tête, si insignifiant qu'il serait passé inaperçu si le Descendant n'était pas aussi scruté de toute part. Sans aucune autre parole pour le nouvel arrivant, Yosh, qui ne semblait pas vexé qu'on ne lui ait pas répondu, se sentit obligé de fournir de brèves explications aux autres membres du groupe.
« Comme vous avez pu vous en apercevoir, je connais ce monsieur. Nous avons eu l'honneur de nous fréquenter il y a de cela quelques années. Il était tout de même plus loquace à l'époque. Il n'empêche, son mutisme d'aujourd'hui est compréhensible. Je ne m'explique par contre pas bien son impolitesse. »
L'archer était effectivement déjà reparti, s'octroyant de ce fait, un rôle d'éclaireur bien loin des troupes principales. Shaïna, quant à elle, reprenait peu à peu ses esprits, commençant même à respirer normalement. Voyant son intrus préféré déjà hors de portée, elle se mit en tête de harceler l'intriguant épéiste du groupe, toujours curieuse et plus que jamais impatiente. Cette impatience ainsi que son émotion si intense lui valurent par ailleurs bien des bégaiements et hésitations durant cet interrogatoire en règle.
« Co... Comment tu... Le connais?
- Bah. C'est une vieille histoire. Je ne pense pas que ça t'intéresse tant que ça.
- Pardon? Tu.. Tu plaisantes, c'est ça? Tout... Absolument tout ce qui le concerne m'intéresse. Ses projets pour l'avenir, les secrets de sa jeunesse... Le nom de son coiffeur même. Tout, je te dis. Je veux tout savoir.
- Calme-toi. Si j'ai bien compris, je ne pourrais pas t'échapper, c'est ça l'idée?
- Je crois que je te poursuivrais pendants bien des semaines pour connaître ton lien avec... Lui. »
La jeune fille prononça ce dernier mot en tremblant quelque peu, dans un soupir. Les étoiles dans ses yeux et son regard dans le vague en disaient au moins autant que son discours, parfois inintelligible. De toute façon, n'importe qui, même avec un cerveau en mauvais état de marche, aurait pu comprendre quels sentiments la traversaient. Ils transparaissaient dans toutes les phrases, les postures, ou dans les quelques lapsus de l'elfe.
« Bien. Nous nous sommes connus il y a environ six ans, je pense. Non, sept. Il avait onze ans. Je faisais une pause dans ma carrière de soldat, qui devait s'avérer totale. Normalement, je n'aurais jamais dû en avoir, n'ayant commencé mon deuxième service que huit ans auparavant. Comme tu le sais, l'engagement militaire dans notre pays est de dix ans. J'en avais déjà effectué un complet, avant de me réengager, jusqu'aux huit ans dont je viens de parler. Alors, en ce cas... »
Sans rien en dire, mais en le mimant d'une manière pour le moins impertinente, Shaïna trépignait. Son impatience atteignait un paroxysme que même elle pensait impossible. Elle tapait des pieds et faisait une moue vraiment improbable. Malheureusement pour elle, son interlocuteur ne se rendait compte de rien, parti volubilement dans son petit discours improvisé.
« Donc, on m'accorde cette pause. J'ai d'abord pensé que c'était pour mes beaux yeux ; idée à laquelle j'ai tout de même vite renoncé. Ensuite, je me suis dit que ça pouvait venir de ma valeur au combat. Les quelques âmes que j'ai sauvées à la guerre ou les hauts gradés que j'ai fait monter en grade avec mes unités respectives auraient pu m'être reconnaissantes, après tout. Et puis, après tout cela, une retraite anticipée ne devait pas sembler si incongrue. Malgré ma carrière tumultueuse, j'étais optimiste, voire naïf. Le lendemain même de l'accord de mes supérieurs, j'ai reçu la visite du Roi. Oui, parfaitement, le Roi, en personne, pour un tête-à-tête. Enfin, un tête-à-tête, n'exagérons rien. Il était avec une bonne dizaine de gardes et quelques ministres. Tout ça dans mon immeuble. Je ne vous raconte même pas la tête des voisins.
- Non, ne nous le raconte pas, merci ! »
Shaïna et Yuan s'étaient désormais ligués contre Yosh pour enfin connaître l'ultime dévoilement. Bien que le magicien ne comprenait pas tout ce qui se disait, sa curiosité faisait le reste pour en faire un homme d'une impatience là aussi exceptionnelle. Le tassarien, qui venait de poser les yeux sur ses auditeurs, commença à prendre peur en voyant ses compagnons quasiment prêts à le frapper pour le faire se dépêcher. Insensiblement, il s'éloigna peu à peu, tout en continuant à marcher loin derrière Harkus.
« Sa majesté ne daigna même pas m'adresser la parole. Alors que je proposais du café à tout le monde, en maître de maison poli que je suis, le ministre de la garde-robe du Roi – ou quelque chose dans le genre – m'intima l'ordre de me taire et d'écouter. Un homme à tête mince, au crâne dégarni et à petites lunettes rondes vint plus près de moi, et sortit un feuillet d'une petite pochette en cuir marron. Il me rappelait furieusement les gentils élèves qu'on tapait à la récréation dans notre jeunesse...
- Quel rapport avec mon Harkus?
- J'y viens, ne t'inquiète pas. Ce cher monsieur a tout d'abord tenu à me décliner ses qualités. Je ne vous les énumérerai pas dans le détail, c'était plutôt long et assez technique. J'ai bien compris que c'était une sorte de spécialiste très habile, du genre à agir dans l'ombre, tout en bénéficiant d'une importance capitale. C'est après ça qu'il m'a confié son rapport avec ''ton'' Harkus : c'était son austère nounou. Il réalisait son programme de tous les jours. De tous les instants devrais-je dire. C'était impressionnant. Heure par heure, toutes ses actions étaient indiquées. Lever, entraînements, repas... C'était tout juste si les passages aux toilettes n'étaient pas notés. En fait, ce n'était plus un programme. C'était quasiment la conduite à suivre. Plus aucune place à la liberté, à l'indépendance... »
La Résistante était terrifiée de connaître la réelle existence de son demi-elfe bien aimé. Elle qui n'avait aucune contrainte à ses plaisirs, et qui pouvait faire ce qu'elle voulait dans l'espace de son pouvoir, ne pouvait comprendre cette voie imposée. Pire, elle trouvait ça inhumain, contre les plus simples libertés fondamentales obligatoires à laisser aux enfants. A onze ans, cette vie encore plus contraignante que celle d'un adulte plein de responsabilités lui semblait ahurissante de bêtise et de cruauté.
« Je ne me fis pas prier pour exprimer ma façon de pensée sur cette pratique. On me fit taire très vite, et très facilement, pour me faire comprendre que je devais m'occuper seulement de ce qui m'importait. Et ce qui m'importait concerne notre éclaireur adoré. En dépit de ce que j'ai dit auparavant, mes hôtes connaissaient mes exploits et m'en avaient tenu rigueur. Ils pensaient que j'étais une sorte d'esthète, un scientifique de la bataille, un adorateur du beau combat. Je n'ai pas eu le temps de réfuter tout cela que l'on m'expliqua la raison réelle de cette intrusion à mon domicile : je devais devenir pendant deux ans l'entraîneur personnel du jeune Descendant. »
Shaïna s'arrêta de marcher, bouche bée, incrédule. Elle avait du mal à croire ce que l'épéiste venait de raconter. Se reprenant quelques secondes après, elle secoua la tête pour se remettre totalement les idées en place. Il ne lui restait plus qu'à encore questionner, étant donné que n'importe laquelle de ses réflexions n'aurait en aucun cas pu guérir sa perplexité.
« Alors... Là, comme ça, tu m'apprends que d'un seul coup... Je connais le mentor de mon cher et tendre?
- Mentor, c'est un bien grand mot. Déjà, j'y suis allé quelque peu à contrecœur. La pédagogie n'a jamais été mon fort, tu t'en es peut-être aperçue. Et puis, franchement, j'avais autre chose à faire que de m'occuper d'un mioche, si connu qu'il fût. Bizarrement, ce n'est qu'à ce moment que j'ai entraperçu la force de persuasion de notre bon Roi. Quand j'ai opposé mon refus, il s'est levé, et, de toute son imposante stature, il m'a regardé, condescendant, moi qui étais assis. C'était l'une des premières fois que je me suis senti petit, faible. Alors qu'il tournait les talons pour partir, toujours sans un mot, le chauve technocrate me jeta un regard noir. Je me suis senti obligé d'accepter.
- En même temps, personnellement, je ne vois vraiment pas comment tu aurais pu refuser.
- Oui, et puis devenir le guide de la personne la plus en vue de votre royaume, c'est plutôt pas mal comme poste.
- Je sais ce que vous vous dites. ''Oh, pour qui il se prend, l'autre, là, à refuser une offre royale?''. Certes. Je vous rappelle tout de même, pour mémoire, que je revenais de plusieurs guerres plutôt éreintantes. Et puis, même si j'avais éprouvé une quelconque sympathie pour mon futur protégé, je savais que je ne nouerais aucun lien privilégié avec lui, contrairement à ce que tu disais Shaïna. Et quand j'ai accepté, sans trop réfléchir, j'ai bien compris que ce n'était pas un petit job à la légère. Je ne le voyais qu'une ou deux heures par jour, et tout était planifié au plus haut point. Je devais lui enseigner chaque semaine quelque chose de différent, avec un thème particulier. Si j'avais étudié mes techniques de bataille, j'aurais peut-être pris du plaisir à faire tout cela, en vision de spécialiste. Mais là, franchement, non. »
Désormais Yosh ne parlait plus que pour le tavernier - qui constituait par ailleurs un auditoire amplement suffisant. L'elfe n'écoutait en effet plus ces propos, étant partie un petit peu plus en avant. Elle regardait, sans n'esquisser plus aucune trace de réflexion, son demi-elfe, déjà parti assez loin. En fait ses pensées n'étaient pas non plus à le rejoindre. Elle le suivait, simplement. Son état était quasiment végétatif, à mi-chemin entre la passion et le coma, et entre son compagnon rêvé et ses compagnons réels. Le dialogue entre les deux hommes bombardés experts en armes continua, malgré cette effluve de bons sentiments.
« Donc toi aussi tu es autodidacte.
- Non, je ne dirais pas ça. J'ai eu un maître, moi aussi. Complètement paumé, mais qui avait tout compris. Bref. Je ne suis pas un autodidacte. C'est juste que théoriser tout cela, ça ne m'intéressait pas du tout.
- Et donc, tu n'as pas sympathisé avec lui?
- Bizarrement, si. Je l'ai connu extraverti, sympathique, et surtout vif et intelligent, pour un gamin.
- Euh, on parle bien de la même personne là? »
Yuan désigna de fait un demi-elfe plutôt taciturne, et, autant qu'ils puissent en parler à cette distance, très peu souriant.
« Oui, je sais. Tu ne peux pas comprendre. A cette époque, il ne comprenait pas totalement toute la pression qui reposait sur ses épaules. Son insouciance était vraiment belle à voir. Même pour moi, qui suis vraiment pas fan de tout ce qui a moins de quinze ans. On peut pas discuter avec des gens si jeunes. Lui, par contre... Il savait s'y prendre pour m'intéresser, le bougre. J'ai rarement autant discuté en travaillant. Et toutes les questions qu'il me posait, à chaque nouvelle technique que j'essayais de lui apprendre... C'était beau à voir.
- Tu es presque touchant en parlant de votre relation.
- Oh, ça va, ne te moque pas. J'ai réussi à lui inculquer de nombreuses choses. Et tout ça dans une bonne humeur qu'il n'a pas vraiment dû retrouver depuis, j'ai l'impression. Ses entraîneurs suivants, je suppose... »
Une vague de tristesse mélancolique secoua les deux hommes, qui, discutant, avait déjà parcouru un long chemin. Pensant au gâchis qu'avaient effectué les dirigeants tassariens, tous les quatre continuèrent leur chemin jusqu'à la capitale sans autre incident que le silence enveloppant le groupe.
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[Nevada]
- Posté le
5 juillet 2009 à 21:13:26

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Merci pour ce chapitre Misha.
continue ainsi.
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Red_Thunder
- Posté le
5 juillet 2009 à 21:14:48

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Tiens, tu me fais penser que je devrais finir de lire.
Voilà, tu peux poster sans crainte de quintuple poster.
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Maitre-Misha
- Posté le
5 juillet 2009 à 21:22:20

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La seucla. Je suis aimé. Je l'avais toujours dit
Je voulais juste m'exprimer un peu sur ce dernier chapitre. Non, parce que je l'avais posté vite fait, juste avant d'aller me coucher.
En fait, en même temps, ce qui est bizarre, c'est que j'ai eu du mal à l'écrire mais en même temps j'y ai pris du plaisir.
Pour une fois, je ne m'amuse plus qu'avec les dialogues, mais aussi avec les descriptions des humeurs des personnages, et autres. Je joue des figures de style, je paraphrase, je métaphore... Enfin, bref, j'ai joué avec les mots, donc avec les phrases ,donc avec tout ce chapitre.
Ce post était en fait un peu inutile, je m'en aperçois maintenant. Mais je voulais donner mes impressions.
Bonne lecture à tous, merci à vous ^_^
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Red_Thunder
- Posté le
5 juillet 2009 à 21:27:12

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Oh! Misha s'est amusé.
Ton post a transcendé mon inutilité naturelle. Bravo, je te remet séant la Noie d'Honneur, puisses-tu la porter fièrement et l'arborer envers et contre tous, afin de représenter la nouvelle élite intellectuelle de ce beau forum. Ou te taper la honte de ta vie, c'est selon.
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Maitre-Misha
- Posté le
6 juillet 2009 à 22:57:48

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Non, en fait, ça m'a "amusé" n'était pas le bon terme. Disons plutôt que ça m'a "plu".
Mais c'est seulement sur certains passages. Parfois, en essayant de glisser une ou deux références que peut-être mois seul arriverais à comprendre. Ou alors, en comparant deux choses n'ayant absolument rien à voir... Bref, du plaisir à l'écriture.
Par contre, sur bien des passages de ce chapitre, j'en ai bavé. J'ai un peu achevé en vitesse un ou deux paragraphes. Je m'en excuse auprès des lecteurs. En fait, je bute tellement sur certaines phrases que j'ai trop de mal à y revenir, et je poste sans vraiment avoir trouvé ce que je voulais et qui colle parfaitement.
Bref.
J'ai déjà commencé le prochain chapitre (ce qui est un exploit pour moi, de reprendre aussi rapidement
). Je peux raisonnablement me forcer à poster avant la fin du mois, j'espère.
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yuen
- Posté le
10 juillet 2009 à 17:14:19

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Lecture rapide mais agréable comme toujours avec toi mon très cher Misha.
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Maitre_Misha
- Posté le
10 juillet 2009 à 19:50:57

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Cool, ma lectrice préférée est de retour
Merci pour le compliment. Je fais ce que je peux, et si tout se passe bien j'aurais fait la moitié de mon chapitre cette nuit. Donc, on verra pour le postage...
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Maitre-Misha
- Posté le
13 août 2009 à 09:35:53

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Chapitre 19 : Dommages.
« Soyons clair sur un point : je n'ai rencontré ton frère qu'une seule fois, et je ne tiens pas à réitérer l'expérience. D'autant que s'il a ton caractère, ça nous promet encore une belle partie de plaisir... »
Yosh avait été obligé de répondre à une foule de questions plus intéressantes les unes que les autres posées par sa camarade. Les habitudes alimentaire d'Harkus, sa façon de s'habiller pendant ou en dehors des entraînements, ses fréquentations... Tout y était passé. Profitant d'un court moment de répit, le soldat voulut reprendre sa place de commandant des opérations. Malheureusement, sans s'en être rendu compte, il venait de renouveler la curiosité de l'elfe, aux aguets pour recommencer un interrogatoire. De dépit, il comprit que râler ne servirait de rien face à cette ténacité.
« Comment ça? Tu connais Seigen? Tu l'as vu où? Et quand?
- Oh non, c'est reparti... Bon. J'ai rencontré ton frère dans une de ces soirées qu'organisait notre Roi précédent, où il conviait tout le monde... J'avais ma petite renommée à cette période, et les relations entre le gouvernement et les tiens s'étaient, pour une fois, quelque peu radoucies.
- Ah oui... La belle époque... Mais pourquoi tu as dit que tu ne voulais pas le voir à nouveau?
- J'ai mes raisons, ça te va?
- Alors là, mon petit vieux, ne crois pas que je me contenterai de ça...
- Mon petit vieux? »
Malgré cette familiarité qui fit tiquer l'épéiste, il savait ne rien pouvoir faire pour arrêter la furie qu'il tenait pour interlocutrice. D'une insistance absolument dantesque, elle pouvait sans aucun remord répéter des dizaines de fois la même question, sans aucune variation de ton de voix, avant que son adversaire ne craque. En ajoutant à cela l'état de nerf lamentable dudit adversaire, elle n'eut pas réellement à forcer sa nature pour le pousser à bout et obtenir toutes ses fameuses réponses.
« En fait, ton frère, lors de son passage furtif, m'a fait l'impression de... D'un petit con, en fait.
- Oh ! Non, mais respecte-le, un peu ! »
La jeune elfe était réellement outrée de voir cet homme qui lui semblait pour la première fois d'une grossièreté infinie parler de son frère de cette façon. Ce dernier demeurait son seul point d'appui, et il lui semblait d'une exemplarité irréprochable ; ainsi elle en était arrivée à détester tous ceux qui osaient s'en prendre verbalement ou physiquement à lui. Dans le cas présent, cette détestation n'eut pas lieu de prime abord, étant donné le récent respect de l'outragée pour l'outrageur ; toutefois, sa colère avait réellement du mal à s'estomper.
« Comment oses-tu, envers un combattant qui a mené tant de combats, et enduré tant de supplices?
- Hola hola, tout doux. Je te donne juste l'impression qu'il m'a faite, sur une entrevue rapide. Aucun sourire, un air supérieur aux autres, une discussion limitée aux personnes qu'il connaissait déjà... Cette vue ne m'a pas aidé à me forger une opinion concrète et rationnelle, c'est vrai. Mais je me trompe rarement sur le caractère de ceux que je rencontre.
- Alors tu dois t'être trompé de personne. Mon frère a quelques défauts, c'est vrai. Il se peut qu'il soit parfois un peu trop fier de ses actions, je le concède. Par contre, je n'ai jamais vu un être aussi agréable en société. On ne sort pas souvent de notre planque, mais quand on sort, il est toujours charmant avec tout le monde, et tout... Franchement, je ne vois pas comment tu as pu te faire cette opinion.
- Soit. Je veux bien faire une exception et déroger à mes règles, puisque notre mission ainsi que notre nouveau compagnon semblent nous l'imposer. Néanmoins, je te préviens : si ma première impression se confirme ne serait-ce qu'une seconde, je me tire. J'en ai un peu ma claque, de tous ces jeunots qui, à peine sortis de leurs écoles puant l'argent et le luxe, s'autoproclament généraux parce qu'ils se sentent intellectuellement supérieurs. J'en ai marre de ces gens qui se disent plein d'expérience et qui n'ont jamais senti l'odeur du sang. J'en ai plein le dos, de ces paltoquets qui décident de la mort de centaines de ''camarades'' sans jamais avoir enduré leur sort. Ton frère, même avec toutes les qualités que tu peux me citer, me fera toujours un effet négatif. Pour tout t'avouer, il me fait un peu gerber. J'ai rencontré trop de guerriers endimanchés pour ne pas avoir d'a priori.
- Alors, personnellement, je n'ai rencontré personne ni fréquenté aucun des endroits précédemment cités, mais rien que pour l'état dans lequel notre ami se met à son évocation, j'ai très envie de connaître ce jeune elfe. »
Si Yuan avait eu l'envie de détériorer encore un peu plus l'état moral de Yosh, il lui aurait été difficile de trouver mieux à dire. Son arrivée dans le dialogue pour exprimer sa volonté de rencontrer l'objet de l'irritation de l'épéiste n'avait été anticipée par personne, et ce dernier, qui se retenait de fulminer en parlant à sa coéquipière, fut dès lors obligé de laisser transparaître sa rage en allant taper le pauvre aubergiste, qui s'était déjà apprêté à fuir cette périlleuse menace.
Un nouvel événement mit El'Tassar toute entière en émoi. Chen Hirm Heimlir avait trahi. La rumeur, partie bien évidemment de Meltokio - plus précisément de la demeure royale et centrale de la capitale - , se répandit comme une traînée de poudre dans tous les villes et villages avoisinants. L'indiscrétion venait, semblait-il, d'un domestique travaillant au cabinet d'un ministre de Sa Majesté. Quelques bévues dans certains communiqués officiels transformèrent la rumeur en information établie. Aucune réfutation claire ne vint d'ailleurs de la part d'une personnalité assez éminente pour que sa parole ne fut pas mise en doute. Un simple mot du suspect aurait bien entendu pu calmer toutes les ardeurs. Son mutisme - ou son incapacité à parler - fut considéré comme un aveu. De nombreux témoins le virent ou crurent alors le voir au sein des lignes ennemies, au front même.
La colère contre le chef de la garde pontificale redoubla dans la population, quelques jours seulement après son enlèvement par les Résistants. Ces deux faits, mis bout à bout, amenèrent la partie progressiste du pays à repenser l'existence toute entière des Pontes, après la révocation obligatoire de leur commandant. Ce dernier était si souvent considéré comme une sommité dans le monde militaire que l'ensemble des soldats tassariens mit en doute l'information tant commentée. L'appel du peuple était de toute façon trop fort pour que l'armée – qui commençait à être également vue d'un mauvais oeil, par amalgame – soit écoutée. Pour faire taire cette agitation, le gouvernement décida de réduire les derniers privilèges dont bénéficiaient les Pontes, fiscaux principalement. Cette décision résonna, elle aussi, comme un aveu.
« Je ne sais pas vraiment si nous devons nous réjouir de tout ce joyeux foutoir... »
Le chef des Résistants semblait soucieux à l'annonce de cette rumeur. Accompagné de son fidèle Kyle, il marchait tranquillement dans Meltokio, sans se cacher le moins du monde, et sans observer la moindre des choses se passant autour de lui. En fait, il avait l'air de réfléchir et d'examiner la situation sous tous les angles qu'il pouvait imaginer. La plupart des évènements de la vie politique du monde lui étant connue, les combinaisons possibles étaient assez nombreuses pour le faire cogiter durant tout le long de son trajet.
« Enfin, chef, vous devriez sauter de joie ! Pensez, c'est l'une des plus grandes menaces pesant sur nous qui vient de s'envoler ! Pour un peu, il servirait presque notre cause.
- Comme d'habitude, tu t'engouffres dans le premier chuchotement qu'on t'apporte, mon gros. Prends un peu le temps d'imaginer ce bon Chen, que tu as presque connu personnellement. Quelle utilité pour lui de trahir? Dans cette guerre, il n'a aucune conviction, aucune volonté, et aucune aspiration autre que celle d'être utile à ses dirigeants, le plus efficacement possible, comme il sait si bien le faire. Et crois-tu qu'il aurait un poste vraiment différent dans un camp ou dans l'autre? »
Le lieutenant tassarien était décontenancé. Pour lui, même si la nouvelle était fraîche, elle était établie. Et dans sa tête, le double jeu potentiel du soi-disant traître commençait à devenir un peu trop compliqué à suivre. Son honnêteté débonnaire était un handicap face à la fourberie dont faisait preuve si souvent leur ennemi. Son attachement vis-à-vis de son général lui fit comprendre que ses hypothèses avaient tout lieu d'être fondées ; néanmoins il tenta de les réfuter avec une sérieuse bonne foi.
« Peut-être a-t-il été enlevé. Après quoi on aurait pu l'obliger à rentrer dans les rangs ennemis. Ce sont des choses qui arrivent, vous savez.
- Peut-être fais-tu allusion à nos belles heures passées en sa compagnie?
- Par exemple, oui.
- Et bien, à mon avis, tu te fourres le doigt dans l'oeil un nouvelle fois, mon joli. Crois-tu qu'un homme de la trempe du grand Ponte se laisserait avoir comme ça, après une journée à peine de guerre? Et crois-tu qu'il obtempérerait aux ordres de l'ennemi?
- On y est bien arrivés, nous.
- Les circonstances n'étaient pas les mêmes. Je ne lui demandais que d'apporter une escorte – bien que ladite escorte dépasse toutes les espérances que j'ai eues dans mon existence – à un groupe d'aventuriers neutre, pas de trahir les siens. Et, en toute sincérité, je ne crois pas nos amis de circonstance aussi audacieux que je le fus dans ce petit échange que tu as évoqué.
- N'empêche... Des gars de chez nous ont entendu des gens haut placés traiter le Ponte de tous les noms.
- Je ne peux pas y croire avant d'avoir une preuve tangible. Et puis, en plus, ce serait la deuxième fois. Il est bien trop intelligent et précautionneux pour se faire avoir deux fois de suite. Il se sera sûrement protégé, et aura envoyé sa femme en lieu sûr et secret.
- Donc, pour vous, c'est clair. Le Souverain Pontife reste un de nos ennemis et un des dangers nous menaçant.
- Non, rien n'est sûr. Tout peut arriver. Et puis, l'attitude des guignols n'est pas logique... Il aurait suffi d'un communiqué un peu strict, de quelques preuves - trafiquées ou pas - , et tout ce cirque se serait calmé de lui-même. Il y a encore des choses qui m'échappent. Par contre, pour la question principale qui te préoccupe, je peux te fournir une réponse très bientôt, normalement. J'attends quelqu'un. »
L'elfe s'était effectivement arrêté devant une porte et semblait guetter l'arrivée de quelqu'un. Kyle, qui le suivait, ne s'était pas aperçu de l'endroit vers lequel ils avaient marché. Il put grâce à cet arrêt distinguer toute la misère se trouvant autour de lui : les deux Résistants se trouvaient dans la partie la plus pauvre de la ville. La rue dans laquelle le rendez-vous devait avoir lieu était des plus sales, et des mendiants attendaient sur le perron qu'un habitant d'un autre quartier aie l'audace de passer. Des déchets étaient jetés directement par la fenêtre, ou plutôt par le trou servant d'aération aux maisons insalubres. Pour seule animation joyeuse, un jongleur égayait les enfants qui traînaient ça et là, avec une petite musique de cirque qui lui tenait compagnie. Faisant virevolter ses quilles, il ne recevait comme rétribution que les encouragements et applaudissements des gamins hilares, mais qui ne pouvaient décemment offrir le moindre sou. L'artiste semblait le savoir, et il partit avec un grand sourire aux lèvres vers un autre quartier, pas plus reluisant, accompagné de quelque-uns de ces spectateurs qui n'avaient sans doute rien d'autre à faire, et qui n'avaient personne pour les contraindre à quoi que ce soit.
« Ici? Mais, chef... Vous ne pouviez pas choisir un peu plus... Décent?
- Ce n'est pas moi qui ai choisi, figure-toi. Et quand bien même, n'oublie pas que nous vivons dans des égouts, nous n'avons pas vraiment de conseils à donner. Je n'avais pas le choix de toute façon.
- A la limite... Je n'étais pas obligé de vous accompagner. »
Le chef des Résistants regarda son lieutenant avec étonnement. Il n'avait pas l'habitude qu'on discute ses directives, et encore moins quand elles étaient adressées à ses plus proches collaborateurs. Mais il comprit soudain que Kyle avait tout simplement peur. Bien que de nature courageuse quand l'adversité se présentait devant lui, il rechignait à sortir de ses égouts, qui lui paraissaient bien assez confortables et dont il connaissait les moindres recoins. Quitter ses locaux ne lui était pas agréable, et la destination d'aujourd'hui lui semblait un sujet d'inquiétude encore plus ample.
« - Si je t'ai demandé de venir, c'est parce que au fil des ans, en plus d'un soutien de poids – ne vois là aucun sous-entendu - , tu es devenu une sorte de collaborateur fidèle. Mon plus proche soldat, en quelque sorte. Tu es le seul à qui je peux présenter la personne que tu vas rencontrer. Qui plus est, vue ta place de diplomate dans notre mouvement, tu dois le rencontrer. Il constitue l'un des rouages de la guerre que nous menons. Et si sa rencontre doit se faire dans ce quartier, et bien, soit ! Il le mérite, crois-moi.
- Quand même... Il paraît que c'est un endroit fréquenté par tous les malfrats de la région... Même les autorités n'y mettent pas souvent les pieds.
- Je ne vous le fais pas dire, jeune homme. »
Kyle sursauta en voyant quelqu'un de ce quartier s'incruster dans sa conversation avec son chef. En tout cas, il avait tout l'air d'être de ce quartier, habillé de ses guenilles fripées et trouées. De plus, son allure générale n'évoquait guère le luxe, le dos voûté, les jambes maigres, soutenues par un bout de bois faisant office de canne. Les cheveux sales et teintés de blanc évoquaient l'âge aussi bien que le labeur peu récompensé. Une certaine lueur pétillait tout de même dans le regard morne et terni par les années.
« Dégagez s'il vous plaît, on n'a pas que ça à faire.
- Non, Kyle, attend...
- Cette allure vous convient elle mieux, jeune imprudent? »
Soudain, le vieillard se redressa, comme si son mal de dos l'avait totalement quitté. Se passant la main sur le visage, il supprima une partie des rides qui lui octroyaient la noblesse de l'expérience. Enfin, secouant ses cheveux et sa moustache, il leur rendirent la lueur mate de leur jeunesse. Les deux Résistants avaient à ce moment devant leurs yeux un fringant jeune homme, qui correspondait tout à fait aux canons d'élégance de la noblesse larantyne.
« Ah, Jon... Il me semblait bien que j'avais reconnu quelque chose de vous... Vos yeux, sûrement... Ce sont toujours les yeux qui trahissent, n'est-ce pas? »
Les intonations et le grand sourire qu'affichaient Seigen étaient certes des plus rassurantes. Néanmoins, son lieutenant ne pouvait avoir confiance en un humain dont le don pour le travestissement était si vif et travaillé. Sa transformation d'un vieillard au bord de la déchéance, sans le sou, en un respectable Larantyn le stupéfia et il ne put pas regarder son vis-à-vis d'un oeil franc. Sa méfiance s'accrut encore quand son chef crut bon de faire les présentations.
« Jon, je vous présente Kyle, mon homme de main le plus sympathique, sinon le plus habile. Kyle, je te présente Joachimas Natéus, que l'on se doit de nommer Monsieur, frère du Roi de Larantys ! »
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Maitre-Misha
- Posté le
13 août 2009 à 09:36:13

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La conversation sur l'ainé Aegis s'étant close par le massacre d'un des bras de Yuan, elle put reprendre sur l'Elu tassarien. Toutefois elle s'interrompit, ce dernier s'étant arrêté quelques secondes, puis étant revenu vers le groupe. Son air soucieux fit craindre le pire à l'elfe, qui voulut s'enquérir de la raison de cette inquiétude ; elle préféra finalement y renoncer et attendre que le demi-elfe s'exprime de lui-même, d'un ton toujours aussi mécanique.
« J'ai repéré des intrus sur la voie. Je vais les immobiliser.
- Attendez, je viens avec vous !
- Reste ici, Shaïna. »
Yosh retint l'impromptue Résistante par l'épaule, avec fermeté mais sans aucune rudesse. Par ce geste il lui fit comprendre qu'il voulait que Harkus aille éliminer la menace potentielle formée par ce danger tout seul. L'Elu partit ainsi à grande vitesse, en sortant du chemin emprunté depuis Izoold ; ce faisant il devint presque invisible, bougeant constamment sur les côtés sans aucun bruit et sans mouvement superflu. Aucun des trois compagnons ne put le garder dans son champ de vision très longtemps, au grand dam de son idolatrice.
« Quand même, le laisser partir comme ça, ça fait un peu dégueulasse je trouve.
- Même une compagnie d'élite ne pourrait pas atteindre Harkus, parti comme il l'est. Je l'ai déjà vu à l'oeuvre, tu sais. Ne t'inquiète donc pas autant.
- Sans aller jusqu'à m'inquiéter, je trouve que l'accompagner n'aurait pas été empiéter sur sa vie privée, tout de même.
- Je pense que même avec ton joli minois il ne t'aurait pas acceptée. Ce n'est pas avec ses années d'isolement qu'il a pu devenir un adorateur du travail en groupe. Et puis, à mon avis, tu lui serais plus un poids qu'autre chose.
- Non, mais oh ! »
Peiner plus sûrement Shaïna aurait été chose difficile. Son souhait le plus cher à ce moment était de se faire remarquer par son archer préféré ; plus encore voulait elle pouvoir devenir l'objet de ses pensées, et ne plus quitter cette place. Les mots de l'ancien entraîneur de son demi-elfe étaient alors très durs pour cette douce rêveuse, qui ne pouvait mettre en doute ces paroles concernant l'art du combat. Après un horrible reniflement qui n'avait que très peu de rapport avec un geste féminin, Yosh voulut se rattraper envers sa coéquipière.
« Oh, non, mais ce n'est pas ce que tu crois... Je ne remettais pas du tout en doute tes capacités de magicienne, je t'assure !
- Ouais, bien sûr...
- Pas du tout... Bon, c'est vrai que tu es une magicienne ratée...
- Ah, ben je te remercie de me soutenir !
- Attend... Ce que je veux dire, c'est que n'importe qui serait un poids. L'as-tu vu se faufiler dans les herbes hautes? Tout ce qu'il veut, c'est que l'on ne le voit pas, que l'on ne l'entende pas. Tu t'imagines sa tête en voyant quelqu'un se pointer sur le sentier, tout content, en criant ''je viens t'aider, t'inquiète pas''? »
Le ton conciliant et l'oeil bienveillant de l'expérimenté combattant permit à la magicienne de s'apaiser quelque peu. Elle comprit d'ailleurs qu'il avait tout à fait raison. Aucun des trois compagnons n'avait la furtivité nécessaire pour accompagner Harkus, et ses compétences n'étaient pas la raison du geste précédemment commenté. Les paroles suivantes de son auteur achevèrent de calmer la cadette Aegis.
« Et puis, tu sais, si on nous a envoyé une telle escorte, c'est justement pour qu'aucun de nous n'aie à s'occuper de surveillance. Faisons-lui confiance, félicitons-le de son zèle, et ça suffira.
- Et s'il y passe, hein? De quoi on aura l'air?
- Pour une passionnée comme tu sembles l'être, tu n'as pas l'air de si bien le connaître... »
Le groupe s'étant arrêté pour permettre à l'éclaireur d'exercer au mieux son travail, ledit connaisseur put ainsi se lancer dans une énumération des exploits de son champion. Les missions commando d'entraînement, toutes plus tordues les unes que les autres, étaient à chaque fois brillamment réussies par le jeune Elu. Des simulateurs de combat perfectionnés à l'extrême, cauchemar des autres élèves de son âge et d'autres plus âgés étaient désactivés à une vitesse hallucinante ; non pas grâce à ses capacités athlétiques, pourtant déjà fort bien développées, mais grâce à une intelligence tactique que n'importe quel autre élève en école militaire lui aurait envier s'il avait pu le rencontrer. A l'époque il prenait chaque exercice comme un jeu, ou comme un casse-tête pour les plus compliqués. Sa seule motivation se trouvait dans la fierté de son entraîneur – en l'occurrence le narrateur de l'histoire – et dans celle de ses différents observateurs. Il ne pouvait se rendre compte que tous ces observateurs étaient présents uniquement pour voir l'enfant le plus important du royaume devenir un soldat accompli. Ces défis étaient par ailleurs sa seule vraie distraction, les visites de gens de son âge – et d'inconnus d'autre âge – lui ayant été interdites. Dans ce château grand et froid, peuplé uniquement de gens connus, ils constituaient un passe-temps presque agréable.
Le récit se concentrait sur un événement particulier. Un exercice peu commun était très connu des gens ayant l'habitude de s'entraîner dans le palais meltokian. Une cascade réellement impressionnante avait été aménagée sur des escaliers de plus en plus raides et de moins en moins réguliers. Si le début, enchaînement de marches larges et planes, ne posait aucun problème, la fin, qui devenait quasiment une montée à pic, n'offrait pas réellement une partie de plaisir. D'autant plus que plus l'arrivée était proche, plus la chute d'eau devenait gênante, n'offrant plus aucun espace sec et déversant des trombes de liquide sur les épaules du compétiteur. La solidité de celles-ci devait être phénoménale pour supporter ce poids éreintant. La simplicité du principe de l'épreuve et la difficulté qu'il fallait pour l'achever la rendirent très populaire ; les quelques châtelains l'ayant réussie continuaient à s'y essayer afin de mettre leur temps en compétition.
''Les chutes de l'escalier'', comme elles furent rapidement nommées, n'étaient pas conseillées à tout le monde, et encore moins aux mineurs. Tomber y était effectivement fréquent, et une mauvaise réception sur une des marches en contrebas pouvait occasionner quelques fractures, ou pire encore. Malgré tout, Harkus, alors en grande recherche d'intrépidité, voulut s'adonner à cette pratique dont tout le monde parlait. C'est donc sur son temps libre – ou plutôt sur les quelques minutes pas encore occupées par son employeur de temps – qu'il ouvrit les portes de la cascade. Dès lors, il ne comprit pas la terreur qu'inspirait toute cette eau, et par un petit sort de glace appris peu de temps auparavant il gela la cascade. Arrivé en haut, sec, en pleine forme et très étonné, il put distinguer tout en bas un elfe qu'il connaissait comme courtisan, l'épaule déboîtée, probablement due à un nouvel essai infructueux. Ebahi, il partit à toute vitesse – sans même plus penser à sa douleur - chercher ses amis tout aussi malchanceux pour leur montrer l'exploit. L'Elu, une nouvelle fois porté aux nues, ne chercha pas à se vanter, et demanda sincèrement aux organisateurs des entraînement pourquoi son astuce n'avait pas été interdite depuis longtemps déjà.
Son ancien protégé semblait être le seul sujet pour lequel Yosh se montrait volontiers volubile. La passion qu'il avait eue pour ce gamin et qu'il retranscrivait à cet homme qui n'avait pourtant pas grand chose en commun était belle à voir, et ses deux compagnons en furent presque émus. Rompant ces belles paroles, l'épéiste décida d'entamer à nouveau la marche vers Meltokio. Le groupe fut surpris de ne pas rencontrer leur escorte, qui aurait pu revenir leur faire un petit rapport sur ses agissements, mais il le fut beaucoup plus en atteignant le point que Harkus avait précédemment désigné comme dangereux.
Six corps jonchaient le sol, baignant dans leur sang. Il y avait là deux humains et quatre elfes, à en juger par leur taille et celle de leurs oreilles. Tous avaient leur arme à la main. Les humains, deux hommes, semblaient être des voleurs natifs du Sud, aux environs de Triet, avec leur tenue spécifique et leur cimeterre recourbé. Les Elfes, un hommes et trois femmes, avaient plus l'air de pratiquants des arcanes, possédant un bâton accompagné d'une gemme colorée. Chacun d'entre eux avait une flèche plantée en pleine tête, la traversant le plus souvent de part en part. En plus de cela, ils avaient dû recevoir un de ces projectiles à bout portant, certains étant plantés dans le corps, puis dans le sol. Un d'entre eux, l'elfe, tenta de bouger un bras, mais retomba. Son air n'était pas celui d'un soldat battu, mais plutôt surpris et apeuré, comme s'il n'avait pas compris ce qui s'était passé.
De fait, la mort de ces combattants paraissait rapide, précise et immédiate. Seul l'elfe n'était donc pas décédé sur le coup, la première flèche lui ayant percé un oeil. Son trépas devait être dû au deuxième projectile, qui lui traversait l'estomac. Shaïna s'était précipité vers le mourant de sa race pour essayer de récolter son dernier souffle, mais elle eut un haut-le-coeur avant d'arriver à sa hauteur. La barbarie qui se dégageait de cette scène lui était insupportable. Tous comprirent très vite qu'aucune parole ne s'était échangée à cet endroit ; cette boucherie n'avait donc pas eu de raison valable connue. Au loin, on pouvait voir le coupable tout désigné de cette horreur ayant repris son rôle d'éclaireur. Seul Yuan put prendre la parole après un long silence.
« Dites-donc, il a vraiment l'air sympa, votre copain... »
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Amarillys
- Posté le
16 août 2009 à 17:31:17

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En retard, en retard, je suis en retard !
J'vais lire ça, et puis si j'ai le courage, je ferai un commentaire que tu liras si tu en as le courage
(Beaucoup de courage dans tout ça, oui oui)
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Sujet : « Fanfic : Chroniques d'une (dé)génération »
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